Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

ces trois conditions sont requises aussi bien chez les chiens que chez les autres animaux de chasse.

Ibn Habīb, l’un de ses disciples, a dit : « Il n’est pas exigé que les animaux de chasse s’arrêtent sur ordre lorsqu’ils n’en sont pas capables, comme les bāzī et les faucons. » Telle est la position de Mālik ; je veux dire qu’il n’est pas exigé de l’animal de chasse, chien ou autre, qu’il s’abstienne de manger du gibier. Certains exigent cette abstention du chien, mais non des oiseaux de proie ; d’autres, comme nous l’avons dit, l’exigent de tous. La majorité autorise la consommation du gibier pris par le bāzī et le faucon, même s’ils en ont mangé, car leur dressage se fait précisément en les laissant manger.

La divergence sur ce sujet porte donc sur deux points :

Le premier : pour être considéré comme dressé, l’animal doit-il s’arrêter sur ordre ?

Le second : doit-il s’abstenir de manger du gibier ?

Deux raisons expliquent leur divergence sur cette dernière condition.

La première est la contradiction entre le hadith de ‘Adī ibn Hātim précédemment cité, dans lequel il est dit :

« S’il en mange, n’en mange pas, car je crains qu’il ne l’ait capturé que pour lui-même. »

Et le hadith qui s’y oppose, celui d’Abū Tha‘laba al-Khushanī, qui rapporte :

« Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — a dit : “Lorsque tu lâches ton chien dressé en mentionnant le nom d’Allah, mange du gibier qu’il capture.” Je demandai : “Même s’il en a mangé, ô Messager d’Allah ?” Il répondit : “Même s’il en a mangé.” »

Ceux qui concilient les deux hadiths en comprenant celui de ‘Adī ibn Hātim comme une recommandation de s’abstenir, et celui-ci comme une permission, concluent qu’il n’est pas exigé que l’animal s’abstienne de manger du gibier.

D’autres donnent la prépondérance au hadith de ‘Adī ibn Hātim, puisqu’il est rapporté à la fois par al-Bukhārī et Muslim, tandis que celui d’Abū Tha‘laba est discuté — raison pour laquelle les deux maîtres, al-Bukhārī et Muslim, ne l’ont pas rapporté. Considérant, sur la foi du hadith cité, que l’animal doit capturer le gibier sans en manger, ils concluent que, s’il en mange, ce gibier ne peut être consommé. Tel est l’avis d’al-Shāfi‘ī, d’Abū Hanīfa, d’Ahmad, d’Ishāq et d’al-Thawrī ; c’est aussi celui d’Ibn ‘Abbās.

Comme nous l’avons dit, Mālik, Sa‘īd ibn Mālik, Ibn ‘Umar et Sulaymān ont autorisé la consommation du gibier dont le chien a mangé.

Les juristes malikites tardifs ont dit : « Le fait que le chien mange du gibier ne prouve pas qu’il ne l’a pas capturé pour son maître. D’ailleurs, capturer le gibier pour son maître n’est pas une condition de la mise à mort rituelle, car l’intention du chien est inconnue : il peut capturer le gibier pour son maître, puis changer de disposition et le garder pour lui-même. »

Ce propos contredit le texte explicite du hadith ainsi que le sens apparent du Livre, à savoir cette parole du Très-Haut :

« Mangez donc de ce qu’ils capturent pour vous. » [La Table servie : 4]

Il existe pourtant un moyen de savoir si le chien capture le gibier pour son maître : son comportement habituel. C’est pourquoi le Prophète — sur lui la prière et la paix — a dit :

« S’il en mange, n’en mange pas, car je crains qu’il ne l’ait capturé que pour lui-même. »

Quant à leur divergence sur l’obligation, pour l’animal, de s’arrêter sur ordre, elle tient uniquement à leur désaccord sur l’assimilation, par raisonnement analogique, des autres animaux de chasse au chien sur ce point. Ils s’accordent en effet à reconnaître qu’un chien qui ne s’arrête pas sur ordre ne peut être qualifié de dressé. Mais les autres animaux de chasse peuvent-ils être qualifiés de dressés s’ils ne s’arrêtent pas sur ordre ? C’est cette hésitation qui est à l’origine de leur divergence.

