Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

donner la préférence à l’un d’eux, ils ont estimé nécessaire de revenir à ce qui fait l’objet d’un accord, à savoir l’obligation du bain rituel en cas d’émission de sperme. La majorité a également donné la préférence au hadith d’Abū Hurayra en s’appuyant sur le raisonnement par analogie. Ils ont dit : puisqu’il y a consensus sur le fait que la pénétration, lorsque les deux parties circoncises se dépassent, entraîne l’application de la peine légale, elle doit également rendre le bain rituel obligatoire. Ils ont rapporté que cette analogie provenait des quatre califes. La majorité a aussi conforté cet avis par le hadith de ‘Ā’isha, puisqu’elle rapporte cette règle du Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix. Ce hadith est rapporté par Muslim.

Deuxième question

Les savants ont divergé sur la condition requise pour que l’émission de sperme rende le bain rituel obligatoire.

Mālik a considéré que le plaisir devait être pris en compte. Al-Shāfi‘ī a estimé que la seule émission de sperme rend le bain rituel obligatoire, qu’elle s’accompagne ou non de plaisir.

Deux raisons expliquent leur divergence.

La première est de savoir si la qualification de personne en état d’impureté majeure s’applique ou non à celui qui a émis du sperme dans des conditions inhabituelles. Ceux qui considèrent qu’elle ne s’applique qu’à celui dont l’émission s’est produite de la manière habituelle n’imposent pas le bain rituel lorsque le sperme sort sans plaisir. Ceux qui considèrent qu’elle s’applique quelle que soit la manière dont le sperme est émis imposent le bain rituel, même lorsque l’émission ne s’accompagne pas de plaisir.

La seconde raison est l’analogie entre l’émission de sperme sans plaisir et les saignements irréguliers.

Quant à leur divergence sur la question de savoir si les saignements irréguliers rendent ou non le bain rituel obligatoire, nous l’exposerons dans le chapitre consacré aux menstrues, bien qu’elle relève du présent chapitre.

Au sein de l’école, un cas particulier se rattache à cette question : lorsque le sperme se déplace avec plaisir depuis l’origine de ses voies d’écoulement, puis sort plus tard sans plaisir — par exemple chez celui qui a eu un rapport sexuel, après qu’il a pris son bain rituel —, certains ont dit qu’il devait renouveler ce bain, tandis que d’autres ont dit qu’il n’avait pas à le renouveler. En effet, dans ce cas, le déplacement du sperme s’est accompagné de plaisir à une étape, mais pas à une autre. Ceux qui ont donné la prépondérance à la phase accompagnée de plaisir ont déclaré le bain rituel obligatoire ; ceux qui ont donné la prépondérance à la phase sans plaisir ont déclaré qu’il ne l’était pas.

[Chapitre troisième : Des règles relatives à ces deux états d’impureté : l’impureté majeure d’origine sexuelle et les menstrues]

Chapitre troisième

Des règles relatives à ces deux états d’impureté, à savoir l’impureté majeure d’origine sexuelle et les menstrues

Les règles relatives à l’impureté majeure d’origine sexuelle soulèvent trois questions.

Première question

Les savants ont émis trois avis concernant l’entrée à la mosquée d’une personne en état d’impureté majeure d’origine sexuelle. Certains l’ont interdite sans exception : c’est l’avis de Mālik et de ses disciples. D’autres l’ont interdite, sauf à celui qui ne fait que traverser la mosquée sans y demeurer ; al-Shāfi‘ī est de cet avis. D’autres encore l’ont autorisée à tous ; c’est notamment l’avis de Dāwūd et de ses disciples, à ce qu’il me semble.

La divergence entre al-Shāfi‘ī et les littéralistes tient aux différentes interprétations possibles de cette parole d’Allah — béni et exalté soit-Il :

« Ô vous qui croyez ! N’approchez pas de la prière alors que vous êtes ivres. »

[al-Nisā’ : 43]

