Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

« Comment pourriez-vous le reprendre, alors que vous vous êtes intimement unis l’un à l’autre ? » [al-Nisā’ : 21].

Il a également précisé que la femme répudiée avant tout rapport charnel a droit à la moitié de la dot, en disant :

« Si vous divorcez d’avec elles avant de les avoir touchées, mais après leur avoir fixé une dot, versez-leur la moitié de ce que vous aviez fixé » [al-Baqara : 237].

Comme tu le vois, ce texte énonce expressément la règle applicable à chacune de ces deux situations : avant les rapports charnels et après ceux-ci. Il n’existe pas de situation intermédiaire. Il en découle donc manifestement que la totalité de la dot n’est due qu’après des rapports charnels.

Le terme « toucher » désigne manifestement ici les rapports charnels. Il pourrait toutefois être pris dans son sens linguistique premier, celui du simple contact. Telle est peut-être l’interprétation retenue par les Compagnons. C’est pourquoi Mālik a dit, à propos de l’homme impuissant auquel un délai a été accordé, que la dot est intégralement due à l’épouse si le divorce intervient, en raison de la durée de leur vie commune. Il reconnaît donc à celle-ci, même sans rapports charnels, un effet sur l’exigibilité de la dot. Quant aux décisions rapportées des Compagnons à ce sujet, elles établissent que celui qui a fermé une porte ou abaissé un rideau est tenu de verser la totalité de la dot. Leur décision sur ce point n’a pas été contestée.

Une question particulière fait également l’objet d’une divergence parmi ceux qui exigent des rapports charnels : celle où les époux sont en désaccord sur leur existence, par exemple lorsque l’épouse affirme qu’ils ont eu lieu et que l’époux le nie. Selon l’avis le plus connu de Mālik, c’est la déclaration de l’épouse qui est retenue. Selon un autre avis, elle est crue s’il s’agissait d’une entrée en vie conjugale, mais non s’il ne s’agissait que d’une visite. Selon un troisième avis, si elle était vierge, des femmes l’examinent. L’école compte donc trois avis sur cette question.

Al-Shāfi‘ī et les littéralistes estiment que c’est la déclaration de l’époux qui est retenue, parce qu’il est le défendeur. Pour Mālik, l’obligation de prêter serment ne repose pas sur la seule qualité de défendeur : elle tient plutôt, dans la plupart des cas, à la plus grande vraisemblance de sa position. C’est pourquoi, dans de nombreux cas, il retient la déclaration du demandeur lorsque les présomptions sont plus fortes en sa faveur.

Cette divergence revient à se demander si l’obligation faite au défendeur de prêter serment repose sur une raison juridique identifiable ou non. Il en va de même de l’obligation faite au demandeur d’apporter la preuve. Cette question sera examinée en son lieu.

[Troisième partie : la réduction de la dot de moitié]

Troisième partie : la réduction de moitié

Les juristes s’accordent sur le principe suivant : lorsque l’époux divorce avant l’entrée en vie conjugale, après avoir fixé une dot, il a le droit d’en reprendre la moitié à l’épouse, conformément à la parole du Très-Haut :

« La moitié de ce que vous aviez fixé » [al-Baqara : 237], et la suite du verset.

L’examen de cette réduction de moitié porte sur trois points fondamentaux : les mariages auxquels elle s’applique ; les formes de divorce qui l’entraînent — il s’agit du divorce survenant avant l’entrée en vie conjugale — ; et les règles applicables aux modifications que la dot peut subir avant le divorce.

Pour Mālik, cette réduction s’applique au mariage valide : le divorce prononcé avant l’entrée en vie conjugale doit donc concerner un mariage valide. Quant au mariage irrégulier, si la séparation n’y constitue pas une annulation et que l’époux prononce le divorce avant l’annulation, deux avis existent sur ce point.

Ce qui entraîne la réduction de moitié, c’est le divorce résultant du choix de l’époux, et non de celui de l’épouse, comme lorsque celle-ci demande la séparation en invoquant un défaut qu’il présente. Ils divergent toutefois sur le cas où elle demande la séparation parce qu’il ne peut, du fait de son indigence, lui verser la dot ou subvenir à son entretien. Or, il n’y a pas de différence entre ce cas et celui où elle invoque un défaut.

