Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Abū ‘Umar ibn ‘Abd al-Barr a dit :

« Le récit le plus authentique rapporté de ‘Umar à ce sujet est celui que transmet Sufyān ibn ‘Uyayna, d’après ‘Amr ibn Dīnār, d’après Ibn Shihāb, d’après Mālik ibn Aws ibn al-Hadathān, qui rapporte ces paroles de ‘Umar : “Chacun a un droit sur ces biens, à l’exception des esclaves que vous possédez.” »

Si la majorité considère que la femme ne reçoit pas de part du butin, mais une gratification, c’est en raison du hadith établi d’Umm ‘Atiyya, qui a dit :

« Nous partions en campagne avec le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue —, nous soignions les blessés et nous occupions des malades. Il nous accordait une gratification prélevée sur le butin. »

Leur divergence tient à la question de savoir si la femme doit être assimilée à l’homme en raison de sa contribution à la guerre lorsqu’elle participe à une expédition. Ils s’accordent en effet à reconnaître que les femmes sont autorisées à partir en campagne. Ceux qui les assimilent aux hommes leur reconnaissent une part du butin. Ceux qui estiment leur contribution moindre que celle des hommes à cet égard ne leur reconnaissent soit aucun droit, soit un droit inférieur à la part des combattants ayant acquis le butin : il s’agit de la gratification. Le mieux est de s’en tenir au récit transmis. Al-Awzā‘ī soutient que le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — a attribué aux femmes une part du butin à Khaybar.

Ils divergent également sur les commerçants et les travailleurs rémunérés : faut-il ou non leur attribuer une part ? Mālik dit qu’ils n’y ont droit que s’ils combattent. D’autres considèrent qu’une part leur revient dès lors qu’ils sont présents au combat.

Leur divergence porte sur la restriction de la portée générale de cette parole du Très-Haut :

« Et sachez que, de tout ce que vous prenez comme butin, le cinquième revient à Allah. »

[Le Butin : 41]

Cette restriction repose sur un raisonnement par analogie qui conduit à distinguer ces personnes des autres bénéficiaires du butin. Ainsi, ceux qui considèrent que les commerçants et les travailleurs rémunérés relèvent d’un régime différent de celui des autres combattants, parce qu’ils ne sont pas partis dans l’intention de combattre, mais pour commercer ou travailler contre rémunération, les excluent de cette portée générale. Ceux qui estiment que la portée générale du texte prévaut sur ce raisonnement par analogie l’appliquent selon son sens apparent.

Parmi les arguments de ceux qui les en excluent figure ce récit rapporté par ‘Abd al-Razzāq :

« ‘Abd al-Rahmān ibn ‘Awf proposa à un homme pauvre parmi les Émigrés de partir avec eux. Celui-ci accepta et lui promit de venir. Lorsque le moment du départ arriva, ‘Abd al-Rahmān l’appela, mais l’homme refusa de l’accompagner, invoquant ses obligations envers sa famille et les personnes à sa charge. ‘Abd al-Rahmān lui donna alors trois dinars pour qu’il parte avec lui. Lorsqu’ils eurent vaincu l’ennemi, l’homme demanda à ‘Abd al-Rahmān sa part du butin. Celui-ci lui répondit : “Je soumettrai ton cas au Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue.” Il lui en parla donc, et le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — dit : “Ces trois dinars constituent sa part et tout ce qui lui revient de cette campagne, tant ici-bas que dans l’au-delà.” »

Abū Dāwūd a rapporté un récit semblable d’après Ya‘lā ibn Munabbih.

Ceux qui lui reconnaissent le droit à une part du butin assimilent aussi son cas à celui des contributions d’entraide : les hommes inscrits au registre militaire s’aident mutuellement, c’est-à-dire que celui qui reste apporte son soutien à celui qui part en campagne.