التَّرْجِيحُ فَوَجَبَ الرُّجُوعُ عِنْدَهُ إِلَى مَا عَلَيْهِ الِاتِّفَاقُ، وَهُوَ وُجُوبُ الْمَاءِ مِنَ الْمَاءِ، وَقَدْ رَجَّحَ الْجُمْهُورُ حَدِيثَ أَبِي هُرَيْرَةَ مِنْ جِهَةِ الْقِيَاسِ، قَالُوا: وَذَلِكَ أَنَّهُ لَمَّا وَقَعَ الْإِجْمَاعُ عَلَى أَنَّ مُجَاوَزَةَ الْخِتَانَيْنِ تُوجِبُ الْحَدَّ وَجَبَ أَنْ يَكُونَ هُوَ الْمُوجِبَ لِلْغُسْلِ، وَحَكَوا أَنَّ الْقِيَاسَ مَأْخُوذٌ عَنِ الْخُلَفَاءِ الْأَرْبَعَةِ، وَرَجَّحَ الْجُمْهُورُ ذَلِكَ أَيْضًا مِنْ حَدِيثِ عَائِشَةَ لِإِخْبَارِهَا ذَلِكَ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ، - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -. خَرَّجَهُ مُسْلِمٌ. الْمَسْأَلَةُ الثَّانِيَةُ: اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي الصِّفَةِ الْمُعْتَبَرَةِ فِي كَوْنِ خُرُوجِ الْمَنِيِّ مُوجِبًا لِلطُّهْرِ. فَذَهَبَ مَالِكٌ إِلَى اعْتِبَارِ اللَّذَّةِ فِي ذَلِكَ. وَذَهَبَ الشَّافِعِيُّ إِلَى أَنَّ نَفْسَ خُرُوجِهِ هُوَ الْمُوجِبُ لِلطُّهْرِ سَوَاءٌ أَخْرَجَ بِلَذَّةٍ أَوْ بِغَيْرِ لَذَّةٍ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ فِي ذَلِكَ هُوَ شَيْئَانِ: أَحَدُهُمَا هَلِ اسْمُ الْجُنُبِ يَنْطَلِقُ عَلَى الَّذِي أَجْنَبَ عَلَى الْجِهَةِ غَيْرِ الْمُعْتَادَةِ أَمْ لَيْسَ يَنْطَلِقُ عَلَيْهِ؟ فَمَنْ رَأَى أَنَّهُ إِنَّمَا يَنْطَلِقُ عَلَى الَّذِي أَجْنَبَ عَلَى طَرِيقِ الْعَادَةِ، لَمْ يُوجِبِ الطُّهْرَ فِي خُرُوجِهِ مِنْ غَيْرِ لَذَّةٍ، وَمَنْ رَأَى أَنَّهُ يَنْطَلِقُ عَلَى خُرُوجِ الْمَنِيِّ كَيْفَمَا خَرَجَ أَوْجَبَ مِنْهُ الطُّهْرَ وَإِنْ لَمْ يَخْرُجْ مَعَ لَذَّةٍ. وَالسَّبَبُ الثَّانِي: تَشْبِيهُ خُرُوجِهِ بِغَيْرِ لَذَّةٍ بِدَمِ الِاسْتِحَاضَةِ. واخْتِلَافُهُمْ فِي خُرُوجِ الدَّمِ عَلَى جِهَةِ الِاسْتِحَاضَةِ هَلْ يُوجِبُ طُهْرًا، أَمْ لَيْسَ يُوجِبُهُ؟ فَسَنَذْكُرُهُ فِي بَابِ الْحَيْضِ وَإِنْ كَانَ مِنْ هَذَا الْبَابِ. وَفِي الْمَذْهَبِ فِي هَذَا الْبَابِ فَرْعٌ، وَهُوَ إِذَا انْتَقَلَ مِنْ أَصْلِ مَجَارِيهِ بِلَذَّةٍ، ثُمَّ خَرَجَ فِي وَقْتٍ آخَرَ بِغَيْرِ لَذَّةٍ مِثْلَ أَنْ يَخْرُجَ مِنَ الْمُجَامِعِ بَعْدَ أَنْ يَتَطَهَّرَ، فَقِيلَ يُعِيدُ الطُّهْرَ، وَقِيلَ لَا يُعِيدُهُ، وَذَلِكَ أَنَّ هَذَا النَّوْعَ مِنَ الْخُرُوجِ صَحِبَتْهُ اللَّذَّةُ فِي بَعْضِ نَقْلَتِهِ، وَلَمْ تَصْحَبْهُ فِي بَعْضٍ، فَمَنْ غَلَّبَ حَالَ اللَّذَّةِ قَالَ: يَجِبُ الطُّهْرُ، وَمَنْ غَلَّبَ حَالَ عَدَمِ اللَّذَّةِ قَالَ: لَا يَجِبُ عَلَيْهِ الطُّهْرُ. [الْبَابُ الثَّالِثُ فِي أَحْكَامِ هَذَيْنِ الْحَدَثَيْنِ الْجَنَابَةَ وَالْحَيْضَ] الْبَابُ الثَّالِثُ: فِي أَحْكَامِ هَذَيْنِ الْحَدَثَيْنِ أَعْنِي الْجَنَابَةَ وَالْحَيْضَ أَمَّا أَحْكَامُ الْحَدَثِ الَّذِي هُوَ الْجَنَابَةُ، فَفِيهِ ثَلَاثُ مَسَائِلَ: الْمَسْأَلَةُ الأُولَى: اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي دُخُولِ الْمَسْجِدِ لِلْجُنُبِ عَلَى ثَلَاثَةِ أَقْوَالٍ: فَقَوْمٌ مَنَعُوا ذَلِكَ بِإِطْلَاقٍ، وَهُوَ مَذْهَبُ مَالِكٍ وَأَصْحَابِهِ ; وَقَوْمٌ مَنَعُوا ذَلِكَ إِلَّا لِعَابِرٍ فِيهِ لَا مُقِيمٍ، وَمِنْهُمُ الشَّافِعِيُّ ; وَقَوْمٌ أَبَاحُوا ذَلِكَ لِلْجَمِيعِ، وَمِنْهُمْ دَاوُدُ وَأَصْحَابُهُ فِيمَا أَحْسَبُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِ الشَّافِعِيِّ وَأَهْلِ الظَّاهِرِ: هُوَ تَرَدُّدُ قَوْلِهِ - تَبَارَكَ وَتَعَالَى -: {يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا لا تَقْرَبُوا الصَّلاةَ وَأَنْتُمْ سُكَارَى} [النساء: ٤٣]

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