dont une expiation permettrait de se délier. Ils n’imposent donc à celui qui dit : « Si je fais telle ou telle chose, je m’engage à me rendre à pied à la Maison d’Allah », ni cette marche ni une expiation. Il en va autrement s’il dit : « Je m’engage à me rendre à pied à la Maison d’Allah », car il s’agit alors d’un vœu, de l’avis unanime. Or, le Prophète — sur lui la prière et la paix — a dit :
« Celui qui fait le vœu d’obéir à Allah, qu’il Lui obéisse ; et celui qui fait le vœu de Lui désobéir, qu’il ne Lui désobéisse pas. »
La divergence concernant ces paroles formulées sous une forme conditionnelle tient donc à cette question : s’agit-il de serments, de vœux, ou ni de serments ni de vœux ? Médite cela : le propos est clair, si Allah le Très-Haut le veut.
Quatrième question
Les savants divergent sur le fait de savoir si la formule : « Je jure — ou : j’atteste — si telle ou telle chose se produit », constitue un serment. Ils ont émis trois avis.
Selon le premier, il ne s’agit pas d’un serment. C’est l’un des deux avis d’al-Shāfi‘ī.
Selon le deuxième, à l’opposé du premier, ces formules constituent des serments. C’est l’avis d’Abū Hanīfa.
Selon le troisième, si celui qui les prononce entend jurer par Allah, il s’agit d’un serment ; sinon, il ne s’agit pas d’un serment. Telle est la position de Mālik.
Leur divergence tient à ce qu’il convient de prendre en compte : la formulation elle-même, le sens qu’elle revêt dans l’usage, ou l’intention.
Ceux qui retiennent la formulation elle-même estiment qu’il ne s’agit pas d’un serment, puisque celui par qui l’on jure n’est pas expressément nommé.
Ceux qui considèrent la formulation à la lumière de l’usage estiment qu’il s’agit d’un serment : un élément y est nécessairement sous-entendu, à savoir Allah le Très-Haut.
Quant à ceux qui ne retiennent aucun de ces deux critères, mais prennent en compte l’intention, puisque la formule se prête aux deux interprétations, ils établissent la distinction exposée précédemment.
[Deuxième partie : Des moyens de se délier des serments contraignants et des règles qui s’y rapportent]
[Première section : Étude de la réserve]
[Chapitre premier : Des conditions auxquelles la réserve produit un effet sur le serment]
Deuxième partie
Cette partie se divise d’abord en deux sections :
Première section : étude de la réserve.
Deuxième section : étude des expiations.
Première section
Cette section comprend deux chapitres :
Chapitre premier : des conditions auxquelles la réserve produit un effet sur le serment.
Chapitre deuxième : distinction entre les serments sur lesquels la réserve produit un effet et ceux sur lesquels elle n’en produit pas.