Les savants ont divergé sur ces contributions d’entraide : Mālik les autorise, tandis que d’autres les interdisent. Certains ne les autorisent que lorsqu’elles proviennent de l’autorité, ou en cas de nécessité. Tel est l’avis d’Abū Hanīfa et d’al-Shāfi‘ī.
Quant à la condition donnant au combattant droit à une part du butin, la plupart estiment que sa présence au combat lui donne ce droit, même s’il ne combat pas lui-même. En revanche, s’il arrive après le combat, aucune part du butin ne lui revient. Telle est la position de la majorité.
D’autres soutiennent que, s’il rejoint les combattants avant leur retour en territoire d’Islam, sa part du butin lui revient dès lors qu’il s’est occupé de l’une des tâches liées à ce butin. C’est l’avis d’Abū Hanīfa.
Leur divergence tient à deux éléments : le raisonnement par analogie et les récits transmis. Concernant l’analogie, la question est de savoir si la contribution du combattant à la conservation du butin doit être assimilée à sa contribution à son acquisition. Celui qui a assisté au combat a contribué à l’acquisition du butin, et c’est à ce titre qu’il mérite une part. Celui qui rejoint les combattants avant leur arrivée en territoire musulman contribue, quant à lui, à sa conservation. Ceux qui assimilent la contribution à sa conservation à celle qui permet son acquisition lui reconnaissent donc une part, même s’il n’a pas assisté au combat. Ceux qui jugent moindre la contribution à sa conservation ne lui reconnaissent pas ce droit.
Quant aux récits transmis, deux d’entre eux se contredisent sur ce point.
Le premier est celui rapporté d’Abū Hurayra :
« Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — envoya Abān ibn Sa‘īd à la tête d’un détachement, de Médine en direction du Najd. Abān et ses compagnons rejoignirent le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — à Khaybar, après que les musulmans l’eurent conquise. Abān dit alors : “Accorde-nous une part, ô Messager d’Allah !” Mais le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — ne lui en accorda pas. »
Le second est le récit selon lequel le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — dit, le jour de Badr :
« ‘Uthmān est parti pour une affaire au service d’Allah et de Son Messager. Le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — lui attribua donc une part, alors qu’il n’en attribua à aucun autre absent de cette bataille. »
Ils disent : il avait donc droit à une part, car il était occupé à une tâche confiée par l’imam.
Abū Bakr ibn al-Mundhir a dit :
« Il est établi que ‘Umar ibn al-Khattāb — qu’Allah l’agrée — a dit : “Le butin revient à ceux qui ont assisté à la bataille.” »
Quant aux détachements qui quittent le gros de l’armée et rapportent du butin, la majorité estime que les hommes de l’armée partagent avec eux ce qu’ils ont acquis, même s’ils n’ont assisté ni à la prise du butin ni au combat. Cela repose sur cette parole du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue :
« Leurs détachements font participer à leur butin ceux qui sont restés en arrière. »
Ce hadith est rapporté par Abū Dāwūd. En outre, les hommes de l’armée contribuent eux aussi à l’acquisition du butin.
Al-Hasan al-Basrī a dit :
« Si le détachement quitte l’armée de l’imam avec son autorisation, celui-ci prélève le cinquième du butin, et le reste revient aux hommes du détachement. S’ils partent sans son autorisation, il en prélève le cinquième, puis le reste est partagé entre tous les hommes de l’armée. »
Al-Nakha‘ī a dit :
« L’imam a le choix : s’il le souhaite, il prélève le cinquième de ce que rapporte le détachement ; s’il le souhaite, il en attribue la totalité à titre de gratification. »