Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Ils s’accordent à reconnaître que les « jours comptés » sont les jours de tashrīq, à savoir les trois jours qui suivent le jour du sacrifice, sauf ce qui est rapporté de Sa‘īd ibn Jubayr, selon lequel : « Le jour du sacrifice fait partie des jours de tashrīq. » Leur divergence porte uniquement sur les « jours déterminés », suivant les deux avis précédemment exposés.

Quant à ceux qui limitent l’abattage au seul jour du sacrifice, ils se fondent sur l’idée que les « jours déterminés » sont les dix premiers jours de Dhū al-Hijja. Le tenant de cet avis raisonne ainsi : « Dès lors qu’il est unanimement admis que, parmi ces jours, l’abattage n’est permis que le dixième, et que ces jours constituent la période d’abattage explicitement mentionnée par le texte, il s’ensuit nécessairement que l’abattage doit se limiter au seul jour du sacrifice. »

La troisième question concerne leur divergence au sujet des nuits qui s’intercalent entre les jours du sacrifice. Selon l’avis le plus connu qui lui est attribué, Mālik estime que l’abattage n’est permis ni durant les nuits des jours de tashrīq ni durant celle du jour du sacrifice. Al-Shāfi‘ī et plusieurs autres savants le permettent.

Cette divergence tient à la pluralité des sens du mot « jour ». En effet, les Arabes l’emploient tantôt pour désigner la journée avec la nuit, comme dans cette parole du Très-Haut :

« Jouissez de vos demeures pendant trois jours. » [Hūd : 65]

Tantôt ils l’emploient pour désigner les journées à l’exclusion des nuits, comme dans cette parole du Très-Haut :

« Il le déchaîna contre eux pendant sept nuits et huit jours consécutifs. » [Al-Hāqqa : 7]

Ceux qui considèrent que le mot « jour » englobe la nuit et la journée dans cette parole du Très-Haut :

« Et invoquent le nom d’Allah durant des jours déterminés. » [Al-Hajj : 28]

affirment que l’abattage est permis de nuit comme de jour durant cette période. Ceux qui considèrent que le mot « jour » n’englobe pas la nuit dans ce verset affirment qu’il n’est permis, la nuit, ni d’égorger ni de pratiquer l’abattage par saignée à la base du cou.

Il reste à examiner si le mot « jour » désigne plus manifestement l’un de ces deux sens que l’autre. Il semble que l’on puisse dire qu’il désigne plus manifestement la journée que la nuit. Toutefois, même en admettant que, dans ce verset, il désigne uniquement la journée, on ne pourrait en déduire l’interdiction de l’abattage nocturne que par une forme peu probante de raisonnement a contrario : appliquer le jugement opposé à ce qui ne relève pas du terme employé. Cette forme de raisonnement fondé sur l’énoncé est l’une des plus faibles, au point que l’on a dit : « Aucun des théologiens dialecticiens ne l’a retenue, à la seule exception d’al-Daqqāq. » À moins que l’on ne soutienne : « Le principe, en matière d’abattage, est l’interdiction. Or, sa permission a été établie pour la journée ; il appartient donc à celui qui le permet la nuit d’en apporter la preuve. »

Quant à la personne qui procède à l’abattage, les savants recommandent que celui qui offre le sacrifice égorge lui-même sa bête, de sa propre main. Ils s’accordent toutefois à reconnaître qu’il peut mandater quelqu’un d’autre pour le faire.

Ils divergent sur la validité du sacrifice lorsqu’un autre égorge la bête sans l’autorisation de celui qui l’offre. Selon un avis, le sacrifice n’est pas valable. Selon un autre, il faut distinguer selon que cette personne est un ami, un enfant du sacrifiant ou une personne étrangère à celui-ci : le sacrifice est valable si elle est son ami ou son enfant. À ma connaissance, il n’existe, au sein de l’école, aucune divergence sur son invalidité lorsque l’abattage est effectué par une personne étrangère au sacrifiant.

