Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Chapitre premier
Des conditions auxquelles la réserve produit un effet sur le serment

Les savants s’accordent sur le fait que la réserve permet, en principe, de se délier des serments. Ils divergent toutefois sur les conditions auxquelles elle produit cet effet, après s’être accordés sur le point suivant : lorsque la réserve réunit trois conditions — être directement rattachée au serment, être prononcée et avoir été voulue dès le début du serment —, elle empêche celui-ci de prendre effet.

Leur divergence porte sur ces trois points : lorsque la réserve est séparée du serment ; lorsqu’on en a l’intention sans la prononcer ; ou lorsque l’intention de l’énoncer ne survient qu’après le serment, même si elle est formulée immédiatement à sa suite.

Première question : la condition selon laquelle la réserve doit être directement rattachée au serment

Certains en font une condition. Telle est la position de Mālik.

Al-Shāfi‘ī estime qu’une courte pause entre les deux ne présente aucun inconvénient, comme celle que l’on marque pour se rappeler quelque chose, reprendre son souffle ou à cause d’une interruption de la voix.

Certains Successeurs considèrent que celui qui a juré peut ajouter une réserve tant qu’il ne s’est pas levé de l’endroit où il était assis. Ibn ‘Abbās estimait qu’il pouvait toujours ajouter une réserve à ce qu’il se rappelait avoir juré, dès qu’il s’en souvenait.

Tous s’accordent sur le fait que soumettre à la volonté d’Allah l’accomplissement de ce que l’on a juré de faire, ou l’abandon de ce que l’on a juré de délaisser, libère du serment. En effet, la réserve consiste à lever le caractère contraignant du serment.

Abū Bakr ibn al-Mundhir a dit : « Il est établi que le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — a dit :

“Celui qui prête serment et dit : ‘Si Allah le veut’, ne commet pas de parjure.” »

Leur divergence porte seulement sur l’effet de la réserve lorsqu’elle n’est pas directement rattachée au serment : produit-elle alors un effet ou non ? Cette divergence tient à la question suivante : la réserve délie-t-elle d’un serment déjà constitué, ou empêche-t-elle sa constitution ?

Si nous disons qu’elle empêche le serment de se constituer, et non qu’elle en délie une fois constitué, il faut qu’elle lui soit directement rattachée. Si nous disons qu’elle en délie, cette condition ne s’impose pas.

Ceux qui s’accordent à dire qu’elle délie du serment divergent ensuite sur le délai dans lequel elle produit cet effet : seulement peu après le serment, ou même longtemps après, comme nous l’avons exposé.

Ceux qui estiment qu’elle n’en délie que peu après invoquent le récit rapporté par Sa‘d, d’après Simāk ibn Harb, d’après ‘Ikrima, qui a dit : « Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — a dit :

“Par Allah, je combattrai assurément Quraysh !” Il le dit trois fois, puis se tut, avant d’ajouter : “Si Allah le veut.” »

Cela indique que la réserve délie du serment, et non qu’elle empêche sa constitution.

Ils ajoutent : « Ce qui prouve également qu’elle ne délie du serment que peu après, c’est que, si elle pouvait en délier longtemps après, conformément à ce qu’a rapporté Ibn ‘Abbās, elle dispenserait de l’expiation. » Leur argument est clair.

Quant à la condition exigeant que la réserve soit prononcée, elle fait l’objet d’une divergence. Selon un avis, elle doit nécessairement être exprimée, quelle que soit la formule de réserve employée : qu’il s’agisse d’une formule d’exception, d’une restriction de la portée d’un énoncé général ou de l’ajout d’une qualification à un énoncé absolu. Telle est la position

