Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Deuxième question : le montant de la dot.

Troisième question : sa nature et ses caractéristiques.

Quatrième question : son paiement différé.

Première question

Quant à son statut juridique, les savants s’accordent à considérer la dot comme une condition de validité du mariage et à interdire toute entente visant à la supprimer, conformément à cette parole du Très-Haut :

« Remettez aux femmes leur dot de bon gré. » [Les Femmes : 4]

Et à cette autre parole :

« Épousez-les avec l’autorisation de leurs maîtres et remettez-leur leur dot. » [Les Femmes : 25]

Deuxième question

Concernant son montant, ils s’accordent sur l’absence de limite maximale, mais divergent quant à son minimum. Al-Shāfi‘ī, Ahmad, Ishāq, Abū Thawr et les juristes de Médine parmi les Successeurs estiment qu’aucun minimum n’est fixé. Tout ce qui peut servir de prix ou de contre-valeur d’un bien peut constituer une dot. Tel est également l’avis d’Ibn Wahb, parmi les disciples de Mālik.

Un autre groupe estime nécessaire de lui fixer un minimum. Ses tenants divergent toutefois sur ce montant. Les deux positions les plus connues sont celle de Mālik et de ses disciples, et celle d’Abū Hanīfa et de ses disciples.

Mālik fixe ce minimum à un quart de dinar d’or, à trois dirhams d’argent comptés au poids, ou à ce qui équivaut à ces trois dirhams — j’entends exclusivement les dirhams comptés au poids, selon l’avis le plus connu. Selon un autre avis, ce peut être l’équivalent de l’un ou de l’autre de ces deux montants. Abū Hanīfa fixe le minimum à dix dirhams. D’autres avis le fixent à cinq dirhams ou à quarante dirhams.

Leur divergence sur la fixation de ce montant tient à deux raisons.

La première est que la dot peut être envisagée soit comme une contrepartie pour laquelle le consentement mutuel fait foi, que le montant soit faible ou élevé, comme dans les ventes, soit comme un acte cultuel dont la mesure serait dès lors déterminée. En effet, dans la mesure où elle confère au mari un droit permanent de jouissance de son épouse, elle ressemble à une contrepartie ; mais, puisqu’il n’est pas permis de convenir de sa suppression, elle ressemble à un acte cultuel.

La seconde raison est l’opposition entre ce raisonnement analogique, qui implique la fixation d’un minimum, et le sens qui se dégage du récit transmis, lequel n’implique pas une telle limite.

Le raisonnement analogique qui conduit à fixer un minimum est, comme nous l’avons dit, le suivant : la dot est un acte cultuel, et les actes cultuels ont une mesure déterminée. Quant au récit dont le sens implique l’absence de minimum, il s’agit du hadith de Sahl ibn Sa‘d al-Sā‘idī, dont l’authenticité est unanimement reconnue. On y lit :

« Une femme vint trouver le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — et lui dit : “Ô Messager d’Allah, je me donne à toi !” Elle resta longtemps debout. Un homme se leva alors et dit : “Ô Messager d’Allah, marie-la-moi si tu ne souhaites pas l’épouser !”

Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — lui demanda : “As-tu quelque chose à lui offrir en dot ?”

Il répondit : “Je ne possède que mon pagne.”

Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — lui dit : “Si tu le lui donnes, tu te retrouveras sans pagne. Cherche donc quelque chose !”

Il répondit : “Je ne trouve rien.”

Il lui dit alors — sur lui la prière et la paix : “Cherche, ne serait-ce qu’une bague en fer !”

L’homme chercha, mais ne trouva rien. Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — lui demanda : “Connais-tu quelque chose du Coran ?”

Il répondit : “Oui, telle et telle sourate”, en nommant plusieurs sourates. Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — lui dit alors : “J’ai

