Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Troisième question

Les savants divergent sur l’efficacité de l’abattage rituel pour la bête qui est sur le point de mourir des suites d’une grave maladie, après s’être accordés sur son efficacité pour celle qui est sur le point de mourir. La majorité considère que l’abattage rituel produit son effet sur elle. C’est l’avis le plus connu de Mālik, bien qu’on rapporte également de lui qu’il ne produit aucun effet sur elle.

Cette divergence tient à l’opposition entre le raisonnement analogique et le récit transmis.

Le récit transmis est le suivant :

« Une esclave de Ka‘b ibn Mālik faisait paître des moutons à Sal‘. L’une des bêtes fut atteinte d’un mal ; elle la trouva encore vivante et l’égorgea avec une pierre. Interrogé à ce sujet, le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — répondit : “Mangez-en.” »

Ce récit est rapporté par al-Bukhārī et Muslim.

Quant au raisonnement analogique, il repose sur le fait que l’abattage rituel ne se pratique, comme on le sait, que sur un animal vivant, alors que cette bête a le statut d’un animal mort. Tous ceux qui permettent de l’égorger s’accordent néanmoins à dire que l’abattage rituel ne produit son effet sur elle que si elle présente un signe de vie.

Ils divergent sur le signe à retenir à cet égard. Certains prennent en compte le mouvement, tandis que d’autres ne le prennent pas en compte. Le premier avis est celui d’Abū Hurayra, le second celui de Zayd ibn Thābit. Certains retiennent trois mouvements : le clignement de l’œil, le mouvement de la queue et les coups de patte. C’est l’avis de Sa‘īd ibn al-Musayyab et de Zayd ibn Aslam, qu’a également retenu Muhammad ibn al-Mawwāz. D’autres exigent, en plus de ces signes, que la bête respire : c’est l’avis d’Ibn Habīb.

Quatrième question

Les savants divergent sur la question de savoir si l’abattage rituel de la mère produit son effet sur le fœtus, ou s’il n’en produit aucun, celui-ci étant alors une bête morte — je parle du fœtus qui sort du ventre de sa mère après qu’elle a été égorgée. La majorité des savants considère que l’abattage rituel de la mère vaut pour son fœtus. C’est l’avis de Mālik et d’al-Shāfi‘ī.

Abū Hanīfa dit : « S’il sort vivant, on l’égorge et on le mange ; s’il sort mort, c’est une bête morte. »

Parmi ceux qui considèrent que l’abattage rituel de la mère vaut pour son fœtus, certains exigent que sa formation soit achevée et que ses poils aient poussé : c’est l’avis de Mālik. D’autres ne posent pas cette condition : c’est l’avis d’al-Shāfi‘ī.

Leur divergence tient à leur désaccord sur l’authenticité du récit transmis à ce sujet d’après Abū Sa‘īd al-Khudrī, ainsi qu’au fait que ce récit contredit les principes généraux.

Voici le hadith d’Abū Sa‘īd :

« Nous avons interrogé le Messager d’Allah — qu’Allah le couvre d’éloges et le salue — au sujet d’une vache, d’une chamelle ou d’une brebis que l’un de nous abat et dans le ventre de laquelle nous trouvons un fœtus : “Devons-nous le manger ou le jeter ?” Il répondit : “Mangez-en si vous le souhaitez, car l’abattage rituel de sa mère vaut pour lui.” »

Al-Tirmidhī et Abū Dāwūd ont rapporté un récit semblable d’après Jābir. Les savants divergent sur l’authenticité de ce récit : certains ne l’ont pas jugé authentique, tandis que d’autres l’ont déclaré authentique. Al-Tirmidhī figure parmi ces derniers.

Quant à l’opposition entre le principe applicable en cette matière et le récit transmis, elle tient à ceci : si le fœtus est vivant, puis meurt du fait de la mort de sa mère, il meurt par suffocation. Il relève donc de la catégorie des bêtes mortes par étouffement, dont l’interdiction est expressément énoncée par le texte révélé. Abū Muhammad ibn Hazm s’est prononcé en faveur de son interdiction et n’a pas jugé recevable la chaîne de transmission du hadith.

Quant à la divergence entre ceux qui en autorisent la consommation sur la nécessité ou non d’exiger que ses poils aient poussé, elle s’explique par

