Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

l’opposition entre la portée générale du texte et le raisonnement analogique. En effet, la portée générale de ces paroles du Prophète — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — :

« L’abattage rituel de sa mère vaut pour le fœtus »

implique qu’aucune distinction ne soit faite à cet égard. En revanche, le fait que le fœtus puisse faire l’objet d’un abattage rituel implique d’exiger qu’il soit vivant, par analogie avec les animaux sur lesquels cet abattage produit son effet. Or, il n’est vivant que lorsque ses poils ont poussé et que sa formation est achevée.

Ce raisonnement analogique est renforcé par le fait que cette condition est rapportée d’Ibn ‘Umar et de plusieurs Compagnons.

Ma‘mar rapporte d’al-Zuhrī, d’après ‘Abd Allāh ibn Ka‘b ibn Mālik, que celui-ci a dit :

« Les Compagnons du Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — disaient : “Lorsque les poils du fœtus ont poussé, l’abattage rituel de sa mère vaut pour lui.” »

Ibn al-Mubārak rapporte d’après Ibn Abī Laylā que le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — a dit :

« L’abattage rituel de sa mère vaut pour le fœtus, que ses poils aient poussé ou non. »

Toutefois, ils jugent la mémoire d’Ibn Abī Laylā défaillante. Par ailleurs, le raisonnement analogique implique que l’abattage rituel de sa mère vaille pour lui, puisqu’il fait partie d’elle. S’il en est ainsi, il n’y a pas lieu d’exiger qu’il soit vivant. Il apparaît donc peu fondé de restreindre la portée générale du texte par le raisonnement analogique précédemment rapporté des disciples de Mālik.

Cinquième question

Les savants divergent au sujet du criquet. Mālik dit qu’on ne peut le manger sans mise à mort rituelle. Celle-ci consiste, selon lui, à le tuer, soit en lui coupant la tête, soit par un autre moyen.

La plupart des juristes considèrent qu’il est permis de le manger lorsqu’il est mort sans mise à mort rituelle. C’est également l’avis de Mutarrif. Pour Mālik, la mise à mort rituelle des animaux dépourvus de sang se pratique comme celle du criquet.

Leur divergence au sujet du criquet mort sans mise à mort rituelle tient à la question suivante : est-il compris ou non dans l’expression « la bête morte », dans cette parole du Très-Haut :

« Vous sont interdits la bête morte… » [La Table servie : 3]

Cette divergence a une autre cause : le criquet provient-il de l’éternuement d’un poisson, ou est-ce un animal terrestre ?

Sixième question

Ils divergent au sujet de l’animal qui se déplace aussi bien sur terre qu’en mer : doit-il ou non faire l’objet d’un abattage rituel ? Certains font prévaloir à son égard le statut des animaux terrestres, tandis que d’autres font prévaloir celui des animaux marins. D’autres encore prennent en considération celui des deux milieux dans lequel il vit et se déplace le plus souvent.

مُعَارَضَةُ الْعُمُومِ لِلْقِيَاسِ، وَذَلِكَ أَنَّ عُمُومَ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «ذَكَاةُ الْجَنِينِ ذَكَاةُ أُمِّهِ» يَقْتَضِي أَنْ لَا يَقَعَ هُنَالِكَ تَفْصِيلٌ، وَكَوْنُهُ مَحَلًّا لِلذَّكَاةِ يَقْتَضِي أَنْ يُشْتَرَطَ فِيهِ الْحَيَاةُ قِيَاسًا عَلَى الْأَشْيَاءِ الَّتِي تَعْمَلُ فِيهَا التَّذْكِيَةُ، وَالْحَيَاةُ لَا تُوجَدُ فِيهِ إِلَّا إِذَا نَبَتَ شَعْرُهُ وَتَمَّ خَلْقُهُ. وَيُعَضِّدُ هَذَا الْقِيَاسَ أَنَّ هَذَا الشَّرْطَ مَرْوِيٌّ عَنِ ابْنِ عُمَرَ، وَعَنْ جَمَاعَةٍ مِنَ الصَّحَابَةِ. وَرَوَى مَعْمَرٌ عَنِ الزُّهْرِيِّ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ كَعْبِ بْنِ مَالِكٍ قَالَ: «كَانَ أَصْحَابُ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - يَقُولُونَ: إِذَا أَشْعَرَ الْجَنِينُ فَذَكَاتُهُ ذَكَاةُ أُمِّهِ» . وَرَوَى ابْنُ الْمُبَارَكِ عَنِ ابْنِ أَبِي لَيْلَى، قَالَ: «قَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - " ذَكَاةُ الْجَنِينِ ذَكَاةُ أُمِّهِ، أَشْعَرَ أَوْ لَمْ يُشْعِرْ» . إِلَّا أَنَّ ابْنَ أَبِي لَيْلَى سَيِّئُ الْحِفْظِ عِنْدَهُمْ، وَالْقِيَاسُ يَقْتَضِي أَنْ تَكُونَ ذَكَاتُهُ فِي ذَكَاةِ أُمِّهِ مِنْ قِبَلِ أَنَّهُ جُزْءٌ مِنْهَا، وَإِذَا كَانَ ذَلِكَ كَذَلِكَ، فَلَا مَعْنَى لِاشْتِرَاطِ الْحَيَاةِ فِيهِ، فَيَضْعُفُ أَنْ يُخَصَّصَ الْعُمُومُ الْوَارِدُ فِي ذَلِكَ بِالْقِيَاسِ الَّذِي تَقَدَّمَ ذِكْرُهُ عَنْ أَصْحَابِ مَالِكٍ. الْمَسْأَلَةُ الخَامِسَةُ: وَاخْتَلَفُوا فِي الْجَرَادِ ; فَقَالَ مَالِكٌ: لَا يُؤْكَلُ مِنْ غَيْرِ ذَكَاةٍ، وَذَكَاتُهُ عِنْدَهُ هُوَ أَنْ يُقْتَلَ إِمَّا بِقَطْعِ رَأْسِهِ أَوْ بِغَيْرِ ذَلِكَ. وَقَالَ عَامَّةُ الْفُقَهَاءِ: يَجُوزُ أَكْلُ مَيْتَتِهِ، وَبِهِ قَالَ مُطَرِّفٌ. وَذَكَاةُ مَا لَيْسَ بِذِي دَمٍ عِنْدَ مَالِكٍ كَذَكَاةِ الْجَرَادِ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ فِي مَيْتَةِ الْجَرَادِ هُوَ: هَلْ يَتَنَاوَلُهُ اسْمُ الْمَيْتَةِ أَمْ لَا فِي قَوْله تَعَالَى: {حُرِّمَتْ عَلَيْكُمُ الْمَيْتَةُ} [المائدة: ٣] ، وَلِلْخِلَافِ سَبَبٌ آخَرُ وَهُوَ: هَلْ هُوَ نَثْرَةُ حُوتٍ أَوْ حَيَوَانٌ بَرِّيٌّ. الْمَسْأَلَةُ السَّادِسَةُ: وَاخْتَلَفُوا فِي الَّذِي يَتَصَرَّفُ فِي الْبَرِّ وَالْبَحْرِ هَلْ يَحْتَاجُ إِلَى ذَكَاةٍ أَمْ لَا؟ فَغَلَّبَ قَوْمٌ فِيهِ حُكْمَ الْبَرِّ، وَغَلَّبَ آخَرُونَ حُكْمَ الْبَحْرِ، وَاعْتَبَرَ آخَرُونَ حَيْثُ يَكُونُ عَيْشُهُ وَمُتَصَرَّفُهُ مِنْهُمَا غَالِبًا.

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