Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Hanīfa, Ahmad, al-Thawrī et d’autres estiment que la femme enceinte ne peut avoir ses menstrues et que le sang qu’elle voit est un sang anormal dû à une affection, à moins qu’elle ne soit saisie des douleurs de l’accouchement. Ils s’accordent alors à considérer ce sang comme des lochies, auxquelles s’appliquent les règles des menstrues concernant l’interdiction de la prière et les autres dispositions qui s’y rapportent.

Mālik et ses disciples ont des avis peu cohérents quant au moment où la femme enceinte qui a ses menstrues, lorsque le saignement se prolonge, cesse de relever des règles des menstrues pour relever de celles des saignements irréguliers.

Selon l’un de ces avis, elle est soumise aux mêmes règles que la femme menstruée ordinaire (c’est-à-dire qu’elle se considère comme menstruée soit pendant la durée maximale des menstrues, après quoi elle est considérée comme ayant des saignements irréguliers, soit pendant sa durée habituelle augmentée de trois jours par précaution, pourvu que le total ne dépasse pas quinze jours).

Selon un autre avis, elle se considère comme menstruée pendant le double de la durée maximale des menstrues. Selon un autre encore, elle double la durée maximale des menstrues. Selon un autre enfin, elle multiplie cette durée maximale par le nombre de mois de grossesse écoulés : au deuxième mois de grossesse, elle retient deux fois la durée maximale des menstrues ; au troisième, trois fois ; au quatrième, quatre fois, et ainsi de suite à mesure que les mois avancent.

Cette divergence tient à la difficulté de déterminer cela par l’expérience et à la confusion entre les deux situations. En effet, le sang que voit la femme enceinte est parfois du sang menstruel : c’est le cas lorsque la femme est vigoureuse et que le fœtus est encore petit. Cela rend possible la survenue d’une grossesse au cours d’une autre, comme l’ont rapporté Hippocrate, Galien et les autres médecins. Parfois, le sang que voit la femme enceinte provient de la faiblesse et de la maladie du fœtus, elles-mêmes le plus souvent consécutives à la faiblesse et à la maladie de la mère : il s’agit alors d’un sang dû à une affection ou à une maladie. Le plus souvent, ce sang est d’origine pathologique.

Cinquième question

Les juristes divergent sur les écoulements jaunâtres et brunâtres : relèvent-ils des menstrues ou non ? Un groupe estime qu’ils en relèvent lorsqu’ils surviennent pendant les jours de menstrues. C’est l’avis d’al-Shāfi‘ī et d’Abū Hanīfa ; un avis semblable est également rapporté de Mālik.

Dans la Mudawwana, il est rapporté de Mālik que les écoulements jaunâtres et brunâtres relèvent des menstrues, qu’ils surviennent pendant les jours de menstrues ou en dehors de ceux-ci, et que la femme les constate avec du sang ou sans sang.

Dāwūd et Abū Yūsuf estiment, quant à eux, que ces écoulements ne relèvent des menstrues que lorsqu’ils font suite à un écoulement de sang.

Cette divergence tient à l’opposition apparente entre le hadith d’Umm ‘Atiyya et celui de ‘Ā’isha. On rapporte en effet qu’Umm ‘Atiyya a dit :

« Nous ne tenions aucun compte des écoulements jaunâtres et brunâtres après le bain rituel. »

On rapporte également que les femmes envoyaient à ‘Ā’isha un petit contenant renfermant du coton portant des traces jaunâtres et brunâtres de sang menstruel, pour lui demander si elles pouvaient prier. Elle leur répondait :

« Ne vous hâtez pas avant de voir les pertes blanches. »

Ceux qui donnent la préférence au hadith de ‘Ā’isha considèrent donc les écoulements jaunâtres et brunâtres comme des menstrues, qu’ils apparaissent pendant les jours de menstrues ou

