Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

et même ménopausée, qu’elle ait ou non un mari, qu’elle soit enceinte ou non. Certains ont soutenu, dans un avis isolé, que le lait d’un homme entraîne l’interdiction matrimoniale. Or, un tel lait n’existe pas, à plus forte raison ne saurait-il faire l’objet d’une règle religieuse ; et s’il existe, il ne porte le nom de lait que par homonymie.

Ils divergent également, dans ce domaine, au sujet du lait d’une femme morte. Leur divergence tient à la question de savoir si les textes de portée générale englobent ou non ce cas. Si du lait existe chez une femme morte, il ne porte ce nom que par homonymie. Cette question paraît presque dépourvue de réalité et n’exister que dans les discussions.

[Chapitre quatrième : L’empêchement lié aux relations sexuelles illicites]

Ils divergent sur le mariage avec une femme qui se livre à des relations sexuelles illicites : la majorité l’autorise, tandis que certains l’interdisent.

Leur divergence tient à leur compréhension de cette parole du Très-Haut :

« La fornicatrice n’est épousée que par un fornicateur ou un associateur. Cela a été interdit aux croyants. » [La Lumière : 3]

S’agit-il d’une réprobation ou d’une interdiction ? Et, dans Sa parole :

« Cela a été interdit aux croyants » [La Lumière : 3],

le terme « cela » désigne-t-il les relations sexuelles illicites ou le mariage ?

La majorité a compris ce verset comme une réprobation, et non comme une interdiction, en raison du hadith suivant :

« Un homme dit au Prophète — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — au sujet de son épouse : “Elle ne repousse la main d’aucun homme qui la touche.” Le Prophète — sur lui la prière et la paix — lui dit : “Répudie-la.” L’homme lui répondit : “Mais je l’aime.” Il lui dit alors : “Garde-la donc.” »

Certains estiment également, sur ce même fondement, que les relations sexuelles illicites entraînent la dissolution du mariage. Tel est l’avis d’al-Hasan.

Quant au remariage d’une femme avec le mari contre lequel elle a prononcé les serments réciproques d’anathème, et qui les a lui-même prononcés contre elle, nous en traiterons dans le Livre des serments d’anathème.

[Chapitre cinquième : L’empêchement lié au nombre d’épouses]

Les musulmans s’accordent sur la permission, pour les hommes libres, d’avoir simultanément quatre épouses. Ils divergent sur deux points : le cas des esclaves et le fait de dépasser quatre épouses.

Concernant les esclaves, Mālik estime, selon l’avis le plus connu qui lui est attribué, qu’un esclave peut épouser quatre femmes. C’est aussi l’avis des tenants de l’école littéraliste. Abū Hanīfa et al-Shāfi‘ī considèrent, quant à eux, qu’il ne peut avoir simultanément que deux épouses.

Leur divergence tient à la question suivante : la condition servile réduit-elle ce nombre, de même qu’elle réduit de moitié la peine légale encourue par l’homme libre pour des relations sexuelles illicites, ainsi que le nombre de répudiations selon ceux qui soutiennent cet avis ? En effet, les musulmans s’accordent sur la réduction de moitié de la peine légale de l’esclave pour des relations sexuelles illicites : sa peine est donc la moitié de celle de l’homme libre. Ils divergent toutefois sur les autres cas.

Quant au fait de dépasser quatre épouses, la majorité estime qu’il n’est pas permis d’en épouser une cinquième, en raison de cette parole du Très-Haut :

« Épousez, parmi les femmes qui vous plaisent, deux, trois ou quatre. »

Ils s’appuient également sur ce qui est rapporté du Prophète — sur lui la prière et la paix :

« Lorsque Ghaylān embrassa l’islam alors qu’il avait dix épouses, il lui dit : “Gardes-en quatre et sépare-toi des autres.” »

