Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

ville, conformément à l’avis d’al-Shāfi‘ī. »

Abū Hanīfa dit : « On leur donne un demi-sā‘ de blé, ou un sā‘ d’orge ou de dattes. » Il ajoute : « Si on leur sert un repas le matin et un autre le soir, cela suffit. »

Leur divergence sur ce point tient à leur interprétation de cette parole du Très-Haut :

« De ce dont vous nourrissez habituellement vos familles. » [al-Mā’ida : 89]

S’agit-il d’un seul repas ou de la nourriture d’une journée, soit un repas le matin et un autre le soir ? Ceux qui retiennent un seul repas estiment qu’un mudd correspond à une quantité moyenne permettant de se rassasier. Ceux qui retiennent deux repas, matin et soir, prescrivent un demi-sā‘.

Leur divergence a une autre cause : cette expiation peut être rapprochée soit de celle qui est due pour avoir délibérément rompu le jeûne de Ramadan, soit de l’expiation liée à une gêne. Ceux qui l’assimilent à l’expiation pour rupture du jeûne prescrivent un mudd ; ceux qui l’assimilent à l’expiation liée à une gêne prescrivent un demi-sā‘.

Ils divergent également sur la nécessité de fournir un accompagnement avec le pain et, si tel est le cas, sur ce qui constitue un accompagnement moyen. Selon un avis, du pain seul suffit. Ibn Habīb estime que cela ne suffit pas. Selon un avis, l’accompagnement moyen est l’huile ; selon un autre, ce sont le lait, le beurre clarifié et les dattes.

Les disciples de Mālik divergent sur les familles auxquelles se rapporte la nourriture moyenne mentionnée dans cette parole du Très-Haut :

« De ce dont vous nourrissez habituellement vos familles. » [al-Mā’ida : 89]

Selon un avis, il s’agit de la famille de celui qui accomplit l’expiation. Dans ce cas, il donne une nourriture de qualité moyenne parmi les aliments dont il se nourrit : des légumineuses s’il se nourrit de légumineuses, du blé s’il se nourrit de blé. Selon un autre avis, il s’agit des familles des habitants de la ville où il réside. Ce qu’il doit fournir se détermine alors d’après l’alimentation moyenne des habitants de cette ville, et non d’après la sienne ; j’entends par là leur alimentation prédominante. Ces deux interprétations s’appliquent aussi à la quantité moyenne de nourriture à donner : soit la quantité moyenne dont il nourrit sa propre famille, soit celle dont les habitants de la ville nourrissent les leurs, sauf à Médine, qui constitue un cas particulier.

Deuxième question — Les vêtements suffisants pour s’acquitter de l’expiation : Mālik estime qu’il faut fournir une tenue permettant d’accomplir valablement la prière. Si l’on vêt un homme, on lui donne un vêtement ; si l’on vêt des femmes, on donne à chacune deux vêtements : une robe et un voile. Al-Shāfi‘ī et Abū Hanīfa estiment que le minimum auquel s’applique le terme de vêtement suffit : un pagne, une tunique, un pantalon ou un turban. Abū Yūsuf considère que ni le turban ni le pantalon ne suffisent.

Leur divergence tient à la question suivante : faut-il retenir le sens minimal du terme dans la langue, ou son sens dans la Loi religieuse ?

Troisième question — La nécessité de jeûner les trois jours consécutivement : Mālik et al-Shāfi‘ī n’en font pas une condition obligatoire, bien qu’ils le recommandent. Abū Hanīfa, quant à lui, l’exige. Leur divergence a deux causes.

La première est de savoir s’il est permis de mettre en pratique une lecture qui ne figure pas dans le recueil coranique. En effet, la lecture de ‘Abd Allāh ibn Mas‘ūd porte : « Il jeûnera alors trois jours consécutifs. »

La seconde tient à leur désaccord sur le point suivant : l’ordre de jeûner, formulé sans autre précision, doit-il être compris comme exigeant des jours consécutifs, ou non, si la règle de base du jeûne obligatoire prescrit par la Loi est de l’observer consécutivement ?