Quant aux annulations qui ne constituent pas un divorce, nul ne conteste qu’elles n’entraînent pas la réduction de moitié lorsque l’annulation tient à

{وَكَيْفَ تَأْخُذُونَهُ وَقَدْ أَفْضَى بَعْضُكُمْ إِلَى بَعْضٍ} [النساء: ٢١] . وَنَصَّ فِي الْمُطَلَّقَةِ قَبْلَ الْمَسِيسِ أَنَّ لَهَا نِصْفَ الصَّدَاقِ، فَقَالَ تَعَالَى: {وَإِنْ طَلَّقْتُمُوهُنَّ مِنْ قَبْلِ أَنْ تَمَسُّوهُنَّ وَقَدْ فَرَضْتُمْ لَهُنَّ فَرِيضَةً فَنِصْفُ مَا فَرَضْتُمْ} [البقرة: ٢٣٧] . وَهَذَا نَصٌّ كَمَا تَرَى فِي حُكْمِ كُلِّ وَاحِدَةٍ مِنْ هَاتَيْنِ الْحَالَتَيْنِ، أَعْنِي: قَبْلَ الْمَسِيسِ، وَبَعْدَ الْمَسِيسِ. وَلَا وَسَطَ بَيْنَهُمَا، فَوَجَبَ بِهَذَا إِيجَابًا ظَاهِرًا أَنَّ الصَّدَاقَ لَا يَجِبُ إِلَّا بِالْمَسِيسِ. وَالْمَسِيسُ هَا هُنَا الظَّاهِرُ مِنْ أَمْرِهِ أَنَّهُ الْجِمَاعُ، وَقَدْ يُحْتَمَلُ أَنْ يُحْمَلَ عَلَى أَصْلِهِ فِي اللُّغَةِ وَهُوَ الْمَسُّ، وَلَعَلَّ هَذَا هُوَ الَّذِي تَأَوَّلَتِ الصَّحَابَةُ، وَلِذَلِكَ قَالَ مَالِكٌ فِي الْعِنِّينِ الْمُؤَجَّلِ: إِنَّهُ قَدْ وَجَبَ لَهَا الصَّدَاقُ عَلَيْهِ إِذَا وَقَعَ الطَّلَاقُ لِطُولِ مُقَامِهِ مَعَهَا، فَجَعَلَ لَهُ دُونَ الْجِمَاعِ تَأْثِيرًا فِي إِيجَابِ الصَّدَاقِ. وَأَمَّا الْأَحْكَامُ الْوَارِدَةُ فِي ذَلِكَ عَنِ الصَّحَابَةِ فَهُوَ أَنَّ مَنْ أَغْلَقَ بَابًا، أَوْ أَرْخَى سَتْرًا - فَقَدْ وَجَبَ عَلَيْهِ الصَّدَاقُ، لَمْ يُخْتَلَفْ عَلَيْهِمْ فِي ذَلِكَ فِيمَا حَكَمُوا. وَاخْتَلَفُوا مِنْ هَذَا الْبَابِ فِي فَرْعٍ، وَهُوَ إِذَا اخْتَلَفَا فِي الْمَسِيسِ، أَعْنِي: الْقَائِلِينَ بِاشْتِرَاطِ الْمَسِيسِ، وَذَلِكَ مِثْلَ أَنْ تَدَّعِيَ هِيَ الْمَسِيسَ، وَيُنْكِرَ هُوَ - فَالْمَشْهُورُ عَنْ مَالِكٍ أَنَّ الْقَوْلَ قَوْلُهَا. وَقِيلَ: إِنْ كَانَ دُخُولَ بِنَاءٍ صُدِّقَتْ، وَإِنْ كَانَ دُخُولَ زِيَارَةٍ لَمْ تُصَدَّقْ. وَقِيلَ: إِنْ كَانَتْ بِكْرًا نَظَرَ إِلَيْهَا النِّسَاءُ. فَيَتَحَصَّلُ فِيهَا فِي الْمَذْهَبِ ثَلَاثَةُ أَقْوَالٍ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ، وَأَهْلُ الظَّاهِرِ: الْقَوْلُ قَوْلُهُ، وَذَلِكَ لِأَنَّهُ مُدَّعًى عَلَيْهِ. وَمَالِكٌ لَيْسَ يَعْتَبِرُ فِي وُجُوبِ الْيَمِينِ عَلَى الْمُدَّعَى عَلَيْهِ مِنْ جِهَةِ مَا هُوَ مُدَّعًى عَلَيْهِ، بَلْ مِنْ جِهَةِ مَا هُوَ أَقْوَى شُبْهَةً فِي الْأَكْثَرِ، وَلِذَلِكَ يَجْعَلُ الْقَوْلَ فِي مَوَاضِعَ كَثِيرَةٍ قَوْلَ الْمُدَّعِي إِذَا كَانَ أَقْوَى شُبْهَةً. وَهَذَا الْخِلَافُ يَرْجِعُ إِلَى هَلْ إِيجَابُ الْيَمِينِ عَلَى الْمُدَّعَى عَلَيْهِ مُعَلَّلٌ؟ أَوْ غَيْرُ مُعَلَّلٍ؟ وَكَذَلِكَ الْقَوْلُ فِي وُجُوبِ الْبَيِّنَةِ عَلَى الْمُدَّعِي، وَسَيَأْتِي هَذَا فِي مَكَانِهِ. [الْمَوْضِعُ الثَّالِثُ فِي تشْطِيرِ المهر] الْمَوْضِعُ الثَّالِثُ: فِي التَّشْطِيرِ. وَاتَّفَقُوا اتِّفَاقًا مُجْمَلًا أَنَّهُ إِذَا طَلَّقَ قَبْلَ الدُّخُولِ، وَقَدْ فَرَضَ صَدَاقًا - أَنَّهُ يَرْجِعُ عَلَيْهَا بِنِصْفِ الصَّدَاقِ؛ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: {فَنِصْفُ مَا فَرَضْتُمْ} [البقرة: ٢٣٧] الْآيَةَ. وَالنَّظَرُ فِي التَّشْطِيرِ فِي أُصُولٍ ثَلَاثَةٍ: فِي مَحَلِّهِ مِنَ الْأَنْكِحَةِ، وَفِي مُوجِبِهِ مِنْ أَنْوَاعِ الطَّلَاقِ، أَعْنِي: الْوَاقِعَ قَبْلَ الدُّخُولِ. وَفِي حُكْمِ مَا يَعْرِضُ لَهُ مِنَ التَّغْيِيرَاتِ قَبْلَ الطَّلَاقِ. أَمَّا مَحَلُّهُ مِنَ النِّكَاحِ عِنْدَ مَالِكٍ فَهُوَ النِّكَاحُ الصَّحِيحُ، أَعْنِي: أَنْ يَكُونَ يَقَعُ الطَّلَاقُ الَّذِي قَبْلَ الدُّخُولِ فِي النِّكَاحِ الصَّحِيحِ. وَأَمَّا النِّكَاحُ الْفَاسِدُ فَإِنْ لَمْ تَكُنِ الْفُرْقَةُ فِيهِ فَسْخًا، وَطَلَّقَ قَبْلَ الْفَسْخِ - فَفِي ذَلِكَ قَوْلَانِ. وَأَمَّا مُوجِبِ التَّشْطِيرِ فَهُوَ الطَّلَاقُ الَّذِي يَكُونُ بِاخْتِيَارٍ مِنَ الزَّوْجِ لَا بِاخْتِيَارٍ مِنْهَا، مِثْلُ الطَّلَاقِ الَّذِي يَكُونُ مِنْ قِبَلِ قِيَامِهَا بِعَيْبٍ يُوجَدُ فِيهِ. وَاخْتَلَفُوا مِنْ هَذَا الْبَابِ فِي الَّذِي يَكُونُ سَبَبَهُ قِيَامُهَا عَلَيْهِ بِالصَّدَاقِ أَوِ النَّفَقَةِ مَعَ عُسْرِهِ، وَلَا فَرَقَ بَيْنَهُ وَبَيْنَ الْقِيَامِ بِالْعَيْبِ. وَأَمَّا الْفُسُوخُ الَّتِي لَيْسَتْ طَلَاقًا فَلَا خِلَافَ أَنَّهَا لَيْسَتْ تُوجِبُ التَّشْطِيرَ إِذَا كَانَ فِيهَا الْفَسْخُ مِنْ قِبَلِ

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