Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

rien de moins ne suffit. Selon d’autres propos rapportés de lui, il faut sectionner les quatre organes ; selon d’autres encore, seules les deux jugulaires doivent l’être.

Il n’existe aucune divergence au sein de l’école sur la nécessité de sectionner entièrement les deux jugulaires. En revanche, pour ceux qui considèrent obligatoire de sectionner la trachée, les avis divergent sur l’étendue de cette section : certains exigent qu’elle soit complète, tandis que d’autres se contentent de sa majeure partie.

Abū Hanīfa dit : « L’abattage rituel exige de sectionner trois des quatre organes, sans imposer lesquels : soit la trachée et les deux jugulaires, soit l’œsophage, la trachée et l’une des deux jugulaires, soit l’œsophage et les deux jugulaires. »

Al-Shāfi‘ī dit : « Seule la section de l’œsophage et de la trachée est obligatoire. »

Muhammad ibn al-Hasan dit : « Il faut sectionner la majeure partie de chacun des quatre organes. »

Leur divergence vient de ce qu’aucune condition précise n’a été transmise à ce sujet. Seuls deux récits nous sont parvenus : l’un exige simplement de faire couler le sang, tandis que l’autre exige de sectionner les jugulaires en faisant couler le sang.

Dans le hadith de Rāfi‘ ibn Khadīj, le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — dit :

« Mangez de l’animal abattu avec ce qui fait couler le sang, dès lors que le nom d’Allah a été prononcé sur lui. »

L’authenticité de ce hadith fait l’objet d’un accord.

On rapporte également d’après Abū Umāma que le Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — a dit :

« Mangez de ce qui a été abattu en tranchant les jugulaires, pourvu que ce ne soit ni par écrasement avec une dent ni par perforation avec un ongle. »

Le sens apparent du premier hadith exige seulement que les jugulaires soient partiellement sectionnées, puisque cela suffit à faire couler le sang. Le second exige de les sectionner toutes. Les deux hadiths s’accordent donc — et Allah sait mieux — sur la section des jugulaires : soit l’une d’elles, soit une partie de chacune, soit une partie d’une seule. Pour concilier les deux hadiths, il faut donc comprendre que l’article défini employé dans ces paroles du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — : « ce qui tranche les jugulaires », désigne une partie et non la totalité, car l’article défini peut avoir cette valeur en langue arabe.

Quant à celui qui exige de sectionner la trachée et l’œsophage, il ne dispose d’aucune preuve tirée des textes transmis. Cela vaut à plus forte raison pour celui qui exige de sectionner l’œsophage et la trachée, mais non les deux jugulaires. C’est pourquoi certains ont considéré obligatoire de procéder à la section unanimement reconnue comme valable. En effet, puisque l’abattage rituel conditionne la licéité de la consommation et qu’aucun texte ne précise quelle section suffit, il faudrait s’en tenir à celle dont la validité fait l’objet d’un consensus, à moins qu’une preuve ne permette d’en excepter certains éléments. Cet argument est toutefois faible : le fait qu’une manière de procéder soit unanimement reconnue comme suffisante n’implique pas qu’elle constitue une condition de validité.

Troisième question : l’emplacement de l’incision

Si l’on ne tranche pas le renflement de la gorge en son milieu et qu’il reste du côté du corps, les avis divergent au sein de l’école. Mālik et Ibn al-Qāsim disent que l’animal ne peut être consommé, tandis qu’Ashhab, Ibn ‘Abd al-Hakam et Ibn Wahb en permettent la consommation.

Cette divergence tient à la question suivante : la section de la trachée est-elle une condition de l’abattage rituel ou non ? Ceux qui en font une condition estiment que le renflement de la gorge doit nécessairement être sectionné, car une incision pratiquée au-dessus de lui laisse la trachée intacte. Ceux qui n’en font pas une condition considèrent qu’une incision pratiquée au-dessus de ce renflement est permise.

