Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

la ponction à la base du cou, et que l’on égorge ceux dont le mode d’abattage rituel est l’égorgement, ou que l’on emploie l’un ou l’autre procédé pour les animaux qui admettent les deux. Abū Hanīfa et al-Shāfi‘ī affirment, quant à eux, que lorsqu’on ne peut procéder à l’abattage rituel d’un chameau échappé, on le tue comme du gibier.

Leur divergence tient à l’opposition entre le principe applicable en la matière et un hadith. En effet, le principe est qu’un animal domestique ne peut être consommé qu’après avoir été égorgé ou abattu par ponction à la base du cou, tandis qu’un animal sauvage peut l’être après avoir été mortellement blessé.

Le hadith qui s’oppose à ces principes est celui de Rāfi‘ ibn Khadīj, dans lequel il rapporte :

« Un chameau s’échappa. Les hommes ne disposaient que de quelques chevaux. Ils le poursuivirent, mais ne purent le rattraper. Un homme lui décocha alors une flèche, par laquelle Allah, le Très-Haut, l’immobilisa. Le Prophète — sur lui la prière et la paix — dit : “Ces animaux domestiques ont des comportements farouches semblables à ceux des bêtes sauvages. Si l’un d’eux vous échappe, procédez ainsi.” »

Il est préférable de retenir ce hadith, puisqu’il est authentique ; car ce cas ne devrait pas constituer une exception à ce principe. On peut d’ailleurs soutenir qu’il relève du principe même qui régit cette question : la raison pour laquelle une blessure tient lieu d’abattage rituel pour certains animaux n’est autre que l’impossibilité de les maîtriser, et non leur seul caractère sauvage. Lorsque cette même situation se présente pour un animal domestique, il est donc permis de lui appliquer le mode d’abattage du gibier. Le raisonnement analogique et la tradition transmise concordent ainsi.

[CHAPITRE DEUXIÈME : LES MOYENS EMPLOYÉS POUR CHASSER]

Ce chapitre repose sur deux versets et deux hadiths.

Le premier verset est cette parole du Très-Haut :

« Ô vous qui croyez ! Allah vous éprouvera assurément par du gibier à la portée de vos mains et de vos lances. » [La Table servie : 94]

Le second est cette parole du Très-Haut :

« Dis : “Les bonnes nourritures vous sont permises, ainsi que le gibier pris par les animaux de chasse que vous avez dressés.” » [La Table servie : 4], jusqu’à la fin du verset.

Le premier des deux hadiths est celui de ‘Adī ibn Hātim, dans lequel le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — lui dit :

« Lorsque tu lâches tes chiens dressés en prononçant sur eux le nom d’Allah, mange de ce qu’ils ont capturé pour toi. Mais si le chien en mange, n’en mange pas, car je crains qu’il ne l’ait capturé que pour lui-même. Si d’autres chiens se mêlent aux tiens, n’en mange pas : tu n’as prononcé le nom d’Allah que pour ton chien, et non pour les autres. »

Il l’interrogea aussi au sujet du mi‘rād (trait de chasse), et il répondit :

« S’il frappe le gibier de son côté large, n’en mange pas, car c’est une bête tuée par un choc. »

Ce hadith constitue le fondement de la plupart des questions traitées dans ce livre.

Le second hadith est celui d’Abū Tha‘laba al-Khushanī, dans lequel le Prophète — sur lui la prière et la paix — dit :

« Pour le gibier que tu atteins avec ton arc, prononce le nom d’Allah, puis manges-en. Quant à celui que tu chasses avec ton chien non dressé, manges-en si tu parviens à l’abattre rituellement avant qu’il ne meure. »