إِنَّ هَذِهِ الشُّرُوطَ الثَّلَاثَةَ شَرْطٌ فِي الْكِلَابِ وَغَيْرِهَا. وَقَالَ ابْنُ حَبِيبٍ مِنْ أَصْحَابِهِ: لَيْسَ يُشْتَرَطُ الِانْزِجَارُ فِيمَا لَيْسَ يَقْبَلُ ذَلِكَ مِنَ الْجَوَارِحِ مِثْلِ الْبُزَاةِ وَالصُّقُورِ، وَهُوَ مَذْهَبُ مَالِكٍ، أَعْنِي أَنَّهُ لَيْسَ مِنْ شَرْطِ الْجَارِحِ لَا كَلْبٌ وَلَا غَيْرُهُ أَنْ لَا يَأْكُلَ. وَاشْتَرَطَهُ بَعْضُهُمْ فِي الْكَلْبِ، وَلَمْ يَشْتَرِطْهُ فِيمَا عَدَاهُ مِنْ جَوَارِحِ الطُّيُورِ، وَمِنْهُمْ مَنِ اشْتَرَطَهُ كَمَا قُلْنَا فِي الْكُلِّ. وَالْجُمْهُورُ عَلَى جَوَازِ أَكْلِ صَيْدِ الْبَازِيِّ وَالصَّقْرِ وَإِنْ أَكَلَ؛ لِأَنَّ تَضْرِيَتَهُ إِنَّمَا تَكُونُ بِالْأَكْلِ. فَالْخِلَافُ فِي هَذَا الْبَابِ رَاجِعٌ إِلَى مَوْضِعَيْنِ: أَحَدُهُمَا: هَلْ مِنْ شَرْطِ التَّعْلِيمِ أَنْ يَنْزَجِرَ إِذَا زُجِرَ؟ وَالثَّانِي: هَلْ مِنْ شَرطِهِ أَلَّا يَأْكُلَ؟ وَسَبَبُ الْخِلَافِ فِي اشْتِرَاطِ الْأَكْلِ أَوْ عَدَمِهِ شَيْئَانِ: أَحَدُهُمَا: اخْتِلَافُ حَدِيثِ عَدِيِّ بْنِ حَاتِمٍ الْمُتَقَدِّمُ، وَفِيهِ «فَإِنْ أَكَلَ فَلَا تَأْكُلْ؛ فَإِنِّي أَخَافُ أَنْ يَكُونَ إِنَّمَا أَمْسَكَ عَلَى نَفْسِهِ» . وَالْحَدِيثُ الْمُعَارِضُ لِهَذَا حَدِيثُ أَبِي ثَعْلَبَةَ الخُشَنِيِّ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: «إِذَا أَرْسَلْتَ كَلْبَكَ الْمُعَلَّمَ، وَذَكَرْتَ اسْمَ اللَّهِ - فَكُلْ. قُلْتُ: وَإِنْ أَكَلَ مِنْهُ يَا رَسُولَ اللَّهِ؟ قَالَ: وَإِنْ أَكَلَ» . فَمَنْ جَمَعَ بَيْنَ الْحَدِيثَيْنِ بِأَنْ حَمَلَ حَدِيثَ عَدِيِّ بْنِ حَاتِمٍ عَلَى النَّدْبِ، وَهَذَا عَلَى الْجَوَازِ - قَالَ: لَيْسَ مِنْ شَرْطِهِ ألَّا يَأْكُلَ. وَمَنْ رَجَّحَ حَدِيثَ عَدِيِّ بْنِ حَاتِمٍ؛ إِذْ هُوَ حَدِيثٌ مُتَّفَقٌ عَلَيْهِ، وَحَدِيثُ أَبِي ثَعْلَبَةَ مُخْتَلَفٌ فِيهِ، وَلِذَلِكَ لَمْ يُخْرِجْهُ الشَّيْخَانِ الْبُخَارِيُّ وَمُسْلِمٌ، وَقَالَ: مِنْ شَرْطِ الْإِمْسَاكِ أَنْ لَا يَأْكُلَ بِدَلِيلِ الْحَدِيثِ الْمَذْكُورِ - قَالَ: إِنْ أَكَلَ الصَّيْدَ لَمْ يُؤْكَلْ، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ، وَأَبُو حَنِيفَةَ، وَأَحْمَدُ، وَإِسْحَاقُ، وَالثَّوْرِيُّ، وَهُوَ قَوْلُ ابْنِ عَبَّاسٍ. وَرَخَّصَ فِي أَكْلِ مَا أَكَلَ الْكَلْبُ كَمَا قُلْنَا مَالِكٌ، وَسَعِيدُ بْنُ مَالِكٍ، وَابْنُ عُمَرَ وَسُلَيْمَانُ. وَقَالَتِ الْمَالِكِيَّةُ الْمُتَأَخِّرَةُ: إِنَّهُ لَيْسَ الْأَكْلُ بِدَلِيلٍ عَلَى أَنَّهُ لَمْ يُمْسِكْ لِسَيِّدِهِ وَلَا الْإِمْسَاكُ لِسَيِّدِهِ بِشَرْطٍ فِي الذَّكَاةِ؛ لِأَنَّ نِيَّةَ الْكَلْبِ غَيْرُ مَعْلُومَةٍ، وَقَدْ يُمْسِكُ لِسَيِّدِهِ، ثُمَّ يَبْدُو لَهُ فَيُمْسِكُ لِنَفْسِهِ. وَهَذَا الَّذِي قَالُوهُ خِلَافُ النَّصِّ فِي الْحَدِيثِ، وَخِلَافُ ظَاهِرِ الْكِتَابِ، وَهُوَ قَوْله تَعَالَى: {فَكُلُوا مِمَّا أَمْسَكْنَ عَلَيْكُمْ} [المائدة: ٤] . وَلِلْإِمْسَاكِ عَلَى سَيِّدِ الْكَلْبِ طَرِيقٌ تُعْرَفُ بِهِ، وَهُوَ الْعَادَةُ، وَلِذَلِكَ قَالَ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «فَإِنْ أَكَلَ فَلَا تَأْكُلْ، فَإِنِّي أَخَافُ أَنْ يَكُونَ إِنَّمَا أَمْسَكَ عَلَى نَفْسِهِ» . وَأَمَّا اخْتِلَافُهُمْ فِي الِازْدِجَارِ فَلَيْسَ لَهُ سَبَبٌ إِلَّا اخْتِلَافُهُمْ فِي قِيَاسِ سَائِرِ الْجَوَارِحِ فِي ذَلِكَ عَلَى الْكَلْبِ؛ لِأَنَّ الْكَلْبَ الَّذِي لَا يَزْدِجُرُ لَا يُسَمَّى مُعَلَّمًا بِاتِّفَاقٍ، فَأَمَّا سَائِرُ الْجَوَارِحِ إِذَا لَمْ تَنْزَجِرْ هَلْ تُسَمَّى مُعَلَّمَةً؟ أَمْ لَا؟ فَفِيهِ التَّرَدُّدُ، وَهُوَ سَبَبُ الْخِلَافِ.

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