Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

en dehors de ceux-ci, avec ou sans sang : une même chose ne saurait, en elle-même, recevoir des qualifications juridiques différentes.

Ceux qui cherchent à concilier les deux hadiths disent que celui d’Umm ‘Atiyya concerne ce qui survient après la cessation du sang, tandis que celui de ‘Ā’isha concerne ce qui lui fait immédiatement suite. Ou encore, ils considèrent que le hadith de ‘Ā’isha concerne les jours de menstrues, et celui d’Umm ‘Atiyya les autres jours.

Certains s’en tiennent au sens apparent du hadith d’Umm ‘Atiyya et ne tiennent aucun compte des écoulements jaunâtres et brunâtres, qu’ils surviennent pendant les jours de menstrues ou en dehors de ceux-ci, immédiatement à la suite du sang ou après sa cessation. Ils invoquent cette parole du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — :

« Le sang menstruel est un sang noir reconnaissable. »

Ils considèrent également que les écoulements jaunâtres et brunâtres ne sont pas du sang, mais comptent parmi les autres sécrétions que l’utérus laisse s’écouler. Telle est la position d’Ibn Hazm.

Sixième question

Les juristes divergent sur le signe indiquant le retour à l’état de pureté. Certains estiment qu’il s’agit de l’apparition des pertes blanches ou de l’assèchement. C’est l’avis d’Ibn Habīb, l’un des disciples de Mālik. Que la femme ait habituellement pour signe de pureté les pertes blanches ou l’assèchement, elle est considérée comme pure dès qu’elle constate l’un ou l’autre.

D’autres établissent une distinction : si la femme voit habituellement les pertes blanches, elle n’est considérée comme pure que lorsqu’elle les voit ; si elle ne les voit pas habituellement, son signe de pureté est l’assèchement. Cet avis est rapporté de Mālik dans la Mudawwana.

Cette divergence tient au fait que les uns prennent en considération les habitudes de la femme, tandis que les autres retiennent uniquement la cessation du sang. Selon un autre avis, la femme dont le signe habituel est l’assèchement devient pure lorsqu’elle voit les pertes blanches, mais celle dont le signe habituel est l’apparition des pertes blanches ne devient pas pure par le seul assèchement. L’avis inverse a également été soutenu. Tous ces avis émanent de disciples de Mālik.

Septième question

Les juristes divergent quant au moment où la femme atteinte de saignements irréguliers persistants doit être soumise aux règles des menstrues, de même qu’ils divergent quant au moment où la femme menstruée dont le saignement se prolonge doit être soumise aux règles des saignements irréguliers, comme nous l’avons déjà exposé.

Selon Mālik, la femme dont les saignements irréguliers sont continus demeure soumise aux règles de la femme en état de pureté jusqu’à ce que le sang prenne les caractéristiques du sang menstruel, à condition qu’une durée supérieure à la durée minimale de pureté se soit écoulée depuis le début de ses saignements irréguliers. Elle est alors considérée comme menstruée (je veux dire : lorsque ces deux conditions sont réunies, à savoir le changement des caractéristiques du sang et l’écoulement, sous le régime des saignements irréguliers, d’une durée susceptible de constituer une période de pureté ; sinon, elle demeure indéfiniment soumise aux règles des saignements irréguliers).

Selon Abū Hanīfa, elle se considère comme menstruée pendant la durée habituelle de ses menstrues, si elle a une durée habituelle. Si elle connaît ses premières menstrues, elle se considère comme menstruée pendant la durée maximale des menstrues, qui est, selon lui, de dix jours.

Selon al-Shāfi‘ī, elle se fonde sur les caractères distinctifs du sang si elle est en mesure de les reconnaître ; si elle a des menstrues habituelles, elle se fonde sur ses habitudes. Lorsqu’elle réunit ces deux possibilités, il rapporte deux avis : selon le premier, elle se fonde sur les caractères distinctifs du sang ; selon le second, sur ses habitudes.

