Certains ont donc estimé que ces deux actes n’y sont pas obligatoires, tandis que d’autres les ont jugés obligatoires. Parmi les premiers figurent Mālik et al-Shāfi‘ī ; parmi les seconds, Abū Hanīfa et ses disciples.
La cause de leur divergence est l’opposition entre le sens apparent du hadith d’Umm Salama et les récits décrivant les ablutions du Prophète — sur lui la prière et la paix — lors de son bain rituel. Ces récits mentionnent en effet le rinçage de la bouche et l’aspiration d’eau par le nez, tandis que le hadith d’Umm Salama ne comporte l’ordre d’accomplir ni l’un ni l’autre.
Ceux qui considèrent que les hadiths de ‘Ā’isha et de Maymūna explicitent les indications générales du hadith d’Umm Salama et de la parole du Très-Haut :
« Si vous êtes en état d’impureté majeure, purifiez-vous. »
[al-Mā’ida : 6]
ont rendu obligatoires le rinçage de la bouche et l’aspiration d’eau par le nez. Ceux qui y voient une opposition ont concilié ces récits en considérant que les hadiths de ‘Ā’isha et de Maymūna décrivent les actes recommandés, tandis que celui d’Umm Salama énonce les actes obligatoires.
C’est pour cette même raison qu’ils ont divergé sur l’obligation de passer les doigts entre les cheveux lors de cette purification. Mālik considère cet acte comme recommandé, tandis que d’autres le jugent obligatoire. Ceux qui le rendent obligatoire ont également appuyé leur avis sur cette parole rapportée du Prophète — sur lui la prière et la paix :
« Sous chaque poil se trouve une impureté majeure : nettoyez donc soigneusement la peau et mouillez les poils. »
Quatrième question
Ils ont divergé sur le point de savoir si l’enchaînement sans interruption et le respect de l’ordre sont des conditions de validité de cette purification, comme ils ont divergé à ce sujet pour les ablutions.
La cause de leur divergence est la suivante : faut-il comprendre la pratique du Prophète — sur lui la prière et la paix — comme indiquant une obligation ou une recommandation ? Il n’a en effet pas été rapporté de lui — sur lui la prière et la paix — qu’il ne faisait jamais ses ablutions qu’en respectant l’ordre et la continuité.
Certains ont estimé que l’exigence d’un ordre est plus manifeste dans cette purification que dans les ablutions : il s’agit de laver la tête avant le reste du corps, conformément à sa parole — sur lui la prière et la paix — dans le hadith d’Umm Salama :
« Il te suffit de verser trois poignées d’eau sur ta tête, puis de répandre l’eau sur ton corps. »
Or, la conjonction « puis » implique un ordre de succession, sans divergence entre les spécialistes de la langue.
[Chapitre II : Des causes qui annulent cette purification]
Chapitre II
Des causes qui annulent cette purification
Ce chapitre repose sur la parole du Très-Haut :
« Si vous êtes en état d’impureté majeure, purifiez-vous. »
[al-Mā’ida : 6]
Et sur Sa parole :
« Ils t’interrogent au sujet des menstrues. Dis : “C’est un mal.” »
[al-Baqara : 222]
Et la suite du verset.
Les savants s’accordent sur l’obligation de cette purification à la suite de deux causes d’impureté.
La première est l’émission de liquide séminal dans des conditions normales, pendant le sommeil ou à l’état de veille, chez l’homme comme chez la femme. Seul fait exception l’avis rapporté d’al-Nakha‘ī, selon lequel la femme n’est pas tenue de prendre un bain rituel à la suite d’un rêve érotique. La majorité s’est accordée