Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

et ses biens : ce qu’il a laissé bénéficie-t-il de l’inviolabilité reconnue aux biens, à l’épouse et à la descendance d’un musulman, de sorte que les musulmans ne peuvent s’en rendre propriétaires s’ils s’en emparent ? Ou bien ce qu’il a laissé ne bénéficie-t-il d’aucune inviolabilité ?

Certains disent : « Tout ce qu’il a laissé bénéficie de l’inviolabilité conférée par l’islam. » D’autres disent : « Rien de cela n’est inviolable. » D’autres encore distinguent les biens de l’épouse et de l’enfant : « Les biens ne sont pas inviolables, mais l’enfant et l’épouse le sont. » Cette distinction ne repose sur aucun raisonnement analogique ; c’est l’avis de Mālik.

Le principe est que la mécréance permet de s’approprier les biens, tandis que l’islam les protège, conformément à cette parole du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue :

« Lorsqu’ils auront prononcé cette parole, ils auront mis leur sang et leurs biens à l’abri de mon atteinte. »

Quiconque prétend donc qu’une autre cause que la mécréance autorise l’appropriation des biens — leur acquisition par un ennemi ou toute autre cause — doit en apporter la preuve. Or, aucune preuve ne permet ici de déroger à cette règle. Et Allah sait mieux.

[Chapitre V — Du statut des terres conquises de vive force par les musulmans]

Les juristes divergent au sujet des terres conquises de vive force par les musulmans.

Mālik dit : « Les terres ne sont pas partagées. Elles sont constituées en bien de mainmorte, et leur impôt foncier est affecté aux intérêts des musulmans : soldes des combattants, construction de ponts et de mosquées, et autres œuvres d’utilité publique. Toutefois, si le dirigeant estime, à un moment donné, que l’intérêt général exige leur partage, il lui est permis de les partager. »

Al-Shāfi‘ī dit : « Les terres conquises sont partagées comme le butin », c’est-à-dire en cinq parts.

Abū Hanīfa dit : « Le dirigeant a le choix entre les partager entre les musulmans et les laisser entre les mains de leurs habitants mécréants, en leur imposant un impôt foncier sur ces terres. »

Leur divergence tient à la contradiction apparente entre le verset de la sourate al-Anfāl et celui de la sourate al-Hashr. En effet, le sens apparent du verset d’al-Anfāl implique que le cinquième doit être prélevé sur tout ce qui est pris comme butin. Il s’agit de cette parole du Très-Haut :

« Et sachez que, de tout butin que vous avez pris » [al-Anfāl : 41].

Quant à cette parole du Très-Haut dans le verset d’al-Hashr :

« Et ceux qui sont venus après eux » [al-Hashr : 10],

elle est coordonnée à la mention de ceux auxquels Il a attribué le fay’. On peut donc en comprendre que tous, ceux qui sont présents comme ceux qui viendront, ont part au fay’. Ainsi rapporte-t-on que ‘Umar — qu’Allah l’agrée — a dit, à propos de cette parole du Très-Haut :

« Et ceux qui sont venus après eux » [al-Hashr : 10] :

« À mes yeux, ce verset englobe tous les hommes, jusqu’au berger de Kadā’ », ou des propos de ce sens. C’est pourquoi les terres d’Irak et d’Égypte conquises de vive force sous son gouvernement ne furent pas partagées.

Ceux qui considèrent que les deux versets portent sur un même objet et que le verset d’al-Hashr restreint la portée de celui d’al-Anfāl excluent donc les terres de ce partage.

Quant à ceux qui considèrent que les deux versets ne portent pas sur un même objet, mais que le verset d’al-Anfāl concerne le butin et celui d’al-Hashr le fay’, conformément à leur sens apparent, ils disent : « Le cinquième doit nécessairement être prélevé sur les terres, d’autant qu’il est établi que le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — a partagé Khaybar entre les combattants. »

Ils disent : « Il est donc obligatoire de partager les terres, en raison de la portée générale du

