Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

en pareil cas est uniquement l’expiation d’un serment. Telle est la doctrine d’al-Shāfi‘ī concernant les vœux formulés sous une forme conditionnelle, car il leur applique les règles des serments.

Mālik, quant à lui, leur applique les règles des vœux, comme nous l’avons indiqué dans le Livre des serments. Ceux qui considèrent que l’intéressé doit se dessaisir de ses biens, dans les cas où ils retiennent cette obligation, divergent sur ce qui lui incombe.

Mālik estime qu’il doit donner uniquement le tiers de ses biens. D’autres considèrent qu’il doit donner la totalité de ses biens ; tel est l’avis d’Ibrāhīm al-Nakha‘ī et de Zufar. Abū Hanīfa estime qu’il doit donner tous ses biens soumis à la zakat. Selon certains, il lui suffit de donner une somme équivalente à la zakat due sur ses biens.

Il existe un cinquième avis : si sa fortune est importante, il en donne le cinquième ; si elle est moyenne, le septième ; si elle est modeste, le dixième. Les tenants de cet avis fixent la fortune importante à deux mille, la fortune moyenne à mille et la fortune modeste à cinq cents. Cet avis est rapporté de Qatāda.

La divergence sur cette question — entre ceux qui imposent de donner tous les biens et ceux qui n’en imposent que le tiers — tient à l’opposition entre le principe général applicable en la matière et le récit transmis. En effet, le hadith d’Abū Lubāba ibn ‘Abd al-Mundhir rapporte que, lorsqu’Allah eut accepté son repentir et qu’il voulut donner tous ses biens en aumône, le Messager d’Allah — que la prière et le salut soient sur lui — lui dit :

« Il te suffit d’en donner le tiers. »

Ce texte appuie explicitement la doctrine de Mālik.

Le principe général, en revanche, exige qu’il soit tenu de donner tous ses biens, par analogie avec les autres vœux : il doit accomplir son vœu conformément à son intention. Il faut toutefois soustraire ce cas à la règle générale, puisque le texte en fait une exception. Mais Mālik n’a pas suivi ici son propre principe. Il estime en effet que celui qui s’engage, par serment ou par vœu, à donner un bien déterminé est tenu de le faire, même si ce bien constitue toute sa fortune. De même, selon lui, celui qui désigne une part déterminée de ses biens doit la donner, même si elle dépasse le tiers.

Cela contredit le texte explicite du hadith d’Abū Lubāba qu’il rapporte, ainsi que les paroles du Messager d’Allah — que la prière et le salut soient sur lui — dans le récit de l’homme venu lui apporter un morceau d’or de la taille d’un œuf :

« L’homme dit : “J’ai trouvé ceci dans une mine. Prends-le, c’est une aumône ; je ne possède rien d’autre.” Le Messager d’Allah — que la prière et le salut soient sur lui — se détourna de lui. L’homme revint alors par sa droite, puis par sa gauche, puis par-derrière. Le Messager d’Allah — que la prière et le salut soient sur lui — prit le morceau d’or et le lança sur lui. S’il l’avait atteint, il lui aurait fait mal. Puis il dit — que la prière et le salut soient sur lui : “L’un de vous apporte tout ce qu’il possède et dit : ‘C’est une aumône’, puis il se met à mendier auprès des gens ! La meilleure aumône est celle qui laisse son auteur à l’abri du besoin.” »

Ce texte indique explicitement que l’intéressé n’est pas tenu de donner le bien déterminé qu’il a destiné à l’aumône lorsque celui-ci constitue toute sa fortune. Peut-être Mālik ne tenait-il pas ces récits pour authentiques.

Quant aux autres avis exprimés sur cette question, ils sont faibles, tout particulièrement ceux qui fixent une proportion autre que le tiers. Ces développements suffisent à exposer les principes fondamentaux de ce livre. Allah est Celui qui guide vers ce qui est juste.

