Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

la prière dès le premier écoulement de sang et jusqu’au terme de quinze jours. Si le saignement ne cesse pas, elle reprend la prière et est considérée comme ayant des saignements irréguliers. Al-Shāfi‘ī partage cet avis. Toutefois, selon Mālik, elle reprend la prière dès qu’elle a la certitude qu’il s’agit de saignements irréguliers, tandis que, selon al-Shāfi‘ī, elle doit rattraper les prières des jours précédents, à l’exception de la durée minimale des menstrues qu’il retient, soit un jour et une nuit.

On rapporte également de Mālik qu’elle doit plutôt se fonder sur la durée des menstrues des femmes de son âge, puis ajouter trois jours par précaution. Si le sang ne cesse pas de s’écouler, elle est considérée comme ayant des saignements irréguliers.

Quant à celle dont le cycle habituel est établi, deux avis sont rapportés de Mālik. Selon le premier, elle se fonde sur sa durée habituelle et y ajoute trois jours, sans dépasser la durée maximale des menstrues. Selon le second, elle s’abstient de prier jusqu’au terme de la durée maximale des menstrues, ou se fonde sur la distinction entre les types de sang, si elle est en mesure de les distinguer. Al-Shāfi‘ī estime qu’elle se fonde sur la durée de ses menstrues habituelles.

Tous ces avis sur lesquels les juristes divergent, concernant les durées minimale et maximale des menstrues ainsi que la durée minimale de la période de pureté, ne reposent que sur l’expérience et les habitudes observées. Chacun ne s’est prononcé qu’en fonction de ce qu’il pensait avoir établi par l’expérience. Comme ces phénomènes varient d’une femme à l’autre, il est difficile d’en déterminer expérimentalement les limites chez la plupart des femmes. De là sont nées les divergences que nous avons mentionnées.

Leur accord porte seulement, de manière générale, sur le fait qu’un écoulement qui se prolonge au-delà de la durée des menstrues constitue des saignements irréguliers, conformément à cette parole du Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — adressée à Fātima bint Abī Hubaysh :

« Lorsque les menstrues surviennent, délaisse la prière. Lorsque leur durée est écoulée, lave le sang qui te souille et prie. »

Chez celle dont le saignement dépasse la durée maximale des menstrues, cette durée est nécessairement écoulée.

Si al-Shāfi‘ī et Mālik — qu’Allah lui fasse miséricorde —, selon l’un des deux avis rapportés de ce dernier, estiment que la femme dont le cycle habituel est établi doit se fonder sur celui-ci, c’est en raison du hadith d’Umm Salama que Mālik rapporte dans le Muwatta’ :

« Une femme souffrait de pertes de sang à l’époque du Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix. Umm Salama consulta pour elle le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix —, qui répondit : “Qu’elle considère le nombre de nuits et de jours durant lesquels elle avait ses menstrues chaque mois, avant d’être atteinte de ce dont elle souffre. Qu’elle délaisse la prière pendant une durée équivalente chaque mois. Une fois cette durée passée, qu’elle accomplisse le bain rituel, puis qu’elle maintienne un linge entre ses jambes et prie.” »

Ils ont ainsi appliqué à la femme qui a ses menstrues et doute d’avoir des saignements irréguliers la règle concernant celle qui a des saignements irréguliers et doute d’avoir ses menstrues. Si Mālik a également estimé que celle qui a ses premières menstrues doit prendre pour référence la durée des menstrues des femmes de son âge, c’est parce que leur durée est semblable à la sienne : une même règle leur a donc été appliquée.

Quant à l’ajout de trois jours par précaution préconisé par Mālik, c’est une position propre à Mālik et à ses disciples — qu’Allah leur fasse miséricorde. Tous les juristes des grandes villes, à l’exception d’al-Awzā‘ī, se sont opposés à eux sur ce point, car cet ajout n’est pas mentionné dans les hadiths établis. Une tradition faible a toutefois été rapportée à ce sujet.