النَّحْرُ، وَيُذْبَحَ مَا ذَكَاتُهُ الذَّبْحُ، أَوْ يُفْعَلَ بِهِ أَحَدُهُمَا إِنْ كَانَ مِمَّا يَجُوزُ فِيهِ الْأَمْرَانِ جَمِيعًا. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَالشَّافِعِيُّ: إِذَا لَمْ يُقْدَرُ عَلَى ذَكَاةِ الْبَعِيرِ الشَّارِدِ فَإِنَّهُ يَقْتُلُ كَالصَّيْدِ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ مُعَارَضَةُ الْأَصْلِ فِي ذَلِكَ لِلْخَبَرِ، وَذَلِكَ أَنَّ الْأَصْلَ فِي هَذَا الْبَابِ هُوَ أَنَّ الْحَيَوَانَ الْإِنْسِيَّ لَا يُؤْكَلُ إِلَّا بِالذَّبْحِ أَوِ النَّحْرِ، وَأَنَّ الْوَحْشِيَّ يُؤْكَلُ بِالْعَقْرِ. وَأَمَّا الْخَبَرُ الْمُعَارِضُ لِهَذِهِ الْأُصُولِ فَحَدِيثُ رَافِعِ بْنِ خَدِيجٍ، وَفِيهِ قَالَ: «فَنَدَّ مِنْهَا بَعِيرٌ، وَكَانَ فِي الْقَوْمِ خَيْلٌ يَسِيرَةٌ، فَطَلَبُوهُ فَأَعْيَاهُمْ، فَأَهْوَى إِلَيْهِ رَجُلٌ بِسَهْمٍ، فَحَبَسَهُ اللَّهُ تَعَالَى بِهِ، فَقَالَ النَّبِيُّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: " إِنَّ لِهَذِهِ الْبَهَائِمِ أَوَابِدَ كَأَوَابِدِ الْوَحْشِ، فَمَا نَدَّ عَلَيْكُمْ فَاصْنَعُوا بِهِ هَكَذَا» . وَالْقَوْلُ بِهَذَا الْحَدِيثِ أَوْلَى لِصِحَّتِهِ؛ لِأَنَّهُ لَا يَنْبَغِي أَنْ يَكُونَ هَذَا مُسْتَثْنًى مِنْ ذَلِكَ الْأَصْلِ، مَعَ أَنَّ لِقَائِلٍ أَنْ يَقُولَ: إِنَّهُ جَارٍ مَجْرَى الْأَصْلِ فِي هَذَا الْبَابِ، وَذَلِكَ أَنَّ الْعِلَّةَ فِي كَوْنِ الْعَقْرِ ذَكَاةً فِي بَعْضِ الْحَيَوَانِ لَيْسَ شَيْئًا أَكْثَرَ مِنْ عَدَمِ الْقُدْرَةِ عَلَيْهِ، لَا لِأَنَّهُ وَحْشِيٌّ فَقَطْ، فَإِذَا وُجِدَ هَذَا الْمَعْنَى مِنَ الْإِنْسِيِّ جَازَ أَنْ تَكُونَ ذَكَاتُهُ ذَكَاةَ الْوَحْشِيِّ، فَيَتَّفِقُ الْقِيَاسُ وَالسَّمَاعُ. [الْبَابُ الثَّانِي فِيمَا يَكُونُ بِهِ الصَّيْدُ] ُ وَالْأَصْلُ فِي هَذَا الْبَابِ آيَتَانِ وَحَدِيثَانِ: الْآيَةُ الْأُولَى قَوْله تَعَالَى: {يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لَيَبْلُوَنَّكُمُ اللَّهُ بِشَيْءٍ مِنَ الصَّيْدِ تَنَالُهُ أَيْدِيكُمْ وَرِمَاحُكُمْ} [المائدة: ٩٤] . وَالثَّانِيَةُ قَوْله تَعَالَى: {قُلْ أُحِلَّ لَكُمُ الطَّيِّبَاتُ وَمَا عَلَّمْتُمْ مِنَ الْجَوَارِحِ مُكَلِّبِينَ} [المائدة: ٤] الْآيَةَ. وَأَمَّا الْحَدِيثَانِ فَأَحَدُهُمَا حَدِيثُ عَدِيِّ بْنِ حَاتِمٍ، وَفِيهِ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ لَهُ: «إِذَا أَرْسَلْتَ كِلَابَكَ الْمُعَلَّمَةَ، وَذَكَرْتَ اسْمَ اللَّهِ عَلَيْهَا - فَكُلْ مِمَّا أَمْسَكْنَ عَلَيْكَ. وَإِنْ أَكَلَ الْكَلْبُ فَلَا تَأْكُلْ، فَإِنِّي أَخَافُ أَنْ يَكُونَ إِنَّمَا أَمْسَكَ عَلَى نَفْسِهِ، وَإِنْ خَالَطَهَا كِلَابٌ غَيْرُهَا فَلَا تَأْكُلْ فَإِنَّمَا سَمَّيْتَ عَلَى كَلْبِكَ، وَلَمْ تُسَمِّ عَلَى غَيْرِهِ» . وَسَأَلَهُ عَنِ الْمِعْرَاضِ فَقَالَ: «إِذَا أَصَابَ بِعَرْضِهِ فَلَا تَأْكُلْ فَإِنَّهُ وَقِيذٌ» . وَهَذَا الْحَدِيثُ هُوَ أَصْلٌ فِي أَكْثَرِ مَا فِي هَذَا الْكِتَابِ. وَالْحَدِيثُ الثَّانِي حَدِيثُ أَبِي ثَعْلَبَةَ الخُشَنِيِّ، وَفِيهِ مِنْ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «مَا أَصَبْتَ بِقَوْسِكَ فَسَمِّ اللَّهَ، ثُمَّ كُلْ. وَمَا صِدْتَ بِكَلْبِكَ الَّذِي لَيْسَ بِمُعَلَّمٍ، وَأَدْرَكْتَ ذَكَاتَهُ - فَكُلْ» .

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