فِي ذَلِكَ كَفَّارَةُ يَمِينٍ فَقَطْ، وَهُوَ مَذْهَبُ الشَّافِعِيِّ فِي النُّذُورِ الَّتِي مَخْرَجُهَا مَخْرَجُ الشَّرْطِ، لِأَنَّهُ أَلْحَقَهَا بِحُكْمِ الْأَيْمَانِ. وَأَمَّا مَالِكٌ فَأَلْحَقَهَا بِحُكْمِ النُّذُورِ عَلَى مَا تَقَدَّمَ مِنْ قَوْلِنَا فِي كِتَابِ الْأَيْمَانِ. وَالَّذِينَ اعْتَقَدُوا وُجُوبَ إِخْرَاجِ مَالِهِ فِي الْمَوْضِعِ الَّذِي اعْتَقَدُوهُ ; اخْتَلَفُوا فِي الْوَاجِبِ عَلَيْهِ، فَقَالَ مَالِكٌ: يُخْرِجُ ثُلُثَ مَالِهِ فَقَطْ. وَقَالَ قَوْمٌ: بَلْ يَجِبُ عَلَيْهِ إِخْرَاجُ جَمِيعِ مَالِهِ، وَبِهِ قَالَ إِبْرَاهِيمُ النَّخَعِيُّ وَزُفَرُ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: يُخْرِجُ جَمِيعَ الْأَمْوَالِ الَّتِي يَجِبُ الزَّكَاةُ فِيهَا. وَقَالَ بَعْضُهُمْ: إِنْ أَخْرَجَ مِثْلَ زَكَاةِ مَالِهِ أَجْزَأَهُ. وَفِي الْمَسْأَلَةِ قَوْلٌ خَامِسٌ: وَهُوَ إِنْ كَانَ الْمَالُ كَثِيرًا أَخْرَجَ خُمُسَهُ، وَإِنْ كَانَ وَسَطًا أَخْرَجَ سُبُعَهُ، وَإِنْ كَانَ يَسِيرًا أَخْرَجَ عُشْرَهُ، وَحَدَّ هَؤُلَاءِ الْكَثِيرَ بِأَلْفَيْنِ، وَالْوَسَطَ بِأَلْفٍ، وَالْقَلِيلَ بِخَمْسِمِائَةٍ، وَذَلِكَ مَرْوِيٌّ عَنْ قَتَادَةَ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ فِي هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ أَعْنِي مَنْ قَالَ الْمَالُ كُلُّهُ أَوْ ثُلُثُهُ مُعَارَضَةُ الْأَصْلِ فِي هَذَا الْبَابِ لِلْأَثَرِ، وَذَلِكَ أَنَّ مَا جَاءَ فِي حَدِيثِ «أَبِي لُبَابَةَ بْنِ عَبْدِ الْمُنْذِرِ حِينَ تَابَ اللَّهُ عَلَيْهِ، وَأَرَادَ أَنْ يَتَصَدَّقَ بِجَمِيعِ مَالِهِ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: " يُجْزِيكَ مِنْ ذَلِكَ الثُّلُثُ» هُوَ نَصٌّ فِي مَذْهَبِ مَالِكٍ. وَأَمَّا الْأَصْلُ: فَيُوجِبُ أَنَّ اللَّازِمَ لَهُ إِنَّمَا هُوَ جَمِيعُ مَالِهِ حَمْلًا عَلَى سَائِرِ النَّذْرِ أَعْنِي أَنَّهُ يَجِبُ الْوَفَاءُ بِهِ عَلَى الْوَجْهِ الَّذِي قَصَدَهُ لَكِنَّ الْوَاجِبَ هُوَ اسْتِثْنَاءُ هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ مِنْ هَذِهِ الْقَاعِدَةِ، إِذْ قَدِ اسْتَثْنَاهَا النَّصُّ، إِلَّا أَنَّ مَالِكًا لَمْ يَلْزَمْ فِي هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ أَصْلُهُ، وَذَلِكَ أَنَّهُ قَالَ: إِنْ حَلَفَ أَوْ نَذَرَ شَيْئًا مُعَيَّنًا لَزِمَهُ وَإِنْ كَانَ كُلَّ مَالِهِ، وَكَذَلِكَ يَلْزَمُ عِنْدَهُ إِنْ عَيَّنَ جُزْءًا مِنْ مَالِهِ وَهُوَ أَكْثَرُ مِنَ الثُّلُثِ، وَهَذَا مُخَالِفٌ لِنَصِّ مَا رَوَاهُ فِي حَدِيثِ أَبِي لُبَابَةَ وَفِي «قَوْلِ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - لِلَّذِي جَاءَ بِمِثْلِ بَيْضَةٍ مِنْ ذَهَبٍ، فَقَالَ: أَصَبْتُ هَذَا مِنْ مَعْدِنٍ فَخُذْهَا فَهِيَ صَدَقَةٌ مَا أَمْلِكُ غَيْرَهَا، فَأَعْرَضَ عَنْهُ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -، ثُمَّ جَاءَهُ عَنْ يَمِينِهِ ثُمَّ عَنْ يَسَارِهِ ثُمَّ مِنْ خَلْفِهِ، فَأَخَذَهَا رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فَحَذَفَهُ بِهَا، فَلَوْ أَصَابَهُ بِهَا لَأَوْجَعَهُ، وَقَالَ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: " يَأْتِي أَحَدُكُمْ بِمَا يَمْلِكُ فَيَقُولُ: هَذِهِ صَدَقَةٌ، ثُمَّ يَقْعُدُ يَتَكَفَّفُ النَّاسَ، خَيْرُ الصَّدَقَةِ مَا كَانَ عَنْ ظَهْرِ غِنًى» وَهَذَا نَصٌّ فِي أَنَّهُ لَا يَلْزَمُ الْمَالُ الْمُعَيَّنُ إِذَا تَصَدَّقَ بِهِ وَكَانَ جَمِيعَ مَالِهِ ; وَلَعَلَّ مَالِكًا لَمْ تَصِحَّ عِنْدَهُ هَذِهِ الْآثَارُ. وَأَمَّا سَائِرُ الْأَقَاوِيلِ الَّتِي قِيلَتْ فِي هَذِهِ الْمَسْأَلَةِ فَضِعَافٌ، وَبِخَاصَّةٍ مَنْ حَدَّ فِي ذَلِكَ غَيْرَ الثُّلُثِ، وَهَذَا الْقَدْرُ كَافٍ فِي أُصُولِ هَذَا الْكِتَابِ، وَاللَّهُ الْمُوَفِّقُ لِلصَّوَابِ.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies