Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Quatrième question : Le lait versé au milieu de la bouche ou sur l’un de ses côtés, et, plus généralement, celui qui parvient à la gorge sans tétée, entraîne-t-il l’interdiction matrimoniale ? Mālik considère que ces deux modes d’administration l’entraînent, tandis que ‘Atā’ et Dāwūd considèrent qu’ils ne l’entraînent pas.

Leur divergence tient à la question suivante : faut-il prendre en considération le fait que le lait parvienne à l’intérieur du corps, quelle que soit la manière, ou le fait qu’il y parvienne par la voie habituelle ? Ceux qui retiennent la voie habituelle, seule à laquelle s’applique le terme d’allaitement, considèrent que le lait versé au milieu de la bouche ou sur l’un de ses côtés n’entraîne pas l’interdiction. Ceux qui retiennent le fait que le lait parvienne à l’intérieur du corps, quelle que soit la manière, considèrent qu’il l’entraîne.

Cinquième question : Pour que le lait parvenu à la gorge entraîne l’interdiction, faut-il qu’il ne soit mêlé à aucune autre substance ? Ils divergent également à ce sujet. Ibn al-Qāsim considère que, si le lait est absorbé dans de l’eau ou dans une autre substance, puis donné à boire à l’enfant, l’interdiction n’est pas établie. Abū Hanīfa et ses disciples partagent cet avis. Al-Shāfi‘ī, ainsi qu’Ibn Habīb, Mutarrif et Ibn al-Mājishūn, parmi les disciples de Mālik, considèrent que l’interdiction est établie, comme lorsque le lait est consommé seul ou mêlé à une autre substance sans avoir perdu sa présence propre.

Leur divergence tient à la question suivante : le lait conserve-t-il son pouvoir d’établir l’interdiction lorsqu’il est mêlé à une autre substance, ou le perd-il, comme dans le cas d’une impureté mêlée à une substance licite et pure ? Le critère retenu est de savoir si le mélange peut encore être appelé « lait », comme pour l’eau, dont on se demande si elle conserve sa pureté lorsqu’une substance pure s’y mélange.

Sixième question : Faut-il prendre en considération le fait que le lait parvienne à la gorge ? Il semble que cette question soit à l’origine de leur divergence concernant l’administration de lait par le nez ou par lavement. Il se peut aussi que leur divergence tienne à l’incertitude suivante : le lait parvient-il ou non à destination par ces organes ?

Septième question : L’homme auquel le lait se rattache, c’est-à-dire le mari de la femme, devient-il le père de l’enfant allaité, de sorte que s’établissent entre eux, ainsi que du côté de leurs parentés respectives, les mêmes interdictions qu’entre pères et enfants par filiation ? C’est la question qu’ils désignent par l’expression laban al-fahl (lait rattaché au mari). Ils divergent à ce sujet. Mālik, Abū Hanīfa, al-Shāfi‘ī, Ahmad, al-Awzā‘ī et al-Thawrī considèrent que le lait rattaché au mari entraîne l’interdiction. Un autre groupe considère qu’il ne l’entraîne pas. ‘Alī et Ibn ‘Abbās soutiennent le premier avis ; ‘Ā’isha, Ibn al-Zubayr et Ibn ‘Umar soutiennent le second.

Leur divergence tient à l’opposition entre le sens apparent du Livre — à savoir le verset relatif à l’allaitement — et le célèbre hadith de ‘Ā’isha. Dans ce hadith, elle rapporte :

« Aflah, le frère d’Abū al-Qu‘ays, vint me demander l’autorisation d’entrer après la révélation de la prescription du voile. Je refusai de le laisser entrer et interrogeai le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix. Il me répondit : “C’est ton oncle paternel ; autorise-le à entrer.” Je lui dis : “Ô Messager d’Allah, c’est la femme qui m’a allaitée, et non l’homme !” Il répondit : “C’est ton oncle paternel ; qu’il entre chez toi.” »

Ce hadith est rapporté par al-Bukhārī, Muslim et Mālik.

Ceux qui considèrent que le hadith institue une règle supplémentaire par rapport à ce qu’énonce le Livre, à savoir cette parole du Très-Haut :

