Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

la prière et la paix —, en raison des nombreuses dispositions qui lui sont propres en cette matière.

Ce qui s’écarte ici des principes établis, c’est que l’affranchissement met fin à un droit de propriété, sans que cette extinction confère, à un autre titre, le droit de jouir de ce qui en faisait l’objet. En effet, une fois affranchie, la femme dispose de sa personne : comment pourrait-il alors lui imposer le mariage ?

C’est pourquoi al-Shāfi‘ī a dit que, si elle refuse de l’épouser, elle doit lui rembourser sa valeur. Il considère en effet qu’elle lui a fait perdre cette valeur, puisqu’il n’y avait renoncé qu’à condition de pouvoir jouir d’elle.

Toutefois, aucun de ces arguments ne saurait être opposé à la pratique du Prophète — sur lui la prière et la paix. Si cela avait été interdit à tout autre que lui, il l’aurait précisé — sur lui la prière et la paix. Le principe est que ses actes font autorité pour nous, sauf lorsqu’une preuve établit qu’ils lui sont exclusivement réservés.

Quant aux caractéristiques de la dot, les juristes s’accordent sur la validité du mariage conclu moyennant une contrepartie déterminée et décrite, c’est-à-dire dont la nature et la quantité sont précisément définies par sa description. Ils divergent toutefois lorsque la contrepartie n’est ni décrite ni déterminée, comme lorsqu’un homme dit : « Je te la donne en mariage moyennant un esclave ou un domestique », sans en préciser les caractéristiques permettant d’en déterminer la valeur. Mālik et Abū Hanīfa l’autorisent, tandis qu’al-Shāfi‘ī l’interdit. Selon Mālik, lorsqu’un mariage est conclu dans ces conditions, l’épouse a droit à un bien de qualité moyenne dans la catégorie désignée. Abū Hanīfa estime, quant à lui, que l’époux est contraint d’en verser la valeur.

Leur divergence tient à la question suivante : le mariage est-il, sous ce rapport, comparable à la vente, où chacun cherche à défendre ses intérêts matériels ? Ou bien cette recherche y est-elle moins marquée, la générosité réciproque en étant plutôt l’esprit dominant ? Ceux qui l’assimilent à la vente sur ce point disent : de même qu’une vente ne peut porter sur une chose non décrite, un mariage ne peut être conclu moyennant une telle contrepartie. Ceux qui refusent cette assimilation, parce que le mariage repose avant tout sur la générosité réciproque, l’autorisent.

Quant au paiement différé de la dot, certains ne l’autorisent en aucun cas. D’autres l’autorisent, tout en recommandant à l’époux d’en verser une partie lorsqu’il souhaite commencer la vie conjugale : tel est l’avis de Mālik. Parmi ceux qui autorisent ce paiement différé, certains ne l’admettent qu’à une échéance déterminée et en précisent le délai : c’est l’avis de Mālik. D’autres permettent de le reporter jusqu’au décès ou à la séparation : c’est l’avis d’al-Awzā‘ī.

Leur divergence tient à la question de savoir si le mariage est comparable à la vente en matière de paiement différé. Ceux qui retiennent cette comparaison ne permettent pas de reporter le paiement jusqu’au décès ou à la séparation ; ceux qui la rejettent l’autorisent. Quant à ceux qui interdisent tout paiement différé, ils le font parce que le mariage est un acte d’adoration.

[Deuxième partie : l’acquisition définitive de la totalité de la dot par l’épouse]

Deuxième partie : examen des conditions dans lesquelles la dot devient définitivement acquise

Les savants s’accordent sur le fait que la totalité de la dot devient due avec l’entrée en vie conjugale ou le décès.

Pour ce qui est de son exigibilité intégrale avec l’entrée en vie conjugale, elle repose sur cette parole du Très-Haut :

« Si vous voulez remplacer une épouse par une autre et que vous ayez donné à l’une d’elles une immense fortune, n’en reprenez rien » [al-Nisā’ : 20], et la suite du verset.

Quant à son exigibilité au décès, je ne connais actuellement aucune preuve transmise à ce sujet, si ce n’est le consensus établi sur ce point.

Ils divergent cependant sur la question suivante : pour que la totalité de la dot soit due avec l’entrée en vie conjugale, faut-il qu’il y ait eu des rapports charnels ? Ou bien ceux-ci ne sont-ils pas une condition, de sorte que l’entrée en vie conjugale et l’isolement des époux suffisent — ce qu’ils désignent par l’expression « abaissement des rideaux » ? Mālik, al-Shāfi‘ī et Dāwūd estiment que l’abaissement des rideaux ne rend due que la moitié de la dot tant qu’il n’y a pas eu de rapports charnels. Abū Hanīfa considère que le seul isolement des époux rend la dot due, sauf si l’époux est en état de sacralisation, malade ou en train de jeûner pendant le ramadan, ou si l’épouse a ses menstrues. Ibn Abī Laylā estime que la totalité de la dot devient due avec l’entrée en vie conjugale, sans poser aucune autre condition.