قَالَ أَبُو عُمَرَ بْنُ عَبْدِ الْبَرِّ: أَصَحُّ مَا رُوِيَ مِنْ ذَلِكَ عَنْ عُمَرَ مَا رَوَاهُ سُفْيَانُ بْنُ عُيَيْنَةَ، عَنْ عَمْرِو بْنِ دِينَارٍ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ مَالِكِ بْنِ أَوْسِ بْنِ الْحَدَثَانِ قَالَ: قَالَ عُمَرُ: لَيْسَ أَحَدٌ إِلَّا وَلَهُ فِي هَذَا الْمَالِ حَقٌّ إِلَّا مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُكُمْ. وَإِنَّمَا صَارَ الْجُمْهُورُ إِلَى أَنَّ الْمَرْأَةَ لَا يُقْسَمُ لَهَا وَيُرْضَخُ بِحَدِيثِ أُمِّ عَطِيَّةَ الثَّابِتِ، قَالَتْ: «كُنَّا نَغْزُو مَعَ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - فَنُدَاوِي الْجَرْحَى، وَنُمَرِّضُ الْمَرْضَى، وَكَانَ يَرْضَخُ لَنَا مِنَ الْغَنِيمَةِ» . وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ هُوَ اخْتِلَافُهُمْ فِي تَشْبِيهِ الْمَرْأَةِ بِالرَّجُلِ فِي كَوْنِهَا إِذَا غَزَتْ لَهَا تَأْثِيرٌ فِي الْحَرْبِ؟ أَمْ لَا؟ فَإِنَّهُمُ اتَّفَقُوا عَلَى أَنَّ النِّسَاءَ مُبَاحٌ لَهُنَّ الْغَزْوُ، فَمَنْ شَبَّهَهُنَّ بِالرِّجَالِ أَوْجَبَ لَهُنَّ نَصِيبًا فِي الْغَنِيمَةِ. وَمَنْ رَآهُنَّ نَاقِصَاتٍ عَنِ الرِّجَالِ فِي هَذَا الْمَعْنَى إِمَّا لَمْ يُوجِبْ لَهُنَّ شَيْئًا، وَإِمَّا أَوْجَبَ لَهُنَّ دُونَ حَظِّ الْغَانِمِينَ، وَهُوَ الْأَرْضَاخُ، وَالْأَوْلَى اتِّبَاعُ الْأَثَرِ. وَزَعَمَ الْأَوْزَاعِيُّ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - أَسْهَمَ لِلنِّسَاءِ بِخَيْبَرَ. وَكَذَلِكَ اخْتَلَفُوا فِي التُّجَّارِ وَالْأُجَرَاءِ هَلْ يُسْهَمُ لَهُمْ؟ أَمْ لَا؟ فَقَالَ مَالِكٌ: لَا يُسْهَمُ لَهُمْ إِلَّا أَنْ يُقَاتِلُوا. وَقَالَ قَوْمٌ: بَلْ يُسْهَمُ إِذَا شَهِدُوا الْقِتَالَ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ هُوَ تَخْصِيصُ عُمُومِ قَوْله تَعَالَى: {وَاعْلَمُوا أَنَّمَا غَنِمْتُمْ مِنْ شَيْءٍ فَأَنَّ لِلَّهِ خُمُسَهُ} [الأنفال: ٤١] بِالْقِيَاسِ الَّذِي يُوجِبُ الْفَرْقَ بَيْنَ هَؤُلَاءِ وَسَائِرِ الْغَانِمِينَ، وَذَلِكَ أَنَّ مَنْ رَأَى أَنَّ التُّجَّارَ وَالْأُجَرَاءَ حُكْمُهُمْ حُكْمُ خِلَافِ سَائِرِ الْمُجَاهِدِينَ؛ لِأَنَّهُمْ لَمْ يَقْصِدُوا الْقِتَالَ، وَإِنَّمَا قَصَدُوا إِمَّا التِّجَارَةَ وَإِمَّا الْإِجَارَةَ - اسْتَثْنَاهُمْ مِنْ ذَلِكَ الْعُمُومِ. وَمَنْ رَأَى أَنَّ الْعُمُومَ أَقْوَى مِنْ هَذَا الْقِيَاسِ أَجْرَى الْعُمُومَ عَلَى ظَاهِرِهِ. وَمِنْ حُجَّةِ مَنِ اسْتَثْنَاهُمْ مَا خَرَّجَهُ عَبْدُ الرَّزَّاقِ «أَنَّ عَبْدَ الرَّحْمَنِ بْنَ عَوْفٍ قَالَ لِرَجُلٍ مِنْ فُقَرَاءِ الْمُهَاجِرِينَ أَنْ يَخْرُجَ مَعَهُمْ، فَقَالَ: نَعَمْ، فَوَعَدَهُ. فَلَمَّا حَضَرَ الْخُرُوجُ دَعَاهُ فَأَبَى أَنْ يَخْرُجَ مَعَهُ، وَاعْتَذَرَ لَهُ بِأَمْرِ عِيَالهِ وَأَهْلِهِ، فَأَعْطَاهُ عَبْدُ الرَّحْمَنِ ثَلَاثَةَ دَنَانِيرَ عَلَى أَنْ يَخْرُجَ مَعَهُ. فَلَمَّا هَزَمُوا الْعَدُوَّ سَأَلَ الرَّجُلُ عَبْدَ الرَّحْمَنِ نَصِيبَهُ مِنَ الْمَغْنَمِ، فَقَالَ عَبْدُ الرَّحْمَنِ: سَأَذْكُرُ أَمْرَكَ لِرَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -، فَذَكَرَهُ لَهُ، فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - " تِلْكَ الثَّلَاثَةُ دَنَانِيرَ حَظُّهُ وَنَصِيبُهُ مِنْ غَزْوِهِ فِي أَمْرِ دُنْيَاهُ وَآخِرَتِهِ» . وَخَرَّجَ مِثْلَهُ أَبُو دَاوُدَ عَنْ يَعْلَى بْنِ مُنَبِّهٍ. وَمَنْ أَجَازَ لَهُ الْقَسْمَ شَبَّهَهُ بِالْجَعَائِلِ أَيْضًا، وَهُوَ أَنْ يُعِينَ أَهْلُ الدِّيوَانِ بَعْضُهُمْ بَعْضًا، أَعْنِي: يُعِينُ الْقَاعِدُ مِنْهُمُ الْغَازِيَ.

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