Quant au sermon du mariage rapporté du Prophète — sur lui la prière et le salut —, la majorité des savants estime qu’il n’est pas obligatoire, tandis que Dāwūd le considère comme obligatoire. Leur divergence tient à cette question : la pratique du Prophète — sur lui la prière et le salut — indique-t-elle ici une obligation ou une recommandation ?
Concernant le fait de demander en mariage une femme déjà demandée par un autre, l’interdiction en est établie d’après le Prophète — sur lui la prière et le salut. Les savants divergent toutefois sur la question de savoir si cette interdiction entraîne l’invalidité de l’acte interdit et, dans l’affirmative, dans quels cas. Dāwūd estime que le mariage doit être annulé. Al-Shāfiʿī et Abū Hanīfa considèrent qu’il ne doit pas l’être. Ces deux avis sont rapportés de Mālik, ainsi qu’un troisième : le mariage doit être annulé avant sa consommation, mais non après celle-ci.
Ibn al-Qāsim précise : l’interdiction ne vise que le cas où un homme pieux demande en mariage une femme déjà demandée par un autre homme pieux. Si le premier ne l’est pas, tandis que le second l’est, cela est permis.
Selon la plupart des savants, cette interdiction s’applique lorsque les deux parties se montrent favorables l’une à l’autre, et non dès le début de la demande en mariage. Ils s’appuient sur le hadith de Fātima bint Qays : venue auprès du Prophète — sur lui la prière et le salut —, elle lui mentionna qu’Abū Jahm ibn Hudhayfa et Muʿāwiya ibn Abī Sufyān l’avaient demandée en mariage. Il lui dit :
« Quant à Abū Jahm, c’est un homme qui ne cesse de frapper les femmes de son bâton. Quant à Muʿāwiya, c’est un homme démuni, sans fortune. Épouse plutôt Usāma. »
Quant au fait de regarder la femme que l’on souhaite demander en mariage, Mālik ne l’autorise que pour le visage et les mains. D’autres permettent de regarder tout le corps, à l’exception des deux parties intimes. Certains l’interdisent absolument. Abū Hanīfa permet de regarder les pieds, en plus du visage et des mains.
Leur divergence vient de ce que certains textes ordonnent de regarder ces femmes sans restriction, tandis que d’autres l’interdisent sans restriction. D’autres encore comportent une limitation, à savoir le visage et les mains, selon l’interprétation que de nombreux savants donnent de cette parole du Très-Haut :
« Qu’elles ne montrent de leurs parures que ce qui en paraît. »
[La Lumière : 31]
Ils estiment que cela désigne le visage et les mains. Ils invoquent également, par analogie, la permission de les découvrir pendant le pèlerinage, admise par la plupart des savants. Ceux qui interdisent ce regard s’en tiennent à la règle de principe, à savoir l’interdiction de regarder les femmes.