Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Première question

Si la dot consiste en du vin, du porc, des fruits dont la maturation n’est pas encore apparente ou un chameau en fuite, Abū Hanīfa dit : « Le contrat est valide si l’on y retient la dot usuelle pour une femme de sa condition. »

Deux avis sont rapportés de Mālik. Selon le premier, le contrat est invalide et doit être annulé, avant comme après l’entrée en vie conjugale. C’est également l’avis d’Abū ‘Ubayd. Selon le second, si l’entrée en vie conjugale a eu lieu, le mariage est maintenu et l’épouse a droit à la dot usuelle pour une femme de sa condition.

Leur divergence tient à la question suivante : le mariage est-il soumis, sur ce point, aux mêmes règles que la vente ? Ceux qui répondent par l’affirmative estiment que l’invalidité de la dot entraîne celle du mariage, comme l’invalidité du prix entraîne celle de la vente. Ceux qui considèrent que la validité de la dot n’est pas une condition de validité du contrat de mariage — puisque la mention même de la dot n’en est pas une condition — estiment que le mariage est maintenu et régularisé par l’attribution de la dot usuelle.

La distinction selon que l’entrée en vie conjugale a eu lieu ou non est peu fondée. Les principes de Mālik exigeraient plutôt de distinguer, par analogie avec la vente, une dot illicite par sa nature même d’une dot illicite en raison d’une caractéristique qui l’affecte. Toutefois, je ne me rappelle pas, à présent, de déclaration explicite de sa part à ce sujet.

Deuxième question

Ils divergent également lorsqu’une vente est associée à la dot : par exemple, lorsque l’épouse remet à l’époux un esclave et que celui-ci verse mille dirhams couvrant à la fois la dot et le prix de l’esclave, sans distinguer la part du prix de celle de la dot. Mālik et Ibn al-Qāsim l’interdisent ; c’est aussi l’avis d’Abū Thawr. Ashhab l’autorise, de même qu’Abū Hanīfa.

‘Abd Allāh établit une distinction : « Si, après déduction du prix de vente, il reste au moins un quart de dinar, de manière certaine, cela est permis. » Deux avis sont rapportés d’al-Shāfi‘ī : selon l’un, cette opération est permise ; selon l’autre, la dot usuelle est due.

Leur divergence tient à la question de savoir si, sur ce point, le mariage est assimilable à la vente. Ceux qui l’y assimilent interdisent cette opération. Ceux qui admettent dans le mariage une indétermination qui ne serait pas admise dans la vente l’autorisent.

Troisième question

Les savants ont trois avis au sujet de celui qui épouse une femme à la condition de consentir, dans le cadre de sa dot, un don à son père.

Abū Hanīfa et ses disciples estiment que la condition est contraignante et que la dot est valide. Al-Shāfi‘ī estime que la dot est invalide et que l’épouse a droit à la dot usuelle pour une femme de sa condition. Mālik dit : « Si la condition est stipulée lors de la conclusion du mariage, le don revient à la fille ; si elle l’est après, il revient au père. »

Leur divergence tient à l’analogie établie, sur ce point, entre le mariage et la vente. Ceux qui assimilent le père au mandataire qui vend un bien en stipulant un don à son propre profit estiment que le mariage n’est pas valide, tout comme ne l’est pas une telle vente. Ceux qui distinguent ici le mariage de la vente l’autorisent.

Quant à la distinction établie par Mālik, elle tient à ce que, lorsque la condition figure dans le contrat de mariage, il soupçonne le père d’avoir stipulé ce don à son profit au détriment de la dot usuelle de sa fille. Il ne nourrit pas ce soupçon lorsque la condition intervient après la conclusion du mariage et l’accord sur la dot. L’avis de Mālik est également celui de ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azīz, d’al-Thawrī et d’Abū ‘Ubayd.