الْفَصْلُ الْأَوَّلُ: فِي شُرُوطِ الِاسْتِثْنَاءِ الْمُؤَثِّرِ فِي الْيَمِينِ. وَأَجْمَعُوا عَلَى أَنَّ الِاسْتِثْنَاءَ بِالْجُمْلَةِ لَهُ تَأْثِيرٌ فِي حَلِّ الْأَيْمَانِ، وَاخْتَلَفُوا فِي شُرُوطِ الِاسْتِثْنَاءِ الَّذِي يَجِبُ لَهُ هَذَا الْحُكْمُ بَعْدَ أَنْ أَجْمَعُوا عَلَى أَنَّهُ إِذَا اجْتَمَعَ فِي الِاسْتِثْنَاءِ ثَلَاثَةُ شُرُوطٍ أَنْ يَكُونَ مُتَنَاسِقًا مَعَ الْيَمِينِ، وَمَلْفُوظًا بِهِ، وَمَقْصُودًا مِنْ أَوَّلِ الْيَمِينِ ; أَنَّهُ لَا يَنْعَقِدُ مَعَهُ الْيَمِينُ. وَاخْتَلَفُوا فِي هَذِهِ الثَّلَاثَةِ مَوَاضِعَ أَعْنِي: إِذَا فَرَّقَ الِاسْتِثْنَاءَ مِنَ الْيَمِينِ، أَوْ نَوَاهُ وَلَمْ يَنْطِقْ بِهِ، أَوْ حَدَثَتْ لَهُ نِيَّةُ الِاسْتِثْنَاءِ بَعْدَ الْيَمِينِ وَإِنْ أَتَى بِهِ مُتَنَاسِقًا مَعَ الْيَمِينِ. فَأَمَّا الْمَسْأَلَةُ الأُولَى: وَهِيَ اشْتِرَاطُ اتِّصَالِهِ بِالْقَسَمِ: فَإِنَّ قَوْمًا اشْتَرَطُوا ذَلِكَ فِيهِ، وَهُوَ مَذْهَبُ مَالِكٍ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: لَا بَأْسَ بَيْنَهُمَا بِالسَّكْتَةِ الْخَفِيفَةِ كَسَكْتَةِ الرَّجُلِ لِلتَّذَكُّرِ أَوْ لِلتَّنَفُّسِ أَوْ لِانْقِطَاعِ الصَّوْتِ. وَقَالَ قَوْمٌ مِنَ التَّابِعِينَ: يَجُوزُ لِلْحَالِفِ الِاسْتِثْنَاءُ مَا لَمْ يَقُمْ مِنْ مَجْلِسِهِ. وَكَانَ ابْنُ عَبَّاسٍ يَرَى أَنَّ لَهُ الِاسْتِثْنَاءَ أَبَدًا عَلَى مَا ذَكَرَ مِنْهُ مَتَى مَا ذَكَرَ. وَإِنَّمَا اتَّفَقَ الْجَمِيعُ عَلَى أَنَّ اسْتِثْنَاءَ مَشِيئَةِ اللَّهِ فِي الْأَمْرِ الْمَحْلُوفِ عَلَى فِعْلِهِ إِنْ كَانَ فِعْلًا ; أَوْ عَلَى تَرْكِهِ إِنْ كَانَ تَرْكًا رَافِعٌ لِلْيَمِينِ، لِأَنَّ الِاسْتِثْنَاءَ هُوَ رَفْعٌ لِلُزُومِ الْيَمِينِ. قَالَ أَبُو بَكْرِ بْنُ الْمُنْذِرِ: ثَبَتَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - قَالَ: «مَنْ حَلَفَ، فَقَالَ: إِنْ شَاءَ اللَّهُ ; لَمْ يَحْنَثْ» . وَإِنَّمَا اخْتَلَفُوا هَلْ يُؤَثِّرُ فِي الْيَمِينِ إِذَا لَمْ تُوصَلْ بِهَا أَوْ لَا يُؤَثِّرُ؟ لِاخْتِلَافِهِمْ هَلِ الِاسْتِثْنَاءُ حَالٌّ لِلِانْعِقَادِ أَمْ هُوَ مَانِعٌ لَهُ؟ فَإِذَا قُلْنَا: إِنَّهُ مَانِعٌ لِلِانْعِقَادِ لَا حَالٌّ لَهُ اشْتُرِطَ أَنْ يَكُونَ مُتَّصِلًا بِالْيَمِينِ، وَإِذَا قُلْنَا إِنَّهُ حَالٌّ لَمْ يَلْزَمْ فِيهِ ذَلِكَ. وَالَّذِينَ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّهُ حَالٌّ اخْتَلَفُوا هَلْ هُوَ حَالٌّ بِالْقُرْبِ أَوْ بِالْبُعْدِ عَلَى مَا حَكَيْنَا وَقَدِ احْتَجَّ مَنْ رَأَى أَنَّهُ حَالٌّ بِالْقُرْبِ بِمَا رَوَاهُ سَعْدٌ عَنْ سِمَاكِ بْنِ حَرْبٍ عَنْ عِكْرِمَةَ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -: «وَاللَّهِ لَأَغْزُوَنَّ قُرَيْشًا، قَالَهَا ثَلَاثَ مَرَّاتٍ، ثُمَّ سَكَتَ، ثُمَّ قَالَ: إِنْ شَاءَ اللَّهُ» . فَدَلَّ هَذَا أَنَّ الِاسْتِثْنَاءَ حَالٌّ لِلْيَمِينِ لَا مَانِعٌ لَهَا مِنَ الِانْعِقَادِ. قَالُوا: وَمِنَ الدَّلِيلِ عَلَى أَنَّهُ حَالٌّ بِالْقُرْبِ أَنَّهُ لَوْ كَانَ حَالًّا بِالْبُعْدِ عَلَى مَا رَوَاهُ ابْنُ عَبَّاسٍ لَكَانَ الِاسْتِثْنَاءُ يُغْنِي عَنِ الْكَفَّارَةِ، وَالَّذِي قَالُوهُ بَيِّنٌ. ; وَأَمَّا اشْتِرَاطُ النُّطْقِ بِاللِّسَانِ فَإِنَّهُ اخْتُلِفَ فِيهِ، فَقِيلَ: لَا بُدَّ فِيهِ مِنَ اشْتِرَاطِ اللَّفْظِ، أَيَّ لَفْظٍ كَانَ مِنْ أَلْفَاظِ الِاسْتِثْنَاءِ، وَسَوَاءٌ كَانَ بِأَلْفَاظِ الِاسْتِثْنَاءِ، أَوْ بِتَخْصِيصِ الْعُمُومِ، أَوْ بِتَقْيِيدِ الْمُطْلَقِ، هَذَا هُوَ

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