الْمَسْأَلَةُ الرَّابِعَةُ: وَأَمَّا هَلْ يُحَرِّمُ الْوَجُورُ وَاللَّدُودُ، وَبِالْجُمْلَةِ مَا يَصِلُ إِلَى الْحَلْقِ مِنْ غَيْرِ رَضَاعٍ؟ فَإِنَّ مَالِكًا قَالَ: يُحَرِّمُ الْوَجُورُ وَاللَّدُودُ. وَقَالَ عَطَاءٌ وَدَاوُدُ: لَا يُحَرِّمُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ هَلِ الْمُعْتَبَرُ وُصُولُ اللَّبَنِ كَيْفَمَا وَصَلَ إِلَى الْجَوْفِ؟ أَوْ وُصُولُهُ عَلَى الْجِهَةِ الْمُعْتَادَةِ؟ فَمَنْ رَاعَى وُصُولَهُ عَلَى الْجِهَةِ الْمُعْتَادَةِ، وَهُوَ الَّذِي يَنْطَلِقُ عَلَيْهِ اسْمُ الرَّضَاعِ - قَالَ: لَا يُحَرِّمُ الْوَجُورُ وَلَا اللَّدُودُ. وَمَنْ رَاعَى وُصُولَ اللَّبَنِ إِلَى الْجَوْفِ كَيْفَمَا وَصَلَ قَالَ: يُحَرِّمُ. الْمَسْأَلَةُ الخَامِسَةُ: وَأَمَّا هَلْ مِنْ شَرْطِ اللَّبَنِ الْمُحَرِّمِ إِذَا وَصَلَ إِلَى الْحَلْقِ أَنْ يَكُونَ غَيْرَ مُخَالِطٍ لِغَيْرِهِ؟ فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِي ذَلِكَ أَيْضًا، فَقَالَ ابْنُ الْقَاسِمِ: إِذَا اسْتُهْلِكَ اللَّبَنُ فِي مَاءٍ أَوْ غَيْرِهِ، ثُمَّ سُقِيَهُ الطِّفْلُ - لَمْ تَقَعِ الْحُرْمَةُ، وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ، وَابْنُ حَبِيبٍ، وَمُطَرِّفٌ، وَابْنُ الْمَاجِشُونِ مِنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ: تَقَعُ بِهِ الْحُرْمَةُ، بِمَنْزِلَةِ مَا لَوِ انْفَرَدَ اللَّبَنُ أَوْ كَانَ مُخْتَلِطًا لَمْ تَذْهَبْ عَيْنُهُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ هَلْ يَبْقَى لِلَّبَنِ حُكْمُ الْحُرْمَةِ إِذَا اخْتَلَطَ بِغَيْرِهِ؟ أَمْ لَا يَبْقَى بِهِ حُكْمُهَا، كَالْحَالِ فِي النَّجَاسَةِ إِذَا خَالَطَتِ الْحَلَالَ الطَّاهِرَ؟ وَالْأَصْلُ الْمُعْتَبَرُ فِي ذَلِكَ انْطِلَاقُ اسْمِ اللَّبَنِ عَلَيْهِ كَالْمَاءِ هَلْ يَطْهُرُ إِذَا خَالَطَهُ شَيْءٌ طَاهِرٌ؟ الْمَسْأَلَةُ السَّادِسَةُ: وَأَمَّا هَلْ يُعْتَبَرُ فِيهِ الْوُصُولُ إِلَى الْحَلْقِ؟ أَوْ لَا يُعْتَبَرُ؟ فَإِنَّهُ يُشْبِهُ أَنْ يَكُونَ هَذَا هُوَ سَبَبَ اخْتِلَافِهِمْ فِي السَّعُوطِ بِاللَّبَنِ وَالْحُقْنَةِ بِهِ. وَيُشْبِهُ أَنْ يَكُونَ اخْتِلَافُهُمْ فِي ذَلِكَ لِمَوْضِعِ الشَّكِّ، هَلْ يَصِلُ اللَّبَنُ مِنْ هَذِهِ الْأَعْضَاءِ؟ أَوْ لَا يَصِلُ؟ الْمَسْأَلَةُ السَّابِعَةُ: وَأَمَّا هَلْ يَصِيرُ الرَّجُلُ الَّذِي لَهُ اللَّبَنُ، أَعْنِي: زَوْجَ الْمَرْأَةِ، أَبًا لِلْمُرْضَعِ، حَتَّى يُحَرِّمَ بَيْنَهُمَا وَمِنْ قِبَلِهِمَا مَا يُحَرِّمُ مِنَ الْآبَاءِ وَالْأَبْنَاءِ الَّذِينَ مِنَ النَّسَبِ، وَهِيَ الَّتِي يُسَمُّونَهَا لَبَنَ الْفَحْلِ؟ فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِي ذَلِكَ، فَقَالَ مَالِكٌ وَأَبُو حَنِيفَةَ، وَالشَّافِعِيُّ، وَأَحْمَدُ وَالْأَوْزَاعَيُّ، وَالثَّوْرِيُّ: لَبَنُ الْفَحْلِ يُحَرِّمُ. وَقَالَتْ طَائِفَةٌ: لَا يُحَرِّمُ لَبَنُ الْفَحْلِ. وَبِالْأَوَّلِ قَالَ عَلِيٌّ، وَابْنُ عَبَّاسٍ، وَبِالْقَوْلِ الثَّانِي قَالَتْ عَائِشَةُ، وَابْنُ الزُّبَيْرِ، وَابْنُ عُمَرَ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ مُعَارَضَةُ ظَاهِرِ الْكِتَابِ لِحَدِيثِ عَائِشَةَ الْمَشْهُورِ، أَعْنِي: آيَةَ الرَّضَاعِ. وَحَدِيثُ عَائِشَةَ هُوَ قَالَتْ: «جَاءَ أَفْلَحُ أَخُو أَبِي الْقُعَيْسِ يَسْتَأْذِنُ عَلَيَّ بَعْدَ أَنْ أُنْزِلَ الْحِجَابُ، فَأَبَيْتُ أَنْ آذَنَ لَهُ، وَسَأَلْتُ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فَقَالَ: إِنَّهُ عَمُّكِ، فَأْذَنِي لَهُ. فَقُلْتُ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، إِنَّمَا أَرْضَعَتْنِي الْمَرْأَةُ، وَلَمْ يُرْضِعْنِي الرَّجُلُ! فَقَالَ: إِنَّهُ عَمُّكِ، فَلْيَلِجْ عَلَيْكِ» خَرَّجَهُ الْبُخَارِيُّ وَمُسْلِمٌ وَمَالِكٌ. فَمَنْ رَأَى أَنَّ مَا فِي الْحَدِيثِ شَرْعٌ زَائِدٌ عَلَى مَا فِي الْكِتَابِ، وَهُوَ قَوْله تَعَالَى:

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