[Livre des vœux]
[Chapitre premier : Des catégories de vœux]
Ce livre comporte trois chapitres :
Chapitre premier : Des catégories de vœux.
Chapitre deuxième : Des vœux contraignants et de ceux qui ne le sont pas, et de leurs règles générales.
Chapitre troisième : De la détermination de ce que les vœux imposent et des règles qui s’y rapportent.
Chapitre premier : Des catégories de vœux
Les vœux peuvent d’abord être classés selon deux critères : leur formulation et les choses sur lesquelles ils portent.
Du point de vue de leur formulation, ils sont de deux sortes : le vœu inconditionnel, formulé comme un énoncé déclaratif, et le vœu conditionnel, formulé comme une proposition conditionnelle.
Le vœu inconditionnel est lui-même de deux sortes, selon que son objet est expressément mentionné ou non. Le premier consiste, par exemple, à dire : « Je fais à Allah le vœu d’accomplir le pèlerinage. » Le second consiste à dire : « Je fais un vœu à Allah », sans préciser ce à quoi ce vœu engage. Dans le premier cas, le mot « vœu » peut être expressément employé ou non, comme lorsqu’on dit : « Je m’engage envers Allah à accomplir le pèlerinage. »
Quant au vœu conditionnel, il consiste, par exemple, à dire : « Si telle chose se produit, je fais à Allah le vœu de telle chose et de faire tel acte. » On peut le subordonner à un acte d’Allah, Très-Haut, en disant par exemple : « Si Allah guérit mon malade, je fais le vœu de telle et telle chose. » On peut aussi le subordonner à un acte que l’on accomplit soi-même, en disant par exemple : « Si je fais telle chose, je fais le vœu de telle chose. » C’est ce que les juristes appellent des serments ; nous avons toutefois déjà indiqué qu’il ne s’agit pas de serments. Telles sont donc les catégories de vœux du point de vue de leur formulation.
Quant à leur classement selon la nature de leur objet, ils se répartissent en quatre catégories : les vœux portant sur des actes par lesquels on se rapproche d’Allah, ceux portant sur des péchés, ceux portant sur des actes réprouvés et ceux portant sur des actes permis.
Chacune de ces quatre catégories se subdivise en deux : le vœu de s’abstenir de ces actes et le vœu de les accomplir.
[Chapitre deuxième : Des vœux contraignants et de ceux qui ne le sont pas]
Concernant les vœux contraignants et ceux qui ne le sont pas, les juristes s’accordent sur le caractère contraignant du vœu inconditionnel portant sur des actes par lesquels on se rapproche d’Allah, à l’exception de l’opinion rapportée de certains disciples d’al-Shāfi‘ī, selon laquelle le vœu inconditionnel n’est pas permis. Leur accord sur son caractère contraignant concerne uniquement le vœu prononcé de bon gré, et non par obstination, et dans lequel le mot « vœu » est expressément employé, non celui où il ne l’est pas ; cela vaut que l’objet du vœu soit expressément mentionné ou non. De même, ils sont unanimes sur le caractère contraignant du