Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

vœu formulé sous une forme conditionnelle, lorsqu’il porte sur un acte par lequel on se rapproche d’Allah. Ils ont conclu à l’obligation d’honorer le vœu en raison de la portée générale de cette parole du Très-Haut :

« Ô vous qui croyez ! Respectez vos engagements. » [La Table servie : 1]

Allah, Très-Haut, a également fait l’éloge de ceux qui s’en acquittent, en disant :

« Ils accomplissent leurs vœux. » [L’Homme : 7]

Il a aussi annoncé un châtiment pour leur rupture, en disant :

« Parmi eux, certains ont pris cet engagement envers Allah : “S’Il nous accorde de Sa grâce…” » [Le Repentir : 75], jusqu’à Sa parole : « et parce qu’ils mentaient. » [Le Repentir : 77]

Leur désaccord sur la nécessité d’employer expressément le mot « vœu » dans le vœu inconditionnel tient à cette question : le vœu devient-il contraignant par l’intention et la formulation verbale réunies, ou par la seule intention ? Selon ceux qui exigent les deux, si quelqu’un dit : « Je m’engage envers Allah à telle et telle chose », sans préciser « par vœu », rien ne lui incombe. En effet, il ne fait qu’affirmer qu’une chose lui est obligatoire, alors qu’Allah ne la lui a pas imposée, à moins de préciser ce qui fonde cette obligation. Ceux qui ne font pas de l’emploi de ce mot une condition considèrent que le vœu est valablement contracté même sans que son nom soit expressément prononcé. Telle est la position de Mālik : je veux dire que le vœu est contraignant même si le mot « vœu » n’est pas expressément employé. Certes, selon son école, le vœu n’est contraignant que si l’intention et la formulation verbale sont réunies ; il estime toutefois que l’omission du mot « vœu » dans la formule est sans incidence, puisque les propos qui prennent la forme d’un vœu ont bien pour objet de faire un vœu, même si ce mot n’y figure pas expressément. C’est la position de la majorité, tandis que la première est celle de Sa‘īd ibn al-Musayyab.

Il semble que ceux qui ne considèrent pas le vœu inconditionnel comme contraignant aient adopté cette position parce qu’ils ont compris l’ordre de l’accomplir comme une recommandation. De même, ceux qui exigent qu’il soit prononcé de bon gré posent cette condition parce qu’un acte par lequel on se rapproche d’Allah ne peut procéder que d’une volonté libre, non de l’obstination. Telle est la position d’al-Shāfi‘ī.

Pour Mālik, en revanche, le vœu est contraignant quelles que soient les circonstances dans lesquelles il a été prononcé. Tels sont donc leurs désaccords sur son caractère contraignant du point de vue de sa formulation.

Quant à leurs désaccords sur son caractère contraignant selon les choses sur lesquelles il porte, ils concernent deux questions fondamentales.

Première question :

Ils divergent au sujet de celui qui fait le vœu de commettre un péché. Mālik, al-Shāfi‘ī et la majorité des savants estiment que rien ne lui incombe à ce titre. Abū Hanīfa, Sufyān et les juristes de Kūfa considèrent, au contraire, que ce vœu est contraignant ; toutefois, ce qu’il impose selon eux est l’expiation d’un serment, non l’accomplissement du péché.

Ce désaccord tient à la contradiction apparente entre les traditions rapportées à ce sujet. Deux hadiths ont en effet été transmis dans ce domaine. Le premier est celui de ‘Ā’isha, selon lequel le Prophète — que la prière et le salut soient sur lui — a dit :

« Que celui qui fait le vœu d’obéir à Allah Lui obéisse ; et que celui qui fait le vœu de Lui désobéir ne Lui désobéisse pas. »

Le sens apparent de ce hadith est que le vœu de commettre un péché n’est pas contraignant.

