Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

les causes de divergence, outre l’opposition entre la portée générale du verset et l’exigence de croire que l’abattage rituel rend la bête licite : les effets de cet abattage peuvent-ils se limiter à certaines parties de la bête, ou sont-ils indivisibles ? Ceux qui les jugent divisibles interdisent la consommation des graisses ; ceux qui les jugent indivisibles l’autorisent.

La permission de consommer les graisses des bêtes qu’ils abattent est étayée par le hadith de ‘Abd Allah ibn Mughaffal, « lorsqu’il s’empara d’un sac de graisse le jour de Khaybar ». Ce hadith a déjà été mentionné dans le Livre du jihād.

Ceux qui distinguent entre ce qui leur était interdit dans leur Loi originelle et ce qu’ils se sont eux-mêmes interdit expliquent leur position ainsi : l’interdiction qui leur a été imposée est fondée ; l’abattage rituel ne peut donc rendre ces aliments licites. En revanche, les interdictions qu’ils se sont eux-mêmes imposées sont sans fondement ; l’abattage rituel peut donc rendre les aliments concernés licites.

Le juge dit : en vérité, à l’époque où s’applique la Loi de l’islam, les interdictions qui leur avaient été imposées comme celles qu’ils se sont eux-mêmes imposées sont sans validité, puisque cette Loi abroge toutes les législations antérieures. Il ne faut donc pas tenir compte de leurs convictions sur ce point.

Il n’est pas davantage requis que leurs convictions concernant la licéité des bêtes abattues soient celles des musulmans, ni celles de leur propre Loi. Si cela était exigé, il ne serait jamais permis de consommer les bêtes qu’ils abattent : les prescriptions de leur Loi en la matière sont abrogées, tandis que la conviction conforme à notre Loi ne saurait être valablement retenue de leur part. Il s’agit seulement d’une disposition qu’Allah, le Très-Haut, leur a spécialement accordée. Les bêtes qu’ils abattent nous sont donc permises sans restriction — et Allah sait mieux. Autrement, la disposition du verset qui en autorise la consommation serait entièrement privée d’effet. Médite cela, car c’est manifeste. Et Allah sait mieux.

Quant aux mazdéens, la majorité considère que les bêtes qu’ils abattent ne sont pas licites, car ils sont polythéistes. Certains en autorisent toutefois la consommation en s’appuyant sur la portée générale de cette parole du Prophète — sur lui la prière et la paix :

« Appliquez-leur le même traitement qu’aux gens du Livre. »

Quant aux sabéens, la divergence à leur sujet tient au désaccord sur leur appartenance ou non aux gens du Livre.

Concernant la femme et l’enfant, la majorité considère que les bêtes qu’ils abattent sont licites, sans que leur consommation soit réprouvée. C’est la position de Mālik. Abū al-Mus‘ab la juge toutefois réprouvée.

Cette divergence tient aux capacités limitées de la femme et de l’enfant. Si la majorité n’a pas divergé au sujet de la femme, c’est en raison du hadith de Mu‘ādh ibn Sa‘īd :

« Une servante de Ka‘b ibn Mālik gardait un troupeau à Sal‘ lorsqu’une brebis fut blessée. Elle la rejoignit à temps et l’égorgea avec une pierre. Interrogé à ce sujet, le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre de bénédictions et lui accorde la paix — répondit : “Il n’y a aucun mal à cela ; mangez-en.” »

C’est un hadith authentique.

Quant à la personne atteinte de folie et à la personne ivre, Mālik n’autorise pas la consommation des bêtes qu’elles abattent, tandis qu’al-Shāfi‘ī l’autorise.

Cette divergence tient à l’exigence de l’intention dans l’abattage rituel. Ceux qui en font une condition interdisent la consommation de ces bêtes, car une intention valide ne peut émaner ni d’une personne atteinte de folie ni d’une personne ivre, surtout lorsque l’ivresse lui fait perdre tout discernement.

Quant à la validité de l’abattage pratiqué par un voleur ou un usurpateur, la majorité l’admet. Certains la rejettent toutefois et considèrent la bête ainsi abattue comme morte sans abattage rituel valable. C’est l’avis de Dāwūd et d’Ishāq ibn Rāhawayh.