Leur divergence sur ce point tient à l’opposition entre la décision des Compagnons en la matière et le sens apparent du Livre. En effet, le Très-Haut, béni soit-Il, a expressément établi qu’il n’est pas permis de reprendre quoi que ce soit de la dot d’une épouse avec laquelle la vie conjugale a commencé, lorsqu’Il dit :

الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ؛ لِكَثْرَةِ اخْتِصَاصِهِ فِي هَذَا الْبَابِ. وَوَجْهُ مُفَارَقَتِهِ لِلْأُصُولِ أَنَّ الْعِتْقَ إِزَالَةُ مِلْكٍ، وَالْإِزَالَةُ لَا تَتَضَمَّنُ اسْتِبَاحَةَ الشَّيْءِ بِوَجْهٍ آخَرَ؛ لِأَنَّهَا إِذَا أُعْتِقَتْ مَلَكَتْ نَفْسَهَا فَكَيْفَ يُلْزِمُهَا النِّكَاحَ؟ وَلِذَلِكَ قَالَ الشَّافِعِيُّ: إِنَّهَا إِنْ كَرِهَتْ زَوَاجَهُ غَرِمَتْ لَهُ قِيمَتَهَا؛ لِأَنَّهُ رَأَى أَنَّهَا قَدْ أُتْلِفَتْ عَلَيْهِ قِيمَتُهَا؛ إِذْ كَانَ إِنَّمَا أَتْلَفَهَا بِشَرْطِ الِاسْتِمْتَاعِ بِهَا. وَهَذَا كُلُّهُ لَا يُعَارَضُ بِهِ فِعْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -، وَلَوْ كَانَ غَيْرَ جَائِزٍ لِغَيْرِهِ لَبَيَّنَهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -. وَالْأَصْلُ أَنَّ أَفْعَالَهُ لَازِمَةٌ لَنَا، إِلَّا مَا قَامَ الدَّلِيلُ عَلَى خُصُوصِيَّتِهِ. وَأَمَّا صِفَةُ الصَّدَاقِ فَإِنَّهُمُ اتَّفَقُوا عَلَى انْعِقَادِ النِّكَاحِ عَلَى الْعِوَضِ الْمُعَيَّنِ الْمَوْصُوفِ، أَعْنِي: الْمُنْضَبِطَ جِنْسُهُ وَقَدْرُهُ بِالْوَصْفِ. وَاخْتَلَفُوا فِي الْعِوَضِ الْغَيْرِ مَوْصُوفٍ وَلَا مُعَيَّنٍ، مِثْلَ أَنْ يَقُولَ: أَنْكَحْتُكَهَا عَلَى عَبْدٍ أَوْ خَادِمٍ، مِنْ غَيْرِ أَنْ يَصِفَ ذَلِكَ وَصْفًا يَضْبُطُ قِيمَتَهُ، فَقَالَ مَالِكٌ، وَأَبُو حَنِيفَةَ: يَجُوزُ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَا يَجُوزُ. وَإِذَا وَقَعَ النِّكَاحُ عَلَى هَذَا الْوَصْفِ عِنْدَ مَالِكٍ كَانَ لَهَا الْوَسَطُ مِمَّا سَمَّى. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: يُجْبَرُ عَلَى الْقِيمَةِ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ هَلْ يَجْرِي النِّكَاحُ فِي ذَلِكَ مَجْرَى الْبَيْعِ مِنَ الْقَصْدِ فِي التَّشَاحِّ؟ أَوْ لَيْسَ يَبْلُغُ ذَلِكَ الْمَبْلَغَ، بَلِ الْقَصْدُ مِنْهُ أَكْثَرُ ذَلِكَ الْمُكَارَمَةُ؟ فَمَنْ قَالَ: يَجْرِي فِي التَّشَاحِّ مَجْرَى الْبَيْعِ - قَالَ: كَمَا لَا يَجُوزُ الْبَيْعُ عَلَى شَيْءٍ غَيْرِ مَوْصُوفٍ، كَذَلِكَ لَا يَجُوزُ النِّكَاحُ. وَمَنْ قَالَ: لَيْسَ يَجْرِي مَجْرَاهُ؛ إِذِ الْمَقْصُودُ مِنْهُ إِنَّمَا هُوَ الْمُكَارَمَةُ - قَالَ: يَجُوزُ. وَأَمَّا التَّأْجِيلُ فَإِنَّ قَوْمًا لَمْ يُجِيزُوهُ أَصْلًا، وَقَوْمٌ أَجَازُوهُ وَاسْتَحَبُّوا أَنْ يُقَدِّمَ شَيْئًا مِنْهُ إِذَا أَرَادَ الدُّخُولَ، وَهُوَ مَذْهَبُ مَالِكٍ. وَالَّذِينَ أَجَازُوا التَّأْجِيلَ مِنْهُمْ مَنْ لَمْ يُجِزْهُ إِلَّا لِزَمَنٍ مَحْدُودٍ، وَقَدَّرَ هَذَا الْبُعْدَ، وَهُوَ مَذْهَبُ مَالِكٍ. وَمِنْهُمْ مَنْ أَجَازَهُ لِمَوْتٍ أَوْ فِرَاقٍ، وَهُوَ مَذْهَبُ الْأَوْزَاعِيِّ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ هَلْ يُشْبِهُ النِّكَاحُ الْبَيْعَ فِي التَّأْجِيلِ؟ أَوْ لَا يُشْبِهُهُ؟ فَمَنْ قَالَ: يُشْبِهُهُ - لَمْ يُجِزِ التَّأْجِيلَ لِمَوْتٍ أَوْ فِرَاقٍ. وَمَنْ قَالَ: لَا يُشْبِهُهُ - أَجَازَ ذَلِكَ. وَمَنْ مَنَعَ التَّأْجِيلَ فَلِكَوْنِهِ عِبَادَةً. [الْمَوْضِعُ الثَّانِي فِي تَقَرُّرِ جَمِيع الصداق لِلزَّوْجَةِ] الْمَوْضِعُ الثَّانِي: فِي النَّظَرِ فِي التَّقَرُّرِ وَاتَّفَقَ الْعُلَمَاءُ عَلَى أَنَّ الصَّدَاقَ يَجِبُ كُلُّهُ بِالدُّخُولِ أَوِ الْمَوْتِ. وَأَمَّا وُجُوبُهُ كُلُّهُ بِالدُّخُولِ فَلِقَوْلِهِ تَعَالَى: {وَإِنْ أَرَدْتُمُ اسْتِبْدَالَ زَوْجٍ مَكَانَ زَوْجٍ وَآتَيْتُمْ إِحْدَاهُنَّ قِنْطَارًا فَلا تَأْخُذُوا مِنْهُ} [النساء: ٢٠] شَيْئًا) الْآيَةَ. وَأَمَّا وُجُوبُهُ بِالْمَوْتِ فَلَا أَعْلَمُ الْآنَ فِيهِ دَلِيلًا مَسْمُوعًا إِلَّا انْعِقَادَ الْإِجْمَاعِ عَلَى ذَلِكَ. وَاخْتَلَفُوا هَلْ مِنْ شَرْطِ وُجُوبِهِ مَعَ الدُّخُولِ الْمَسِيسُ؟ أَمْ لَيْسَ ذَلِكَ مِنْ شَرْطِهِ، بَلْ يَجِبُ بِالدُّخُولِ وَالْخَلْوَةِ، وَهُوَ الَّذِي يَعْنُونَ بِإِرْخَاءِ السُّتُورِ؟ فَقَالَ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ، وَدَاوُدُ: لَا يَجِبُ بِإِرْخَاءِ السُّتُورِ إِلَّا نِصْفُ الْمَهْرِ مَا لَمْ يَكُنِ الْمَسِيسُ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: يَجِبُ الْمَهْرُ بِالْخَلْوَةِ نَفْسِهَا إِلَّا أَنْ يَكُونَ مُحْرِمًا أَوْ مَرِيضًا أَوْ صَائِمًا فِي رَمَضَانَ أَوْ كَانَتِ الْمَرْأَةُ حَائِضًا. وَقَالَ ابْنُ أَبِي لَيْلَى: يَجِبُ الْمَهْرُ كُلُّهُ بِالدُّخُولِ وَلَمْ يَشْتَرِطْ فِي ذَلِكَ شَيْئًا. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ فِي ذَلِكَ مُعَارَضَةُ حُكْمِ الصَّحَابَةِ فِي ذَلِكَ لِظَاهِرِ الْكِتَابِ، وَذَلِكَ أَنَّهُ نَصَّ تَبَارَكَ وَتَعَالَى فِي الْمَدْخُولِ بِهَا الْمَنْكُوحَةِ أَنَّهُ لَيْسَ يَجُوزُ أَنْ يُؤْخَذَ مِنْ صَدَاقِهَا شَيْءٌ فِي قَوْله تَعَالَى:

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