Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

[Livre du bain rituel]

[Chapitre premier : De la manière d’accomplir cette purification]

Cette purification a pour fondement la parole du Très-Haut :

« Et si vous êtes en état d’impureté majeure, purifiez-vous. »

[Al-Mā’ida : 6]

Après avoir précisé son caractère obligatoire, les personnes auxquelles elle s’impose et le moyen de l’accomplir — à savoir l’eau que l’on peut appeler simplement « eau », sans autre qualification —, l’exposé de l’ensemble de ses règles se répartit en trois chapitres :

Premier chapitre : de la manière d’accomplir cette purification.

Deuxième chapitre : de ce qui annule cette purification.

Troisième chapitre : des règles relatives à ce qui annule cette purification.

À qui s’impose-t-elle ? À toute personne tenue d’accomplir la prière, sans divergence sur ce point. Son caractère obligatoire ne fait pas davantage l’objet de divergence. Les preuves en sont celles-là mêmes qui établissent l’obligation des ablutions et que nous avons déjà mentionnées. Il en va de même des règles relatives aux eaux, dont nous avons déjà traité.

Chapitre premier
De la manière d’accomplir cette purification

Ce chapitre comprend quatre questions.

Première question

Les savants ont divergé sur le point suivant : cette purification exige-t-elle de passer la main sur tout le corps, comme pour les membres lavés lors des ablutions, ou suffit-il de répandre de l’eau sur tout le corps, même sans y passer les mains ? La majorité des savants considère qu’il suffit d’y répandre de l’eau. Mālik, la plupart de ses disciples et al-Muzanī, parmi les disciples d’al-Shāfi‘ī, estiment en revanche que, si la personne qui se purifie omet de passer la main sur un seul endroit de son corps, sa purification n’est pas encore complète.

Leur divergence tient à la pluralité des sens du terme « lavage », ainsi qu’à l’opposition entre le sens apparent des hadiths décrivant le bain rituel et le raisonnement par analogie qui l’assimile, sur ce point, aux ablutions. En effet, les hadiths établis de ‘Ā’isha et de Maymūna décrivant le bain rituel du Prophète — sur lui la prière et la paix — ne mentionnent pas le fait de se frotter le corps, mais seulement celui d’y répandre de l’eau.

Dans son hadith, ‘Ā’isha rapporte :

« Lorsque le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — prenait un bain rituel pour se purifier de l’état d’impureté majeure, il commençait par se laver les mains. Puis il versait de l’eau de la main droite sur la main gauche et se lavait les parties intimes. Ensuite, il faisait ses ablutions comme pour la prière, puis prenait de l’eau et introduisait

