Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

La troisième : lorsque le père est absent, la tutelle sur sa fille vierge passe-t-elle à un autre ou non ?

Sur la première question, les avis rapportés de Mālik divergent. Tantôt il dit que, si le tuteur plus éloigné conclut le mariage en présence du tuteur plus proche, le mariage doit être annulé ; tantôt il le déclare valide ; tantôt il reconnaît au tuteur plus proche le choix de le ratifier ou de l’annuler. Ces divergences ne concernent toutefois, chez lui, ni le père à l’égard de sa fille vierge, ni le tuteur testamentaire à l’égard de la femme placée sous sa tutelle. Dans ces deux cas, son avis est constant : le mariage doit être annulé. J’entends par là le mariage d’une fille vierge conclu par un autre que son père alors que celui-ci est présent, ou celui d’une femme sous tutelle conclu par un autre que son tuteur testamentaire alors que ce dernier est présent. Al-Shāfi‘ī dit : « Nul autre ne peut conclure le mariage en présence du père, que la femme soit vierge ou non. »

Cette divergence tient à la question suivante : l’ordre de priorité constitue-t-il une règle religieuse, c’est-à-dire une règle établie par la Loi en matière de tutelle, ou non ? Et, s’il constitue une telle règle, relève-t-il des droits du tuteur le plus proche ou des droits d’Allah ?

Ceux qui ne considèrent pas cet ordre comme une règle religieuse déclarent valide le mariage conclu par le tuteur plus éloigné en présence du plus proche. Ceux qui y voient une règle religieuse relevant des droits du tuteur disent que le mariage est constitué : si le tuteur le ratifie, il est valide ; s’il ne le ratifie pas, il est dissous. Ceux qui y voient un droit d’Allah estiment que le mariage ne s’est pas constitué. Certains ont toutefois contesté cette interprétation de la doctrine de l’école, à savoir que le mariage soit nul sans s’être constitué.

Sur la deuxième question, Mālik dit : « Lorsque le tuteur le plus proche est absent, la tutelle passe au plus éloigné. » Al-Shāfi‘ī dit : « Elle passe au souverain. » Leur divergence tient à ceci : l’absence doit-elle, à cet égard, être assimilée au décès ou non ? Car ils ne divergent pas sur le transfert de la tutelle en cas de décès.

Quant à la troisième question, celle de l’absence du père d’une fille vierge, elle fait l’objet, au sein de l’école, de distinctions et de divergences. Celles-ci tiennent à l’éloignement ou à la proximité du lieu où se trouve le père, à la durée de son absence, au fait que l’on connaisse ou non l’endroit où il se trouve, ainsi qu’au besoin de la fille de se marier : soit parce que son entretien n’est pas assuré, soit parce que l’on craint que sa chasteté ne soit pas préservée, soit pour ces deux raisons à la fois.

Les tenants de l’école s’accordent sur le point suivant : lorsque le père est absent dans un lieu éloigné, que l’on ignore où il se trouve ou qu’il est captif, si la chasteté de sa fille est préservée et son entretien assuré, elle n’est pas donnée en mariage tant qu’elle ne le demande pas. Si elle le demande, elle peut être donnée en mariage lorsque son père est captif ou que l’on ignore où il se trouve.

Ils divergent toutefois sur la possibilité de la donner en mariage lorsque l’on sait où il se trouve, mais qu’il est loin. Selon un avis, elle peut être donnée en mariage : c’est la position de Mālik. Selon un autre, elle ne peut pas l’être : c’est la position de ‘Abd al-Malik et d’Ibn Wahb.

En revanche, si son entretien n’est pas assuré ou si sa chasteté n’est pas préservée, elle peut également être donnée en mariage dans ces trois situations : lorsque le père est absent dans un lieu éloigné, lorsqu’il est captif ou lorsque l’on ignore où il se trouve. Il en va de même lorsque ces deux difficultés se cumulent. Si sa chasteté n’est pas préservée, elle est donnée en mariage même si elle ne le demande pas.