أَسْبَابِ الْخِلَافِ سِوَى مُعَارَضَةِ الْعُمُومِ لِاشْتِرَاطِ اعْتِقَادِ تَحْلِيلِ الذَّبِيحَةِ بِالذَّكَاةِ، وَهُوَ هَلْ تَتَبَعَّضُ التَّذْكِيَةُ أَوْ لَا تَتَبَعَّضُ؟ . فَمَنْ قَالَ: تَتَبَعَّضُ قَالَ: لَا تُؤْكَلُ الشُّحُومُ، وَمَنْ قَالَ لَا تَتَبَعَّضُ قَالَ: يُؤْكَلُ الشَّحْمُ. وَيَدُلُّ عَلَى تَحْلِيلِ شُحُومِ ذَبَائِحِهِمْ حَدِيثُ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مُغَفَّلٍ «إِذْ أَصَابَ جِرَابَ الشَّحْمِ يَوْمَ خَيْبَرَ» ، وَقَدْ تَقَدَّمَ فِي كِتَابِ الْجِهَادِ. ; وَمَنْ فَرَّقَ بَيْنَ مَا حُرِّمَ عَلَيْهِمْ مِنْ ذَلِكَ فِي أَصْلِ شَرْعِهِمْ وَبَيْنَ مَا حَرَّمُوا عَلَى أَنْفُسِهِمْ قَالَ: مَا حُرِّمَ عَلَيْهِمْ هُوَ أَمْرٌ حَقٌّ، فَلَا تَعْمَلُ فِيهِ الذَّكَاةُ، وَمَا حَرَّمُوا عَلَى أَنْفُسِهِمْ هُوَ أَمْرٌ بَاطِلٌ، فَتَعْمَلُ فِيهِ التَّذْكِيَةُ. قَالَ الْقَاضِي: وَالْحَقُّ أَنَّ مَا حُرِّمَ عَلَيْهِمْ أَوْ حَرَّمُوا عَلَى أَنْفُسِهِمْ هُوَ فِي وَقْتِ شَرِيعَةِ الْإِسْلَامِ أَمْرٌ بَاطِلٌ، إِذْ كَانَتْ نَاسِخَةً لِجَمِيعِ الشَّرَائِعِ، فَيَجِبُ أَنْ لَا يُرَاعَى اعْتِقَادُهُمْ فِي ذَلِكَ. وَلَا يُشْتَرَطُ أَيْضًا أَنْ يَكُونَ اعْتِقَادُهمْ فِي تَحْلِيلِ الذَّبَائِحِ اعْتِقَادَ الْمُسْلِمِينَ، وَلَا اعْتِقَادَ شَرِيعَتِهِمْ، لِأَنَّهُ لَوِ اشْتُرِطَ ذَلِكَ لِمَا جَازَ أَكْلُ ذَبَائِحِهِمْ بِوَجْهٍ مِنَ الْوُجُوهِ، لِكَوْنِ اعْتِقَادِ شَرِيعَتِهِمْ فِي ذَلِكَ مَنْسُوخًا، وَاعْتِقَادِ شَرِيعَتِنَا لَا يَصِحُّ مِنْهُمْ، وَإِنَّمَا هَذَا حُكْمٌ خَصَّهُمُ اللَّهُ تَعَالَى بِهِ، فَذَبَائِحُهُمْ وَاللَّهُ أَعْلَمُ جَائِزَةٌ لَنَا عَلَى الْإِطْلَاقِ، وَإِلَّا ارْتَفَعَ حُكْمُ آيَةِ التَّحْلِيلِ جُمْلَةً. فَتَأَمَّلْ هَذَا فَإِنَّهُ بَيِّنٌ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. وَأَمَّا الْمَجُوسُ: فَإِنَّ الْجُمْهُورَ عَلَى أَنَّهُ لَا تَجُوزُ ذَبَائِحُهُمْ لِأَنَّهُمْ مُشْرِكُونَ، وَتَمَسَّكَ قَوْمٌ فِي إِجَازَتِهَا بِعُمُومِ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «سُنُّوا بِهِمْ سُنَّةَ أَهْلِ الْكِتَابِ» . وَأَمَّا الصَّابِئُونَ: فَالِاخْتِلَافُ فِيهِمْ مِنْ قِبَلِ اخْتِلَافِهِمْ فِي: هَلْ هُمْ مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ أَمْ لَيْسُوا مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ؟ وَأَمَّا الْمَرْأَةُ وَالصَّبِيُّ: فَإِنَّ الْجُمْهُورَ عَلَى أَنَّ ذَبَائِحَهُمْ جَائِزَةٌ غَيْرُ مَكْرُوهَةٍ، وَهُوَ مَذْهَبُ مَالِكٍ، وَكَرِهَ ذَلِكَ أَبُو الْمُصْعَبِ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ: نُقْصَانُ الْمَرْأَةِ وَالصَّبِيِّ، وَإِنَّمَا لَمْ يَخْتَلِفِ الْجُمْهُورُ فِي الْمَرْأَةِ لِحَدِيثِ مُعَاذِ بْنِ سَعِيدٍ: «أَنَّ جَارِيَةً لِكَعْبِ بْنِ مَالِكٍ كَانَتْ تَرْعَى بِسَلْعٍ فَأُصِيبَتْ شَاةٌ، فَأَدْرَكَتْهَا فَذَبَحَتْهَا بِحَجَرٍ، فَسُئِلَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - عَنْ ذَلِكَ فَقَالَ: لَا بَأْسَ بِهَا فَكُلُوهَا» . وَهُوَ حَدِيثٌ صَحِيحٌ. وَأَمَّا الْمَجْنُونُ وَالسَّكْرَانُ: فَإِنَّ مَالِكًا لَمْ يُجِزْ ذَبِيحَتَهُمَا، وَأَجَازَ ذَلِكَ الشَّافِعِيُّ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ: اشْتِرَاطُ النِّيَّةِ فِي الذَّكَاةِ، فَمَنِ اشْتَرَطَ النِّيَّةَ مَنَعَ ذَلِكَ، إِذْ لَا يَصِحُّ مِنَ الْمَجْنُونِ وَلَا مِنَ السَّكْرَانِ وَبِخَاصَّةٍ الْمُلْتَخُّ. وَأَمَّا جَوَازُ تَذْكِيَةِ السَّارِقِ وَالْغَاصِبِ: فَإِنَّ الْجُمْهُورَ عَلَى جَوَازِ ذَلِكَ. وَمِنْهُمْ مَنْ مَنَعَ ذَلِكَ وَرَأَى أَنَّهَا مَيْتَةٌ، وَبِهِ قَالَ دَاوُدُ وَإِسْحَاقُ ابْنُ رَاهَوَيِهِ.

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