Deuxième question
Concernant la femme dont les menstrues s’interrompent — c’est-à-dire qui a ses menstrues un ou deux jours, puis demeure pure un ou deux jours —, Mālik et ses disciples estiment qu’elle doit additionner les jours de saignement sans compter les jours de pureté. Chaque jour où elle constate la pureté, elle accomplit le bain rituel dès qu’elle la constate et prie, car elle ignore si cette interruption ne marque pas réellement la fin de ses menstrues. Lorsque les jours de saignement totalisent quinze jours, elle est considérée comme ayant des saignements irréguliers. Al-Shāfi‘ī partage cet avis. On rapporte également de Mālik qu’elle additionne les jours de saignement en prenant pour référence la durée habituelle de ses menstrues. Lorsque leur total atteint cette durée, elle ajoute trois jours par précaution. Si le sang cesse alors, soit ; sinon, elle est considérée comme ayant des saignements irréguliers.
Ne pas compter les jours où elle ne voit pas de sang n’a pas de sens : ces jours sont nécessairement soit des jours de menstrues, soit des jours de pureté. S’il s’agit de jours de menstrues, elle doit les ajouter aux jours de saignement ; s’il s’agit de jours de pureté, elle ne doit pas additionner les jours de saignement, puisqu’une période de pureté les a séparés. Or, selon les principes de Mālik, ces jours devraient être considérés comme des jours de menstrues, non comme des jours de pureté, puisque la durée minimale de pureté est, selon lui, déterminée et dépasse un ou deux jours. Médite donc cette question : elle est claire, si Allah le Très-Haut le veut.
En réalité, le sang des menstrues comme celui des lochies s’écoule, puis s’interrompt un ou deux jours avant de reprendre, jusqu’à la fin de la période des menstrues ou des lochies ; de même, il peut s’écouler une heure ou deux dans la journée, puis s’interrompre.
Troisième question
Ils divergent sur les durées minimale et maximale des lochies. Mālik estime qu’aucune durée minimale n’est fixée ; al-Shāfi‘ī partage cet avis. Abū Hanīfa et un groupe de juristes considèrent, au contraire, qu’une durée minimale est fixée. Abū Hanīfa la porte à vingt-cinq jours ; son disciple Abū Yūsuf, à onze jours ; al-Hasan al-Basrī, à vingt jours.
Quant à leur durée maximale, Mālik l’a d’abord fixée à soixante jours, puis est revenu sur cet avis en disant : « On interrogera les femmes à ce sujet. » Ses disciples s’en tiennent au premier avis, que partage al-Shāfi‘ī. La majorité des savants parmi les Compagnons fixe cette durée maximale à quarante jours ; Abū Hanīfa partage cet avis.
Selon un autre avis, la femme prend pour référence la durée des lochies des femmes qui lui sont comparables ; si elle la dépasse, elle est considérée comme ayant des saignements irréguliers. Certains distinguent la naissance d’un garçon de celle d’une fille : ils fixent cette durée à trente jours pour un garçon et à quarante jours pour une fille.
Cette divergence tient à la difficulté de déterminer ces durées par l’expérience, tant la situation varie d’une femme à l’autre, ainsi qu’à l’absence de tradition prophétique sur laquelle s’appuyer. Il en va de même de leurs divergences sur la durée des menstrues et de la période de pureté.
Quatrième question
Les juristes, anciens comme contemporains, divergent sur la nature du sang que voit la femme enceinte : s’agit-il de menstrues ou de saignements irréguliers ? Mālik, al-Shāfi‘ī — selon le plus solide de ses deux avis — et d’autres estiment que la femme enceinte peut avoir ses menstrues, tandis qu’Abū