Le second est le hadith de ‘Imrān ibn Husayn, ainsi que celui d’Abū Hurayra, transmis de manière établie du Prophète — que la prière et le salut soient sur lui —, selon lequel il a dit :

« Il n’y a pas de vœu valable dans la désobéissance à Allah ; son expiation est celle d’un serment. »

Ce texte établit explicitement qu’une obligation en découle.

Ceux qui concilient les deux hadiths sur ce point disent que le premier indique que l’accomplissement du péché ne s’impose pas, tandis que le second établit l’obligation de l’expiation. Quant à celui qui a donné la préférence au sens apparent du hadith de ‘Ā’isha, parce qu’il ne tenait pas pour authentique le hadith de

النَّذْرِ الَّذِي مَخْرَجُهُ مَخْرَجُ الشَّرْطِ إِذَا كَانَ نَذْرًا بِقُرْبَةٍ، وَإِنَّمَا صَارُوا لِوُجُوبِ النَّذْرِ لِعُمُومِ قَوْله تَعَالَى: {يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا أَوْفُوا بِالْعُقُودِ} [المائدة: ١] . وَلِأَنَّ اللَّهَ تَعَالَى قَدْ مَدَحَ بِهِ فَقَالَ: {يُوفُونَ بِالنَّذْرِ} [الإنسان: ٧] . وَأَخْبَرَ بِوُقُوعِ الْعِقَابِ بِنَقْضِهِ، فَقَالَ: {وَمِنْهُمْ مَنْ عَاهَدَ اللَّهَ لَئِنْ آتَانَا مِنْ فَضْلِهِ} [التوبة: ٧٥] الْآيَةَ، إِلَى قَوْلِهِ: {وَبِمَا كَانُوا يَكْذِبُونَ} [التوبة: ٧٧] . وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ فِي التَّصْرِيحِ بِلَفْظِ النَّذْرِ فِي النَّذْرِ الْمُطْلَقِ: هُوَ اخْتِلَافُهُمْ فِي هَلْ يَجِبُ النَّذْرُ بِالنِّيَّةِ وَاللَّفْظِ مَعًا أَوْ بِالنِّيَّةِ فَقَطْ؟ فَمَنْ قَالَ بِهِمَا مَعًا إِذَا قَالَ: لِلَّهِ عَلَيَّ كَذَا وَكَذَا ; وَلَمْ يَقُلْ: نَذْرًا لَمْ يَلْزَمْهُ شَيْءٌ، لِأَنَّهُ إِخْبَارٌ بِوُجُوبِ شَيْءٍ لَمْ يُوجِبْهُ اللَّهُ عَلَيْهِ، إِلَّا أَنْ يُصَرِّحَ بِجِهَةِ الْوُجُوبِ، وَمَنْ قَالَ لَيْسَ مِنْ شَرْطِهِ اللَّفْظُ قَالَ: يَنْعَقِدُ النَّذْرُ وَإِنْ لَمْ يُصَرِّحْ بِلَفْظِهِ، وَهُوَ مَذْهَبُ مَالِكٍ أَعْنِي: أَنَّهُ إِذَا لَمْ يُصَرِّحْ بِلَفْظِ النَّذْرِ أَنَّهُ يَلْزَمُ، وَإِنْ كَانَ مِنْ مَذْهَبِهِ أَنَّ النَّذْرَ لَا يَلْزَمُ إِلَّا بِالنِّيَّةِ وَاللَّفْظِ، لَكِنْ رَأَى أَنَّ حَذْفَ لَفْظِ النَّذْرِ مِنَ الْقَوْلِ غَيْرُ مُعْتَبَرٍ، إِذْ كَانَ الْمَقْصُودُ بِالْأَقَاوِيلِ الَّتِي مَخْرَجُهَا مَخْرَجُ النَّذْرِ النَّذْرَ وَإِنْ لَمْ يُصَرِّحْ فِيهَا بِلَفْظِ النَّذْرِ، وَهَذَا مَذْهَبُ الْجُمْهُورِ، وَالْأَوَّلُ مَذْهَبُ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيَّبِ. وَيُشْبِهُ أَنْ يَكُونَ مَنْ لَمْ يَرَ لُزُومَ النَّذْرِ الْمُطْلَقِ إِنَّمَا فَعَلَ ذَلِكَ مِنْ قِبَلِ أَنَّهُ حَمَلَ الْأَمْرَ بِالْوَفَاءِ عَلَى النَّدْبِ، وَكَذَلِكَ مَنِ اشْتَرَطَ فِيهِ الرِّضَا ; فَإِنَّمَا اشْتَرَطَهُ لِأَنَّ الْقُرْبَةَ إِنَّمَا تَكُونُ عَلَى جِهَةِ الرِّضَا، لَا عَلَى جِهَةِ اللَّجَاجِ، وَهُوَ مَذْهَبُ الشَّافِعِيِّ. وَأَمَّا مَالِكٌ فَالنَّذْرُ عِنْدَهُ لَازِمٌ عَلَى أَيِّ جِهَةٍ وَقَعَ، فَهَذَا مَا اخْتَلَفُوا فِي لُزُومِهِ مِنْ جِهَةِ اللَّفْظِ. وَأَمَّا مَا اخْتَلَفُوا فِي لُزُومِهِ مِنْ جِهَةِ الْأَشْيَاءِ الْمَنْذُورِ بِهَا، فَإِنَّ فِيهِ مِنَ الْمَسَائِلِ الْأُصُولِ اثْنَتَيْنِ: الْمَسْأَلَةُ الأُولَى: اخْتَلَفُوا فِيمَنْ نَذَرَ مَعْصِيَةً: فَقَالَ مَالِكٌ، وَالشَّافِعِيُّ وَجُمْهُورُ الْعُلَمَاءِ: لَيْسَ يَلْزَمُهُ فِي ذَلِكَ شَيْءٌ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ، وَسُفْيَانُ، وَالْكُوفِيُّونَ: بَلْ هُوَ لَازِمٌ، وَاللَّازِمُ عِنْدَهُمْ فِيهِ هُوَ كَفَّارَةُ يَمِينٍ، لَا فِعْلُ الْمَعْصِيَةِ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ: تَعَارُضُ ظَوَاهِرِ الْآثَارِ فِي هَذَا الْبَابِ، وَذَلِكَ أَنَّهُ رُوِيَ فِي هَذَا الْبَابِ حَدِيثَانِ أَحَدُهُمَا: حَدِيثُ عَائِشَةَ عَنِ النَّبِيِّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أَنَّهُ قَالَ: «مَنْ نَذَرَ أَنْ يُطِيعَ اللَّهَ فَلْيُطِعْهُ، وَمَنْ نَذَرَ أَنْ يَعْصِيَ اللَّهَ فَلَا يَعْصِهِ» . فَظَاهِرٌ هَذَا أَنَّهُ لَا يَلْزَمُ النَّذْرُ بِالْعِصْيَانِ. وَالْحَدِيثُ الثَّانِي: حَدِيثُ عِمْرَانَ بْنِ حُصَيْنٍ، وَحَدِيثُ أَبِي هُرَيْرَةَ الثَّابِتُ عَنِ النَّبِيِّ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أَنَّهُ قَالَ «لَا نَذْرَ فِي مَعْصِيَةِ اللَّهِ، وَكَفَّارَتُهُ كَفَّارَةُ يَمِينٍ» . وَهَذَا نَصٌّ فِي مَعْنَى اللُّزُومِ. فَمَنْ جَمَعَ بَيْنَهُمَا فِي هَذَا، قَالَ: الْحَدِيثُ الْأَوَّلُ تَضَمَّنَ الْإِعْلَامَ بِأَنَّ الْمَعْصِيَةَ لَا تَلْزَمُ، وَهَذَا الثَّانِي تَضَمَّنَ لُزُومَ الْكَفَّارَةِ. فَمَنْ رَجَّحَ ظَاهِرَ حَدِيثِ عَائِشَةَ إِذْ لَمْ يَصِحَّ عِنْدَهُ حَدِيثُ

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