الْمَسْأَلَةُ الثَّالِثَةُ: وَاخْتَلَفُوا فِي تَأْثِيرِ الذَّكَاةِ فِي الْبَهِيمَةِ الَّتِي أَشْرَفَتْ عَلَى الْمَوْتِ مِنْ شِدَّةِ الْمَرَضِ بَعْدَ اتِّفَاقِهِمْ عَلَى عَمَلِ الذَّكَاةِ فِي الَّتِي تُشْرِفُ عَلَى الْمَوْتِ؛ فَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّ الذَّكَاةَ تَعْمَلُ فِيهَا، وَهُوَ الْمَشْهُورُ عَنْ مَالِكٍ، وَرُوِيَ عَنْهُ أَنَّ الذَّكَاةَ لَا تَعْمَلُ فِيهَا. وَسَبَبُ الْخِلَافِ مُعَارَضَةُ الْقِيَاسِ لِلْأَثَرِ. فَأَمَّا الْأَثَرُ: فَهُوَ مَا رُوِيَ: «أَنَّ أَمَةً لِكَعْبِ بْنِ مَالِكٍ كَانَتْ تَرْعَى غَنَمًا بِسَلْعٍ فَأُصِيبَتْ شَاةٌ مِنْهَا، فَأَدْرَكَتْهَا فَذَكَّتْهَا بِحَجَرٍ، فَسُئِلَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فَقَالَ: كُلُوهَا» أَخْرَجَهُ الْبُخَارِيُّ، وَمُسْلِمٌ. وَأَمَّا الْقِيَاسُ: فَلِأَنَّ الْمَعْلُومَ مِنَ الذَّكَاةِ أَنَّهَا إِنَّمَا تُفْعَلُ فِي الْحَيِّ وَهَذِهِ فِي حُكْمِ الْمَيِّتِ وَكُلُّ مَنْ أَجَازَ ذَبْحَهَا فَإِنَّهُمُ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهُ لَا تَعْمَلُ الذَّكَاةُ فِيهَا إِلَّا إِذَا كَانَ فِيهَا دَلِيلٌ عَلَى الْحَيَاةِ. وَاخْتَلَفُوا فِيمَا هُوَ الدَّلِيلُ الْمُعْتَبَرُ فِي ذَلِكَ، فَبَعْضُهُمُ اعْتَبَرَ الْحَرَكَةَ وَبَعْضُهُمْ لَمْ يَعْتَبِرْهَا، وَالْأَوَّلُ مَذْهَبُ أَبِي هُرَيْرَةَ، وَالثَّانِي مَذْهَبُ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ ; وَبَعْضُهُمُ اعْتَبَرَ فِيهَا ثَلَاثَ حَرَكَاتٍ: طَرْفُ الْعَيْنِ وَتَحْرِيكُ الذَّنَبِ وَالرَّكْضُ بِالرِّجْلِ، وَهُوَ مَذْهَبُ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيَّبِ، وَزَيْدِ بْنِ أَسْلَمَ، وَهُوَ الَّذِي اخْتَارَهُ مُحَمَّدُ بْنُ الْمَوَّازِ وَبَعْضُهُمْ شَرَطَ مَعَ هَذِهِ التَّنَفُّسَ، وَهُوَ مَذْهَبُ ابْنِ حَبِيبٍ. الْمَسْأَلَةُ الرَّابِعَةُ: وَاخْتَلَفُوا هَلْ تَعْمَلُ ذَكَاةُ الْأُمِّ فِي جَنِينِهَا أَمْ لَيْسَ تَعْمَلُ فِيهِ ; وَإِنَّمَا هُوَ مَيْتَةٌ أَعْنِي: إِذَا خَرَجَ مِنْهَا بَعْدَ ذَبْحِ الْأُمِّ فَذَهَبَ جُمْهُورُ الْعُلَمَاءِ إِلَى أَنَّ ذَكَاةَ الْأُمِّ ذَكَاةٌ لِجَنِينِهَا، وَبِهِ قَالَ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: إِنْ خَرَجَ حَيًّا ذُبِحَ وَأُكِلُ، وَإِنْ خَرَجَ مَيِّتًا فَهُوَ مَيْتَةٌ. وَالَّذِينَ قَالُوا: إِنَّ ذَكَاةَ الْأُمِّ ذَكَاةٌ لَهُ، بَعْضُهُمُ اشْتَرَطَ فِي ذَلِكَ تَمَامَ خِلْقَتِهِ وَنَبَاتَ شَعْرِهِ، وَبِهِ قَالَ مَالِكٌ. وَبَعْضُهُمْ لَمْ يَشْتَرِطْ ذَلِكَ، وَبِهِ قَالَ الشَّافِعِيُّ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ اخْتِلَافُهُمْ فِي صِحَّةِ الْأَثَرِ الْمَرْوِيِّ فِي ذَلِكَ مِنْ حَدِيثِ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ مَعَ مُخَالَفَتِهِ لِلْأُصُولِ، وَحَدِيثُ أَبِي سَعِيدٍ هُوَ: قَالَ: «سَأَلْنَا رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - عَنِ الْبَقَرَةِ أَوِ النَّاقَةِ أَوِ الشَّاةِ يَنْحَرُهَا أَحَدُنَا فَنَجِدُ فِي بَطْنِهَا جَنِينًا أَنَأْكُلُهُ أَوْ نُلْقِيهِ؟ فَقَالَ: كُلُوهُ إِنْ شِئْتُمْ فَإِنَّ ذَكَاتَهُ ذَكَاةُ أُمِّهِ» . وَخَرَّجَ مِثْلَهُ التِّرْمِذِيُّ، وَأَبُو دَاوُدَ عَنْ جَابِرٍ. وَاخْتَلَفُوا فِي تَصْحِيحِ هَذَا الْأَثَرِ فَلَمْ يُصَحِّحْهُ بَعْضُهُمْ وَصَحَّحَهُ بَعْضُهُمْ، وَأَحَدُ مَنْ صَحَّحَهُ التِّرْمِذِيُّ. وَأَمَّا مُخَالَفَةُ الْأَصْلِ فِي هَذَا الْبَابِ لِلْأَثَرِ، فَهُوَ أَنَّ الْجَنِينَ إِذَا كَانَ حَيًّا ثُمَّ مَاتَ بِمَوْتِ أُمِّهِ فَإِنَّمَا يَمُوتُ خَنْقًا، فَهُوَ مِنَ الْمُنْخَنِقَةِ الَّتِي وَرَدَ النَّصُّ بِتَحْرِيمِهَا، وَإِلَى تَحْرِيمِهِ ذَهَبَ أَبُو مُحَمَّدِ بْنُ حَزْمٍ، وَلَمْ يَرْضَ سَنَدَ الْحَدِيثِ. وَأَمَّا اخْتِلَافُ الْقَائِلِينَ بِحِلِّيَّتِهِ فِي اشْتِرَاطِهِمْ نَبَاتَ الشَّعْرِ فِيهِ أَوْ لَا اشْتِرَاطِهِ فَالسَّبَبُ فِيهِ

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