Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

au pèlerin qui accomplit successivement le petit puis le grand pèlerinage, ou qui les réunit, au motif que celui qui les réunit accomplit en un seul voyage ce qui lui incombait en deux, tandis que cet homme accomplit en deux voyages ce qui lui incombait en un seul, estime qu’il doit présenter la même offrande sacrificielle que le pèlerin qui réunit les deux rites ou les accomplit successivement.

Celui qui rapproche son cas des autres actes du pèlerinage auxquels un sacrifice peut se substituer estime qu’un sacrifice lui incombe. Celui qui s’appuie sur les traditions rapportées à ce sujet considère que, s’il ne peut poursuivre sa marche, rien ne lui incombe.

Abū ‘Umar a dit : « Les traditions prophétiques authentiquement établies en la matière indiquent qu’il faut lever la difficulté. » Il en est bien comme il l’a dit.

Parmi ces traditions figure le hadith de ‘Uqba ibn ‘Āmir al-Juhanī, qui rapporte :

« Ma sœur avait fait le vœu de se rendre à pied à la Maison d’Allah, Puissant et Majestueux. Elle me demanda de consulter pour elle le Messager d’Allah — que la prière et le salut soient sur lui. Je consultai donc pour elle le Prophète — que la prière et le salut soient sur lui —, qui répondit : “Qu’elle marche et qu’elle prenne une monture.” »

Muslim l’a rapporté.

Il y a également le hadith d’Anas ibn Mālik :

« Le Messager d’Allah — que la prière et le salut soient sur lui — vit un homme qui marchait soutenu par ses deux filles. Il s’enquit de son cas. On lui répondit : “Il a fait le vœu d’aller à pied.” Il dit alors — que la prière et le salut soient sur lui : “Allah n’a nul besoin que cet homme s’inflige de telles souffrances”, puis lui ordonna de prendre une monture. »

Ce récit est lui aussi authentiquement établi.

Troisième question :

Après s’être accordés sur l’obligation de respecter le vœu d’aller à pied pour accomplir le grand ou le petit pèlerinage, ils divergent sur le cas de celui qui fait le vœu de se rendre à pied à la mosquée du Prophète — que la prière et le salut soient sur lui — ou à la mosquée de Jérusalem, dans l’intention d’y prier.

Mālik et al-Shāfi‘ī estiment qu’il est tenu de s’y rendre à pied. Abū Hanīfa considère que ce vœu ne lui impose rien et qu’il lui suffit de prier en quelque lieu que ce soit. Il en va de même, selon lui, lorsqu’un homme fait le vœu de prier dans la Mosquée sacrée. S’il considère comme obligatoire de s’y rendre à pied, c’est uniquement en raison du grand et du petit pèlerinage.

Abū Yūsuf, son disciple, estime que celui qui fait le vœu de prier dans la mosquée de Jérusalem ou dans celle du Prophète — que la prière et le salut soient sur lui — est tenu de le respecter. Toutefois, s’il prie dans la Maison sacrée, cela lui suffit pour s’acquitter de son vœu.

La majorité des savants considère que le vœu de se rendre dans une mosquée autre que ces trois-là n’est pas contraignant, en raison de ce propos rapporté du Prophète — que la prière et le salut soient sur lui :

« “On ne selle les montures que pour trois mosquées.” Il mentionna la Mosquée sacrée, sa mosquée et la mosquée de Jérusalem. »

Certains estiment néanmoins qu’il est obligatoire de respecter le vœu de se rendre dans les mosquées où l’on espère obtenir un mérite supplémentaire. Ils invoquent à cet égard l’avis donné par Ibn ‘Abbās à l’enfant d’une femme qui avait fait le vœu de se rendre à pied à la mosquée de Qubā’, puis était décédée : il devait effectuer cette marche pour elle.

Leur divergence concernant le vœu de se rendre ailleurs qu’à la Mosquée sacrée tient à leur désaccord sur la raison pour laquelle on selle les montures à destination de ces trois mosquées. S’agissant des deux autres que la Maison sacrée, est-ce pour y accomplir la prière obligatoire ou la prière surérogatoire ?

Celui qui estime que c’est pour la prière obligatoire, et considère qu’un acte obligatoire ne peut faire l’objet d’un vœu puisqu’il est déjà imposé par la Loi, conclut que le vœu de se rendre à pied dans ces deux mosquées n’est pas contraignant. Quant à celui qui estime qu’un vœu peut porter sur un acte obligatoire

