Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

« Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — accomplit la ‘aqīqa pour al-Hasan et al-Husayn en sacrifiant un bélier pour chacun. »

Ainsi que de cette parole :

« Pour une fille, une tête de petit bétail ; pour un garçon, deux. »

Ces deux hadiths sont rapportés par Abū Dāwūd.

Quant au raisonnement par analogie, il repose sur le fait que ces deux sacrifices sont des rites : les animaux de plus grande taille doivent donc y être préférés, par analogie avec les offrandes sacrificielles.

Concernant les personnes pour lesquelles on accomplit la ‘aqīqa, la majorité des savants considère qu’elle concerne uniquement les garçons et les filles en bas âge. Al-Hasan s’est singularisé en affirmant qu’on ne l’accomplit pas pour une fille. Certains l’ont également autorisée pour un adulte.

Pour établir qu’elle concerne les jeunes enfants, la majorité s’appuie sur cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix :

« Au septième jour de sa naissance. »

Ceux qui sont d’un autre avis s’appuient sur ce qui est rapporté d’Anas :

« Le Prophète — sur lui la prière et la paix — accomplit la ‘aqīqa pour lui-même après avoir été investi de la prophétie. »

Pour établir qu’elle concerne également les filles, la majorité invoque cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix :

« Pour une fille, une tête de petit bétail ; pour un garçon, deux. »

Ceux qui la réservent aux garçons s’appuient sur cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix :

« Tout garçon est tenu en gage par sa ‘aqīqa. »

Quant au nombre de bêtes à sacrifier, les juristes divergent également. Mālik considère que l’on sacrifie une seule tête de petit bétail, pour le garçon comme pour la fille. Al-Shāfi‘ī, Abū Thawr, Abū Dāwūd et Ahmad estiment que l’on en sacrifie une pour une fille et deux pour un garçon.

Leur divergence tient à la diversité des traditions rapportées à ce sujet. Parmi celles-ci figure le hadith d’Umm Kurz al-Ka‘biyya, rapporté par Abū Dāwūd. Elle dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — dire au sujet de la ‘aqīqa :

“Pour un garçon, deux têtes de petit bétail semblables ; pour une fille, une seule.” »

« Semblables » signifie ici qu’elles se ressemblent. Ce hadith implique donc une différence entre le garçon et la fille à cet égard.

En revanche, le récit selon lequel :

« Il accomplit la ‘aqīqa pour al-Hasan et al-Husayn en sacrifiant un bélier pour chacun. »

implique l’égalité entre le garçon et la fille.

Quant au moment de ce sacrifice, la majorité des savants le fixe au septième jour de la naissance. Mālik ne compte pas, dans cette semaine, le jour de la naissance si l’enfant est né dans la journée, tandis que ‘Abd al-Malik ibn al-Mājishūn le compte. Dans al-‘Utbiyya, Ibn al-Qāsim déclare : « S’il accomplit la ‘aqīqa de nuit, elle n’est pas valable. » Les disciples de Mālik divergent sur l’heure à partir de laquelle le sacrifice est valable. Selon un avis, il s’agit de l’heure des sacrifices de la fête, c’est-à-dire dans la matinée. Selon un autre, il peut être accompli dès l’aube, par analogie avec l’avis de Mālik concernant les offrandes sacrificielles. Il ne fait aucun doute que ceux qui autorisent les sacrifices de la fête de nuit autorisent également la ‘aqīqa de nuit. Selon un autre avis encore, elle peut être accomplie au septième jour de la deuxième ou de la troisième semaine.

Quant à l’âge et aux caractéristiques de l’animal sacrifié à ce titre, ce sont ceux qui sont requis pour les sacrifices de la fête. Autrement dit, on doit éviter chez cet animal les mêmes défauts que pour les sacrifices de la fête. Je ne connais aucune divergence à ce sujet, ni au sein de l’école ni en dehors d’elle.

«أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - عَقَّ عَنِ الْحَسَنِ وَالْحُسَيْنِ كَبْشًا كَبْشًا» ، وَقَوْلُهُ: «عَنِ الْجَارِيَةِ شَاةٌ، وَعَنِ الْغُلَامِ شَاتَانِ» خَرَّجَهُمَا أَبُو دَاوُدَ. وَأَمَّا الْقِيَاسُ فَلِأَنَّهُمَا نُسُكٌ، فَوَجَبَ أَنْ يَكُونَ الْأَعْظَمُ فِيهَا أَفْضَلَ، قِيَاسًا عَلَى الْهَدَايَا. وَأَمَّا مَنْ يُعَقُّ عَنْهُ فَإِنَّ جُمْهُورَهُمْ عَلَى أَنَّهُ يُعَقُّ عَنِ الذَّكَرِ وَالْأُنْثَى الصَّغِيرَيْنِ فَقَطْ. وَشَذَّ الْحَسَنُ فَقَالَ: لَا يُعَقُّ عَنِ الْجَارِيَةِ. وَأَجَازَ بَعْضُهُمْ أَنْ يُعَقَّ عَنِ الْكَبِيرِ. وَدَلِيلُ الْجُمْهُورِ عَلَى تَعَلُّقِهَا بِالصَّغِيرِ قَوْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «يَوْمَ سَابِعِهِ» . وَدَلِيلُ مَنْ خَالَفَ مَا رُوِيَ عَنْ أَنَسٍ «أَنَّ النَّبِيَّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - عَقَّ عَنْ نَفْسِهِ بَعْدَ مَا بُعِثَ بِالنُّبُوَّةِ» . وَدَلِيلُهُمْ أَيْضًا عَلَى تَعَلُّقِهَا بِالْأُنْثَى قَوْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «عَنِ الْجَارِيَةِ شَاةٌ، وَعَنِ الْغُلَامِ شَاتَانِ» . وَدَلِيلُ مَنِ اقْتَصَرَ بِهَا عَلَى الذَّكَرِ قَوْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «كُلُّ غُلَامٍ مُرْتَهَنٌ بِعَقِيقَتِهِ» . وَأَمَّا الْعَدَدُ فَإِنَّ الْفُقَهَاءَ اخْتَلَفُوا أَيْضًا فِي ذَلِكَ، فَقَالَ مَالِكٌ: يُعَقُّ عَنِ الذَّكَرِ وَالْأُنْثَى بِشَاةٍ شَاةٍ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ وَأَبُو ثَوْرٍ، وَأَبُو دَاوُدَ، وَأَحْمَدُ: يُعَقُّ عَنِ الْجَارِيَةِ شَاةٌ، وَعَنِ الْغُلَامِ شَاتَانِ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ اخْتِلَافُ الْآثَارِ فِي هَذَا الْبَابِ؛ فَمِنْهَا حَدِيثُ أُمِّ كُرْزٍ الْكَعْبِيَّةِ خَرَّجَهُ أَبُو دَاوُدَ قَالَ: سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - يَقُولُ فِي الْعَقِيقَةِ: «عَنْ الْغُلَامِ شَاتَانِ مُكَافَأَتَانِ، وَعَنِ الْجَارِيَةِ شَاةٌ» وَالْمُكَافَأَتَانِ: الْمُتَمَاثِلَتَانِ. وَهَذَا يَقْتَضِي الْفَرْقَ فِي ذَلِكَ بَيْنَ الذَّكَرِ وَالْأُنْثَى. وَمَا رُوِيَ «أَنَّهُ عَقَّ عَنِ الْحَسَنِ وَالْحُسَيْنِ كَبْشًا كَبْشًا» يَقْتَضِي الِاسْتِوَاءَ بَيْنَهُمَا. وَأَمَّا وَقْتُ هَذَا النُّسُكِ فَإِنَّ جُمْهُورَ الْعُلَمَاءِ عَلَى أَنَّهُ يَوْمُ سَابِعِ الْمَوْلُودِ، وَمَالكٌ لَا يَعُدُّ فِي الْأُسْبُوعِ الْيَوْمَ الَّذِي وُلِدَ فِيهِ إِنْ وُلِدَ نَهَارًا، وَعَبْدُ الْمَلِكِ بْنُ الْمَاجِشُونِ يَحْتَسِبُ بِهِ. وَقَالَ ابْنُ الْقَاسِمِ فِي "الْعُتْبِيَّةِ" : إِنْ عَقَّ لَيْلًا لَمْ يُجْزِهْ. وَاخْتَلَفَ أَصْحَابُ مَالِكٍ فِي مَبْدَأِ وَقْتِ الْإِجْزَاءِ، فَقِيلَ: وَقْتُ الضَّحَايَا، أَعْنِي: ضُحًى. وَقِيلَ: بَعْدَ الْفَجْرِ، قِيَاسًا عَلَى قَوْلِ مَالِكٍ فِي الْهَدَايَا. وَلَا شَكَّ أَنَّ مَنْ أَجَازَ الضَّحَايَا لَيْلًا أَجَازَ هَذِهِ لَيْلًا. وَقَدْ قِيلَ: يَجُوزُ فِي السَّابِعِ الثَّانِي وَالثَّالِثِ. وَأَمَّا سِنُّ هَذَا النُّسُكِ وَصِفَتُهُ فَسِنُّ الضَّحَايَا وَصِفَتُهَا الْجَائِزَةُ، أَعْنِي أَنَّهُ يُتَّقَى فِيهَا مِنَ الْعُيُوبِ مَا يُتَّقَى فِي الضَّحَايَا، وَلَا أَعْلَمُ فِي هَذَا خِلَافًا فِي الْمَذْهَبِ وَلَا خَارِجًا مِنْهُ.

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