Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

au contrat ou à la dot et, plus généralement, à l’absence des conditions de validité, sans que l’épouse ait le moindre choix en la matière.

Quant aux causes d’annulation survenant après la conclusion d’un contrat valide, comme l’apostasie ou l’allaitement, elles n’entraînent pas la réduction de moitié si aucun des deux époux n’a eu de choix en la matière, ou si seule l’épouse en a eu un. En revanche, si l’époux a eu le choix, comme dans le cas de l’apostasie, elles entraînent cette réduction. La doctrine des littéralistes implique que tout divorce précédant l’entrée en vie conjugale entraîne nécessairement la réduction de moitié, que sa cause soit imputable à l’épouse ou à l’époux. En revanche, une annulation qui ne constitue pas un divorce ne l’entraîne pas.

Cette divergence tient à la question suivante : cette règle repose-t-elle sur une raison juridique identifiable ou non ?

Pour les uns, elle repose sur une raison identifiable : la moitié de la dot n’est due à l’épouse qu’en compensation du droit qu’elle aurait eu d’imposer la remise de sa marchandise et la perception du prix, comme dans le cas d’un achat. Le mariage se distinguant à cet égard de la vente, cette moitié lui a été accordée en compensation de ce droit. Ils estiment donc que, lorsque la cause du divorce est imputable à l’épouse, elle n’a droit à rien, puisqu’elle a elle-même renoncé au droit de contraindre l’époux à payer le prix et à prendre possession de la marchandise.

Ceux qui considèrent, au contraire, qu’il s’agit d’une règle dont la raison n’est pas identifiable et s’en tiennent au sens apparent du texte estiment que la réduction de moitié s’impose dans tout divorce, que sa cause soit imputable à l’époux ou à l’épouse.

Quant aux règles applicables aux modifications que la dot peut subir avant le divorce, ces modifications proviennent soit de l’épouse, soit du fait d’Allah. Celles qui proviennent du fait d’Allah relèvent nécessairement de l’un de ces quatre cas : perte totale, diminution, augmentation, ou augmentation et diminution à la fois.

Lorsque ces modifications proviennent de l’épouse, soit elle a disposé de la dot en l’aliénant, par exemple par une vente, un affranchissement ou une donation, soit elle l’a employée pour ses besoins personnels ou pour constituer le trousseau qu’elle apporte chez son époux. Selon Mālik, les deux époux partagent les pertes, les augmentations et les diminutions. Selon al-Shāfi‘ī, l’époux peut réclamer à l’épouse la moitié de la diminution ou de la perte, mais non la moitié de l’augmentation.

Leur divergence tient à la question suivante : avant l’entrée en vie conjugale ou le décès, la propriété de la dot est-elle définitivement acquise à l’épouse ou non ?

Ceux qui considèrent qu’elle ne lui est pas définitivement acquise estiment que les deux époux y sont associés, tant qu’elle ne dépasse pas ses droits en l’affectant à ses besoins personnels. Ceux qui considèrent que cette propriété lui est définitivement acquise, et que la restitution de la moitié constitue une obligation qui ne naît à sa charge qu’au moment du divorce, après l’acquisition définitive de la propriété, imposent qu’un recours soit exercé contre elle pour tout ce qui a disparu entre ses mains. Ils s’accordent toutefois à dire que, si elle a employé la dot pour ses besoins personnels, elle en doit garantir la moitié.

Ils divergent lorsqu’elle l’a employée à acheter, conformément à l’usage, ce qui convient à son trousseau : l’époux peut-il lui réclamer la moitié des biens achetés ou la moitié de la dot qui en constituait le prix ? Selon Mālik, il peut lui réclamer la moitié des biens achetés. Selon Abū Hanīfa et al-Shāfi‘ī, il peut lui réclamer la moitié du prix, c’est-à-dire de la dot.

Ils divergent également, dans ce domaine, sur une question particulière bien connue, liée aux textes transmis : le père peut-il renoncer à la moitié de la dot revenant à sa fille vierge, lorsqu’elle est répudiée avant l’entrée en vie conjugale ? Le maître peut-il en faire autant pour son esclave ? Mālik leur reconnaît ce droit, tandis qu’Abū Hanīfa et al-Shāfi‘ī le leur refusent.

Leur divergence vient des interprétations possibles de cette parole du Très-Haut :

« À moins qu’elles n’y renoncent, ou que n’y renonce celui qui détient le lien du mariage » [al-Baqara : 237].

L’ambiguïté porte sur le verbe « ya‘fū », qui, dans la langue arabe, signifie tantôt « renoncer à un droit »,

الْعَقْدِ أَوْ مِنْ قِبَلِ الصَّدَاقِ، وَبِالْجُمْلَةِ مِنْ قِبَلِ عَدَمِ مُوجِبَاتِ الصِّحَّةِ، وَلَيْسَ لَهَا فِي ذَلِكَ اخْتِيَارٌ أَصْلًا. وَأَمَّا الْفُسُوخُ الطَّارِئَةُ عَلَى الْعَقْدِ الصَّحِيحِ مِثْلُ الرِّدَّةِ وَالرَّضَاعِ، فَإِنْ لَمْ يَكُنْ لِأَحَدِهِمَا فِيهِ اخْتِيَارٌ، أَوْ كَانَ لَهَا دُونَهُ لَمْ يُوجِبِ التَّشْطِيرَ. وَإِنْ كَانَ لَهُ فِيهِ اخْتِيَارٌ مِثْلُ الرِّدَّةِ أَوْجَبَ التَّشْطِيرَ. وَالَّذِي يَقْتَضِيهِ مَذْهَبُ أَهْلِ الظَّاهِرِ أَنَّ كُلَّ طَلَاقٍ قَبْلَ الْبِنَاءِ فَوَاجِبٌ أَنْ يَكُونَ فِيهِ التَّنْصِيفُ، سَوَاءٌ أَكَانَ مِنْ سَبَبِهَا أَوْ سَبَبِهِ، وَأَنَّ مَا كَانَ فَسْخًا، وَلَمْ يَكُنْ طَلَاقًا - فَلَا تَنْصِيفَ فِيهِ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ هَلْ هَذِهِ السُّنَّةُ مَعْقُولَةُ الْمَعْنَى؟ أَمْ لَيْسَتْ بِمَعْقُولَةٍ؟ فَمَنْ قَالَ: إِنَّهَا مَعْقُولَةُ الْمَعْنَى، وَأَنَّهُ إِنَّمَا وَجَبَ لَهَا نِصْفُ الصَّدَاقِ عِوَضَ مَا كَانَ لَهَا لِمَكَانِ الْجَبْرِ عَلَى رَدِّ سِلْعَتِهَا، وَأَخْذِ الثَّمَنِ كَالْحَالِ فِي الْمُشْتَرَى، فَلَمَّا فَارَقَ النِّكَاحُ فِي هَذَا الْمَعْنَى الْبَيْعَ جَعَلَ لَهَا هَذَا عِوَضًا مِنْ ذَلِكَ الْحَقِّ - قَالَ: إِذَا كَانَ الطَّلَاقُ مِنْ سَبَبِهَا لَمْ يَكُنْ لَهَا شَيْءٌ؛ لِأَنَّهَا أَسْقَطَتْ مَا كَانَ لَهَا مِنْ جَبْرِهِ عَلَى دَفْعِ الثَّمَنِ وَقَبْضِ السِّلْعَةِ. وَمَنْ قَالَ: إِنَّهَا سُنَّةٌ غَيْرُ مَعْقُولَةٍ، وَاتَّبَعَ ظَاهِرَ اللَّفْظِ - قَالَ: يَلْزَمُ التَّشْطِيرُ فِي كُلِّ طَلَاقٍ كَانَ مِنْ سَبَبِهِ أَوْ سَبَبِهَا. فَأَمَّا حُكْمُ مَا يَعْرِضُ لِلصَّدَاقِ مِنَ التَّغَيُّرَاتِ قَبْلَ الطَّلَاقِ فَإِنَّ ذَلِكَ لَا يَخْلُو أَنْ يَكُونَ مِنْ قِبَلِهَا أَوْ مِنَ اللَّهِ؛ فَمَا كَانَ مِنْ قِبَلِ اللَّهِ فَلَا يَخْلُو مِنْ أَرْبَعَةِ أَوْجُهٍ: إِمَّا أَنْ يَكُونَ تَلَفًا لِلْكُلِّ، وَإِمَّا أَنْ يَكُونَ نَقْصًا، وَإِمَّا أَنْ يَكُونَ زِيَادَةً، وَأَمَّا أَنْ يَكُونَ زِيَادَةً وَنَقْصًا مَعًا. وَمَا كَانَ مِنْ قِبَلِهَا فَلَا يَخْلُو أَنْ يَكُونَ تَصَرُّفُهَا فِيهِ بِتَفْوِيتٍ مِثْلِ الْبَيْعِ وَالْعِتْقِ وَالْهِبَةِ، أَوْ يَكُونَ تَصَرُّفُهَا فِيهِ فِي مَنَافِعِهَا الْخَاصَّةِ بِهَا أَوْ فِيمَا تَتَجَهَّزُ بِهِ إِلَى زَوْجِهَا. فَعِنْدَ مَالِكٍ أَنَّهُمَا فِي التَّلَفِ وَفِي الزِّيَادَةِ وَفِي النُّقْصَانِ شَرِيكَانِ. وَعِنْدَ الشَّافِعِيِّ أَنَّهُ يَرْجِعُ فِي النُّقْصَانِ وَالتَّلَفِ عَلَيْهَا بِالنِّصْفِ، وَلَا يَرْجِعُ بِنِصْفِ الزِّيَادَةِ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ هَلْ تَمْلِكُ الْمَرْأَةُ الصَّدَاقَ قَبْلَ الدُّخُولِ أَوِ الْمَوْتِ مِلْكًا مُسْتَقِرًّا؟ أَوْ لَا تَمْلِكُهُ؟ فَمَنْ قَالَ: إِنَّهَا لَا تَمْلِكُهُ مِلْكًا مُسْتَقِرًّا - قَالَ: هُمَا فِيهِ شَرِيكَانِ مَا لَمْ تَتَعَدَّ فَتُدْخِلَهُ فِي مَنَافِعِهَا. وَمَنْ قَالَ: تَمْلِكُهُ مِلْكًا مُسْتَقِرًّا، وَالتَّشْطِيرُ حَقٌّ وَاجِبٌ تَعَيَّنَ عَلَيْهَا عِنْدَ الطَّلَاقِ وَبَعْدَ اسْتِقْرَارِ الْمِلْكِ - أَوْجَبَ الرُّجُوعَ عَلَيْهَا بِجَمِيعِ مَا ذَهَبَ عِنْدَهَا. وَلَمْ يَخْتَلِفُوا أَنَّهَا إِذَا صَرَفَتْهُ فِي مَنَافِعِهَا ضَامِنَةٌ لِلنِّصْفِ. وَاخْتَلَفُوا إِذَا اشْتَرَتْ بِهِ مَا يُصْلِحُهَا لِلْجِهَازِ مِمَّا جَرَتْ بِهِ الْعَادَةُ هَلْ يَرْجِعُ عَلَيْهَا بِنِصْفِ مَا اشْتَرَتْهُ؟ أَمْ بِنِصْفِ الصَّدَاقِ الَّذِي هُوَ الثَّمَنُ؟ فَقَالَ مَالِكٌ: يَرْجِعُ عَلَيْهَا بِنِصْفِ مَا اشْتَرَتْهُ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَالشَّافِعِيُّ: يَرْجِعُ عَلَيْهَا بِنِصْفِ الثَّمَنِ الَّذِي هُوَ الصَّدَاقُ. وَاخْتَلَفُوا مِنْ هَذَا الْبَابِ فِي فَرْعٍ مَشْهُورٍ مُتَعَلِّقٍ بِالسَّمَاعِ، وَهُوَ هَلْ لِلْأَبِ أَنْ يَعْفُوَ عَنْ نِصْفِ الصَّدَاقِ فِي ابْنَتِهِ الْبِكْرِ؟ ، أَعْنِي: إِذَا طُلِّقَتْ قَبْلَ الدُّخُولِ، وَلِلسَّيِّدِ فِي أَمَتِهِ؟ فَقَالَ مَالِكٌ: ذَلِكَ لَهُ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَالشَّافِعِيُّ: لَيْسَ ذَلِكَ لَهُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ هُوَ الِاحْتِمَالُ الَّذِي فِي قَوْله تَعَالَى: {إِلا أَنْ يَعْفُونَ أَوْ يَعْفُوَ الَّذِي بِيَدِهِ عُقْدَةُ النِّكَاحِ} [البقرة: ٢٣٧] . وَذَلِكَ فِي لَفْظَةِ " يَعْفُو " فَإِنَّهَا تُقَالُ فِي كَلَامِ الْعَرَبِ مَرَّةً بِمَعْنَى يُسْقِطُ،

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