[Chapitre IV — Des règles relatives à la viande des bêtes sacrifiées]
Ils s’accordent à reconnaître qu’il est prescrit à celui qui offre le sacrifice de manger de la viande de sa bête et d’en donner en aumône, conformément à cette parole du Très-Haut :
« Mangez-en et nourrissez-en le pauvre dans la détresse. » [Al-Hajj : 28]
Ainsi qu’à cette autre parole du Très-Haut :
« Et nourrissez-en le besogneux discret et le mendiant. » [Al-Hajj : 36]
Et à cette parole du Prophète — qu’Allah lui accorde la bénédiction et le salut — au sujet des bêtes sacrifiées :
« Mangez-en, donnez-en en aumône et conservez-en. »
Au sein de l’école de Mālik, les avis divergent : est-il prescrit de manger de cette viande et d’en donner en aumône, ou peut-on choisir l’une de ces deux possibilités, c’est-à-dire tout manger ou tout donner en aumône ? Ibn al-Mawwāz estime que l’on peut choisir l’une ou l’autre.
De nombreux savants recommandent de répartir cette viande en trois parts : un tiers à conserver, un tiers à donner en aumône et un tiers à manger, conformément à cette parole du Prophète — sur lui la bénédiction et le salut :
« Mangez-en donc, donnez-en en aumône et conservez-en. »
‘Abd al-Wahhāb affirme que, selon les écoles juridiques, il n’est pas obligatoire d’en manger, contrairement à l’avis de certains qui en font une obligation. Je pense que les tenants de l’école littéraliste considèrent comme obligatoire de répartir la viande des bêtes sacrifiées entre les trois parts mentionnées dans le hadith.
À ma connaissance, les savants s’accordent à reconnaître qu’il n’est pas permis de vendre cette viande. Ils divergent toutefois au sujet de la peau, des poils et des autres parties de la bête dont on peut tirer profit. La majorité considère qu’il n’est pas permis de les vendre. Abū Hanīfa estime qu’on peut les céder contre autre chose que des dirhams ou des dinars, c’est-à-dire contre des biens. Selon ‘Atā’, on peut les vendre contre toute chose : dirhams, dinars ou autres biens.
Abū Hanīfa ne distingue les dirhams des autres biens que parce qu’il considère l’échange contre des biens comme une manière de tirer profit de ces parties de la bête, les savants étant unanimes à permettre d’en faire usage.
Cet exposé suffit à présenter les principes fondamentaux de ce livre. Louange à Allah.