وَلَا خِلَافَ بَيْنَهُمْ أَنَّ الْأَيَّامَ الْمَعْدُودَاتِ هِيَ أَيَّامُ التَّشْرِيقِ، وَأَنَّهَا ثَلَاثَةٌ بَعْدَ يَوْمِ النَّحْرِ، إِلَّا مَا رُوِيَ عَنْ سَعِيدِ بْنِ جُبَيْرٍ أَنَّهُ قَالَ: «يَوْمُ النَّحْرِ مِنْ أَيَّامِ التَّشْرِيقِ» . وَإِنَّمَا اخْتَلَفُوا فِي الْأَيَّامِ الْمَعْلُومَاتِ عَلَى الْقَوْلَيْنِ الْمُتَقَدِّمَيْنِ. وَأَمَّا مَنْ قَالَ: يَوْمُ النَّحْرِ فَقَطْ فَبِنَاءً عَلَى أَنَّ الْمَعْلُومَاتِ هِيَ الْعَشْرُ الْأُوَلُ. قَالَ: وَإِذَا كَانَ الْإِجْمَاعُ قَدِ انْعَقَدَ أَنَّهُ لَا يَجُوزُ الذَّبْحُ مِنْهَا إِلَّا فِي الْيَوْمِ الْعَاشِرِ، وَهِيَ مَحَلٌّ الذَّبْحِ الْمَنْصُوصُ عَلَيْهَا ; فَوَاجِبٌ أَنْ يَكُونَ الذَّبْحُ إِنَّمَا هُوَ يَوْمُ النَّحْرِ فَقَطْ. وأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الثَّالِثَةُ: وَهِيَ اخْتِلَافُهُمْ فِي اللَّيَالِي الَّتِي تَتَخَلَّلُ أَيَّامَ النَّحْرِ، فَذَهَبَ مَالِكٌ فِي الْمَشْهُورِ عَنْهُ إِلَى أَنَّهُ لَا يَجُوزُ الذَّبْحُ فِي لَيَالِي أَيَّامِ التَّشْرِيقِ وَلَا النَّحْرِ. وَذَهَبَ الشَّافِعِيُّ وَجَمَاعَةٌ إِلَى جَوَازِ ذَلِكَ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: الِاشْتِرَاكُ الَّذِي فِي اسْمِ الْيَوْمِ، وَذَلِكَ أَنَّ مَرَّةً يُطْلِقُهُ الْعَرَبُ عَلَى النَّهَارِ وَاللَّيْلَةِ، مِثْلَ قَوْله تَعَالَى: {تَمَتَّعُوا فِي دَارِكُمْ ثَلاثَةَ أَيَّامٍ} [هود: ٦٥] . وَمَرَّةً يُطْلِقُهُ عَلَى الْأَيَّامِ دُونَ اللَّيَالِي، مِثْلَ قَوْله تَعَالَى: {سَخَّرَهَا عَلَيْهِمْ سَبْعَ لَيَالٍ وَثَمَانِيَةَ أَيَّامٍ حُسُومًا} [الحاقة: ٧] . فَمَنْ جَعَلَ اسْمَ الْيَوْمِ يَتَنَاوَلُ اللَّيْلَ مَعَ النَّهَارِ فِي قَوْله تَعَالَى: {وَيَذْكُرُوا اسْمَ اللَّهِ فِي أَيَّامٍ مَعْلُومَاتٍ} [الحج: ٢٨] قَالَ: يَجُوزُ الذَّبْحُ بِاللَّيْلِ وَالنَّهَارِ فِي هَذِهِ الْأَيَّامِ. وَمَنْ قَالَ: لَيْسَ يَتَنَاوَلُ اسْمُ الْيَوْمِ اللَّيْلَ فِي هَذِهِ الْآيَةِ قَالَ: لَا يَجُوزُ الذَّبْحُ وَلَا النَّحْرُ بِاللَّيْلِ. وَالنَّظَرُ هَلِ اسْمُ الْيَوْمِ أَظْهَرُ فِي أَحَدِهِمَا مِنَ الثَّانِي، وَيُشْبِهُ أَنْ يُقَالَ إِنَّهُ أَظْهَرُ فِي النَّهَارِ مِنْهُ فِي اللَّيْلِ، لَكِنْ إِنْ سَلَّمْنَا أَنَّ دَلَالَتَهُ فِي الْآيَةِ هِيَ عَلَى النَّهَارِ فَقَطْ لَمْ يُمْنَعِ الذَّبْحُ بِاللَّيْلِ إِلَّا بِنَحْوٍ ضَعِيفٍ مِنْ إِيجَابِ دَلِيلِ الْخِطَابِ، وَهُوَ تَعْلِيقُ ضِدِّ الْحُكْمِ بِضِدِّ مَفْهُومِ الِاسْمِ، وَهَذَا النَّوْعُ مِنْ أَنْوَاعِ الْخِطَابِ هُوَ مِنْ أَضْعَفِهَا، حَتَّى إِنَّهُمْ قَالُوا: مَا قَالَ بِهِ أَحَدُ الْمُتَكَلِّمِينَ إِلَّا الدَّقَّاقُ فَقَطْ، إِلَّا أَنْ يَقُولَ قَائِلٌ: إِنَّ الْأَصْلَ هُوَ الْحَظْرُ فِي الذَّبْحِ، وَقَدْ ثَبَتَ جَوَازُهُ بِالنَّهَارِ، فَعَلَى مَنْ جَوَّزَهُ بِاللَّيْلِ الدَّلِيلُ. وَأَمَّا الذَّابِحُ: فَإِنَّ الْعُلَمَاءَ اسْتَحَبُّوا أَنْ يَكُونَ الْمُضَحِّي هُوَ الَّذِي يَلِي ذَبْحَ أُضْحِيَّتِهِ بِيَدِهِ، وَاتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهُ يَجُوزُ أَنْ يُوَّكِلَ غَيْرَهُ عَلَى الذَّبْحِ. وَاخْتَلَفُوا هَلْ تَجُوزُ الضَّحِيَّةُ إِنْ ذَبَحَهَا غَيْرُهُ بِغَيْرِ إِذْنِهِ: فَقِيلَ: لَا يَجُوزُ، وَقِيلَ بِالْفَرْقِ بَيْنَ أَنْ يَكُونَ صَدِيقًا أَوْ وَلَدًا أَوْ أَجْنَبِيًّا أَعْنِي: أَنَّهُ يَجُوزُ إِنْ كَانَ صَدِيقًا أَوْ وَلَدًا، وَلَمْ يَخْتَلِفِ الْمَذْهَبُ فِيمَا أَحْسَبُ أَنَّهُ إِنْ كَانَ أَجْنَبِيًّا أَنَّهَا لَا تَجُوزُ.

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