الصَّلَاةَ بِرُؤْيَةِ أَوَّلِ دَمٍ تَرَاهُ إِلَى تَمَامِ خَمْسَةَ عَشَرَ يَوْمًا، فَإِنْ لَمْ يَنْقَطِعْ صَلَّتْ، وَكَانَتْ مُسْتَحَاضَةً، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ، إِلَّا أَنَّ مَالِكًا قَالَ: تُصَلِّي مِنْ حِينِ تَتَيَقَّنَ الِاسْتِحَاضَةَ، وَعِنْدَ الشَّافِعِيِّ أَنَّهَا تُعِيدُ صَلَاةَ مَا سَلَفَ لَهَا مِنَ الْأَيَّامِ، إِلَّا أَقَلَّ الْحَيْضِ عِنْدَهُ وَهُوَ يَوْمٌ وَلَيْلَةٌ. وَقِيلَ عَنْ مَالِكٍ: بَلْ تَعْتَدُّ أَيَّامَ لِدَاتِهَا، ثُمَّ تَسْتَظْهِرُ بِثَلَاثَةِ أَيَّامٍ، فَإِنْ لَمْ يَنْقَطِعِ الدَّمُ فَهِيَ مُسْتَحَاضَةٌ. وَأَمَّا الْمُعْتَادَةُ: فَفِيهَا رِوَايَتَانِ عَنْ مَالِكٍ: إِحْدَاهُمَا: بِنَاؤُهَا عَلَى عَادَتِهَا، وَزِيَادَةُ ثَلَاثَةِ أَيَّامٍ مَا لَمْ تَتَجَاوَزْ أَكْثَرَ مُدَّةِ الْحَيْضِ. وَالثَّانِيَةُ: جُلُوسُهَا إِلَى انْقِضَاءِ أَكْثَرِ مُدَّةِ الْحَيْضِ، أَوْ تَعْمَلُ عَلَى التَّمْيِيزِ إِنْ كَانَتْ مِنْ أَهْلِ التَّمْيِيزِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: تَعْمَلُ عَلَى أَيَّامِ عَادَتِهَا. وَهَذِهِ الْأَقَاوِيلُ كُلُّهَا الْمُخْتَلَفُ فِيهَا عِنْدَ الْفُقَهَاءِ فِي أَقَلِّ الْحَيْضِ وَأَكْثَرِهِ وَأَقَلِّ الطُّهْرِ لَا مُسْتَنَدَ لَهَا إِلَّا التَّجْرِبَةُ وَالْعَادَةُ، وَكُلٌّ إِنَّمَا قَالَ مِنْ ذَلِكَ مَا ظَنَّ أَنَّ التَّجْرِبَةَ أَوْقَفَتْهُ عَلَى ذَلِكَ، وَلِاخْتِلَافِ ذَلِكَ فِي النِّسَاءِ عَسُرَ أَنْ يُعْرَفَ بِالتَّجْرِبَةِ حُدُودُ هَذِهِ الْأَشْيَاءِ فِي أَكْثَرِ النِّسَاءِ، وَوَقَعَ فِي ذَلِكَ هَذَا الْخِلَافُ الَّذِي ذَكَرْنَا. وإنما وَأَجْمَعُوا بِالْجُمْلَةِ عَلَى أَنَّ الدَّمَ إِذَا تَمَادَى أَكْثَرَ مِنْ مُدَّةِ الْحَيْضِ أَنَّهُ اسْتِحَاضَةٌ لِقَوْلِ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - لِفَاطِمَةَ بِنْتِ أَبِي حُبَيْشٍ: «فَإِذَا أَقْبَلَتِ الْحَيْضَةُ فَاتْرُكِي الصَّلَاةَ، فَإِذَا ذَهَبَ قَدْرُهَا فَاغْسِلِي عَنْكِ الدَّمَ وَصَلِّي» وَالْمُتَجَاوِزَةُ لِأَمَدِ أَكْثَرِ أَيَّامِ الْحَيْضِ قَدْ ذَهَبَ عَنْهَا قَدْرُهَا ضَرُورَةً. وَإِنَّمَا صَارَ الشَّافِعِيُّ وَمَالِكٌ - رَحِمَهُ اللَّهُ - فِي الْمُعْتَادَةِ فِي إِحْدَى الرِّوَايَتَيْنِ عَنْهُ إِلَى أَنَّهَا تَبْنِي عَلَى عَادَتِهَا لِحَدِيثِ أُمِّ سَلَمَةَ الَّذِي رَوَاهُ فِي الْمُوَطَّأِ: «أَنَّ امْرَأَةً كَانَتْ تُهْرَاقُ الدِّمَاءَ عَلَى عَهْدِ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فاستفتت لها أم سلمة رسول الله - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فَقَالَ: لِتَنْظُرْ إِلَى عَدَدِ اللَّيَالِي وَالْأَيَّامِ الَّتِي كَانَتْ تَحِيضُهُنَّ مِنَ الشَّهْرِ قَبْلَ أَنْ يُصِيبَهَا الَّذِي أَصَابَهَا، فَلْتَتْرُكِ الصَّلَاةَ قَدْرَ ذَلِكَ مِنَ الشَّهْرِ، فَإِذَا خَلَّفَتْ ذَلِكَ فَلْتَغْتَسِلْ، ثُمَّ لْتَسْتَثْفِرْ بِثَوْبٍ، ثُمَّ لْتُصَلِّي» فَأَلْحَقُوا حُكْمَ الْحَائِضِ الَّتِي تَشُكُّ فِي الِاسْتِحَاضَةِ بِحُكْمِ الْمُسْتَحَاضَةِ الَّتِي تَشُكُّ فِي الْحَيْضِ، وَإِنَّمَا رَأَى أَيْضًا فِي الْمُبْتَدَأَةِ أَنْ تَعْتَبِرَ أَيَّامَ لِدَاتِهَا ; لِأَنَّ أَيَّامَ لِدَاتِهَا شَبِيهَةٌ بِأَيَّامِهَا فَجُعِلَ حُكْمُهُمَا وَاحِدًا. وَأَمَّا الِاسْتِظْهَارُ الَّذِي قَالَ بِهِ مَالِكٌ بِثَلَاثَةِ أَيَّامٍ، فَهُوَ شَيْءٌ انْفَرَدَ بِهِ مَالِكٌ وَأَصْحَابُهُ - رَحِمَهُمُ اللَّهُ - وَخَالَفَهُمْ فِي ذَلِكَ جَمِيعُ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ مَا عَدَا الْأَوْزَاعِيَّ، إِذْ لَمْ يَكُنْ لِذَلِكَ ذِكْرٌ فِي الْأَحَادِيثِ الثَّابِتَةِ، وَقَدْ رُوِيَ فِي ذَلِكَ أَثَرٌ ضَعِيفٌ.

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