حنيفة وأحمد والثوري، وغيرهم إلى أَنَّ الْحَامِلَ لَا تَحِيضُ، وَأَنَّ الدَّمَ الظَّاهِرَ لَهَا دَمُ فَسَادٍ وَعِلَّةٍ، إِلَّا أَنْ يُصِيبَهَا الطَّلْقُ، فإنهم أَجْمَعُوا عَلَى أَنَّهُ دَمُ نِفَاسٍ، وَأَنَّ حُكْمَهُ حُكْمُ الْحَيْضِ فِي مَنْعِهِ الصَّلَاةَ وَغَيْرِ ذَلِكَ مِنْ أَحْكَامِهِ. وَلِمَالِكٍ وَأَصْحَابِهِ فِي مَعْرِفَةِ انْتِقَالِ الْحَائِضِ الْحَامِلِ إِذَا تَمَادَى بِهَا الدَّمُ مِنْ حُكْمِ الْحَيْضِ إِلَى حُكْمِ الِاسْتِحَاضَةِ أَقْوَالٌ مُضْطَرِبَةٌ: أَحَدُهَا: أَنَّ حُكْمَهَا حُكْمُ الْحَائِضِ نَفْسِهَا ; (أَعْنِي: إِمَّا أَنْ تَقْعُدَ أَكْثَرَ أَيَّامِ الْحَيْضِ، ثُمَّ هِيَ مُسْتَحَاضَةٌ، وَإِمَّا أَنْ تَسْتَظْهِرَ عَلَى أَيَّامِهَا الْمُعْتَادَةِ بِثَلَاثَةِ أَيَّامٍ مَا لَمْ يَكُنْ مَجْمُوعُ ذَلِكَ أَكْثَرَ مِنْ خَمْسَةَ عَشَرَ يَوْمًا) وَقِيلَ: إِنَّهَا تَقْعُدُ حَائِضًا ضِعْفَ أَكْثَرِ أَيَّامِ الْحَيْضِ، وَقِيلَ: إِنَّهَا تُضَعِّفُ أَكْثَرَ أَيَّامِ الْحَيْضِ وقيل: إِنَّهَا تُضَعِّفُ أَكْثَرَ أَيَّامِ الْحَيْضِ بِعَدَدِ الشُّهُورِ الَّتِي مَرَّتْ لَهَا. فَفِي الشَّهْرِ الثَّانِي مِنْ حَمْلِهَا تُضَعِّفُ أَيَّامَ أَكْثَرِ الْحَيْضِ مَرَّتَيْنِ، وَفِي الثَّالِثِ ثَلَاثَ مَرَّاتٍ، وَفِي الرَّابِعِ أَرْبَعَ مَرَّاتٍ، وَكَذَلِكَ مَا زَادَتِ الْأَشْهُرُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ فِي ذَلِكَ: عُسْرُ الْوُقُوفِ عَلَى ذَلِكَ بِالتَّجْرِبَةِ، وَاخْتِلَاطُ الْأَمْرَيْنِ، فَإِنَّهُ مَرَّةً يَكُونُ الدَّمُ الَّذِي تَرَاهُ الْحَامِلُ دَمَ حَيْضٍ، وَذَلِكَ إِذَا كَانَتْ قُوَّةُ الْمَرْأَةِ وَافِرَةً وَالْجَنِينُ صَغِيرًا، وَبِذَلِكَ أَمْكَنَ أَنْ يَكُونَ حَمْلٌ عَلَى حَمْلٍ عَلَى مَا حَكَاهُ بُقْرَاطُ وَجَالِينُوسُ وَسَائِرُ الْأَطِبَّاءِ، وَمَرَّةً يَكُونُ الدَّمُ الَّذِي تَرَاهُ الْحَامِلُ لِضَعْفِ الْجَنِينِ وَمَرَضِهِ التَّابِعِ لِضَعْفِهَا وَمَرَضِهَا فِي الْأَكْثَرِ، فَيَكُونُ دَمَ عِلَّةٍ وَمَرَضٍ، وَهُوَ فِي الْأَكْثَرِ دَمُ عِلَّةٍ. الْمَسْأَلَةُ الخَامِسَةُ: اخْتَلَفَ الْفُقَهَاءُ فِي الصُّفْرَةِ وَالْكُدْرَةِ هَلْ هِيَ حَيْضٌ أَمْ لَا؟ فَرَأَتْ جَمَاعَةٌ أَنَّهَا حَيْضٌ فِي أَيَّامِ الْحَيْضِ، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ وَأَبُو حَنِيفَةَ، وَرُوِيَ مِثْلُ ذَلِكَ عَنْ مَالِكٍ. وَفِي الْمُدَوَّنَةِ عَنْهُ أَنَّ الصُّفْرَةَ وَالْكُدْرَةَ حَيْضٌ فِي أَيَّامِ الْحَيْضِ، وَفِي غَيْرِ أَيَّامِ الْحَيْضِ رَأَتْ ذَلِكَ مَعَ الدَّمِ أَوْ لَمْ تَرَهُ. وَقَالَ دَاوُدُ، وَأَبُو يُوسُفَ: إِنَّ الصُّفْرَةَ، وَالْكُدْرَةَ لَا تَكُونُ حَيْضًا إِلَّا بِأَثَرِ الدَّمِ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ مُخَالَفَةُ ظَاهِرِ حَدِيثِ أُمِّ عَطِيَّةَ لِحَدِيثِ عَائِشَةَ، وَذَلِكَ أَنَّهُ رُوِيَ عَنْ أُمِّ عَطِيَّةَ أَنَّهَا قَالَتْ: كُنَّا لَا نَعُدُّ الصُّفْرَةَ وَالْكُدْرَةَ بَعْدَ الْغُسْلِ شَيْئًا، وَرُوِيَ عَنْ عَائِشَةَ أَنَّ النِّسَاءَ كُنَّ يَبْعَثْنَ إِلَيْهَا بِالدُّرْجَةِ فِيهَا الْكُرْسُفُ فِيهِ الصُّفْرَةُ وَالْكُدْرَةُ مِنْ دَمِ الْحَيْضِ يَسْأَلْنَهَا عَنِ الصَّلَاةِ ; فَتَقُولُ: لَا تَعْجَلْنَ حَتَّى تَرَيْنَ الْقَصَّةَ الْبَيْضَاءَ. فَمَنْ رَجَّحَ حَدِيثَ عَائِشَةَ جَعَلَ الصُّفْرَةَ، وَالْكُدْرَةَ حَيْضًا، سَوَاءٌ ظَهَرَتْ فِي أَيَّامِ الْحَيْضِ أَمْ

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