Première section : De l’empêchement lié à la parenté
Les juristes s’accordent sur les sept catégories de femmes interdites au mariage en raison de la parenté, mentionnées dans le Coran : les mères, les filles, les sœurs, les tantes paternelles, les tantes maternelles, les filles du frère et les filles de la sœur.
Ils s’accordent sur le fait que le terme « mère » désigne ici toute ascendante, du côté maternel ou paternel. Le terme « fille » désigne toute descendante, qu’elle soit issue directement de soi ou qu’elle descende de son fils ou de sa fille.
Le terme « sœur » désigne toute femme ayant avec soi un parent commun ou les deux, c’est-à-dire le père, la mère ou tous deux. Le terme « tante paternelle » désigne la sœur de son père ou de tout autre ascendant masculin.
Le terme « tante maternelle » désigne la sœur de sa mère ou de toute autre ascendante. L’expression « filles du frère » désigne toutes les descendantes de son frère, qu’elles soient directement issues de lui ou qu’elles descendent de lui par leur mère ou leur père. L’expression « filles de la sœur » désigne toutes les descendantes de sa sœur, qu’elles soient directement issues d’elle ou qu’elles descendent d’elle par leur mère ou leur père.
Ces sept catégories de femmes sont donc interdites au mariage et, à ma connaissance, cet énoncé ne fait l’objet d’aucune divergence. Il se fonde sur cette parole du Très-Haut :
« Vous sont interdites » [Al-Mā’ida : 3], jusqu’à la fin du verset.
Ils sont unanimes à considérer que la parenté qui interdit les rapports sexuels dans le cadre du mariage les interdit également dans le cadre de la possession d’une esclave.
[Deuxième section : De l’alliance matrimoniale]
Les femmes interdites au mariage en raison de l’alliance matrimoniale se répartissent en quatre catégories :
Les épouses des pères. Cette interdiction se fonde sur la parole du Très-Haut :
« N’épousez pas les femmes que vos pères ont épousées » [Al-Nisā’ : 22], jusqu’à la fin du verset.
Les épouses des fils. Cette interdiction se fonde également sur la parole du Très-Haut :
« Et les épouses de vos fils issus de vous » [Al-Nisā’ : 23].
Les mères des épouses. Cette interdiction se fonde sur la parole du Très-Haut :
« Et les mères de vos épouses » [Al-Nisā’ : 23].
Les filles des épouses. Cette interdiction se fonde sur la parole du Très-Haut :
« Et les filles de vos épouses qui sont sous votre garde, nées des femmes avec lesquelles vous avez consommé le mariage » [Al-Nisā’ : 23].
Pour ces quatre catégories, les musulmans s’accordent sur le fait que l’interdiction concernant deux d’entre elles résulte de la seule conclusion du contrat : les épouses des pères et celles des fils. Ils s’accordent aussi sur le fait que l’interdiction concernant une autre, la fille de l’épouse, résulte de la consommation du mariage. Toutefois, deux points font l’objet d’une divergence à son sujet :
Le premier : faut-il qu’elle soit sous la garde de l’époux ?
Le second : devient-elle interdite du fait de contacts physiques avec sa mère accompagnés de plaisir, ou faut-il qu’il y ait eu un rapport sexuel ?
Quant à la mère de l’épouse, ils divergent sur le point de savoir si elle devient interdite par le rapport sexuel avec sa fille ou par la seule conclusion du contrat de mariage avec celle-ci. Une quatrième question fait également l’objet d’une divergence dans ce domaine : les rapports sexuels illicites entraînent-ils les mêmes interdictions qu’un mariage valide ou qu’un mariage tenu à tort pour licite ?
Il y a donc ici quatre questions.
Première question : L’interdiction d’épouser la fille de son épouse est-elle subordonnée au fait qu’elle soit sous la garde de l’époux, ou non ? La majorité des juristes considère que cela ne constitue pas une condition de l’interdiction. Dāwūd estime, quant à lui, que c’en est une.
La divergence repose sur la portée de cette parole du Très-Haut :
« Qui sont sous votre garde » [Al-Nisā’ : 23].
S’agit-il d’une qualification qui détermine l’interdiction, ou n’a-t-elle aucune incidence sur celle-ci, puisqu’elle ne fait que décrire la situation la plus fréquente ?
Celui qui estime que cette expression ne fait que décrire la situation la plus fréquente,