Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

sur le fait que la femme est soumise à la même règle que l’homme en cas de rêve érotique, en raison du hadith authentique d’Umm Salama, qui rapporte avoir demandé :

« Ô Messager d’Allah, si une femme voit en rêve ce que voit un homme, doit-elle prendre un bain rituel ?
— Oui, répondit-il, si elle constate la présence de liquide séminal. »

La seconde cause sur laquelle ils s’accordent également est le sang des menstrues (je veux dire : lorsque l’écoulement cesse). Cela repose aussi sur la parole du Très-Haut :

« Ils t’interrogent au sujet des menstrues. Dis : “C’est un mal.” »

[al-Baqara : 222]

Et la suite du verset, ainsi que sur le fait qu’il a enseigné à ‘Ā’isha et à d’autres femmes le bain rituel consécutif aux menstrues.

Dans ce chapitre, leurs divergences portent sur deux questions célèbres qui tiennent lieu de principes fondamentaux.

Première question

Les Compagnons — qu’Allah les agrée — ont divergé sur ce qui rend la purification obligatoire lors d’un rapport sexuel. Certains ont considéré qu’elle devient obligatoire dès le contact des deux parties circoncises, qu’il y ait ou non éjaculation. C’est l’avis de la plupart des juristes des grandes cités : Mālik et ses disciples, al-Shāfi‘ī et ses disciples, ainsi qu’un groupe de littéralistes. D’autres littéralistes ont estimé que la purification n’est obligatoire qu’en cas d’éjaculation.

La cause de leur divergence est l’opposition entre les hadiths relatifs à cette question. Deux hadiths authentiques ont en effet été rapportés à ce sujet et retenus par les auteurs des recueils authentiques.

(Le cadi — qu’Allah l’agrée — précise : chaque fois que je qualifie un hadith d’authentique, je désigne uniquement ce qu’al-Bukhārī ou Muslim ont rapporté, ou ce qu’ils ont tous deux rapporté.)

Le premier est le hadith d’Abū Hurayra, selon lequel le Prophète — sur lui la prière et la paix — a dit :

« Lorsqu’un homme se place entre les quatre membres d’une femme et met sa partie circoncise au contact de la sienne, le bain rituel devient obligatoire. »

Le second est le hadith de ‘Uthmān :

« On lui demanda : “Que dis-tu de l’homme qui a un rapport avec son épouse sans émettre de sperme ?” ‘Uthmān répondit : “Il fait ses ablutions comme pour la prière. Je l’ai entendu du Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix.” »

Les savants ont adopté deux approches concernant ces deux hadiths : la première est celle de l’abrogation ; la seconde consiste à revenir à ce qui fait l’objet d’un accord lorsque l’opposition ne permet ni de concilier les textes ni de donner la préférence à l’un d’eux.

La majorité a considéré que le hadith d’Abū Hurayra abroge celui de ‘Uthmān. Parmi leurs arguments figure ce qui est rapporté d’Ubayy ibn Ka‘b, selon lequel le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — avait accordé cela à titre de dispense au début de l’islam, puis avait ordonné le bain rituel. Ce récit est rapporté par Abū Dāwūd.

Quant à ceux qui ont considéré que l’opposition entre ces deux hadiths ne permet ni de les concilier ni de

