, c’est comme s’il avait offert une vache ; et celui qui part à la troisième heure, c’est comme s’il avait offert un bélier », jusqu’à la fin du hadith. Il convenait donc d’appliquer cela à tous les actes par lesquels on se rapproche d’Allah en offrant un animal.
Mālik, quant à lui, a limité la portée de ce hadith aux offrandes sacrificielles du pèlerinage, afin de ne pas opposer la pratique du Prophète à ses paroles, ce qui est l’approche préférable. Leur divergence pourrait avoir une autre cause : l’immense sacrifice offert par Abraham en rançon constitue-t-il une tradition qui se perpétue jusqu’à nos jours sous la forme du sacrifice de l’Aïd ? Serait-ce là le sens de cette parole du Très-Haut :
« Et Nous avons perpétué son souvenir parmi les générations suivantes. »
[Al-Sāffāt : 108]
Ceux qui retiennent cette interprétation estiment que les béliers sont préférables. En revanche, ceux qui ne considèrent pas cet acte comme une tradition toujours en vigueur ne disposent pas de cet argument pour affirmer la supériorité des béliers. Il est d’ailleurs établi que :
« Le Messager d’Allah — que la prière et le salut soient sur lui — a pratiqué le sacrifice des deux façons. »
Puisqu’il en est ainsi, il convient de retenir l’avis d’al-Shāfi‘ī.
Tous s’accordent sur le fait que le sacrifice ne peut être accompli avec d’autres animaux que les bestiaux, à l’exception de l’avis rapporté d’al-Hasan ibn Sālih, selon lequel on peut sacrifier un bovin sauvage pour sept personnes et une gazelle pour une seule.
Deuxième question
Les savants s’accordent sur la nécessité d’écarter du sacrifice la bête dont la boiterie est manifeste, celle dont la maladie est manifeste et celle qui est si amaigrie qu’elle n’a plus de moelle, conformément au hadith d’al-Barā’ ibn ‘Āzib :
« On demanda au Messager d’Allah — que la prière et le salut soient sur lui — quelles bêtes devaient être écartées du sacrifice. Il fit un signe de la main et dit — al-Barā’ reproduisait ce geste en disant : “Ma main est plus courte que celle du Messager d’Allah — que la prière et le salut soient sur lui” — : “Quatre : celle dont la boiterie est manifeste, celle qui est manifestement borgne, celle dont la maladie est manifeste et celle qui est si amaigrie qu’elle n’a plus de moelle.” »
Ils s’accordent également sur le fait que, lorsque l’un de ces quatre défauts est léger, il n’empêche pas le sacrifice d’être valable. Leurs divergences portent sur deux points :
Le premier concerne les défauts plus graves que ceux expressément mentionnés, comme la cécité et la fracture de la patte.
Le second concerne les défauts qui entraînent une déficience et une disgrâce comparables : je veux parler des défauts non légers qui affectent l’oreille, l’œil, la queue, les molaires ou d’autres parties du corps.
Sur le premier point, la majorité estime que les défauts plus graves que ceux expressément mentionnés doivent, à plus forte raison, empêcher la validité du sacrifice. Les tenants de l’école littéraliste considèrent, au contraire, qu’ils ne l’empêchent pas et que, de manière générale, il n’y a pas lieu d’écarter les bêtes pour d’autres défauts que ceux expressément mentionnés dans le texte.