الثَّانِيَةُ: فِي قَدْرِهِ. الثَّالِثَةُ: فِي جِنْسِهِ وَوَصْفِهِ. الرَّابِعَةُ: فِي تَأْجِيلِهِ. الْمَسْأَلَةُ الأُولَى: أَمَّا حُكْمُهُ فَإِنَّهُمُ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهُ شَرْطٌ مِنْ شُرُوطِ الصِّحَّةِ، وَأَنَّهُ لَا يَجُوزُ التَّوَاطُؤُ عَلَى تَرْكِهِ؛ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: {وَآتُوا النِّسَاءَ صَدُقَاتِهِنَّ نِحْلَةً} [النساء: ٤] ، وقَوْله تَعَالَى: {فَانْكِحُوهُنَّ بِإِذْنِ أَهْلِهِنَّ وَآتُوهُنَّ أُجُورَهُنَّ} [النساء: ٢٥] . الْمَسْأَلَةُ الثَّانِيَةُ: وَأَمَّا قَدْرُهُ فَإِنَّهُمُ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهُ لَيْسَ لِأَكْثَرِهِ حَدٌّ، وَاخْتَلَفُوا فِي أَقَلِّهِ؛ فَقَالَ الشَّافِعِيُّ، وَأَحْمَدُ، وَإِسْحَاقُ، وَأَبُو ثَوْرٍ وَفُقَهَاءُ الْمَدِينَةِ مِنَ التَّابِعِينَ: لَيْسَ لِأَقَلِّهِ حَدٌّ. وَكُلُّ مَا جَازَ أَنْ يَكُونَ ثَمَنًا وَقِيمَةً لِشَيْءٍ جَازَ أَنْ يَكُونَ صَدَاقًا، وَبِهِ قَالَ ابْنُ وَهْبٍ مِنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ. وَقَالَ طَائِفَةٌ بِوُجُوبِ تَحْدِيدِ أَقَلِّهِ، وَهَؤُلَاءِ اخْتَلَفُوا، فَالْمَشْهُورُ فِي ذَلِكَ مَذْهَبَانِ: أَحَدُهُمَا: مَذْهَبُ مَالِكٍ وَأَصْحَابِهِ. وَالثَّانِي: مَذْهَبُ أَبِي حَنِيفَةَ وَأَصْحَابِهِ. فَأَمَّا مَالِكٌ فَقَالَ: أَقَلُّهُ رُبُعُ دِينَارٍ مِنَ الذَّهَبِ أَوْ ثَلَاثَةُ دَرَاهِمَ كَيْلًا مِنْ فِضَّةٍ، أَوْ مَا سَاوَى الدَّرَاهِمَ الثَّلَاثَةَ، أَعْنِي: دَرَاهِمَ الْكَيْلِ فَقَطْ فِي الْمَشْهُورِ. وَقِيلَ: أَوْ مَا يُسَاوِي أَحَدَهُمَا. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: عَشَرَةُ دَرَاهِمَ أَقَلُّهُ، وَقِيلَ: خَمْسَةُ دَرَاهِمَ، وَقِيلَ: أَرْبَعُونَ دِرْهَمًا. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ فِي التَّقْدِيرِ سَبَبَانِ: أَحَدُهُمَا: تَرَدُّدُهُ بَيْنَ أَنْ يَكُونَ عِوَضًا مِنَ الْأَعْوَاضِ يُعْتَبَرُ فِيهِ التَّرَاضِي بِالْقَلِيلِ كَانَ أَوْ بِالْكَثِيرِ، كَالْحَالِ فِي الْبَيُوعَاتِ، وَبَيْنَ أَنْ يَكُونَ عِبَادَةً فَيَكُونَ مُؤَقَّتًا. وَذَلِكَ أَنَّهُ مِنْ جِهَةِ أَنَّهُ يَمْلِكُ بِهِ عَلَى الْمَرْأَةِ مَنَافِعَهَا عَلَى الدَّوَامِ يُشْبِهُ الْعِوَضَ، وَمِنْ جِهَةِ أَنَّهُ لَا يَجُوزُ التَّرَاضِي عَلَى إِسْقَاطِهِ يُشْبِهُ الْعِبَادَةَ. وَالسَّبَبُ الثَّانِي: مُعَارَضَةُ هَذَا الْقِيَاسِ فَالْمُقْتَضِي التَّحْدِيدَ لِمَفْهُومِ الْأَثَرِ الَّذِي لَا يَقْتَضِي التَّحْدِيدَ. أَمَّا الْقِيَاسُ الَّذِي يَقْتَضِي التَّحْدِيدَ فَهُوَ كَمَا قُلْنَا: إِنَّهُ عِبَادَةٌ، وَالْعِبَادَاتُ مُؤَقَّتَةٌ. وَأَمَّا الْأَثَرُ الَّذِي يَقْتَضِي مَفْهُومُهُ عَدَمَ التَّحْدِيدِ فَحَدِيثُ سَهْلِ بْنِ سَعْدٍ السَّاعِدِيِّ الْمُتَّفَقُ عَلَى صِحَّتِهِ، وَفِيهِ «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - جَاءَتْهُ امْرَأَةٌ، فَقَالَتْ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، إِنِّي قَدْ وَهَبْتُ نَفْسِي لَكَ! فَقَامَتْ قِيَامًا طَوِيلًا، فَقَامَ رَجُلٌ فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، زَوِّجْنِيهَا إِنْ لَمْ يَكُنْ لَكَ بِهَا حَاجَةٌ! فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: هَلْ مَعَكَ مِنْ شَيْءٍ تُصْدِقُهَا إِيَّاهُ؟ فَقَالَ: مَا عِنْدِي إِلَّا إِزَارِي. فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: إِنْ أَعْطَيْتَهَا إِيَّاهُ جَلَسْتَ لَا إِزَارَ لَكَ، فَالْتَمِسْ شَيْئًا! فَقَالَ: لَا أَجِدُ شَيْئًا. فَقَالَ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: الْتَمِسْ وَلَوْ خَاتَمًا مِنْ حَدِيدٍ! فَالْتَمَسَ، فَلَمْ يَجِدْ شَيْئًا، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: هَلْ مَعَكَ شَيْءٌ مِنَ الْقُرْآنِ؟ قَالَ: نَعَمْ، سُورَةُ كَذَا وَكَذَا - لِسُوَرٍ سَمَّاهَا - فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: قَدْ

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