وَمَالَهُ ; هَلْ يَكُونُ لِمَا تَرَكَ حُرْمَةُ مَالِ الْمُسْلِمِ وَزَوْجِهِ وَذُرِّيَّتِهِ فَلَا يَجُوزُ تَمَلُّكُهُمْ لِلْمُسْلِمِينَ إِنْ غَلَبُوا عَلَى ذَلِكَ ; أَمْ لَيْسَ لِمَا تَرَكَ حُرْمَةٌ؟ فَمِنْهُمْ مَنْ قَالَ: لِكُلِّ مَا تَرَكَ حُرْمَةُ الْإِسْلَامِ. وَمِنْهُمْ مَنْ قَالَ: لَيْسَ لَهُ حُرْمَةٌ. وَمِنْهُمْ مَنْ فَرَّقَ بَيْنَ الْمَالِ وَالزَّوْجَةِ وَالْوَلَدِ، فَقَالَ: لَيْسَ لِلْمَالِ حُرْمَةٌ، وَلِلْوَلَدِ وَالزَّوْجَةِ حُرْمَةٌ، وَهَذَا جَارٍ عَلَى غَيْرِ قِيَاسٍ، وَهُوَ قَوْلُ مَالِكٍ. وَالْأَصْلُ أَنَّ الْمُبِيحَ لِلْمَالِ هُوَ الْكُفْرُ، وَأَنَّ الْعَاصِمَ لَهُ هُوَ الْإِسْلَامُ، كَمَا قَالَ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «فَإِذَا قَالُوهَا عَصَمُوا مِنِّي دِمَاءَهُمْ وَأَمْوَالَهُمْ» . فَمَنْ زَعَمَ أَنَّ هَاهُنَا مُبِيحًا لِلْمَالِ غَيْرَ الْكُفْرِ مِنْ تَمَلُّكِ عَدُوٍّ أَوْ غَيْرِهِ فَعَلَيْهِ الدَّلِيلُ، وَلَيْسَ هَاهُنَا دَلِيلٌ تُعَارَضُ بِهِ هَذِهِ الْقَاعِدَةُ، وَاللَّهُ أَعْلَمُ. [الْفَصْلُ الْخَامِسُ فِي حُكْمِ مَا افْتَتَحَ الْمُسْلِمُونَ مِنَ الْأَرْضِ عَنْوَةً] وَاخْتَلَفُوا فِيمَا افْتَتَحَ الْمُسْلِمُونَ مِنَ الْأَرْضِ عَنْوَةً. فَقَالَ مَالِكٌ: لَا تُقَسَّمُ الْأَرْضُ، وَتَكُونُ وَقْفًا يُصْرَفُ خَرَاجُهَا فِي مَصَالِحِ الْمُسْلِمِينَ مِنْ أَرْزَاقِ الْمُقَاتِلَةِ وَبَنَاءِ الْقَنَاطِرِ وَالْمَسَاجِدِ وَغَيْرِ ذَلِكَ مِنْ سُبُلِ الْخَيْرِ، إِلَّا أَنْ يَرَى الْإِمَامُ فِي وَقْتٍ مِنَ الْأَوْقَاتِ أَنَّ الْمَصْلَحَةَ تَقْتَضِي الْقِسْمَةَ فَإِنَّ لَهُ أَنْ يُقَسِّمَ الْأَرْضَ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ: الْأَرَضُونَ الْمُفْتَتَحَةُ تُقَسَّمُ كَمَا تُقَسَّمُ الْغَنَائِمُ يَعْنِي: خَمْسَةَ أَقْسَامٍ. وَقَالَ أَبُو حَنِيفَةَ: الْإِمَامُ مُخَيَّرٌ بَيْنَ أَنْ يُقَسِّمَهَا عَلَى الْمُسْلِمِينَ، أَوْ يَضْرِبَ عَلَى أَهْلِهَا الْكُفَّارِ فِيهَا الْخَرَاجَ وَيُقِرَّهَا بِأَيْدِيهِمْ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ مَا يُظَنُّ مِنَ التَّعَارُضِ بَيْنَ آيَةِ سُورَةِ الْأَنْفَالِ، وَآيَةِ سُورَةِ الْحَشْرِ. وَذَلِكَ أَنَّ آيَةَ الْأَنْفَالِ تَقْتَضِي بِظَاهِرِهَا أَنَّ كُلَّ مَا غُنِمَ يُخَمَّسُ، وَهُوَ قَوْله تَعَالَى: {وَاعْلَمُوا أَنَّمَا غَنِمْتُمْ} [الأنفال: ٤١] ، وقَوْله تَعَالَى فِي آيَةِ الْحَشْرِ: {وَالَّذِينَ جَاءُوا مِنْ بَعْدِهِمْ} [الحشر: ١٠] عَطْفًا عَلَى ذِكْرِ الَّذِينَ أَوْجَبَ لَهُمُ الْفَيْءَ يُمْكِنُ أَنْ يُفْهَمَ مِنْهُ أَنَّ جَمِيعَ النَّاسِ الْحَاضِرِينَ وَالْآتِينَ شُرَكَاءُ فِي الْفَيْءِ كَمَا رُوِيَ عَنْ عُمَرَ - رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ - أَنَّهُ قَالَ فِي قَوْله تَعَالَى: {وَالَّذِينَ جَاءُوا مِنْ بَعْدِهِمْ} [الحشر: ١٠] ، مَا أَرَى هَذِهِ الْآيَةَ إِلَّا قَدْ عَمَّتِ الْخَلْقَ حَتَّى الرَّاعِيَ بِكَدَاءٍ، أَوْ كَلَامًا هَذَا مَعْنَاهُ، وَلِذَلِكَ لَمْ تُقَسَّمِ الْأَرْضُ الَّتِي افْتُتِحَتْ فِي أَيَّامِهِ عَنْوَةً مِنْ أَرْضِ الْعِرَاقِ وَمِصْرَ. فَمَنْ رَأَى أَنَّ الْآيَتَيْنِ مُتَوَارِدَتَانِ عَلَى مَعْنًى وَاحِدٍ وَأَنَّ آيَةَ الْحَشْرِ مُخَصِّصَةٌ لِآيَةِ الْأَنْفَالِ اسْتَثْنَى مِنْ ذَلِكَ الْأَرْضَ. وَمَنْ رَأَى أَنَّ الْآيَتَيْنِ لَيْسَتَا مُتَوَارِدَتَيْنِ عَلَى مَعْنًى وَاحِدٍ، بَلْ رَأَى أَنَّ آيَةَ الْأَنْفَالِ فِي الْغَنِيمَةِ ; وَآيَةَ الْحَشْرِ فِي الْفَيْءِ عَلَى مَا هُوَ الظَّاهِرُ مِنْ ذَلِكَ قَالَ: تُخَمَّسُ الْأَرْضُ وَلَا بُدَّ، وَلَا سِيَّمَا أَنَّهُ قَدْ ثَبَتَ أَنَّهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - «قَسَّمَ خَيْبَرَ بَيْنَ الْغُزَاةِ» . قَالُوا: فَالْوَاجِبُ أَنْ تُقَسَّمَ الْأَرْضُ لِعُمُومِ

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies