Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Livre des sacrifices de l’Aïd]

[Chapitre premier : statut des sacrifices et personnes concernées]

Ce livre comprend quatre chapitres consacrés à ses questions fondamentales :

Premier chapitre : le statut des sacrifices et les personnes concernées.

Deuxième chapitre : les espèces d’animaux pouvant être sacrifiés, leurs caractéristiques, leur âge et leur nombre.

Troisième chapitre : les règles de l’abattage.

Quatrième chapitre : les règles relatives aux viandes des sacrifices.

Chapitre premier : statut des sacrifices et personnes concernées

Les savants divergent sur le sacrifice : est-il obligatoire ou recommandé ? Mālik et al-Shāfi‘ī estiment qu’il fait partie des pratiques fortement recommandées. Mālik autorise toutefois le pèlerin à s’en dispenser à Minā, tandis qu’al-Shāfi‘ī ne fait aucune distinction à cet égard entre le pèlerin et les autres.

Abū Hanīfa considère que le sacrifice est obligatoire pour les personnes aisées résidant dans les villes, mais non pour les voyageurs. Ses deux disciples, Abū Yūsuf et Muhammad, s’opposent à lui et estiment qu’il n’est pas obligatoire. Un avis semblable à celui d’Abū Hanīfa est également rapporté de Mālik.

Leur divergence tient à deux raisons.

La première est de savoir si la pratique du Prophète — que la prière et le salut soient sur lui — en la matière doit être comprise comme indiquant une obligation ou une recommandation. En effet, selon les récits transmis à son sujet, il n’a jamais délaissé le sacrifice, même en voyage, comme le rapporte Thawbān dans ce hadith :

« Le Messager d’Allah — que la prière et le salut soient sur lui — abattit son animal de sacrifice, puis dit : “Ô Thawbān, prépare la viande de cet animal.” Je continuai alors à lui en servir jusqu’à son arrivée à Médine. »

La seconde raison est leur divergence sur le sens à tirer des hadiths relatifs aux règles des sacrifices. Il est en effet établi, d’après un hadith d’Umm Salama, que le Prophète — que la prière et le salut soient sur lui — a dit :

« Lorsque commencent les dix premiers jours, que celui d’entre vous qui souhaite accomplir le sacrifice ne coupe rien de ses cheveux ni de ses ongles. »

Selon certains savants, ses paroles : « Si l’un de vous souhaite accomplir le sacrifice » indiquent que celui-ci n’est pas obligatoire.

En revanche, lorsque le Prophète — que la prière et le salut soient sur lui — ordonna à Abū Burda de renouveler son sacrifice parce qu’il avait abattu son animal avant la prière, certains en déduisirent son caractère obligatoire. Quant à Ibn ‘Abbās, il estime qu’il n’y a pas de

[كِتَابُ الضَّحَايَا] [الْبَابُ الْأَوَّلُ فِي حُكْمِ الضَّحَايَا وَمَنِ الْمُخَاطَبُ بِهَا] وَهَذَا الْكِتَابُ فِي أُصُولِهِ أَرْبَعَةُ أَبْوَابٍ: الْأَوَّلُ: فِي حُكْمِ الضَّحَايَا وَمَنِ الْمُخَاطَبُ بِهَا؟ . الْبَابُ الثَّانِي: فِي أَنْوَاعِ الضَّحَايَا وَصِفَاتِهَا وَأَسْنَانِهَا وَعَدَدِهَا. الْبَابُ الثَّالِثُ: فِي أَحْكَامِ الذَّبْحِ. الْبَابُ الرَّابِعُ: فِي أَحْكَامِ لُحُومِ الضَّحَايَا. الْبَابُ الْأَوَّلُ فِي حُكْمِ الضَّحَايَا، وَمَنِ الْمُخَاطَبُ بِهَا؟ اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ فِي الْأُضْحِيَّةِ: هَلْ هِيَ وَاجِبَةٌ أَمْ هِيَ سُنَّةٌ؟ فَذَهَبَ مَالِكٌ وَالشَّافِعِيُّ إِلَى أَنَّهَا مِنَ السُّنَنِ الْمُؤَكَّدَةِ، وَرَخَّصَ مَالِكٌ لِلْحَاجِّ فِي تَرْكِهَا بِمِنًى، وَلَمْ يُفَرِّقِ الشَّافِعِيُّ فِي ذَلِكَ بَيْنَ الْحَاجِّ وَغَيْرِهِ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: الضَّحِيَّةُ وَاجِبَةٌ عَلَى الْمُقِيمِينَ فِي الْأَمْصَارِ الْمُوسِرِينَ، وَلَا تَجِبُ عَلَى الْمُسَافِرِينَ، وَخَالَفَهُ صَاحِبَاهُ أَبُو يُوسُفَ وَمُحَمَّدٌ فَقَالَا: إِنَّهَا لَيْسَتْ بِوَاجِبَةٍ، وَرُوِيَ عَنْ مَالِكٍ مِثْلُ قَوْلِ أَبِي حَنِيفَةَ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ شَيْئَانِ: أَحَدُهُمَا: هَلْ فِعْلُهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - فِي ذَلِكَ مَحْمُولٌ عَلَى الْوُجُوبِ أَوْ عَلَى النَّدْبِ، وَذَلِكَ أَنَّهُ لَمْ يَتْرُكْ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - الضَّحِيَّةَ قَطُّ فِيمَا رُوِيَ عَنْهُ حَتَّى فِي السَّفَرِ عَلَى مَا جَاءَ فِي حَدِيثِ ثَوْبَانَ قَالَ: «ذَبَحَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أُضْحِيَّتَهُ ثُمَّ قَالَ: يَا ثَوْبَانُ أَصْلِحْ لَحْمَ هَذِهِ الضَّحِيَّةِ، قَالَ: فَلَمْ أَزَلْ أُطْعِمُهُ مِنْهَا حَتَّى قَدِمَ الْمَدِينَةَ» . وَالسَّبَبُ الثَّانِي: اخْتِلَافُهُمْ فِي مَفْهُومِ الْأَحَادِيثِ الْوَارِدَةِ فِي أَحْكَامِ الضَّحَايَا، وَذَلِكَ أَنَّهُ ثَبَتَ عَنْهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - مِنْ حَدِيثِ أَمِّ سَلَمَةَ أَنَّهُ قَالَ: «إِذَا دَخَلَ الْعَشْرُ فَأَرَادَ أَحَدُكُمْ أَنْ يُضَحِّيَ فَلَا يَأْخُذْ مِنْ شَعْرِهِ شَيْئًا، وَلَا مِنْ أَظْفَارِهِ» . قَالُوا: فَقَوْلُهُ: «إِذَا أَرَادَ أَحَدُكُمْ أَنْ يُضَحِّيَ» فِيهِ دَلِيلٌ عَلَى أَنَّ الضَّحِيَّةَ لَيْسَتْ بِوَاجِبَةٍ. وَلَمَّا أَمَرَ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أَبِي بُرْدَةَ بِإِعَادَةِ أُضْحِيَّتِهِ إِذْ ذَبَحَ قَبْلَ الصَّلَاةِ فَهِمَ قَوْمٌ مِنْ ذَلِكَ الْوُجُوبَ، وَمَذْهَبُ ابْنِ عَبَّاسٍ أَنْ لَا

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