Un groupe estime, quant à lui, qu’il est permis d’en épouser neuf,

بَالِغٍ، وَالْيَائِسَةِ مِنَ الْمَحِيضِ كَانَ لَهَا زَوْجٌ أَمْ لَمْ يَكُنْ، حَامِلًا كَانَتْ أَوْ غَيْرَ حَامِلٍ. وَشَذَّ بَعْضُهُمْ فَأَوْجَبَ حُرْمَةً لِلَبَنِ الرَّجُلِ، وَهَذَا غَيْرُ مَوْجُودٍ فَضْلًا عَنْ أَنْ يَكُونَ لَهُ حُكْمٌ شَرْعِيٌّ، وَإِنْ وُجِدَ فَلَيْسَ لَبَنًا إِلَّا بِاشْتِرَاكِ الِاسْمِ. وَاخْتَلَفُوا مِنْ هَذَا الْبَابِ فِي لَبَنِ الْمَيِّتَةِ، وَسَبَبُ الْخِلَافِ هَلْ يَتَنَاوَلُهَا الْعُمُومُ؟ أَوْ لَا يَتَنَاوَلُهَا؟ وَلَا لَبَنَ لِلْمَيِّتَةِ إِنْ وُجِدَ لَهَا إِلَّا بِاشْتِرَاكِ الِاسْمِ، وَيَكَادُ أَنْ تَكُونَ مَسْأَلَةً غَيْرَ وَاقِعَةٍ فَلَا يَكُونُ لَهَا وُجُودٌ إِلَّا فِي الْقَوْلِ. [الْفَصْلُ الرَّابِعِ فِي مَانِعِ الزِّنَى] وَاخْتَلَفُوا فِي زَوَاجِ الزَّانِيَةِ، فَأَجَازَ الْجُمْهُورُ، وَمَنَعَهَا قَوْمٌ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ اخْتِلَافُهُمْ فِي مَفْهُومِ قَوْله تَعَالَى: {وَالزَّانِيَةُ لا يَنْكِحُهَا إِلا زَانٍ أَوْ مُشْرِكٌ وَحُرِّمَ ذَلِكَ عَلَى الْمُؤْمِنِينَ} [النور: ٣] - هَلْ خَرَجَ مَخْرَجَ الذَّمِّ؟ أَوْ مَخْرَجَ التَّحْرِيمِ؟ وَهَلِ الْإِشَارَةُ فِي قَوْلِهِ: {وَحُرِّمَ ذَلِكَ عَلَى الْمُؤْمِنِينَ} [النور: ٣] - إِلَى الزِّنَى؟ أَوْ إِلَى النِّكَاحِ؟ وَإِنَّمَا صَارَ الْجُمْهُورُ لِحَمْلِ الْآيَةِ عَلَى الذَّمِّ لَا عَلَى التَّحْرِيمِ؛ لِمَا جَاءَ فِي الْحَدِيثِ «أَنَّ رَجُلًا قَالَ لِلنَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فِي زَوْجَتِهِ أَنَّهَا لَا تَرُدُّ يَدَ لَامِسٍ، فَقَالَ لَهُ النَّبِيُّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: طَلِّقْهَا، فَقَالَ لَهُ: إِنِّي أُحِبُّهَا. فَقَالَ لَهُ: فَأَمْسِكْهَا» . وَقَالَ قَوْمٌ أَيْضًا: إِنَّ الزِّنَى يَفْسَخُ النِّكَاحَ بِنَاءً عَلَى هَذَا الْأَصْلِ. وَبِهِ قَالَ الْحَسَنُ. وَأَمَّا زَوَاجُ الْمُلَاعَنَةِ مِنْ زَوْجِهَا الْمُلَاعِنِ فَسَنَذْكُرُهَا فِي كِتَابِ اللِّعَانِ. [الْفَصْلُ الْخَامِسُ فِي مَانِعِ الْعَدَدِ] - وَاتَّفَقَ الْمُسْلِمُونَ عَلَى جَوَازِ نِكَاحِ أَرْبَعَةٍ مِنَ النِّسَاءِ مَعًا، وَذَلِكَ لِلْأَحْرَارِ مِنَ الرِّجَالِ. وَاخْتَلَفُوا فِي مَوْضِعَيْنِ: فِي الْعَبِيدِ، وَفِيمَا فَوْقَ الْأَرْبَعِ. أَمَّا الْعَبِيدُ فَقَالَ مَالِكٌ فِي الْمَشْهُورِ عَنْهُ: يَجُوزُ أَنْ يَنْكِحَ أَرْبَعًا، وَبِهِ قَالَ أَهْلُ الظَّاهِرِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيُّ: لَا يَجُوزُ لَهُ الْجَمْعُ إِلَّا بَيْنَ اثْنَتَيْنِ فَقَطْ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ هَلِ الْعُبُودِيَّةُ لَهَا تَأْثِيرٌ فِي إِسْقَاطِ هَذَا الْعَدَدِ كَمَا لَهَا تَأْثِيرٌ فِي إِسْقَاطِ نِصْفِ الْحَدِّ الْوَاجِبِ عَلَى الْحُرِّ فِي الزِّنَى، وَكَذَلِكَ فِي الطَّلَاقِ عِنْدَ مَنْ رَأَى ذَلِكَ؟ وَذَاكَ أَنَّ الْمُسْلِمِينَ اتَّفَقُوا عَلَى تَنْصِيفِ حَدِّهِ فِي الزِّنَى، أَعْنِي أَنَّ حَدَّهُ نِصْفُ حَدِّ الْحُرِّ، وَاخْتَلَفُوا فِي غَيْرِ ذَلِكَ. وَأَمَّا مَا فَوْقَ الْأَرْبَعِ فَإِنَّ الْجُمْهُورَ عَلَى أَنَّهُ لَا تَجُوزُ الْخَامِسَةُ؛ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: «فَانْكِحُوا مَا طَابَ لَكُمْ مِنَ النِّسَاءِ مَثْنَى وَثُلَاثَ وَرُبَاعَ» . وَلِمَا رُوِيَ عَنْهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - «أَنَّهُ قَالَ لِغَيْلَانَ لَمَّا أَسْلَمَ وَتَحْتَهُ عَشْرُ نِسْوَةٍ: " أَمْسِكْ أَرْبَعًا، وَفَارِقْ سَائِرَهُنَّ» . وَقَالَتْ فِرْقَةٌ: يَجُوزُ تِسْعٌ،

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