Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

et d’Abū Hurayra.

Leur divergence tient à l’opposition entre le sens apparent du Coran sur ce point et la tradition rapportée.

Pour le Coran, il s’agit de cette parole du Très-Haut :

« Ne mangez pas de ce sur quoi le nom d’Allah n’a pas été prononcé : ce serait assurément une perversité. » [Les Bestiaux : 121]

Quant à la sunna qui s’oppose à ce verset, il s’agit du récit rapporté par Mālik, d’après Hishām, d’après son père, qui a dit :

« On interrogea le Messager d’Allah — sur lui la prière et le salut — en ces termes : “Ô Messager d’Allah, des gens de la campagne nous apportent de la viande, et nous ne savons pas s’ils ont prononcé dessus le nom d’Allah ou non.” Le Messager d’Allah — sur lui la prière et le salut — répondit : “Prononcez dessus le nom d’Allah, puis mangez-en.” »

Mālik a considéré que le verset abrogeait ce hadith, estimant que celui-ci remontait aux premiers temps de l’islam. Al-Shāfi‘ī n’a pas retenu cette interprétation : le sens apparent du hadith indique que cet épisode eut lieu à Médine, tandis que le verset relatif à la prononciation du nom d’Allah est mecquois. Pour cette raison, al-Shāfi‘ī a choisi de concilier les textes en comprenant l’ordre de prononcer le nom d’Allah comme une recommandation.

Quant à ceux qui ne rendent cette prononciation obligatoire que lorsqu’on s’en souvient, ils se fondent sur cette parole du Prophète — sur lui la prière et le salut :

« Ma communauté est excusée pour l’erreur, l’oubli et les actes commis sous la contrainte. »

Deuxième question

Concernant l’orientation de l’animal vers la qibla lors de l’abattage, certains l’ont jugée recommandée, d’autres permise, d’autres obligatoire ; d’autres encore ont jugé réprouvé de ne pas orienter l’animal vers la qibla. La réprobation et l’interdiction sont toutes deux des avis présents dans l’école.

Les textes ne se prononcent pas sur cette question. Le principe est donc la permission, à moins qu’une preuve n’établisse que cette orientation constitue une condition. Or, rien dans la Loi révélée ne peut servir de cas de référence pour raisonner ici par analogie, à moins de recourir à une analogie sans fondement textuel particulier — telle que l’admettent ceux qui l’autorisent — ou à une analogie reposant sur une ressemblance lointaine. Le raisonnement serait le suivant : la qibla est une direction vénérée, et l’abattage est un acte d’adoration ; il faudrait donc que cette orientation en soit une condition.

Mais ce raisonnement est faible, car l’orientation n’est pas une condition de tout acte d’adoration, en dehors de la prière. L’analogie entre l’abattage et la prière est lointaine, tout comme celle qui le rapproche de l’orientation du défunt vers la qibla.

Troisième question

Concernant l’intention comme condition de l’abattage, un avis au sein de l’école affirme son caractère obligatoire. À présent, je n’ai souvenir d’aucune divergence sur ce point en dehors de l’école. Il semble toutefois que deux avis puissent être soutenus : l’un affirmant son caractère obligatoire, l’autre ne le retenant pas.

Ceux qui la rendent obligatoire disent : « L’abattage est un acte d’adoration, puisque des modalités et un nombre déterminés y sont requis ; l’intention doit donc en être une condition. »

Ceux qui ne la rendent pas obligatoire disent : « C’est un acte dont la finalité est intelligible : il entraîne la mort de l’animal, qui est le but recherché. L’intention ne doit donc pas en être une condition, de même que laver une impureté en élimine la substance. »