[كِتَابُ الْغُسْلِ] [الْبَابُ الْأَوَّلُ فِي مَعْرِفَةِ الْعَمَلِ فِي هَذِهِ الطَّهَارَةِ] - وَالْأَصْلُ فِي هَذِهِ الطَّهَارَةِ قَوْله تَعَالَى: {وَإِنْ كُنْتُمْ جُنُبًا فَاطَّهَّرُوا} [المائدة: ٦] وَالْكَلَامُ الْمُحِيطُ بِقَوَاعِدِهَا يَنْحَصِرُ بَعْدَ الْمَعْرِفَةِ بِوُجُوبِهَا، وَعَلَى مَنْ تَجِبُ، وَمَعْرِفَةِ مَا بِهِ تُفْعَلُ، وَهُوَ الْمَاءُ الْمُطْلَقُ - فِي ثَلَاثَةِ أَبْوَابٍ: الْبَابُ الْأَوَّلُ: فِي مَعْرِفَةِ الْعَمَلِ فِي هَذِهِ الطَّهَارَةِ. وَالثَّانِي: فِي مَعْرِفَةِ نَوَاقِضِ هَذِهِ الطَّهَارَةِ. وَالْبَابُ الثَّالِثُ: فِي مَعْرِفَةِ أَحْكَامِ نَوَاقِضِ هَذِهِ الطَّهَارَةِ. فَأَمَّا عَلَى مَنْ تَجِبُ؟ فَعَلَى كُلِّ مَنْ لَزِمَتْهُ الصَّلَاةُ، وَلَا خِلَافَ فِي ذَلِكَ، وَكَذَلِكَ لَا خِلَافَ فِي وُجُوبِهَا، وَدَلَائِلُ ذَلِكَ هِيَ دَلَائِلُ الْوُضُوءِ بِعَيْنِهَا، وَقَدْ ذَكَرْنَاهَا، وَكَذَلِكَ أَحْكَامُ الْمِيَاهِ، وَقَدْ تَقَدَّمَ الْقَوْلُ فِيهَا. الْبَابُ الْأَوَّلُ فِي مَعْرِفَةِ الْعَمَلِ فِي هَذِهِ الطَّهَارَةِ وَهَذَا الْبَابُ يَتَعَلَّقُ بِهِ أَرْبَعُ مَسَائِلَ: الْمَسْأَلَةُ الأُولَى: اخْتَلَفَ الْعُلَمَاءُ هَلْ مِنْ شَرْطِ هَذِهِ الطَّهَارَةِ إِمْرَارُ الْيَدِ عَلَى جَمِيعِ الْجَسَدِ كَالْحَالِ فِي طَهَارَةِ أَعْضَاءِ الْوُضُوءِ، أَمْ يَكْفِي فِيهَا إِفَاضَةُ الْمَاءِ عَلَى جَمِيعِ الْجَسَدِ، وَإِنْ لَمْ يُمِرَّ يَدَيْهِ عَلَى بَدَنِهِ؟ فَأَكْثَرُ الْعُلَمَاءِ عَلَى أَنَّ إِفَاضَةَ الْمَاءِ كَافِيَةٌ فِي ذَلِكَ، وَذَهَبَ مَالِكٌ، وَجُلُّ أَصْحَابِهِ، وَالْمُزَنِيُّ مِنْ أَصْحَابِ الشَّافِعِيِّ إِلَى أَنَّهُ إِنْ فَاتَ الْمُتَطَهِّرَ مَوْضِعٌ وَاحِدٌ مِنْ جَسَدِهِ لَمْ يُمِرَّ يَدَهُ عَلَيْهِ أَنَّ طُهْرَهُ لَمْ يَكْمُلْ بَعْدُ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ: اشْتِرَاكُ اسْمِ الْغُسْلِ، وَمُعَارَضَةُ ظَاهِرِ الْأَحَادِيثِ الْوَارِدَةِ فِي صِفَةِ الْغُسْلِ لِقِيَاسِ الْغُسْلِ عَلَى ذَلِكَ فِي الْوُضُوءِ، وَذَلِكَ أَنَّ الْأَحَادِيثَ الثَّابِتَةَ الَّتِي وَرَدَتْ فِي صِفَةِ غُسْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - مِنْ حَدِيثِ عَائِشَةَ، وَمَيْمُونَةَ لَيْسَ فِيهَا ذِكْرُ التَّدَلُّكِ، وَإِنَّمَا فِيهَا إِفَاضَةُ الْمَاءِ فَقَطْ. فَفِي حَدِيثِ عَائِشَةَ قَالَتْ: «كَانَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - إِذَا اغْتَسَلَ مِنَ الْجَنَابَةِ يَبْدَأُ فَيَغْسِلُ يَدَيْهِ، ثُمَّ يُفْرِغُ بِيَمِينِهِ عَلَى شِمَالِهِ، فَيَغْسِلُ فَرْجَهُ، ثُمَّ يَتَوَضَّأُ وُضُوءَهُ لِلصَّلَاةِ، ثُمَّ يَأْخُذُ الْمَاءَ فَيُدْخِلُ

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