فِي غَيْرِ أَيَّامِهِ مَعَ الدَّمِ أَوْ بِلَا دَمٍ، فَإِنَّ حُكْمَ الشَّيْءِ الْوَاحِدِ فِي نَفْسِهِ لَيْسَ يَخْتَلِفُ، وَمَنْ رَامَ الْجَمْعَ بَيْنَ الْحَدِيثَيْنِ قَالَ: إِنَّ حَدِيثَ أُمِّ عَطِيَّةَ هُوَ بَعْدَ انْقِطَاعِ الدَّمِ، وَحَدِيثَ عَائِشَةَ فِي أَثَرِ انْقِطَاعِهِ، أَوْ إِنَّ حَدِيثَ عَائِشَةَ هُوَ فِي أَيَّامِ الْحَيْضِ، وَحَدِيثَ أُمِّ عَطِيَّةَ فِي غَيْرِ أَيَّامِ الْحَيْضِ. وَقَدْ ذَهَبَ قَوْمٌ إِلَى ظَاهِرِ حَدِيثِ أُمِّ عَطِيَّةَ، وَلَمْ يَرَوُا الصُّفْرَةَ وَالْكُدْرَةَ شَيْئًا لَا فِي أَيَّامِ حَيْضٍ، وَلَا فِي غَيْرِهَا، وَلَا بِأَثَرِ الدَّمِ، وَلَا بَعْدَ انْقِطَاعِهِ، لِقَوْلِ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: «دَمُ الْحَيْضِ دَمٌ أَسْوَدُ يُعْرَفُ» ، وَلِأَنَّ الصُّفْرَةَ وَالْكُدْرَةَ لَيْسَتْ بِدَمٍ، وَإِنَّمَا هِيَ مِنْ سَائِرِ الرُّطُوبَاتِ الَّتِي تُرْخِيهَا الرَّحِمُ، وَهُوَ مَذْهَبُ ابْنِ حَزْمٍ. الْمَسْأَلَةُ السّادِسَةُ: اخْتَلَفَ الْفُقَهَاءُ فِي عَلَامَةِ الطُّهْرِ، فَرَأَى قَوْمٌ أَنَّ عَلَامَةَ الطُّهْرِ رُؤْيَةُ الْقَصَّةِ الْبَيْضَاءِ أَوِ الْجُفُوفِ، وَبِهِ قَالَ ابْنُ حَبِيبٍ مِنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ، وَسَوَاءٌ أَكَانَتِ الْمَرْأَةُ مِمَّنْ عَادَتُهَا أَنْ تَطْهُرَ بِالْقَصَّةِ الْبَيْضَاءِ أَوْ بِالْجُفُوفِ أَيُّ ذَلِكَ رَأَتْ طَهُرَتْ بِهِ. وَفَرَّقَ قَوْمٌ فَقَالُوا: إِنْ كَانَتِ الْمَرْأَةُ مِمَّنْ تَرَى الْقَصَّةَ الْبَيْضَاءَ فَلَا تَطْهُرُ حَتَّى تَرَاهَا، وَإِنْ كَانَتْ الْمَرْأَةُ مِمَّنْ لَا تَرَاهَا فَطُهْرُهَا الْجُفُوفُ، وَذَلِكَ فِي الْمُدَوَّنَةِ عَنْ مَالِكٍ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: أَنَّ مِنْهُمْ مَنْ رَاعَى الْعَادَةَ، وَمِنْهُمْ مَنْ رَاعَى انْقِطَاعَ الدَّمِ فَقَطْ، وَقَدْ قِيلَ إِنَّ الَّتِي عَادَتُهَا الْجُفُوفُ تَطْهُرُ بِالْقَصَّةِ الْبَيْضَاءِ وَلَا تَطْهُرُ الَّتِي عَادَتُهَا الْقَصَّةُ الْبَيْضَاءُ بِالْجُفُوفِ وَقَدْ قِيلَ بِعَكْسِ هَذَا وَكُلُّهُ لِأَصْحَابِ مَالِكٍ. الْمَسْأَلَةُ السَّابِعَةُ: اخْتَلَفَ الْفُقَهَاءُ فِي الْمُسْتَحَاضَةِ إِذَا تَمَادَى بِهَا الدَّمُ مَتَى يَكُونُ حُكْمُهَا حُكْمَ الْحَائِضِ، كَمَا اخْتَلَفُوا فِي الْحَائِضِ إِذَا تَمَادَى بِهَا الدَّمُ مَتَى يَكُونُ حُكْمُهَا حُكْمَ الْمُسْتَحَاضَةِ، وَقَدْ تَقَدَّمَ ذَلِكَ. فَقَالَ مَالِكٌ فِي الْمُسْتَحَاضَةِ أَبَدًا: حُكْمُهَا حُكْمُ الطَّاهِرَةِ إِلَى أَنْ يَتَغَيَّرَ الدَّمُ إِلَى صِفَةِ الْحَيْضِ، وَذَلِكَ إِذَا مَضَى لِاسْتِحَاضَتِهَا مِنَ الْأَيَّامِ مَا هُوَ أَكْثَرُ مِنْ أَقَلِّ أَيَّامِ الطُّهْرِ، فَحِينَئِذٍ تَكُونُ حَائِضًا (أَعْنِي: إِذَا اجْتَمَعَ لَهَا هَذَانِ الشَّيْئَانِ تَغَيُّرُ الدَّمِ وَأَنْ يَمُرَّ لَهَا فِي الِاسْتِحَاضَةِ مِنَ الْأَيَّامِ مَا يُمْكِنُ أَنْ يَكُونَ طُهْرًا، وَإِلَّا فَهِيَ مُسْتَحَاضَةٌ أَبَدًا) . وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: تَقْعُدُ أَيَّامَ عَادَتِهَا إِنْ كَانَتْ لَهَا عَادَةٌ، وَإِنْ كَانَتْ مُبْتَدَأَةً قَعَدَتْ أَكْثَرَ الْحَيْضِ، وَذَلِكَ عِنْدَهُ عَشَرَةُ أَيَّامٍ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: تَعْمَلُ عَلَى التَّمْيِيزِ إِنْ كَانَتْ مِنْ أَهْلِ التَّمْيِيزِ، وَإِنْ كَانَتْ مِنْ أَهْلِ الْعَادَةِ عَمِلَتْ عَلَى الْعَادَةِ، وَإِنْ كَانَتْ مِنْ أَهْلِهِمَا مَعًا فَلَهُ فِي ذَلِكَ قَوْلَانِ: أَحَدُهُمَا: تَعْمَلُ عَلَى التَّمْيِيزِ، وَالثَّانِي: عَلَى الْعَادَةِ.

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