De même, il est rapporté de lui qu’il interdisait à la personne en état d’impureté majeure de manger et de boire avant de faire ses ablutions ; mais il est également rapporté de lui qu’il le permettait.
Troisième question
Mālik et al-Shāfi‘ī considèrent les ablutions comme une condition du tawāf (circumambulations autour de la Kaaba), tandis qu’Abū Hanīfa n’en fait pas une condition.
Leur divergence tient à la question de savoir s’il convient ou non d’appliquer au tawāf les règles de la prière. Il est en effet établi que :
« Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — interdisait à la femme ayant ses menstrues d’accomplir le tawāf, tout comme il lui interdisait la prière. »
Sous cet aspect, le tawāf s’apparente donc à la prière. Certains récits le désignent d’ailleurs comme une prière. L’argument d’Abū Hanīfa est que l’interdiction d’un acte en raison des menstrues n’implique pas nécessairement que la purification soit une condition pour l’accomplir une fois les menstrues terminées : tel est le cas du jeûne, selon la majorité des savants.
Quatrième question
La majorité des savants considère qu’une personne qui n’a pas fait ses ablutions peut réciter le Coran et évoquer Allah. D’autres estiment qu’elle ne peut le faire qu’après avoir accompli ses ablutions.
Cette divergence tient à deux hadiths établis qui se contredisent. Le premier est celui d’Abū Jahm, qui rapporte :
« Le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — revenait de la direction du puits de Jamal lorsqu’un homme le rencontra et le salua. Il ne lui rendit pas son salut avant de s’être tourné vers le mur et de s’être essuyé le visage et les mains. Puis il — sur lui la prière et la paix — lui rendit son salut. »
Le second est le hadith de ‘Alī :
« Rien n’empêchait le Messager d’Allah — sur lui la prière et la paix — de réciter le Coran, si ce n’est l’état d’impureté majeure. »
La majorité des savants a donc considéré que le second hadith abrogeait le premier. Quant à ceux qui imposent les ablutions pour évoquer Allah, ils ont accordé la prépondérance au premier hadith.