وَأَبِي هُرَيْرَةَ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ مُعَارَضَةُ ظَاهِرِ الْكِتَابِ فِي ذَلِكَ لِلْأَثَرِ. فَأَمَّا الْكِتَابُ: فَقَوْلُهُ تَعَالَى: {وَلا تَأْكُلُوا مِمَّا لَمْ يُذْكَرِ اسْمُ اللَّهِ عَلَيْهِ وَإِنَّهُ لَفِسْقٌ} [الأنعام: ١٢١] . وَأَمَّا السُّنَّةُ الْمُعَارِضَةُ لِهَذِهِ الْآيَةِ فَمَا رَوَاهُ مَالِكٌ عَنْ هِشَامٍ عَنْ أَبِيهِ أَنَّهُ قَالَ: «سُئِلَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فَقِيلَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ إِنَّ نَاسًا مِنَ الْبَادِيَةِ يَأْتُونَنَا بِلُحْمَانٍ وَلَا نَدْرِي أَسَمَّوُا اللَّهَ عَلَيْهَا أَمْ لَا؟ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: سَمُّوا اللَّهَ عَلَيْهَا ثُمَّ كُلُوهَا» . فَذَهَبَ مَالِكٌ إِلَى أَنَّ الْآيَةَ نَاسِخَةٌ لِهَذَا الْحَدِيثِ، وَتَأَوَّلَ أَنَّ هَذَا الْحَدِيثَ كَانَ فِي أَوَّلِ الْإِسْلَامِ، وَلَمْ يَرَ ذَلِكَ الشَّافِعِيُّ، لِأَنَّ هَذَا الْحَدِيثَ ظَاهِرُهُ أَنَّهُ كَانَ بِالْمَدِينَةِ، وَآيَةُ التَّسْمِيَةِ مَكِّيَّةٌ، فَذَهَبَ الشَّافِعِيُّ لِمَكَانِ هَذَا مَذْهَبَ الْجَمْعِ بِأَنْ حَمَلَ الْأَمْرَ بِالتَّسْمِيَةِ عَلَى النَّدْبِ. وَأَمَّا مَنِ اشْتَرَطَ الذِّكْرَ فِي الْوُجُوبِ فَمَصِيرًا إِلَى قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «رُفِعَ عَنْ أُمَّتِي الْخَطَأُ وَالنِّسْيَانُ وَمَا اسْتُكْرِهُوا عَلَيْهِ» . الْمَسْأَلَةُ الثَّانِيَةُ: وَأَمَّا اسْتِقْبَالُ الْقِبْلَةِ بِالذَّبِيحَةِ، فَإِنَّ قَوْمًا اسْتَحَبُّوا ذَلِكَ، وَقَوْمًا أَجَازُوا ذَلِكَ، وَقَوْمًا أَوْجَبُوهُ، وَقَوْمًا كَرِهُوا أَنْ لَا يُسْتَقْبَلَ بِهَا الْقِبْلَةُ. وَالْكَرَاهِيَةُ وَالْمَنْعُ مَوْجُودَانِ فِي الْمَذْهَبِ، وَهِيَ مَسْأَلَةٌ مَسْكُوتٌ عَنْهَا، وَالْأَصْلُ فِيهَا الْإِبَاحَةُ إِلَّا أَنْ يَدُلَّ الدَّلِيلُ عَلَى اشْتِرَاطِ ذَلِكَ، وَلَيْسَ فِي الشَّرْعِ شَيْءٌ يَصْلُحُ أَنْ يَكُونَ أَصْلًا تُقَاسُ عَلَيْهِ هَذِهِ الْمَسْأَلَةُ، إِلَّا أَنْ يُسْتَعْمَلَ فِيهَا قِيَاسٌ مُرْسَلٌ، وَهُوَ الْقِيَاسُ الَّذِي لَا يَسْتَنِدُ إِلَى أَصْلٍ مَخْصُوصٍ عِنْدَ مَنْ أَجَازَهُ، أَوْ قِيَاسُ شَبَهٍ بَعِيدٍ، وَذَلِكَ أَنَّ الْقِبْلَةَ هِيَ جِهَةٌ مُعَظَّمَةٌ، وَهَذِهِ عِبَادَةٌ، فَوَجَبَ أَنْ يُشْتَرَطَ فِيهَا الْجِهَةُ، لَكِنَّ هَذَا ضَعِيفٌ، لِأَنَّهُ لَيْسَ كُلُّ عِبَادَةٍ تُشْتَرَطُ فِيهَا الْجِهَةُ مَا عَدَا الصَّلَاةَ، وَقِيَاسُ الذَّبْحِ عَلَى الصَّلَاةِ بَعِيدٌ، وَكَذَلِكَ قِيَاسُهُ عَلَى اسْتِقْبَالِ الْقِبْلَةِ بِالْمَيِّتِ. الْمَسْأَلَةُ الثَّالِثَةُ: وَأَمَّا اشْتِرَاطُ النِّيَّةِ فِيهَا: فَقِيلَ فِي الْمَذْهَبِ بِوُجُوبِ ذَلِكَ، وَلَا أَذْكُرُ فِيهَا خَارِجَ الْمَذْهَبِ فِي هَذَا الْوَقْتِ خِلَافًا فِي ذَلِكَ، وَيُشْبِهُ أَنْ يَكُونَ فِي ذَلِكَ قَوْلَانِ: قَوْلٌ بِالْوُجُوبِ، وَقَوْلٌ بِتَرْكِ الْوُجُوبِ. فَمَنْ أَوْجَبَ قَالَ: عِبَادَةٌ، لِاشْتِرَاطِ الصِّفَةِ فِيهَا وَالْعَدَدِ، فَوَجَبَ أَنْ يَكُونَ مِنْ شَرْطِهَا النِّيَّةُ. وَمَنْ لَمْ يُوجِبْهَا قَالَ: فِعْلٌ مَعْقُولٌ، يَحْصُلُ عَنْهُ فَوَاتُ النَّفْسِ الَّذِي هُوَ الْمَقْصُودُ مِنْهُ، فَوَجَبَ أَنْ لَا تُشْتَرَطَ فِيهَا النِّيَّةُ كَمَا يَحْصُلُ مِنْ غَسْلِ النَّجَاسَةِ إِزَالَةِ عَيْنِهَا.

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