Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

du Messager d’Allah — que la prière et le salut soient sur lui — d’examiner attentivement les yeux et les oreilles, et de ne sacrifier ni sharqā’, ni kharqā’, ni mudābara, ni bête privée de queue. » La sharqā’ est celle dont l’oreille est fendue ; la kharqā’, celle dont l’oreille est percée ; et la mudābara, celle dont les deux côtés de l’oreille ont été entaillés par-derrière.

Ceux qui donnent la préférence au hadith d’Abū Burda considèrent que seuls les quatre défauts mentionnés, ou ceux qui sont plus graves, doivent être évités. Quant à ceux qui concilient les deux hadiths en rapportant celui d’Abū Burda aux défauts légers et peu apparents, et celui de ‘Alī aux défauts importants et manifestes, ils étendent aux défauts de gravité équivalente la règle applicable à ceux expressément mentionnés. Aussi les tenants de cet avis ont-ils cherché à déterminer quelle proportion de ces parties du corps pouvait manquer sans compromettre la validité du sacrifice. Certains ont retenu comme seuil la perte du tiers de l’oreille ou de la queue, d’autres la perte de leur majeure partie. Il en va de même pour la perte des dents et la mutilation de la mamelle.

Concernant la corne, Mālik considère que la perte d’une partie de celle-ci ne constitue pas un défaut, à moins qu’elle ne saigne : elle relève alors, selon lui, de la maladie. Or, il n’existe aucune divergence sur le fait qu’une maladie manifeste empêche la validité du sacrifice. Abū Dāwūd rapporte :

« Le Prophète — que la prière et le salut soient sur lui — a interdit de sacrifier une bête dont l’oreille ou la corne est mutilée. »

Ils divergent au sujet de la bête née sans oreilles. Mālik et al-Shāfi‘ī considèrent qu’elle ne peut être sacrifiée. Abū Hanīfa estime, quant à lui, que cela est permis lorsque cette particularité est congénitale, comme pour la bête naturellement dépourvue de cornes. Les savants de la majorité s’accordent toutefois à considérer l’ablation de toute l’oreille, ou de sa majeure partie, comme un défaut. Toutes ces divergences se ramènent aux causes précédemment exposées.

Ils divergent également au sujet de la bête privée de queue. Certains l’autorisent en raison du hadith que Jābir al-Ju‘fī rapporte de Muhammad ibn Quraza, d’après Abū Sa‘īd al-Khudrī, qui dit :

« J’avais acheté un bélier pour le sacrifier, mais un loup lui dévora la queue. J’interrogeai alors le Messager d’Allah — que la prière et le salut soient sur lui —, qui me répondit : “Sacrifie-le.” »

Toutefois, selon la plupart des spécialistes du hadith, les récits de Jābir ne peuvent servir de preuve. D’autres interdisent de sacrifier cette bête, en se fondant sur le hadith de ‘Alī précédemment cité.

Quant à la troisième question, celle de l’âge requis pour les bêtes destinées au sacrifice, les savants s’accordent à considérer qu’un caprin au stade jadha‘ ne convient pas : il doit avoir atteint le stade thanī ou un âge supérieur. En effet, le Prophète — que la prière et le salut soient sur lui — dit à Abū Burda, après lui avoir ordonné de recommencer son sacrifice :

« Il te suffit, mais une bête au stade jadha‘ ne suffira à personne d’autre que toi. »

Ils divergent en revanche au sujet de l’ovin au stade jadha‘. La majorité l’autorise, tandis que certains exigent qu’il ait atteint le stade thanī.

Leur divergence tient à l’opposition entre un énoncé de portée générale et un autre de portée particulière.

L’énoncé de portée particulière est le hadith de Jābir, qui rapporte que le Messager d’Allah — que la prière et le salut soient sur lui — a dit :

« Ne sacrifiez qu’une bête d’âge musinna, à moins que cela ne vous soit difficile

رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَنْ نَسْتَشْرِفَ الْعَيْنَ وَالْأُذُنَ، وَلَا يُضَحَّى بِشَرْقَاءَ وَلَا خَرْقَاءَ وَلَا مُدَابَرَةٍ وَلَا بَتْرَاءَ " وَالشَّرْقَاءُ: الْمَشْقُوقَةُ الْأُذُنِ. وَالْخَرْقَاءُ: الْمَثْقُوبَةُ الْأُذُنِ، وَالْمُدَابَرَةُ: الَّتِي قُطِعَ مِنْ جَنَبَتَيْ أُذُنِهَا مِنْ خَلْفٍ» . فَمَنْ رَجَّحَ حَدِيثَ أَبِي بُرْدَةَ قَالَ: لَا يُتَّقَى إِلَّا الْعُيُوبُ الْأَرْبَعُ، أَوْ مَا هُوَ أَشَدُّ مِنْهَا، وَمَنْ جَمَعَ بَيْنَ الْحَدِيثَيْنِ بِأَنْ حَمَلَ حَدِيثَ أَبِي بُرْدَةَ عَلَى الْيَسِيرِ الَّذِي هُوَ غَيْرُ بَيِّنٍ، وَحَدِيثَ عَلِيٍّ عَلَى الْكَثِيرِ الَّذِي هُوَ بَيِّنٌ أَلْحَقَ بِحُكْمِ الْمَنْصُوصِ عَلَيْهَا مَا هُوَ مُسَاوٍ لَهَا، وَلِذَلِكَ جَرَى أَصْحَابُ هَذَا الْمَذْهَبِ إِلَى التَّحْدِيدِ فِيمَا يَمْنَعُ الْإِجْزَاءَ مِمَّا يَذْهَبُ مِنْ هَذِهِ الْأَعْضَاءِ، فَاعْتَبَرَ بَعْضُهُمْ ذَهَابَ الثُّلُثِ مِنَ الْأُذُنِ وَالذَّنَبِ، وَبَعْضُهُمُ اعْتَبَرَ الْأَكْثَرَ، وَكَذَلِكَ الْأَمْرُ فِي ذَهَابِ الْأَسْنَانِ، وبَتْرَاءُ الثَّدْيِ. وَأَمَّا الْقَرْنُ فَإِنَّ مَالِكًا قَالَ: لَيْسَ ذَهَابُ جُزْءٍ مِنْهُ عَيْبًا إِلَّا أَنْ يَكُونَ يَدْمِي فَإِنَّهُ عِنْدَهُ مِنْ بَابِ الْمَرَضِ، وَلَا خِلَافَ فِي أَنَّ الْمَرَضَ الْبَيِّنَ يَمْنَعُ الْإِجْزَاءَ. وَخَرَّجَ أَبُو دَاوُدَ: «أَنَّ النَّبِيَّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - نَهَى عَنْ أَعْضَبِ الْأُذُنِ وَالْقَرْنِ» . وَاخْتَلَفُوا فِي الصَّكَّاءِ (وَهِيَ الَّتِي خُلِقَتْ بِلَا أُذُنَيْنِ) ، فَذَهَبَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ إِلَى أَنَّهَا لَا تَجُوزُ. وَذَهَبَ أَبُو حَنِيفَةَ إِلَى أَنَّهُ إِذَا كَانَ خِلْقَةً جَازَ كَالْأَجَمِّ. وَلَمْ يَخْتَلِفِ الْجُمْهُورُ أَنَّ قَطْعَ الْأُذُنِ كُلِّهِ أَوْ أَكْثَرِهِ عَيْبٌ، وَكُلُّ هَذَا الِاخْتِلَافِ رَاجِعٌ إِلَى مَا قَدَّمْنَاهُ. وَاخْتَلَفُوا فِي الْأَبْتَرِ: فَقَوْمٌ أَجَازُوهُ لِحَدِيثِ جَابِرٍ الجُعْفِيِّ عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ قُرَظَةَ «عَنْ أَبِي سَعِيدٍ الْخُدْرِيِّ أَنَّهُ قَالَ: " اشْتَرَيْتُ كَبْشًا لِأُضَحِّيَ بِهِ، فَأَكَلَ الذِّئْبُ ذَنَبَهُ، فَسَأَلْتُ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -، فَقَالَ: ضَحِّ بِهِ» . وَجَابِرٌ عِنْدَ أَكْثَرِ الْمُحَدِّثِينَ لَا يُحْتَجُّ بِهِ وَقَوْمٌ أَيْضًا مَنَعُوهُ لِحَدِيثِ عَلِيٍّ الْمُتَقَدِّمِ. وأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الثَّالِثَةُ وَهِيَ مَعْرِفَةُ السِّنِّ الْمُشْتَرَطَةِ فِي الضَّحَايَا فَإِنَّهُمْ أَجْمَعُوا عَلَى أَنَّهُ لَا يَجُوزُ الْجَذَعُ مِنَ الْمَعَزِ، بَلِ الثَّنِيُّ فَمَا فَوْقَهُ، لِقَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - لِأَبِي بُرْدَةَ لَمَّا أَمَرَهُ بِالْإِعَادَةِ: «يُجْزِيكَ، وَلَا يُجْزِي جَذَعٌ عَنْ أَحَدٍ غَيْرِكَ» . وَاخْتَلَفُوا فِي الْجَذَعِ مِنَ الضَّأْنِ: فَالْجُمْهُورُ عَلَى جَوَازِهِ، وَقَالَ قَوْمٌ: بَلِ الثَّنِيُّ مِنَ الضَّأْنِ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ مُعَارَضَةُ الْعُمُومِ لِلْخُصُوصِ. فَالْخُصُوصُ هُوَ حَدِيثُ جَابِرٍ، قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: «لَا تَذْبَحُوا إِلَّا مُسِنَّةً إِلَّا أَنْ يَعْسُرَ عَلَيْكُمْ

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