À ma connaissance, ils ne divergent pas sur le fait qu’elle ne peut être donnée en mariage lorsque le père est absent dans un lieu proche et connu, puisqu’il est possible de communiquer avec lui. Toutefois, au regard de la prise en compte de l’intérêt qui fonde ce raisonnement, il ne serait pas déraisonnable de dire que, si le temps presse et que le souverain craint pour elle une déchéance morale, elle peut être donnée en mariage, même si le lieu où se trouve son père est proche.

وَالثَّالِثَةُ: إِذَا غَابَ الْأَبُ عَنِ ابْنَتِهِ الْبِكْرِ هَلْ تَنْتَقِلُ الْوِلَايَةُ؟ أَوْ لَا تَنْتَقِلُ؟ فَأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الأُولَى فَاخْتَلَفَ فِيهَا قَوْلُ مَالِكٍ، فَمَرَّةً قَالَ: إِنْ زَوَّجَ الْأَبْعَدُ مَعَ حُضُورِ الْأَقْرَبِ فَالنِّكَاحُ مَفْسُوخٌ، وَمَرَّةً قَالَ: النِّكَاحُ جَائِزٌ، وَمَرَّةً قَالَ: لِلْأَقْرَبِ أَنْ يُجِيزَ أَوْ يَفْسَخَ. وَهَذَا الْخِلَافُ كُلُّهُ عِنْدَهُ فِيمَا عَدَا الْأَبَ فِي ابْنَتِهِ الْبِكْرِ، وَالْوَصِيِّ فِي مَحْجُورَتَهِ. فَإِنَّهُ لَا يَخْتَلِفُ قَوْلُهُ أَنَّ النِّكَاحَ فِي هَذَيْنِ مَفْسُوخٌ، أَعْنِي: تَزْوِيجَ غَيْرِ الْأَبِ الْبِنْتَ الْبِكْرَ مَعَ حُضُورِ الْأَبِ أَوْ غَيْرِ الْوَصِيِّ الْمَحْجُورَةَ مَعَ حُضُورِ الْوَصِيِّ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَا يَعْقِدُ أَحَدٌ مَعَ حُضُورِ الْأَبِ لَا فِي بِكْرٍ وَلَا فِي ثَيِّبٍ. وَسَبَبُ هَذَا الِاخْتِلَافِ هُوَ هَلِ التَّرْتِيبُ حُكْمٌ شَرْعِيٌّ، أَعْنِي: ثَابِتًا بِالشَّرْعِ فِي الْوِلَايَةِ؟ أَمْ لَيْسَ بِحُكْمٍ شَرْعِيٍّ؟ وَإِنْ كَانَ حُكْمًا فَهَلْ ذَلِكَ حَقٌّ مِنْ حُقُوقِ الْوَلِيِّ الْأَقْرَبِ؟ أَمْ ذَلِكَ حَقٌّ مِنْ حُقُوقِ اللَّهِ؟ فَمَنْ لَمْ يَرَ التَّرْتِيبَ حُكْمًا شَرْعِيًّا قَالَ: يَجُوزُ نِكَاحُ الْأَبْعَدِ مَعَ حُضُورِ الْأَقْرَبِ. وَمَنْ رَأَى أَنَّهُ حُكْمٌ شَرْعِيٌّ، وَرَأَى أَنَّهُ حَقٌّ لِلْوَلِيِّ - قَالَ: النِّكَاحُ مُنْعَقِدٌ؛ فَإِنْ أَجَازَهُ الْوَلِيُّ جَازَ، وَإِنْ لَمْ يُجِزْهُ انْفَسَخَ. وَمَنْ رَأَى أَنَّهُ حَقٌّ لِلَّهِ قَالَ: النِّكَاحُ غَيْرُ مُنْعَقِدٍ. وَقَدْ أَنْكَرَ قَوْمٌ هَذَا الْمَعْنَى فِي الْمَذْهَبِ، أَعَنَى: أَنْ يَكُونَ النِّكَاحُ مُنْفَسِخًا غَيْرَ مُنْعَقِدٍ. وأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الثَّانِيَةُ فَإِنَّ مَالِكًا يَقُولُ: إِذَا غَابَ الْوَلِيُّ الْأَقْرَبُ انْتَقَلَتِ الْوِلَايَةُ إِلَى الْأَبْعَدِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: تَنْتَقِلُ إِلَى السُّلْطَانِ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ هَلِ الْغَيْبَةُ فِي ذَلِكَ بِمَنْزِلَةِ الْمَوْتِ؟ أَمْ لَا؟ وَذَلِكَ أَنَّهُ لَا خِلَافَ عِنْدَهُمْ فِي انْتِقَالِهَا فِي الْمَوْتِ. وأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الثَّالِثَةُ، وَهِيَ غَيْبَةُ الْأَبِ عَنِ ابْنَتِهِ الْبِكْرِ - فَإِنَّ فِي الْمَذْهَبِ فِيهَا تَفْصِيلًا وَاخْتِلَافًا، وَذَلِكَ رَاجِعٌ إِلَى بُعْدِ الْمَكَانِ وَطُولِ الْغَيْبَةِ أَوْ قُرْبِهِ، وَالْجَهْلِ بِمَكَانِهِ أَوِ الْعِلْمِ بِهِ، وَحَاجَةِ الْبِنْتِ إِلَى النِّكَاحِ؛ إِمَّا لِعَدَمِ النَّفَقَةِ، وَإِمَّا لِمَا يُخَافُ عَلَيْهَا مِنْ عَدَمِ الصَّوْنِ، وَإِمَّا لِلْأَمْرَيْنِ جَمِيعًا. فَاتَّفَقَ الْمَذْهَبُ عَلَى أَنَّهُ إِذَا كَانَتِ الْغَيْبَةُ بَعِيدَةً، أَوْ كَانَ الْأَبُ مَجْهُولَ الْوَضْعِ أَوْ أَسِيرًا، وَكَانَتْ فِي صَوْنٍ وَتَحْتَ نَفَقَةٍ - أَنَّهَا إِنْ لَمْ تَدْعُ إِلَى التَّزْوِيجِ لَا تُزَوَّجَ، وَإِنْ دَعَتْ فَتُزَوَّجُ عِنْدَ الْأَسْرِ وَعِنْدَ الْجَهْلِ بِمَكَانِهِ. وَاخْتَلَفُوا هَلْ تُزَوَّجُ مَعَ الْعِلْمِ بِمَكَانِهِ؟ أَمْ لَا؟ إِذَا كَانَ بَعِيدًا. فَقِيلَ: تُزَوَّجُ، وَهُوَ قَوْلُ مَالِكٍ. وَقِيلَ: لَا تُزَوَّجُ، وَهُوَ قَوْلُ عَبْدِ الْمَلِكِ، وَابْنِ وَهْبٍ. وَأَمَّا إِنْ عُدِمَتِ النَّفَقَةَ، أَوْ كَانَتْ فِي غَيْرِ صَوْنٍ - فَإِنَّهَا تُزَوَّجُ أَيْضًا فِي هَذِهِ الْأَحْوَالِ الثَّلَاثَةِ، أَعْنِي: فِي الْغَيْبَةِ الْبَعِيدَةِ، وَفِي الْأَسْرِ، وَالْجَهْلِ بِمَكَانِهِ. وَكَذَلِكَ إِنِ اجْتَمَعَ الْأَمْرَانِ، فَإِذَا كَانَتْ فِي غَيْرِ صَوْنٍ تُزَوَّجُ، وَإِنْ لَمْ تَدْعُ إِلَى ذَلِكَ. وَلَمْ يَخْتَلِفُوا فِيمَا أَحْسَبُ أَنَّهَا لَا تُزَوَّجُ فِي الْغَيْبَةِ الْقَرِيبَةِ الْمَعْلُومَةِ؛ لِمَكَانِ إِمْكَانِ مُخَاطَبَتِهِ، وَلَيْسَ يَبْعُدُ بِحَسَبِ النَّظَرِ الْمَصْلَحِيِّ الَّذِي انْبَنَى عَلَيْهِ هَذَا النَّظَرُ أَنْ يُقَالَ: إِنْ ضَاقَ الْوَقْتُ، وَخَشِيَ السُّلْطَانُ عَلَيْهَا الْفَسَادَ - زُوِّجَتْ، وَإِنْ كَانَ الْمَوْضِعُ قَرِيبًا.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies