Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Chapitre onzième : L’empêchement lié au délai de viduité]

Chapitre onzième : L’empêchement lié au délai de viduité

Ils s’accordent à dire que le mariage n’est pas permis pendant le délai de viduité, que celui-ci soit calculé en menstruations, déterminé par la grossesse ou compté en mois. Ils divergent toutefois sur le cas de celui qui épouse une femme pendant son délai de viduité et consomme le mariage. Mālik, al-Awzā‘ī et al-Layth disent : les époux doivent être séparés et elle lui devient définitivement interdite. Abū Hanīfa, al-Shāfi‘ī et al-Thawrī disent : les époux doivent être séparés, mais, une fois le délai de viduité achevé, rien ne s’oppose à ce qu’il l’épouse de nouveau.

Leur divergence tient à la question de savoir si la parole d’un Compagnon constitue ou non une preuve. Mālik rapporte en effet, d’après Ibn Shihāb, d’après Sa‘īd ibn al-Musayyab et Sulaymān ibn Yasār :

« ‘Umar ibn al-Khattāb sépara Tulayha al-Asadiyya de son époux Rāshid al-Thaqafī, qui l’avait épousée alors qu’elle observait le délai de viduité consécutif à son union avec un second époux. Il dit : “Toute femme épousée pendant son délai de viduité doit être séparée de celui qui l’a épousée. S’il n’a pas consommé le mariage, elle achève le délai de viduité dû au premier époux, puis le second devient un prétendant parmi les autres. S’il a consommé le mariage, ils doivent être séparés ; elle achève alors le délai de viduité dû au premier, puis en observe un autre du fait du second. Ils ne pourront ensuite plus jamais s’unir.” »

Sa‘īd dit : elle a droit à sa dot en raison des rapports qu’il a eus avec elle.

Ils étayent parfois ce raisonnement analogique par une analogie de ressemblance faible, dont le cas de référence est lui-même controversé : cet homme ayant introduit une incertitude dans la filiation, il serait comparable à l’époux qui recourt aux serments d’anathème. Il est rapporté que ‘Alī et Ibn Mas‘ūd étaient en désaccord avec ‘Umar sur ce point. Le principe est qu’elle ne lui devient pas interdite, à moins qu’une preuve tirée du Livre, de la Sunna ou du consensus de la communauté n’établisse cette interdiction.

Selon certaines versions, ‘Umar avait prononcé cette interdiction et décidé que la dot devait revenir au Trésor public. Lorsque ‘Alī en fut informé, il désapprouva cette décision. ‘Umar revint alors sur celle-ci : il mit la dot à la charge de l’époux et ne prononça pas l’interdiction de cette femme pour lui. Al-Thawrī rapporte cela d’après Ash‘ath, d’après al-Sha‘bī, d’après Masrūq. Quant à l’avis selon lequel le seul contrat de mariage entraîne cette interdiction, il est faible.

Ils s’accordent à dire qu’il n’est pas permis d’avoir des rapports avec une captive enceinte avant qu’elle n’accouche, en raison de la transmission massive et concordante de récits en ce sens d’après le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde la paix.

Ils divergent toutefois sur le cas où l’homme aurait des rapports avec elle : l’enfant se trouve-t-il alors affranchi de plein droit ou non ? La majorité estime qu’il ne l’est pas.

Leur divergence tient à la question suivante : le sperme de cet homme influe-t-il ou non sur la formation de l’enfant ? Si l’on affirme qu’il influe sur celle-ci, l’enfant est, sous un certain rapport, son fils. Si l’on affirme qu’il n’a aucune influence, il n’en est pas ainsi.

Il est rapporté que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et lui accorde la paix — a dit :

« Comment peut-il le tenir en esclavage, alors qu’il a nourri le développement de son ouïe et de sa vue ? »

Quant à l’examen de l’empêchement résultant de trois répudiations, il viendra dans le Livre du divorce.

[الْفَصْلُ الْحَادِيَ عَشَرَ فِي مَانِعِ الْعِدَّةِ] الْفَصْلُ الْحَادِيَ عَشَرَ: فِي مَانِعِ الْعِدَّةِ - وَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ النِّكَاحَ لَا يَجُوزُ فِي الْعِدَّةِ، كَانَتْ عِدَّةَ حَيْضٍ، أَوْ عِدَّةَ حَمْلٍ، أَوْ عِدَّةَ أَشْهُرٍ. وَاخْتَلَفُوا فِيمَنْ تَزَوَّجَ امْرَأَةً فِي عِدَّتِهَا وَدَخَلَ بِهَا، فَقَالَ مَالِكٌ، وَالْأَوْزَاعِيُّ، وَاللَّيْثُ: يُفَرَّقُ بَيْنَهُمَا وَلَا تَحِلُّ لَهُ أَبَدًا. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَالشَّافِعِيُّ، وَالثَّوْرِيُّ: يُفَرَّقُ بَيْنَهُمَا، وَإِذَا انْقَضَتِ الْعِدَّةُ بَيْنَهُمَا فَلَا بَأْسَ فِي تَزْوِيجِهِ إِيَّاهَا مَرَّةً ثَانِيَةً. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ على قَوْلِ الصَّاحِبِ حُجَّةٌ، أَمْ لَيْسَ بِحُجَّةٍ؟ وَذَلِكَ أَنَّ مَالِكًا رَوَى عَنِ ابْنِ شِهَابٍ عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيَّبِ، وَسُلَيْمَانَ بْنِ يَسَارٍ " أَنَّ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ فَرَّقَ بَيْنَ طُلَيْحَةَ الْأَسَدِيَّةَ وَبَيْنَ زَوْجِهَا رَاشِدٍ الثَّقَفِيِّ لَمَّا تَزَوَّجَهَا فِي الْعِدَّةِ مِنْ زَوْجٍ ثَانٍ وَقَالَ: أَيُّمَا امْرَأَةٍ نُكِحَتْ فِي عِدَّتِهَا فَإِنْ كَانَ زَوْجُهَا الَّذِي تَزَوَّجَهَا لَمْ يَدْخُلْ بِهَا فُرِّقَ بَيْنَهُمَا، ثُمَّ اعْتَدَّتْ بَقِيَّةَ عِدَّتِهَا مِنَ الْأَوَّلِ، ثُمَّ كَانَ الْآخَرُ خَاطِبًا مِنَ الْخُطَّابِ ; وَإِنْ كَانَ دَخَلَ بِهَا فُرِّقَ بَيْنَهُمَا، ثُمَّ اعْتَدَّتْ بَقِيَّةَ عِدَّتِهَا مِنَ الْأَوَّلِ، ثُمَّ اعْتَدَّتْ مِنَ الْآخَرِ، ثُمَّ لَا يَجْتَمِعَانِ أَبَدًا " . قَالَ سَعِيدٌ: وَلَهَا مَهْرُهَا بِمَا اسْتَحَلَّ مِنْهَا. وَرُبَّمَا عَضَّدُوا هَذَا الْقِيَاسَ بِقِيَاسِ شَبَهٍ ضَعِيفٍ مُخْتَلَفٍ فِي أَصْلِهِ، وَهُوَ أَنَّهُ أَدْخَلَ فِي النَّسَبِ شُبْهَةً فَأَشْبَهَ الْمُلَاعِنَ. وَرُوِيَ عَنْ عَلِيٍّ، وَابْنِ مَسْعُودٍ مُخَالَفَةُ عُمَرَ فِي هَذَا. وَالْأَصْلُ أَنَّهَا لَا تَحْرُمُ إِلَّا أَنْ يَقُومَ عَلَى ذَلِكَ دَلِيلٌ مِنْ كِتَابٍ أَوْ سُنَّةٍ أَوْ إِجْمَاعٍ مِنَ الْأُمَّةِ. وَفِي بَعْضِ الرِّوَايَاتِ أَنَّ عُمَرَ كَانَ قَضَى بِتَحْرِيمِهَا، وَكَوْنِ الْمَهْرِ فِي بَيْتِ الْمَالِ، فَلَمَّا بَلَغَ ذَلِكَ عَلِيًّا أَنْكَرَهُ فَرَجَعَ عَنْ ذَلِكَ عُمَرُ: وَجَعَلَ الصَّدَاقَ عَلَى الزَّوْجِ، وَلَمْ يَقْضِ بِتَحْرِيمِهَا عَلَيْهِ، رَوَاهُ الثَّوْرِيُّ عَنْ أَشْعَثَ عَنِ الشَّعْبِيِّ عَنْ مَسْرُوقٍ. وَأَمَّا مَنْ قَالَ بِتَحْرِيمِهَا بِالْعَقْدِ فَهُوَ ضَعِيفٌ. وَأَجْمَعُوا عَلَى أَنَّهُ لَا تُوطَأُ حَامِلٌ مَسْبِيَّةٌ حَتَّى تَضَعَ، لِتَوَاتُرِ الْأَخْبَارِ بِذَلِكَ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -. وَاخْتَلَفُوا إِنْ وَطِيءَ هَلْ يَعْتِقُ عَلَيْهِ الْوَلَدُ أَوْ لَا يَعْتِقُ، وَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّهُ لَا يَعْتِقُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: هَلْ مَاؤُهُ مُؤَثِّرٌ فِي خِلْقَتِهِ أَوْ غَيْرُ مُؤَثِّرٍ؟ فَإِنْ قُلْنَا: إِنَّهُ مُؤَثِّرٌ كَانَ لَهُ ابْنًا بِجِهَةٍ مَا، وَإِنْ قُلْنَا: إِنَّهُ لَيْسَ بِمُؤَثِّرٍ لَمْ يَكُنْ ذَلِكَ. وَرُوِيَ عَنِ النَّبِيِّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أَنَّهُ قَالَ: «كَيْفَ يَسْتَعْبِدُهُ وَقَدْ غَذَّاهُ فِي سَمْعِهِ وَبَصَرِهِ» . وَأَمَّا النَّظَرُ فِي مَانِعِ التَّطْلِيقِ ثَلَاثًا، فَسَيَأْتِي فِي كِتَابِ الطَّلَاقِ.

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