لَا يُجْزِئُ أَقَلُّ مِنْ ذَلِكَ: وَقِيلَ عَنْهُ: بَلِ الْأَرْبَعَةُ. وَقِيلَ بَلِ الْوَدَجَانِ فَقَطْ. وَلَمْ يَخْتَلِفِ الْمَذْهَبُ فِي أَنَّ الشَّرْطَ فِي قَطْعِ الْوَدَجَيْنِ هُوَ اسْتِيفَاؤُهُمَا. وَاخْتُلِفَ فِي قَطْعِ الْحُلْقُومِ عَلَى الْقَوْلِ بِوُجُوبِهِ، فَقِيلَ: كُلُّهُ، وَقِيلَ: أَكْثَرُهُ. وَأَمَّا أَبُو حَنِيفَةَ، فَقَالَ: الْوَاجِبُ فِي التَّذْكِيَةِ هُوَ قَطْعُ ثَلَاثَةٍ غَيْرِ مُعَيَّنَةٍ مِنَ الْأَرْبَعَةِ: إِمَّا الْحُلْقُومُ وَالْوَدَجَانِ، وَإِمَّا الْمَرِيءُ وَالْحُلْقُومُ وَأَحَدُ الْوَدَجَيْنِ، أَوِ الْمَرِيءُ وَالْوَدَجَانِ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: الْوَاجِبُ قَطْعُ الْمَرِيءِ وَالْحُلْقُومِ فَقَطْ. وَقَالَ مُحَمَّدُ بْنُ الْحَسَنِ: الْوَاجِبُ قَطْعُ أَكْثَرِ كُلِّ وَاحِدٍ مِنَ الْأَرْبَعَةِ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ أَنَّهُ لَمْ يَأْتِ فِي ذَلِكَ شَرْطٌ مَنْقُولٌ، وَإِنَّمَا جَاءَ فِي ذَلِكَ أَثَرَانِ: أَحَدُهُمَا: يَقْتَضِي إِنْهَارَ الدَّمِ فَقَطْ، وَالْآخَرُ يَقْتَضِي قَطْعَ الْأَوْدَاجِ مَعَ إِنْهَارِ الدَّمِ. فَفِي حَدِيثِ رَافِعِ بْنِ خَدِيجٍ أَنَّهُ قَالَ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «مَا أَنْهَرَ الدَّمَ وَذُكِرَ اسْمُ اللَّهِ عَلَيْهِ فَكُلْ» . وَهُوَ حَدِيثٌ مُتَّفَقٌ عَلَى صِحَّتِهِ. وَرُوِيَ عَنْ أَبِي أُمَامَةَ عَنِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَنَّهُ قَالَ: «مَا فَرَى الْأَوْدَاجَ فَكُلُوا، مَا لَمْ يَكُنْ رَضَّ نَابٍ أَوْ نَخْرَ ظُفْرٍ» . فَظَاهِرُ الْحَدِيثِ الْأَوَّلِ يَقْتَضِي قَطْعَ بَعْضِ الْأَوْدَاجِ، فَقَطْ، لِأَنَّ إِنْهَارَ الدَّمِ يَكُونُ بِذَلِكَ، وَفِي الثَّانِي قَطْعُ جَمِيعِ الْأَوْدَاجِ، فَالْحَدِيثَانِ وَاللَّهُ أَعْلَمُ مُتَّفِقَانِ عَلَى قَطْعِ الْوَدَجَيْنِ: إِمَّا أَحَدُهُمَا، أَوِ الْبَعْضُ مِنْ كِلَيْهِمَا، أَوْ مِنْ وَاحِدٍ مِنْهُمَا، وَلِذَلِكَ وَجْهُ الْجَمْعِ بَيْنَ الْحَدِيثَيْنِ أَنْ يُفْهَمَ مِنْ لَامِ التَّعْرِيفِ فِي قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «مَا فَرَى الْأَوْدَاجَ» الْبَعْضُ لَا الْكُلُّ، إِذْ كَانَتْ لَامُ التَّعْرِيفِ فِي كَلَامِ الْعَرَبِ قَدْ تَدُلُّ عَلَى الْبَعْضِ. وَأَمَّا مَنِ اشْتَرَطَ قَطْعَ الْحُلْقُومِ وَالْمَرِّيءِ فَلَيْسَ لَهُ حُجَّةٌ مِنَ السَّمَاعِ وَأَكْثَرُ مِنْ ذَلِكَ مِنَ اشْتَرَطَ الْمَرِّيءَ وَالْحُلْقُومَ دُونَ الْوَدَجَيْنِ، وَلِهَذَا ذَهَبَ قَوْمٌ إِلَى أَنَّ الْوَاجِبَ هُوَ قَطْعُ مَا وَقَعَ الْإِجْمَاعُ عَلَى جَوَازِهِ، لِأَنَّ الذَّكَاةَ لَمَّا كَانَتْ شَرْطًا فِي التَّحْلِيلِ ; وَلَمْ يَكُنْ فِي ذَلِكَ نَصٌّ فِيمَا يُجْزِي وَجَبَ أَنْ يَكُونَ الْوَاجِبُ فِي ذَلِكَ مَا وَقَعَ الْإِجْمَاعُ عَلَى جَوَازِهِ، إِلَّا أَنْ يَقُومَ الدَّلِيلُ عَلَى جَوَازِ الِاسْتِثْنَاءِ مِنْ ذَلِكَ، وَهُوَ ضَعِيفٌ، لِأَنَّ مَا وَقَعَ الْإِجْمَاعُ عَلَى إِجْزَائِهِ لَيْسَ يَلْزَمُ أَنْ يَكُونَ شَرْطًا فِي الصِّحَّةِ. وأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الثَّالِثَةُ: فِي مَوْضِعِ الْقَطْعِ) : وَهِيَ إِنْ لَمْ يَقْطَعِ الْجَوْزَةَ فِي نِصْفِهَا وَخَرَجَتْ إِلَى جِهَةِ الْبَدَنِ فَاخْتُلِفَ فِيهِ فِي الْمَذْهَبِ، فَقَالَ مَالِكٌ وَابْنُ الْقَاسِمِ: لَا تُؤْكَلُ ; وَقَالَ أَشْهَبُ وَابْنُ عَبْدِ الْحَكَمِ وَابْنُ وَهْبٍ: تُؤْكَلُ. وَسَبَبُ الْخِلَافِ: هَلْ قَطْعُ الْحُلْقُومِ شَرْطٌ فِي الذَّكَاةِ أَوْ لَيْسَ بِشَرْطٍ؟ فَمَنْ قَالَ إِنَّهُ شَرْطٌ قَالَ: لَا بُدَّ أَنْ تُقْطَعَ الْجَوْزَةُ، لِأَنَّهُ إِذَا قَطَعَ فَوْقَ الْجَوْزَةِ فَقَدْ خَرَجَ الْحُلْقُومُ سَلِيمًا ; وَمَنْ قَالَ إِنَّهُ لَيْسَ بِشَرْطٍ قَالَ: إِنْ قَطَعَ فَوْقَ الْجَوْزَةِ جَازَ.

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