Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

(une part bien connue qui lui revenait — qu’Allah prie sur lui et le salue — et qui consistait en un bien qu’il choisissait et prélevait sur le butin avant son partage : un cheval, une esclave ou un esclave). Il est rapporté que Safiyya faisait partie de ce prélèvement de choix. Ils s’accordent à dire que nul n’y a droit après le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue —, à l’exception d’Abū Thawr, qui considère qu’il suit le même régime que la part du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue.

[Deuxième chapitre : Du régime des quatre cinquièmes]

La majorité des savants s’accorde à reconnaître que les quatre cinquièmes du butin reviennent aux combattants qui l’ont acquis lorsqu’ils sont partis avec l’autorisation de l’imam. Ils divergent sur ceux qui partent sans son autorisation, sur les personnes ayant droit à une part du butin, sur le moment où ce droit est acquis, sur le montant de cette part et sur ce qu’il leur est permis de prendre du butin avant son partage.

La majorité considère que les quatre cinquièmes du butin reviennent à ceux qui l’ont acquis, qu’ils soient partis avec ou sans l’autorisation de l’imam, en raison de la portée générale de cette parole du Très-Haut :

« Et sachez que tout ce que vous prenez comme butin… »

[Le Butin : 41], et la suite du verset.

Certains estiment que, lorsqu’un détachement ou un homme seul part sans l’autorisation de l’imam, tout ce qu’il rapporte constitue un gain supplémentaire que l’imam recueille. D’autres considèrent, au contraire, que celui qui l’a acquis le conserve intégralement.

La majorité s’appuie donc sur le sens apparent du verset. Les autres semblent s’être fondés sur les circonstances dans lesquelles ces expéditions se déroulaient à l’époque du Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue : tous les détachements ne partaient qu’avec son autorisation — sur lui la prière et le salut. Ils semblent ainsi avoir considéré que l’autorisation de l’imam constituait une condition en la matière. Cet avis est faible.

Quant aux personnes ayant droit à une part du butin, ils s’accordent sur les hommes libres ayant atteint la puberté. Ils divergent sur les autres catégories, à savoir les femmes, les esclaves et les garçons proches de la puberté qui ne l’ont pas encore atteinte.

Certains estiment que les esclaves et les femmes n’ont pas droit à une part du butin, mais qu’une gratification leur est accordée. C’est l’avis de Mālik. D’autres considèrent qu’ils ne reçoivent ni gratification ni part au même titre que les combattants. D’autres encore leur reconnaissent une part, comme aux autres combattants : c’est l’avis d’al-Awzā‘ī.

Ils divergent également au sujet du garçon proche de la puberté. Certains considèrent qu’une part lui est attribuée : c’est la position d’al-Shāfi‘ī. D’autres subordonnent cette attribution à sa capacité de combattre : c’est la position de Mālik. D’autres, enfin, estiment qu’une gratification lui est accordée.

Leur divergence au sujet des esclaves tient à la question suivante : la portée générale du texte englobe-t-elle à la fois les hommes libres et les esclaves, ou seulement les hommes libres, à l’exclusion des esclaves ? En outre, la pratique des Compagnons s’oppose à la portée générale du verset. En effet, il était largement admis parmi eux — qu’Allah les agrée — que les esclaves n’avaient pas droit à une part. Cela est rapporté de ‘Umar ibn al-Khattāb et d’Ibn ‘Abbās ; Ibn Abī Shayba l’a rapporté d’eux par plusieurs voies.

