Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Les compilateurs des recueils de hadiths authentiques s’accordent à rapporter ces deux hadiths.

Parmi les moyens employés pour chasser, certains font globalement l’objet d’un accord, tandis que d’autres suscitent des divergences, tant sur leur emploi que sur leurs caractéristiques. Ils sont de trois sortes : les animaux de chasse, les instruments tranchants ou pointus et les instruments contondants.

Concernant les instruments tranchants ou pointus, ils s’accordent sur l’emploi des lances, des épées et des flèches, expressément mentionnées dans le Livre et la Sunna. Il en va de même des instruments analogues capables de blesser, à l’exception de ceux dont l’emploi pour l’abattage rituel des animaux domestiques fait l’objet de divergences : la dent, l’ongle et l’os. Ces divergences ayant déjà été exposées, il n’y a pas lieu d’y revenir.

Quant aux instruments contondants, ils divergent sur leur emploi pour la chasse, notamment le mi‘rād (trait de chasse) et la pierre. Certains savants n’autorisent la consommation du gibier ainsi atteint que si l’on parvient à l’abattre rituellement avant sa mort ; d’autres l’autorisent sans restriction. D’autres encore distinguent selon que le mi‘rād ou la pierre tue par son poids ou par son tranchant en pénétrant dans le corps du gibier : ils en autorisent la consommation s’il y a pénétration, mais non dans le cas contraire. C’est l’avis des grands jurisconsultes des principales régions : al-Shāfi‘ī, Mālik, Abū Hanīfa, Ahmad, al-Thawrī et d’autres. Cet avis revient à considérer qu’il n’y a d’abattage rituel valable qu’au moyen d’un instrument tranchant ou pointu.

Leur divergence tient à l’opposition entre les principes régissant cette question, ainsi qu’à celle de la tradition rapportée avec ces principes. En effet, l’un de ces principes veut que la bête tuée par un choc soit interdite à la consommation, en vertu du Livre et du consensus ; un autre veut que la blessure tienne lieu d’abattage rituel pour le gibier. Celui qui considère que le gibier tué par le mi‘rād est une bête tuée par un choc en interdit donc la consommation sans restriction. Celui qui y voit un mode de mise à mort par blessure propre au gibier, et considère que la qualification de bête tuée par un choc n’entre pas ici en considération, en autorise la consommation sans restriction. Quant à celui qui distingue selon qu’il y a eu pénétration ou non, il se fonde sur le hadith de ‘Adī ibn Hātim cité précédemment : c’est l’avis juste.

S’agissant des animaux de chasse, les points d’accord et de divergence concernent, pour une part, l’espèce et les conditions requises et, pour une autre, les conditions requises. L’espèce sur laquelle ils s’accordent est le chien, à l’exception du chien noir, dont l’emploi a été réprouvé par certains, notamment al-Hasan al-Basrī, Ibrāhīm al-Nakha‘ī et Qatāda. Ahmad a dit : « Je ne connais personne qui l’autorise lorsqu’il est entièrement noir. » C’est aussi l’avis d’Ishāq. La majorité autorise toutefois la consommation du gibier qu’il capture, dès lors qu’il est dressé.

Leur divergence tient à l’opposition entre le raisonnement analogique et la portée générale du texte. En effet, la portée générale de cette parole du Très-Haut :

« Ainsi que le gibier pris par les animaux de chasse que vous avez dressés. » [La Table servie : 4]

implique de traiter tous les chiens de la même manière à cet égard. En revanche, « l’ordre donné par le Prophète — sur lui la prière et la paix — de tuer le chien entièrement noir » conduit, par raisonnement analogique, à ne pas autoriser la chasse avec ce chien, selon ceux qui considèrent que l’interdiction implique l’invalidité de l’acte interdit.