مَدِينَةٍ مِثْلَ قَوْلِ الشَّافِعِيِّ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: يُعْطِيهِمْ نِصْفَ صَاعٍ مِنْ حِنْطَةٍ، أَوْ صَاعًا مِنْ شَعِيرٍ أَوْ تَمْرٍ، قَالَ: فَإِنْ غَدَّاهُمْ وَعَشَّاهُمْ أَجَزْأَهُ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ فِي ذَلِكَ اخْتِلَافُهُمْ فِي تَأْوِيلِ قَوْله تَعَالَى: {مِنْ أَوْسَطِ مَا تُطْعِمُونَ أَهْلِيكُمْ} [المائدة: ٨٩] هَلِ الْمُرَادُ بِذَلِكَ أَكْلَةٌ وَاحِدَةٌ، أَوْ قُوتُ الْيَوْمِ، وَهُوَ غَدَاءٌ وَعَشَاءٌ؟ فَمَنْ قَالَ: أَكْلَةٌ وَاحِدَةٌ قَالَ: الْمُدُّ وَسَطٌ فِي الشِّبَعِ. وَمَنْ قَالَ: غَدَاءٌ وَعَشَاءٌ قَالَ: نِصْفُ صَاعٍ. وَلِاخْتِلَافِهِمْ أَيْضًا سَبَبٌ آخَرُ، وَهُوَ تَرَدُّدُ هَذِهِ الْكَفَّارَةِ بَيْنَ كَفَّارَةِ الْفِطْرِ مُتَعَمِّدًا فِي رَمَضَانَ وَبَيْنَ كَفَّارَةِ الْأَذَى. فَمَنْ شَبَّهَهَا بِكَفَّارَةِ الْفِطْرِ قَالَ: مُدٌّ وَاحِدٌ، وَمَنْ شَبَّهَهَا بِكَفَّارَةِ الْأَذَى قَالَ: نِصْفُ صَاعٍ. وَاخْتَلَفُوا هَلْ يَكُونُ مَعَ الْخُبْزِ فِي ذَلِكَ إِدَامٌ أَمْ لَا؟ وَإِنْ كَانَ فَمَا هُوَ الْوَسَطُ فِيهِ؟ فَقِيلَ: يُجْزِي الْخُبْزُ قِفَارًا. وَقَالَ ابْنُ حَبِيبٍ: لَا يُجْزِي. وَقِيلَ: الْوَسَطُ مِنَ الْإِدَامِ: الزَّيْتُ. وَقِيلَ: اللَّبَنُ وَالسَّمْنُ وَالتَّمْرُ. وَاخْتَلَفُوا أَصْحَابُ مَالِكٍ مَنِ الْأَهْلُ الَّذِينَ أَضَافَ إِلَيْهِمُ الْوَسَطَ مِنَ الطَّعَامِ فِي قَوْله تَعَالَى: {مِنْ أَوْسَطِ مَا تُطْعِمُونَ أَهْلِيكُمْ} [المائدة: ٨٩] ؟ فَقِيلَ: أَهْلُ الْمُكَفِّرِ، وَعَلَى هَذَا إِنَّمَا يُخْرَجُ الْوَسَطُ مِنَ الشَّيْءِ الَّذِي مِنْهُ يَعِيشُ، إِنْ قُطْنِيَّةً فَقُطْنِيَّةٌ، وَإِنْ حِنْطَةً فَحِنْطَةٌ، وَقِيلَ: بَلْ هُمْ أَهْلُ الْبَلَدِ الَّذِي هُوَ فِيهِ، وَعَلَى هَذَا فَالْمُعْتَبَرُ فِي اللَّازِمِ لَهُ هُوَ الْوَسَطُ مِنْ عَيْشِ أَهْلِ الْبَلَدِ لَا مِنْ عَيْشِهِ أَعْنِي الْغَالِبَ، وَعَلَى هَذَيْنِ الْقَوْلَيْنِ يُحْمَلُ قِدْرُ الْوَسَطِ مِنَ الْإِطْعَامِ، أَعْنِي الْوَسَطَ مِنْ قَدْرِ مَا يُطْعِمُ أَهْلَهُ، أَوِ الْوَسَطَ مِنْ قَدْرِ مَا يُطْعِمُ أَهْلُ الْبَلَدِ أَهْلِيهِمْ إِلَّا فِي الْمَدِينَةِ خَاصَّةً. وأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الثَّانِيَةُ: وَهِيَ الْمُجْزِئُ مِنَ الْكِسْوَةِ فَإِنَّ مَالِكًا رَأَى أَنَّ الْوَاجِبَ فِي ذَلِكَ هُوَ أَنْ يَكْسِيَ مَا يُجْزِئُ فِيهِ الصَّلَاةُ، فَإِنْ كَسَا الرَّجُلَ كَسَا ثَوْبًا، وَإِنْ كَسَا النِّسَاءَ كَسَا ثَوْبَيْنِ دِرْعًا وَخِمَارًا. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ، وَأَبُو حَنِيفَةَ: يُجْزِئُ فِي ذَلِكَ أَقَلُّ مَا يَنْطَلِقُ عَلَيْهِ الِاسْمُ: إِزَارٌ، أَوْ قَمِيصٌ، أَوْ سَرَاوِيلُ، أَوْ عِمَامَةٌ. وَقَالَ أَبُو يُوسُفَ: لَا تُجْزِي الْعِمَامَةُ، وَلَا السَّرَاوِيلُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ هَلِ الْوَاجِبُ الْأَخْذُ بِأَقَلِّ دَلَالَةِ الِاسْمِ اللُّغَوِيِّ أَوِ الْمَعْنَى الشَّرْعِيِّ. وأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الثَّالِثَةُ وَهِيَ اخْتِلَافُهُمْ فِي اشْتِرَاطِ تَتَابُعِ الْأَيَّامِ الثَّلَاثَةِ فِي الصِّيَامِ) : فَإِنَّ مَالِكًا، وَالشَّافِعِيَّ لَمْ يَشْتَرِطَا فِي ذَلِكَ وُجُوبَ التَّتَابُعِ، وَإِنْ كَانَا اسْتَحَبَّاهُ، وَاشْتَرَطَ ذَلِكَ أَبُو حَنِيفَةَ وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ فِي ذَلِكَ شَيْئَانِ: أَحَدُهُمَا: هَلْ يَجُوزُ الْعَمَلُ بِالْقِرَاءَةِ الَّتِي لَيْسَتْ فِي الْمُصْحَفِ، وَذَلِكَ أَنَّ فِي قِرَاءَةِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مَسْعُودٍ فَصِيَامُ ثَلَاثَةِ أَيَّامٍ مُتَتَابِعَاتٍ. وَالسَّبَبُ الثَّانِي: اخْتِلَافُهُمْ هَلْ يُحْمَلُ الْأَمْرُ بِمُطْلَقِ الصَّوْمِ عَلَى التَّتَابُعِ، أَمْ لَيْسَ يُحْمَلُ؟ إِذَا كَانَ الْأَصْلُ فِي الصِّيَامِ الْوَاجِبِ بِالشَّرْعِ إِنَّمَا هُوَ التَّتَابُعُ.

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