(وَهُوَ سَهْمٌ مَشْهُورٌ لَهُ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -، وَهُوَ شَيْءٌ كَانَ يَصْطَفِيهِ مِنْ رَأْسِ الْغَنِيمَةِ فَرَسٌ أَوْ أَمَةٌ أَوْ عَبْدٌ) . وَرُوِيَ أَنَّ صَفِيَّةَ كَانَتْ مِنَ الصَّفِيِّ. وَأَجْمَعُوا عَلَى أَنَّ الصَّفِيَّ لَيْسَ لِأَحَدٍ مِنْ بَعْدِ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ - إِلَّا أَبَا ثَوْرٍ فَإِنَّهُ قَالَ: يَجْرِي مَجْرَى سَهْمِ النَّبِيِّ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -. [الْفَصْلُ الثَّانِي فِي حُكْمِ الْأَرْبَعَةِ الْأَخْمَاسِ] ِ أَجْمَعَ جُمْهُورُ الْعُلَمَاءِ عَلَى أَنَّ أَرْبَعَةَ أَخْمَاسِ الْغَنِيمَةِ لِلْغَانِمِينَ إِذَا خَرَجُوا بِإِذْنِ الْإِمَامِ. وَاخْتَلَفُوا فِي الْخَارِجِينَ بِغَيْرِ إِذْنِ الْإِمَامِ، وَفِيمَنْ يَجِبُ لَهُ سَهْمُهُ مِنَ الْغَنِيمَةِ، وَمَتَى يَجِبُ، وَكَمْ يَجِبُ، وَفِيمَا يَجُوزُ لَهُ مِنَ الْغَنِيمَةِ قَبْلَ الْقَسْمِ؟ فَالْجُمْهُورُ عَلَى أَنَّ أَرْبَعَةَ أَخْمَاسِ الْغَنِيمَةِ لِلَّذِينِ غَنِمُوهَا، خَرَجُوا بِإِذْنِ الْإِمَامِ أَوْ بِغَيْرِ ذَلِكَ؛ لِعُمُومِ قَوْله تَعَالَى: {وَاعْلَمُوا أَنَّمَا غَنِمْتُمْ مِنْ شَيْءٍ} [الأنفال: ٤١] الْآيَةَ. وَقَالَ قَوْمٌ: إِذَا خَرَجَتِ السَّرِيَّةُ، أَوِ الرَّجُلُ الْوَاحِدُ، بِغَيْرِ إِذْنِ الْإِمَامِ - فَكُلُّ مَا سَاقَ نَفْلٌ يَأْخُذُهُ الْإِمَامُ. وَقَالَ قَوْمٌ: بَلْ يَأْخُذُهُ كُلَّهُ الْغَانِمُ. فَالْجُمْهُورُ تَمَسَّكُوا بِظَاهِرِ الْآيَةِ، وَهَؤُلَاءِ كَأَنَّهُمُ اعْتَمَدُوا صُورَةَ الْفِعْلِ الْوَاقِعِ مِنْ ذَلِكَ فِي عَهْدِ رَسُولِ اللَّهِ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -، وَذَلِكَ أَنَّ جَمِيعَ السَّرَايَا إِنَّمَا كَانَتْ تَخْرُجُ عَنْ إِذْنهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -، فَكَأَنَّهُمْ رَأَوْا أَنَّ إِذْنَ الْإِمَامَ شَرْطٌ فِي ذَلِكَ، وَهُوَ ضَعِيفٌ. وَأَمَّا مَنْ لَهُ السَّهْمُ مِنَ الْغَنِيمَةِ فَإِنَّهُمُ اتَّفَقُوا عَلَى الذُّكْرَانِ الْأَحْرَارِ الْبَالِغِينَ، وَاخْتَلَفُوا فِي أَضْدَادِهِمْ أَعْنِي: فِي النِّسَاءِ، وَالْعَبِيدِ، وَمَنْ لَمْ يَبْلُغْ مِنَ الرِّجَالِ مِمَّنْ قَارَبَ الْبُلُوغَ. فَقَالَ قَوْمٌ: لَيْسَ لِلْعَبِيدِ، وَلَا لِلنِّسَاءِ حَظٌّ مِنَ الْغَنِيمَةِ، وَلَكِنْ يُرْضَخُ لَهُمْ. وَبِهِ قَالَ مَالِكٌ، وَقَالَ قَوْمٌ: لَا يُرْضَخُ، وَلَا لَهُمْ حَظُّ الْغَانِمِينَ. وَقَالَ قَوْمٌ: بَلْ لَهُمْ حَظٌّ وَاحِدٌ مِنَ الْغَانِمِينَ، وَهُوَ قَوْلُ الْأَوْزَاعِيِّ. وَكَذَلِكَ اخْتَلَفُوا فِي الصَّبِيِّ الْمُرَاهِقِ؛ فَمِنْهُمْ مَنْ قَالَ: يُقْسَمُ لَهُ، وَهُوَ مَذْهَبُ الشَّافِعِيِّ. وَمِنْهُمْ مَنِ اشْتَرَطَ فِي ذَلِكَ أَنْ يُطِيقَ الْقِتَالَ، وَهُوَ مَذْهَبُ مَالِكٌ. وَمِنْهُ مَنْ قَالَ: يُرْضَخُ لَهُ. وَسَبَبُ اخْتِلَافِهِمْ فِي الْعَبِيدِ هُوَ هَلْ عُمُومُ الْخِطَابِ يَتَنَاوَلُ الْأَحْرَارَ وَالْعَبِيدَ مَعًا؟ أَمِ الْأَحْرَارَ فَقَطْ دُونَ الْعَبِيدِ؟ وَأَيْضًا فَعَمَلُ الصَّحَابَةِ مُعَارِضٌ لِعُمُومِ الْآيَةِ، وَذَلِكَ أَنَّهُ انْتَشَرَ فِيهِمْ - رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُمْ - أَنَّ الْغِلْمَانَ لَا سَهْمَ لَهُمْ، وَرُوِيَ ذَلِكَ عَنْ عُمَرَ بْنِ الْخَطَّابِ، وَابْنِ عَبَّاسٍ، ذَكَرَهُ ابْنُ أَبِي شَيْبَةَ مِنْ طُرُقٍ عَنْهُمَا.

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