عَلَى مُسَاوَاةِ الْمَرْأَةِ فِي الِاحْتِلَامِ لِلرَّجُلِ لِحَدِيثِ أُمِّ سَلَمَةَ الثَّابِتِ أَنَّهَا قَالَتْ: «يَا رَسُولَ اللَّهِ الْمَرْأَةُ تَرَى فِي الْمَنَامِ مِثْلَ مَا يَرَى الرَّجُلُ هَلْ عَلَيْهَا غُسْلٌ؟ قَالَ: نَعَمْ إِذَا رَأَتِ الْمَاءَ» . وَأَمَّا الْحَدِيثُ الثَّانِي الَّذِي اتَّفَقُوا أَيْضًا عَلَيْهِ، فَهُوَ دَمُ الْحَيْضِ، (أَعْنِي: إِذَا انْقَطَعَ) وَذَلِكَ أَيْضًا لِقَوْلِهِ تَعَالَى: {وَيَسْأَلُونَكَ عَنِ الْمَحِيضِ قُلْ هُوَ أَذًى} [البقرة: ٢٢٢] الْآيَةَ، وَلِتَعْلِيمِهِ الْغُسْلَ مِنَ الْحَيْضِ لِعَائِشَةَ، وَغَيْرِهَا مِنَ النِّسَاءِ. وَاخْتَلَفُوا فِي هَذَا الْبَابِ مِمَّا يَجْرِي مَجْرَى الْأُصُولِ فِي مَسْأَلَتَيْنِ مَشْهُورَتَيْنِ. الْمَسْأَلَةُ الأُولَى: اخْتَلَفَ الصَّحَابَةُ - رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ - فِي سَبَبِ إِيجَابِ الطُّهْرِ مِنَ الْوَطْءِ، فَمِنْهُمْ مَنْ رَأَى الطُّهْرَ وَاجِبًا فِي الْتِقَاءِ الْخِتَانَيْنِ أَنْزَلَ أَوْ لَمْ يُنْزِلْ، وَعَلَيْهِ أَكْثَرُ فُقَهَاءِ الْأَمْصَارِ مَالِكٌ وَأَصْحَابُهُ، وَالشَّافِعِيُّ وَأَصْحَابُهُ، وَجَمَاعَةٌ مِنْ أَهْلِ الظَّاهِرِ، وَذَهَبَ قَوْمٌ مِنْ أَهْلِ الظَّاهِرِ إِلَى إِيجَابِ الطُّهْرِ مَعَ الْإِنْزَالِ فَقَطْ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ فِي ذَلِكَ تَعَارُضُ الْأَحَادِيثِ فِي ذَلِكَ ; لِأَنَّهُ وَرَدَ فِي ذَلِكَ حَدِيثَانِ ثَابِتَانِ اتَّفَقَ أَهْلُ الصَّحِيحِ عَلَى تَخْرِيجِهِمَا. (قَالَ الْقَاضِي - رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ -: وَمَتَى قُلْتُ: ثَابِتٌ، فَإِنَّمَا أَعْنِي بِهِ مَا أَخْرَجَهُ الْبُخَارِيُّ أَوْ مُسْلِمٌ، أَوْ مَا اجْتَمَعَا عَلَيْهِ) . أَحَدُهُمَا: حَدِيثُ أَبِي هُرَيْرَةَ عَنِ النَّبِيِّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أَنَّهُ قَالَ: «إِذَا قَعَدَ بَيْنَ شُعَبِهَا الْأَرْبَعِ وَأَلْزَقَ الْخِتَانَ بِالْخِتَانِ فَقَدْ وَجَبَ الْغُسْلُ» وَالْحَدِيثُ الْآخَرُ: «حَدِيثُ عُثْمَانَ أَنَّهُ سُئِلَ فَقِيلَ لَهُ: " أَرَأَيْتَ الرَّجُلَ إِذَا جَامَعَ أَهْلَهُ وَلَمْ يُمْنِ؟ قَالَ عُثْمَانُ: يَتَوَضَّأُ كَمَا يَتَوَضَّأُ لِلصَّلَاةِ سَمِعْتُهُ مِنْ رَسُولِ اللَّهِ، - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -» فَذَهَبَ الْعُلَمَاءُ فِي هَذَيْنِ الْحَدِيثَيْنِ مَذْهَبَيْنِ: أَحَدُهُمَا: مَذْهَبُ النَّسْخِ، وَالثَّانِي مَذْهَبُ الرُّجُوعِ إِلَى مَا عَلَيْهِ الِاتِّفَاقُ عِنْدَ التَّعَارُضِ الَّذِي لَا يُمْكِنُ الْجَمْعُ فِيهِ وَلَا التَّرْجِيحُ. فَالْجُمْهُورُ رَأَوْا أَنَّ حَدِيثَ أَبِي هُرَيْرَةَ نَاسِخٌ لِحَدِيثِ عُثْمَانَ، وَمِنَ الْحُجَّةِ لَهُمْ عَلَى ذَلِكَ مَا رُوِيَ عَنْ أُبَيِّ بْنِ كَعْبٍ أَنَّهُ قَالَ: إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - إِنَّمَا جَعَلَ ذَلِكَ رُخْصَةً فِي أَوَّلِ الْإِسْلَامِ، ثُمَّ أَمَرَ بِالْغُسْلِ، خَرَّجَهُ أَبُو دَاوُدَ. وَأَمَّا مَنْ رَأَى أَنَّ التَّعَارُضَ بَيْنَ هَذَيْنِ الْحَدِيثَيْنِ هُوَ مِمَّا لَا يُمْكِنُ الْجَمْعُ فِيهِ بَيْنَهُمَا وَلَا

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