بِالْمُتَمَتِّعِ وَالْقَارِنِ مِنْ أَجْلِ أَنَّ الْقَارِنَ فَعَلَ مَا كَانَ عَلَيْهِ فِي سَفَرَيْنِ فِي سَفَرٍ وَاحِدٍ ; وَهَذَا فَعَلَ مَا كَانَ عَلَيْهِ فِي سَفَرٍ وَاحِدٍ فِي سَفَرَيْنِ قَالَ: يَجِبُ عَلَيْهِ هَدْيُ الْقَارِنِ أَوِ الْمُتَمَتِّعِ. وَمَنْ شَبَّهَهُ بِسَائِرِ الْأَفْعَالِ الَّتِي تَنُوبُ عَنْهَا فِي الْحَجِّ إِرَاقَةُ الدَّمِ قَالَ: فِيهِ دَمٌ. وَمَنْ أَخَذَ بِالْآثَارِ الْوَارِدَةِ فِي هَذَا الْبَابِ قَالَ: إِذَا عَجَزَ فَلَا شَيْءَ عَلَيْهِ. قَالَ أَبُو عُمَرَ: وَالسُّنَنُ الْوَارِدَةُ الثَّابِتَةُ فِي هَذَا الْبَابِ دَلِيلٌ عَلَى طَرْحِ الْمَشَقَّةِ، وَهُوَ كَمَا قَالَ: وَأَحَدُهَا: حَدِيثُ عُقْبَةَ بْنِ عَامِرٍ الْجُهَنِيِّ قَالَ: «نَذَرَتْ أُخْتِي أَنْ تَمْشِيَ إِلَى بَيْتِ اللَّهِ عَزَّ وَجَلَّ فَأَمَرَتْنِي أَنْ أَسْتَفْتِيَ لَهَا رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -، فَاسْتَفْتَيْتُ لَهَا النَّبِيَّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فَقَالَ: " لِتَمْشِ وَلِتَرْكَبْ» خَرَّجَهُ مُسْلِمٌ. وَحَدِيثُ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ: «أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - رَأَى رَجُلًا يُهَادَى بَيْنَ ابْنَتَيْهِ، فَسَأَلَ عَنْهُ فَقَالُوا: نَذَرَ أَنْ يَمْشِيَ، فَقَالَ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: إِنَّ اللَّهَ لَغَنِيٌّ عَنْ تَعْذِيبِ هَذَا نَفْسَهُ، وَأَمَرَهُ أَنْ يَرْكَبَ» وَهَذَا أَيْضًا ثَابِتٌ. الْمَسْأَلَةُ الثَّالِثَةُ: اخْتَلَفُوا بَعْدَ اتِّفَاقِهِمْ عَلَى لُزُومِ الْمَشْيِ فِي حَجٍّ أَوْ عُمْرَةٍ فِيمَنْ نَذَرَ أَنْ يَمْشِيَ إِلَى مَسْجِدِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَوْ إِلَى بَيْتِ الْمَقْدِسِ، يُرِيدُ بِذَلِكَ الصَّلَاةَ فِيهِمَا، فَقَالَ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ: يَلْزَمُهُ الْمَشْيُ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: لَا يَلْزَمُهُ شَيْءٌ، وَحَيْثُ صَلَّى أَجَزْأَهُ، وَكَذَلِكَ عِنْدَهُ إِنْ نَذَرَ الصَّلَاةَ فِي الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ، وَإِنَّمَا وَجَبَ عِنْدَهُ الْمَشْيُ إِلَى الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ لِمَكَانِ الْحَجِّ وَالْعُمْرَةِ. وَقَالَ أَبُو يُوسُفَ صَاحِبُهُ: مَنْ نَذَرَ أَنْ يُصَلِّيَ فِي بَيْتِ الْمَقْدِسِ أَوْ فِي مَسْجِدِ النَّبِيِّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - لَزِمَهُ، وَإِنْ صَلَّى فِي الْبَيْتِ الْحَرَامِ أَجْزَأَهُ عَنْ ذَلِكَ، وَأَكْثَرُ النَّاسِ عَلَى أَنَّ النَّذْرَ لِمَا سِوَى هَذِهِ الْمَسَاجِدِ الثَّلَاثَةِ لَا يَلْزَمُ لِقَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «لَا تُسْرَجُ الْمَطِيُّ إِلَّا لِثَلَاثٍ، فَذَكَرَ الْمَسْجِدَ الْحَرَامَ، وَمَسْجِدَهُ، وَبَيْتَ الْمَقْدِسِ» . وَذَهَبَ بَعْضُ النَّاسِ إِلَى أَنَّ النَّذْرَ إِلَى الْمَسَاجِدِ الَّتِي يُرْجَى فِيهَا فَضْلٌ زَائِدٌ وَاجِبٌ، وَاحْتَجَّ فِي ذَلِكَ بِفَتْوَى ابْنِ عَبَّاسٍ لِوَلَدِ الْمَرْأَةِ الَّتِي نَذَرَتْ أَنْ تَمْشِيَ إِلَى مَسْجِدِ قُبَاءَ فَمَاتَتْ: أَنْ يَمْشِيَ عَنْهَا. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ فِي النَّذْرِ إِلَى مَا عَدَا الْمَسْجِدَ الْحَرَامَ اخْتِلَافُهُمْ فِي الْمَعْنَى الَّذِي إِلَيْهِ تُسْرَجُ الْمَطِيُّ إِلَى هَذِهِ الثَّلَاثِةِ مَسَاجِدَ، هَلْ ذَلِكَ لِمَوْضِعِ صَلَاةِ الْفَرْضِ فِيمَا عَدَا الْبَيْتَ الْحَرَامَ أَوْ لِمَوْضِعِ صَلَاةِ النَّفْلِ؟ فَمَنْ قَالَ: لِمَوْضِعِ صَلَاةِ الْفَرْضِ ; وَكَانَ الْفَرْضُ عِنْدَهُ لَا يُنْذَرُ إِذْ كَانَ وَاجِبًا بِالشَّرْعِ قَالَ: النَّذْرُ بِالْمَشْيِ إِلَى هَذَيْنِ الْمَسْجِدَيْنِ غَيْرُ لَازِمٍ. وَمَنْ كَانَ عِنْدَهُ أَنَّ النَّذْرَ قَدْ يَكُونُ فِي الْوَاجِبِ

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