[Livre de la ‘aqīqa (sacrifice de naissance)]
L’exposé des fondements de ce livre se répartit en six chapitres :
Le premier : son statut juridique.
Le deuxième : les animaux pouvant être sacrifiés à ce titre.
Le troisième : les personnes pour lesquelles on accomplit ce sacrifice et le nombre de bêtes à sacrifier.
Le quatrième : le moment de ce sacrifice.
Le cinquième : l’âge et les caractéristiques de l’animal sacrifié.
Le sixième : les règles relatives à sa viande et à ses autres parties.
Concernant son statut juridique, un groupe de savants, dont les littéralistes, considère qu’elle est obligatoire. La majorité estime qu’elle est une sunna. Abū Hanīfa considère qu’elle n’est ni une obligation ni une sunna. Selon une autre présentation de sa doctrine, il la tient pour un acte surérogatoire.
Leur divergence tient à l’opposition entre les sens qui se dégagent des traditions rapportées à ce sujet. En effet, le sens apparent du hadith de Samura, dans lequel le Prophète — sur lui la prière et la paix — dit :
« Tout garçon est tenu en gage par sa ‘aqīqa : on sacrifie pour lui au septième jour de sa naissance et on le débarrasse de ce qui lui nuit. »
implique l’obligation. En revanche, le sens apparent de cette réponse du Prophète — sur lui la prière et la paix —, interrogé au sujet de la ‘aqīqa :
« Je n’aime pas l’ingratitude envers les parents. Celui à qui naît un enfant et qui souhaite offrir un sacrifice pour lui, qu’il le fasse. »
implique la recommandation ou la simple permission. Ceux qui y comprennent une recommandation disent que la ‘aqīqa est une sunna ; ceux qui y comprennent une simple permission disent qu’elle n’est ni une sunna ni une obligation. Ces deux hadiths sont rapportés par Abū Dāwūd. Ceux qui retiennent le hadith de Samura la déclarent obligatoire.
Quant aux animaux pouvant être sacrifiés à ce titre, la majorité des savants considère que seuls conviennent à la ‘aqīqa les animaux des huit catégories de bestiaux qui sont admis pour les sacrifices de la fête. Mālik donne la préférence aux ovins, conformément à sa doctrine concernant ces sacrifices. Toutefois, deux avis sont rapportés de lui quant à la validité de la ‘aqīqa accomplie avec des chameaux ou des bovins. Les autres juristes maintiennent leur principe selon lequel les chameaux sont préférables aux bovins, et les bovins aux ovins et aux caprins.
Leur divergence tient à l’opposition entre les traditions rapportées à ce sujet et le raisonnement par analogie. Quant à la tradition, il s’agit du hadith d’Ibn ‘Abbās :