Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

La seconde consiste à prendre pour critère l’altération de l’aliment. C’est l’avis des littéralistes, ainsi qu’une position rapportée de Mālik.

Leur divergence tient à leur compréhension du hadith. Certains, à savoir les littéralistes, y voient un énoncé particulier dont la portée demeure particulière. Ils disent donc : « Ce hadith doit être retenu selon son sens apparent. Pour les autres aliments, il faut examiner si l’impureté les a altérés ou non. »

D’autres, à savoir la majorité des savants, y voient un énoncé particulier à portée générale. Ils disent donc : « On en comprend que le simple mélange avec une substance impure rend impur l’aliment licite. » Toutefois, ils n’ont pas dégagé la raison qui justifierait la distinction entre l’état solide et l’état liquide, puisque le mélange existe dans les deux cas, même s’il est plus important dans l’un d’eux, à savoir à l’état liquide. Selon cette logique, il faudrait distinguer entre un mélange faible et un mélange important. Puisqu’ils ne font pas cette distinction, il semble qu’ils s’en soient tenus au sens apparent d’une partie du hadith, tout en étendant une autre partie par analogie. C’est pourquoi les littéralistes ont maintenu l’ensemble du hadith dans son sens apparent.

Quant aux aliments interdits en eux-mêmes, certains font l’objet d’un accord, tandis que d’autres suscitent des divergences. Les musulmans s’accordent sur l’interdiction de deux d’entre eux : la chair de porc et le sang.

Concernant le porc, ils s’accordent sur l’interdiction de sa graisse, de sa chair et de sa peau. Ils divergent toutefois sur l’utilisation de ses soies et sur la pureté de sa peau, tannée ou non. Cette question a déjà été abordée dans le Livre de la purification.

Concernant le sang, ils s’accordent sur l’interdiction du sang répandu provenant d’un animal abattu rituellement, mais divergent sur celui qui n’est pas répandu.

Ils divergent également sur le sang du poisson : certains le jugent impur, d’autres non. Toutes ces divergences existent aussi bien au sein de l’école de Mālik qu’en dehors d’elle.

Leur divergence au sujet du sang non répandu tient à l’opposition entre un énoncé sans restriction et un énoncé assorti d’une restriction. En effet, la parole du Très-Haut :

« Vous sont interdits la bête morte et le sang » [Al-Mā’ida : 3]

implique l’interdiction du sang, répandu ou non. En revanche, Sa parole :

« ou du sang répandu » [Al-An‘ām : 145]

implique, par un raisonnement a contrario, que seul le sang répandu est interdit.

Ceux qui interprètent l’énoncé sans restriction à la lumière de l’énoncé restreint font de l’écoulement du sang une condition de son interdiction. Ceux qui estiment, en revanche, que l’énoncé sans restriction établit une règle plus étendue que l’énoncé restreint, que l’opposition de ce dernier au premier repose uniquement sur un raisonnement a contrario, et que l’énoncé sans restriction possède une portée générale, laquelle prévaut sur ce raisonnement, donnent la prépondérance à l’énoncé sans restriction. Ils disent donc : « Le sang est interdit, en petite comme en grande quantité. »

La condition d’écoulement retenue pour interdire le sang ne concerne que le sang de l’animal abattu rituellement, c’est-à-dire celui qui coule lors de l’abattage d’un animal licite à la consommation. Quant au sang qui s’écoule d’un animal vivant, sa consommation est interdite, en petite comme en grande quantité. Il en va de même du sang d’un animal interdit à la consommation : même s’il a été abattu rituellement, son sang est interdit, en petite comme en grande quantité. Il n’existe aucune divergence sur ce point.

Quant à leur divergence au sujet du sang du poisson, elle tient à l’opposition entre la portée générale du texte et le raisonnement analogique. Cette portée générale ressort de la parole du Très-Haut : « et le sang ». Le raisonnement analogique consiste, quant à lui, à envisager que l’interdiction du sang dépende de celle de l’animal mort sans abattage rituel : le sang de l’animal dont la consommation est interdite lorsqu’il meurt sans cet abattage serait interdit, tandis que le sang de celui dont la consommation demeure licite dans ce cas serait licite. C’est ce qui explique l’avis de

وَالثَّانِي: مَذْهَبُ مَنْ يَعْتَبِرُ فِي ذَلِكَ التَّغَيُّرَ، وَهُوَ قَوْلُ أَهْلِ الظَّاهِرِ وَرِوَايَةٌ عَنْ مَالِكٍ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ اخْتِلَافُهُمْ فِي مَفْهُومِ الْحَدِيثِ، وَذَلِكَ أَنَّ مِنْهُمْ مَنْ جَعَلَهُ مِنْ بَابِ الْخَاصِّ أُرِيدَ بِهِ الْخَاصُّ، وَهُمْ أَهْلُ الظَّاهِرِ فَقَالُوا: هَذَا الْحَدِيثُ يَمُرُّ عَلَى ظَاهِرِهِ، وَسَائِرُ الْأَشْيَاءِ يُعْتَبَرُ فِيهَا تَغَيُّرُهَا بِالنَّجَاسَةِ أَوْ لَا تَغَيُّرُهَا بِهَا. وَمِنْهُمْ مَنْ جَعَلَهُ مِنْ بَابِ الْخَاصِّ أُرِيدَ بِهِ الْعَامُّ وَهُمُ الْجُمْهُورُ، فَقَالُوا: الْمَفْهُومُ مِنْهُ أَنَّ بِنَفْسِ مُخَالَطَةِ النَّجِسِ يَنْجُسُ الْحَلَالُ، إِلَّا أَنَّهُ لَمْ يَتَعَلَّلْ لَهُمُ الْفَرْقُ بَيْنَ أَنْ يَكُونَ جَامِدًا أَوْ ذَائِبًا؛ لِوُجُودِ الْمُخَالَطَةِ فِي هَاتَيْنِ الْحَالَتَيْنِ، وَإِنْ كَانَتْ فِي إِحْدَى الْحَالَتَيْنِ أَكْثَرَ، أَعْنِي فِي حَالَةِ الذَّوَبَانِ. وَيَجِبُ عَلَى هَذَا أَنْ يُفَرَّقَ بَيْنَ الْمُخَالَطَةِ الْقَلِيلَةِ وَالْكَثِيرَةِ، فَلَمَّا لَمْ يُفَرِّقُوا بَيْنَهُمَا فَكَأَنَّهُمُ اقْتَصَرُوا مِنْ بَعْضِ الْحَدِيثِ عَلَى ظَاهِرِهِ، وَمِنْ بَعْضِهِ عَلَى الْقِيَاسِ عَلَيْهِ، وَلِذَلِكَ أَقَرَّتْهُ الظَّاهِرِيَّةُ كُلَّهُ عَلَى ظَاهِرِهِ. وَأَمَّا الْمُحَرَّمَاتُ لِعَيْنِهَا فَمِنْهَا مَا اتَّفَقُوا عَلَيْهِ، وَمِنْهَا مَا اخْتَلَفُوا فِيهِ. فَأَمَّا الْمُتَّفَقُ مِنْهَا عَلَيْهِ فَاتَّفَقَ الْمُسْلِمُونَ مِنْهَا عَلَى اثْنَيْنِ: لَحْمِ الْخِنْزِيرِ، وَالدَّمِ. فَأَمَّا الْخِنْزِيرُ فَاتَّفَقُوا عَلَى تَحْرِيمِ شَحْمِهِ وَلَحْمِهِ وَجِلْدِهِ، وَاخْتَلَفُوا فِي الِانْتِفَاعِ بِشَعْرِهِ وَفِي طَهَارَةِ جِلْدِهِ مَدْبُوغًا وَغَيْرَ مَدْبُوغٍ، وَقَدْ تَقَدَّمَ ذَلِكَ فِي كِتَابِ الطَّهَارَةِ. وَأَمَّا الدَّمُ فَاتَّفَقُوا عَلَى تَحْرِيمِ الْمَسْفُوحِ مِنْهُ مِنَ الْحَيَوَانِ الْمُذَكَّى، وَاخْتَلَفُوا فِي غَيْرِ الْمَسْفُوحِ مِنْهُ. وَكَذَلِكَ اخْتَلَفُوا فِي دَمِ الْحُوتِ فَمِنْهُمْ مَنْ رَآهُ نَجِسًا، وَمِنْهُمْ مَنْ لَمْ يَرَهُ نَجِسًا. وَالِاخْتِلَافُ فِي هَذَا كُلِّهِ مَوْجُودٌ فِي مَذْهَبِ مَالِكٍ وَخَارِجًا عَنْهُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ فِي غَيْرِ الْمَسْفُوحِ مُعَارَضَةُ الْإِطْلَاقِ لِلتَّقْيِيدِ، وَذَلِكَ أَنَّ قَوْله تَعَالَى: {حُرِّمَتْ عَلَيْكُمُ الْمَيْتَةُ وَالدَّمُ} [المائدة: ٣] - يَقْتَضِي تَحْرِيمَ مَسْفُوحِ الدَّمِ وَغَيْرِهِ، وقَوْله تَعَالَى: {أَوْ دَمًا مَسْفُوحًا} [الأنعام: ١٤٥] - يَقْتَضِي بِحَسَبِ دَلِيلِ الْخِطَابِ تَحْرِيمَ الْمَسْفُوحِ فَقَطْ. فَمَنْ رَدَّ الْمُطْلَقَ إِلَى الْمُقَيَّدِ اشْتَرَطَ فِي التَّحْرِيمِ السَّفْحَ، وَمَنْ رَأَى أَنَّ الْإِطْلَاقَ يَقْتَضِي حُكْمًا زَائِدًا عَلَى التَّقْيِيدِ، وَأَنَّ مُعَارَضَةَ الْمُقَيَّدِ لِلْمُطْلَقِ إِنَّمَا هُوَ مِنْ بَابِ دَلِيلِ الْخِطَابِ، وَالْمُطْلَقُ عَامٌّ، وَالْعَامُّ أَقْوَى مِنْ دَلِيلِ الْخِطَابِ - قَضَى بِالْمُطْلَقِ عَلَى الْمُقَيَّدِ، وَقَالَ: يَحْرُمُ قَلِيلُ الدَّمِ وَكَثِيرُهُ. وَالسَّفْحُ الْمُشْتَرَطُ فِي حُرْمِيَّةِ الدَّمِ إِنَّمَا هُوَ دَمُ الْحَيَوَانِ الْمُذَكَّى، أَعْنِي أَنَّهُ الَّذِي يُسِيلُ عِنْدَ التَّذْكِيَةِ مِنَ الْحَيَوَانِ الْحَلَالِ الْأَكْلِ. وَأَمَّا أَكْلُ دَمٍ يَسِيلُ مِنَ الْحَيَوَانِ الْحَيِّ فَقَلِيلُهُ وَكَثِيرُهُ حَرَامٌ، وَكَذَلِكَ الدَّمُ مِنَ الْحَيَوَانِ الْمُحَرَّمِ الْأَكْلِ، وَإِنْ ذُكِّيَ فَقَلِيلُهُ وَكَثِيرُهُ حَرَامٌ، وَلَا خِلَافَ فِي هَذَا. وَأَمَّا سَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ فِي دَمِ الْحُوتِ فَمُعَارَضَةُ الْعُمُومِ لِلْقِيَاسِ، أَمَّا الْعُمُومُ فَقَوْلُهُ تَعَالَى: (وَالدَّمُ) . وَأَمَّا الْقِيَاسُ فَمَا يُمْكِنُ أَنْ يُتَوَهَّمَ مِنْ كَوْنِ الدَّمِ تَابِعًا فِي التَّحْرِيمِ لِمَيْتَةِ الْحَيَوَانِ، أَعْنِي أَنَّ مَا حَرُمَ مَيْتَتُهُ حَرُمَ دَمُهُ، وَمَا حَلَّ مَيْتَتُهُ حَلَّ دَمُهُ. وَلِذَلِكَ رَأَى

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