Quant aux espèces d’animaux de chasse autres que le chien sur lesquelles ils divergent, qu’il s’agisse des oiseaux de proie ou des prédateurs terrestres, certains autorisent l’emploi de toutes, dès lors qu’elles sont dressées, jusqu’au chat, comme l’a dit Ibn Sha‘bān. Telle est la doctrine de Mālik et de ses disciples, également retenue par les jurisconsultes des principales régions. Cet avis est aussi rapporté d’Ibn ‘Abbās : autrement dit, tout animal de chasse susceptible d’être dressé peut servir de moyen d’abattage rituel du gibier.

D’autres ont dit : « Il n’est pas permis de

وَهَذَانَ الْحَدِيثَانِ اتَّفَقَ أَهْلُ الصَّحِيحِ عَلَى إِخْرَاجِهِمَا. وَالْآلَاتُ الَّتِي يُصَادُ بِهَا مِنْهَا مَا اتَّفَقُوا عَلَيْهَا بِالْجُمْلَةِ، وَمِنْهَا مَا اخْتَلَفُوا فِيهَا وَفِي صِفَاتِهَا، وَهِيَ ثَلَاثٌ: حَيَوَانٌ جَارِحٌ، وَمُحَدَّدٌ، وَمُثَقَّلٌ. فَأَمَّا الْمُحَدَّدُ فَاتَّفَقُوا عَلَيْهِ كَالرِّمَاحِ وَالسُّيُوفِ وَالسِّهَامِ؛ لِلنَّصِّ عَلَيْهَا فِي الْكِتَابِ وَالسُّنَّةِ. وَكَذَلِكَ بِمَا جَرَى مَجْرَاهَا مِمَّا يَعْقِرُ، مَا عَدَا الْأَشْيَاءَ الَّتِي اخْتَلَفُوا فِي عَمَلِهَا فِي ذَكَاةِ الْحَيَوَانِ الْإِنْسِيِّ، وَهِيَ: السِّنُّ وَالظُّفْرُ وَالْعَظْمُ. وَقَدْ تَقَدَّمَ اخْتِلَافُهُمْ فِي ذَلِكَ، فَلَا مَعْنَى لِإِعَادَتِهِ. وَأَمَّا الْمُثَقَّلُ فَاخْتَلَفُوا فِي الصَّيْدِ بِهِ، مِثْلَ الصَّيْدِ بِالْمِعْرَاضِ وَالْحَجَرِ؛ فَمِنَ الْعُلَمَاءِ مَنْ لَمْ يُجِزْ مِنْ ذَلِكَ إِلَّا مَا أُدْرِكَتْ ذَكَاتُهُ، وَمِنْهُمْ مَنْ أَجَازَهُ عَلَى الْإِطْلَاقِ، وَمِنْهُمْ مَنْ فَرَّقَ بَيْنَ مَا قَتَلَهُ الْمِعْرَاضُ أَوِ الْحَجَرُ بِثِقَلِهِ أَوْ بِحَدِّهِ إِذَا خَرَقَ جَسَدَ الصَّيْدِ ; فَأَجَازَهُ إِذَا خَرَقَ، وَلَمْ يُجِزْهُ إِذَا لَمْ يَخْرِقْ. وَبِهَذَا الْقَوْلِ قَالَ مَشَاهِيرُ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ: الشَّافِعِيُّ، وَمَالِكٌ، وَأَبُو حَنِيفَةَ، وَأَحْمَدُ، وَالثَّوْرِيُّ، وَغَيْرُهُمْ، وَهُوَ رَاجِعٌ إِلَى أَنَّهُ لَا ذَكَاةَ إِلَّا بِمُحَدَّدٍ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ مُعَارَضَةُ الْأُصُولِ فِي هَذَا الْبَابِ بَعْضَهَا بَعْضًا، وَمُعَارَضَةُ الْأَثَرِ لَهَا. وَذَلِكَ أَنَّ مِنَ الْأُصُولِ فِي هَذَا الْبَابِ أَنَّ الْوَقِيذَ مُحَرَّمٌ بِالْكِتَابِ وَالْإِجْمَاعِ، وَمِنْ أُصُولِهِ أَنَّ الْعَقْرَ ذَكَاةُ الصَّيْدِ؛ فَمَنْ رَأَى أَنَّ مَا قَتَلَ الْمِعْرَاضُ وَقِيذٌ مَنَعَهُ عَلَى الْإِطْلَاقِ، وَمَنْ رَآهُ عَقْرًا مُخْتَصًّا بِالصَّيْدِ، وَأَنَّ الْوَقِيذَ غَيْرُ مُعْتَبَرٍ فِيهِ - أَجَازَهُ عَلَى الْإِطْلَاقِ. وَمَنْ فَرَّقَ بَيْنَ مَا خَرَقَ مِنْ ذَلِكَ، أَوْ لَمْ يَخْرِقْ - فَمَصِيرًا إِلَى حَدِيثِ عَدِيِّ بْنِ حَاتِمٍ الْمُتَقَدِّمِ، وَهُوَ الصَّوَابُ. وَأَمَّا الْحَيَوَانُ الْجَارِحُ فَالِاتِّفَاقُ وَالِاخْتِلَافُ فِيهِ مِنْهُ مُتَعَلِّقٌ بِالنَّوْعِ وَالشَّرْطِ، وَمِنْهُ مَا يَتَعَلَّقُ بِالشَّرْطِ. فَأَمَّا النَّوْعُ الَّذِي اتَّفَقُوا عَلَيْهِ فَهُوَ الْكِلَابُ، مَا عَدَا الْكَلْبَ الْأَسْوَدَ؛ فَإِنَّهُ كَرِهَهُ قَوْمٌ مِنْهُمْ الْحَسَنُ الْبَصْرِيُّ وَإِبْرَاهِيمُ النَّخَعِيُّ، وَقَتَادَةُ. وَقَالَ أَحْمَدُ: مَا أَعْرِفُ أَحَدًا يُرَخِّصُ فِيهِ إِذَا كَانَ بَهِيمًا، وَبِهِ قَالَ إِسْحَاقُ. وَأَمَّا الْجُمْهُورُ فَعَلَى إِجَازَةِ صَيْدِهِ إِذَا كَانَ مُعَلَّمًا. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ مُعَارَضَةُ الْقِيَاسِ لِلْعُمُومِ، وَذَلِكَ أَنَّ عُمُومَ قَوْله تَعَالَى: {وَمَا عَلَّمْتُمْ مِنَ الْجَوَارِحِ مُكَلِّبِينَ} [المائدة: ٤] - يَقْتَضِي تَسْوِيَةَ جَمِيعِ الْكِلَابِ فِي ذَلِكَ. «وَأَمْرُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - بِقَتْلِ الْكَلْبِ الْأَسْوَدِ الْبَهِيمِ» - يَقْتَضِي فِي ذَلِكَ الْقِيَاسُ أَنْ لَا يَجُوزَ اصْطِيَادُهُ عَلَى رَأْيِ مَنْ رَأَى أَنَّ النَّهْيَ يَدُلُّ عَلَى فَسَادِ الْمَنْهِيِّ عَنْهُ. وَأَمَّا الَّذِي اخْتَلَفُوا فِيهِ مِنْ أَنْوَاعِ الْجَوَارِحِ فِيمَا عَدَا الْكَلْبَ، وَمِنْ جَوَارِحِ الطُّيُورِ وَحَيَوَانَاتِهَا السَّاعِيَةِ، فَمِنْهُمْ مَنْ أَجَازَ جَمِيعَهَا إِذَا عُلِّمَتْ حَتَّى السِّنَّوْرَ، كَمَا قَالَ ابْنُ شَعْبَانَ، وَهُوَ مَذْهَبُ مَالِكٍ وَأَصْحَابِهِ، وَبِهِ قَالَ فُقَهَاءُ الْأَمْصَارِ. وَهُوَ مَرْوِيٌّ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ، أَعْنِي أَنَّ مَا قَبِلَ التَّعْلِيمَ مِنْ جَمِيعِ الْجَوَارِحِ فَهُوَ آلَةٌ لِذَكَاةِ الصَّيْدِ. وَقَالَ قَوْمٌ: لَا

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