la mention du nom d’Allah et à l’intention, les divergences à leur sujet et leurs raisons ont déjà été exposées dans le livre des abattages rituels. L’exigence de l’intention explique que, pour ceux qui la requièrent, lorsqu’un animal de chasse est lancé sur un gibier mais en capture un autre, la mise à mort de ce dernier ne soit pas rituellement valide. Tel est l’avis de Mālik. Al-Shāfi‘ī, Abū Hanīfa, Ahmad et Abū Thawr estiment, en revanche, que cela est valable et que ce gibier peut être consommé.
C’est également pour cette raison que les disciples de Mālik divergent sur le fait de lancer l’animal de chasse sur un gibier que l’on ne voit pas, comme lorsqu’on le lance vers ce qui pourrait se trouver dans un bosquet ou derrière une colline, sans savoir s’il s’y trouve quelque chose ou non : l’intention comporte alors une part d’incertitude.
Quant à la première des six conditions propres à la mise à mort rituelle du gibier que nous avons mentionnées — à savoir que, lorsque ses organes vitaux n’ont pas été mortellement atteints, la blessure infligée par l’animal de chasse ne vaut mise à mort rituelle que si le chasseur ne rejoint pas le gibier vivant —, la majorité des savants la requiert. Elle s’appuie sur certaines versions du hadith de ‘Adī ibn Hātim, dans lesquelles le Prophète — sur lui la prière et la paix — a dit :
« Et si tu le rejoins vivant, égorge-le. »
Al-Nakha‘ī disait : « Si tu le rejoins vivant et que tu n’as pas de lame avec toi, lance les chiens sur lui jusqu’à ce qu’ils le tuent. » Al-Hasan al-Basrī partageait cet avis, s’appuyant sur la portée générale de cette parole du Très-Haut :
« Mangez donc de ce qu’ils capturent pour vous. »
[Al-Mā’ida : 4]
C’est en vertu de cette condition que Mālik a dit que le chasseur ne doit pas tarder à poursuivre le gibier. S’il tarde et le retrouve mort, sa consommation est licite si une flèche a mortellement atteint ses organes vitaux ; sinon, elle ne l’est pas. En effet, s’il n’avait pas tardé, il aurait pu le rejoindre vivant, alors que ses organes vitaux n’étaient pas mortellement atteints.
Quant à la deuxième condition, qui veut que l’acte procède du chasseur et se poursuive sans interruption jusqu’à ce que le gibier soit atteint, leurs divergences à son sujet expliquent leur désaccord sur le gibier pris dans un piège ou un filet dont un élément tranchant a mortellement atteint ses organes vitaux. Mālik, al-Shāfi‘ī et la majorité en interdisent la consommation, tandis qu’al-Hasan al-Basrī l’autorise. C’est également en vertu de ce principe que Mālik n’autorise pas la consommation du gibier sur lequel l’animal de chasse a été lancé, lorsque celui-ci s’est occupé d’autre chose avant de revenir de sa propre initiative vers ce gibier.
Quant à la troisième condition, qui veut qu’aucun autre être dont la blessure ne vaut pas mise à mort rituelle ne participe avec lui à la blessure du gibier, elle fait, à ma connaissance, l’objet d’un consensus : on ne sait en effet lequel des deux l’a tué.
Quant à la quatrième condition, qui veut qu’il n’y ait de doute ni sur l’identité du gibier ni sur le fait que l’animal de chasse l’a tué, elle explique leurs divergences sur la consommation du gibier dont la chute s’est produite hors de la vue du chasseur.
Selon l’un des avis rapportés de Mālik : « Il n’y a aucun mal à manger le gibier dont tu n’as pas vu la chute, si tu y trouves une trace laissée par ton chien ou si ta flèche s’y trouve encore, tant qu’il n’a pas passé la nuit. S’il a passé la nuit, je réprouve sa consommation. » Al-Thawrī la réprouve également.
‘Abd al-Wahhāb a dit : « Si le gibier atteint par l’animal de chasse a passé la nuit, il ne se consomme pas. Quant à celui qui a été atteint par une flèche, il fait l’objet d’une divergence. »
Ibn al-Mājishūn a dit : « Dans les deux cas, il peut être consommé si l’on constate que ses organes vitaux ont été mortellement atteints. »
Dans al-Mudawwana, Mālik a dit : « Dans les deux cas, il ne se consomme pas s’il a passé la nuit, même si l’on constate que ses organes vitaux ont été mortellement atteints. »
Al-Shāfi‘ī a dit : « Le raisonnement analogique commande de ne pas