Abū Dāwūd, al-Nasā’ī et ‘Abd al-Razzāq rapportent, d’après ‘Amr ibn Shu‘ayb, d’après son père, d’après son grand-père, que le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix — a dit :

« Lorsqu’une femme est épousée moyennant un don convenu avant la formation du lien conjugal, ce don lui revient. Ce qui est accordé après la formation du lien conjugal revient à celui qui le reçoit. C’est en raison de sa fille ou de sa sœur qu’un homme mérite le plus d’être honoré. »

Le hadith de ‘Amr ibn Shu‘ayb fait l’objet de divergences

الْمَسْأَلَةُ الأُولَى: إِذَا كَانَ الصَّدَاقُ خَمْرًا أَوْ خِنْزِيرًا أَوْ ثَمَرَةً لَمْ يَبْدُ صَلَاحُهَا، أَوْ بَعِيرًا شَارِدًا - فَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: الْعَقْدُ صَحِيحٌ إِذَا وَقَعَ فِيهِ مَهْرُ الْمِثْلِ. وَعَنْ مَالِكٍ فِي ذَلِكَ رِوَايَتَانِ: إِحْدَاهُمَا: فَسَادُ الْعَقْدِ وَفَسْخُهُ قَبْلَ الدُّخُولِ وَبَعْدَهُ، وَهُوَ قَوْلُ أَبِي عُبَيْدٍ. وَالثَّانِيَةُ: أَنَّهُ إِنْ دَخَلَ ثَبَتَ، وَلَهَا صَدَاقُ الْمِثْلِ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ هَلْ حُكْمُ النِّكَاحِ فِي ذَلِكَ حُكْمُ الْبَيْعِ؟ أَمْ لَيْسَ كَذَلِكَ؟ فَمَنْ قَالَ: حُكْمُهُ حُكْمُ الْبَيْعِ - قَالَ: يَفْسُدُ النِّكَاحُ بِفَسَادِ الصَّدَاقِ، كَمَا يَفْسُدُ الْبَيْعُ بِفَسَادِ الثَّمَنِ. وَمَنْ قَالَ: لَيْسَ مِنْ شَرْطِ صِحَّةِ عَقْدِ النِّكَاحِ صِحَّةُ الصَّدَاقِ بِدَلِيلِ أَنَّ ذِكْرَ الصَّدَاقِ لَيْسَ شَرْطًا فِي صِحَّةِ الْعَقْدِ - قَالَ: يَمْضِي النِّكَاحُ، وَيُصَحَّحُ بِصَدَاقِ الْمِثْلِ. وَالْفَرْقُ بَيْنَ الدُّخُولِ وَعَدَمِهِ ضَعِيفٌ، وَالَّذِي تَقْتَضِيهِ أُصُولُ مَالِكٍ أَنْ يُفَرَّقَ بَيْنَ الصَّدَاقِ الْمُحَرَّمِ الْعَيْنِ، وَبَيْنَ الْمُحَرَّمِ لِصِفَةٍ فِيهِ، قِيَاسًا عَلَى الْبَيْعِ، وَلَسْتُ أَذْكُرُ الْآنَ فِيهِ نَصًّا. الْمَسْأَلَةُ الثَّانِيَةُ: وَاخْتَلَفُوا إِذَا اقْتَرَنَ بِالْمَهْرِ بَيْعٌ، مِثْلَ أَنْ تَدْفَعَ إِلَيْهِ عَبْدًا، وَيَدْفَعَ أَلْفَ دِرْهَمٍ عَنِ الصَّدَاقِ وَعَنْ ثَمَنِ الْعَبْدِ، وَلَا يُسَمَّى الثَّمَنُ مِنَ الصَّدَاقِ - فَمَنَعَهُ مَالِكٌ وَابْنُ الْقَاسِمِ، وَبِهِ قَالَ أَبُو ثَوْرٍ. وَأَجَازَهُ أَشْهَبُ، وَهُوَ قَوْلُ أَبِي حَنِيفَةَ. وَفَرَّقَ عَبْدُ اللَّهِ، فَقَالَ: إِنْ كَانَ الْبَاقِي بَعْدَ الْبَيْعِ رُبُعَ دِينَارٍ فَصَاعِدًا بِأَمْرٍ لَا يُشَكُّ فِيهِ جَازَ. وَاخْتَلَفَ فِيهِ قَوْلُ الشَّافِعِيِّ، فَمَرَّةً قَالَ: ذَلِكَ جَائِزٌ، وَمُرَّةً قَالَ: فِيهِ مَهْرُ الْمِثْلِ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ هَلِ النِّكَاحُ فِي ذَلِكَ شَبِيهٌ بِالْبَيْعِ؟ أَمْ لَيْسَ بِشَبِيهٍ؟ فَمَنْ شَبَّهَهُ فِي ذَلِكَ بِالْبَيْعِ مَنَعَهُ، وَمَنْ جَوَّزَ فِي النِّكَاحِ مِنَ الْجَهْلِ مَا لَا يَجُوزُ فِي الْبَيْعِ - قَالَ: يَجُوزُ. الْمَسْأَلَةُ الثَّالِثَةُ: وَاخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِيمَنْ نَكَحَ امْرَأَةً، وَاشْتُرِطَ عَلَيْهِ فِي صَدَاقِهَا حِبَاءٌ يُحَابِي بِهِ الْأَبَ - عَلَى ثَلَاثَةِ أَقْوَالٍ: فَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ: الشَّرْطُ لَازِمٌ، وَالصَّدَاقُ صَحِيحٌ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: الْمَهْرُ فَاسِدٌ، وَلَهَا صَدَاقُ الْمَثَلِ. وَقَالَ مَالِكٌ: إِذَا كَانَ الشَّرْطُ عِنْدَ النِّكَاحِ فَهُوَ لِابْنَتِهِ، وَإِنْ كَانَ بَعْدَ النِّكَاحِ فَهُوَ لَهُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ تَشْبِيهُ النِّكَاحِ فِي ذَلِكَ بِالْبَيْعِ؛ فَمَنْ شَبَّهَهُ بِالْوَكِيلِ يَبِيعُ السِّلْعَةَ، وَيَشْتَرِطُ لِنَفْسِهِ حِبَاءً - قَالَ: لَا يَجُوزُ النِّكَاحُ كَمَا لَا يَجُوزُ الْبَيْعُ. وَمَنْ جَعَلَ النِّكَاحَ فِي ذَلِكَ مُخَالِفًا لِلْبَيْعِ قَالَ: يَجُوزُ. وَأَمَّا تَفْرِيقُ مَالِكٍ فَلِأَنَّهُ اتَّهَمَهُ إِذَا كَانَ الشَّرْطُ فِي عَقْدِ النِّكَاحِ أَنْ يَكُونَ ذَلِكَ الَّذِي اشْتَرَطَهُ لِنَفْسِهِ نُقْصَانًا مِنْ صَدَاقِ مِثْلِهَا، وَلَمْ يَتَّهِمْهُ إِذَا كَانَ بَعْدَ انْعِقَادِ النِّكَاحِ وَالِاتِّفَاقِ عَلَى الصَّدَاقِ. وَقَوْلُ مَالِكٍ هُوَ قَوْلُ عُمَرَ بْنِ عَبْدِ الْعَزِيزِ وَالثَّوْرِيِّ وَأَبِي عُبَيْدٍ. وَخَرَّجَ أَبُو دَاوُدَ، وَالنَّسَائِيُّ، وَعَبْدُ الرَّزَّاقِ عَنْ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ عَنْ أَبِيهِ عَنْ جَدِّهِ قَالَ: «قَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: " أَيُّمَا امْرَأَةٍ نُكِحَتْ عَلَى حِبَاءٍ قَبْلَ عِصْمَةِ النِّكَاحِ فَهُوَ لَهَا، وَمَا كَانَ بَعْدَ عِصْمَةِ النِّكَاحِ فَهُوَ لِمَنْ أُعْطِيَهُ، وَأَحَقُّ مَا أُكْرِمَ الرَّجُلُ عَلَيْهِ ابْنَتُهُ وَأُخْتُهُ» . وَحَدِيثُ عَمْرِو بْنِ شُعَيْبٍ مُخْتَلَفٌ فِيهِ

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies