Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

sa connaissance de l’abrogation de cette pratique du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue —, car on ne saurait admettre qu’Abū Bakr l’ait contredit tout en connaissant sa pratique, ou qui estiment que cette mesure était propre aux Banū al-Nadīr lors de la campagne menée contre eux, adoptent l’avis d’Abū Bakr. Ceux qui s’appuient sur la pratique du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — et ne considèrent les paroles ou les actes de personne comme un argument opposable à celle-ci permettent de brûler les arbres.

Mālik distingue les animaux des arbres parce que tuer les animaux constitue une mutilation, alors que les mutilations ont été interdites. Il n’a d’ailleurs pas été rapporté du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — qu’il ait tué un animal.

Voilà donc jusqu’où peuvent aller les atteintes qu’il est permis de porter aux mécréants dans leur personne et leurs biens.

[Chapitre quatrième : La condition préalable à la guerre]

La condition préalable à la guerre est, de l’avis unanime, que l’appel leur soit parvenu. Je veux dire qu’il n’est pas permis de les combattre avant que l’appel leur soit parvenu. Cela fait l’objet du consensus des musulmans, en raison de cette parole du Très-Haut :

« Nous ne châtions pas avant d’avoir envoyé un messager. » [al-Isrā’ : 15]

Quant à savoir s’il faut renouveler l’appel chaque fois que la guerre reprend, les juristes divergent : certains le jugent obligatoire, d’autres le recommandent, tandis que d’autres encore ne le jugent ni obligatoire ni recommandé.

Leur divergence tient à l’opposition entre la parole et la pratique du Prophète. Il est en effet établi que celui-ci — qu’Allah prie sur lui et le salue — :

« Lorsqu’il envoyait un détachement, disait à son commandant : “Lorsque tu rencontres tes ennemis parmi les polythéistes, propose-leur trois possibilités — ou trois options. Quelle que soit celle qu’ils acceptent, accepte leur réponse et abstiens-toi de les combattre.

Invite-les à embrasser l’islam. S’ils acceptent, accepte leur réponse et abstiens-toi de les combattre.

Invite-les ensuite à quitter leur territoire pour celui des Émigrés. Informe-les que, s’ils le font, ils auront les mêmes droits et les mêmes obligations que les Émigrés. S’ils refusent et choisissent de rester sur leur territoire, informe-les qu’ils seront comme les Bédouins musulmans : ils seront soumis au jugement d’Allah qui s’applique aux croyants, mais n’auront aucune part aux biens acquis sans combat ni au butin, à moins de combattre aux côtés des musulmans.

S’ils refusent, invite-les à verser la jizya. S’ils acceptent, accepte leur réponse et abstiens-toi de les combattre. S’ils refusent, demande l’aide d’Allah et combats-les.” »

Or, il est également établi dans la pratique du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — :

« Qu’il attaquait l’ennemi de nuit et lançait des raids contre lui au matin. »

Certains juristes, qui constituent la majorité, estiment donc que sa pratique abroge sa parole et que cette prescription ne concernait que les débuts de l’islam, avant que l’appel ne se soit répandu. Ils en donnent pour preuve l’invitation à émigrer qui figure dans ce hadith. D’autres font prévaloir sa parole sur sa pratique, en considérant que cette dernière concernait des cas particuliers. Quant à l’avis qui recommande l’appel, il constitue une manière de concilier les deux.

عِلْمِهِ بِنَسْخِ ذَلِكَ الْفِعْلِ مِنْهُ - صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ -؛ إِذْ لَا يَجُوزُ عَلَى أَبِي بَكْرٍ أَنْ يُخَالِفَهُ مَعَ عِلْمِهِ بِفِعْلِهِ. أَوْ رَأَى أَنَّ ذَلِكَ كَانَ خَاصًّا بِبَنِي النَّضِيرِ لِغَزْوِهِمْ - قَالَ بِقَوْلِ أَبِي بَكْرٍ. وَمَنِ اعْتَمَدَ فِعْلَهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -، وَلَمْ يَرَ قَوْلَ أَحَدٍ وَلَا فِعْلَهُ حُجَّةً عَلَيْهِ - قَالَ بِتَحْرِيقِ الشَّجَرِ. وَإِنَّمَا فَرَّقَ مَالِكٌ بَيْنَ الْحَيَوَانِ وَالشَّجَرِ؛ لِأَنَّ قَتْلَ الْحَيَوَانِ مُثْلَةٌ، وَقَدْ نُهِيَ عَنِ الْمُثْلَةِ. وَلَمْ يَأْتِ عَنْهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - أَنَّهُ قَتَلَ حَيَوَانًا. فَهَذَا هُوَ مَعْرِفَةُ النِّكَايَةِ الَّتِي يَجُوزُ أَنْ تَبْلُغَ مِنَ الْكُفَّارِ فِي نُفُوسِهِمْ وَأَمْوَالِهِمْ. [الْفَصْلُ الرَّابِعُ فِي شَرْطِ الْحَرْبِ] ِ فَأَمَّا شَرْطُ الْحَرْبِ فَهُوَ بُلُوغُ الدَّعْوَةِ بِاتِّفَاقٍ، أَعْنِي أَنَّهُ لَا يَجُوزُ حِرَابَتُهُمْ حَتَّى يَكُونُوا قَدْ بَلَغَتْهُمُ الدَّعْوَةُ، وَذَلِكَ شَيْءٌ مُجْمَعٌ عَلَيْهِ مِنَ الْمُسْلِمِينَ؛ لِقَوْلِهِ تَعَالَى: {وَمَا كُنَّا مُعَذِّبِينَ حَتَّى نَبْعَثَ رَسُولا} [الإسراء: ١٥] . وَأَمَّا هَلْ يَجِبُ تَكْرَارُ الدَّعْوَةِ عِنْدَ تَكْرَارِ الْحَرْبِ فَإِنَّهُمُ اخْتَلَفُوا فِي ذَلِكَ؛ فَمِنْهُمْ مَنْ أَوْجَبَهَا، وَمِنْهُمْ مَنِ اسْتَحَبَّهَا، وَمِنْهُمْ مَنْ لَمْ يُوجِبْهَا وَلَا اسْتَحَبَّهَا. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ مُعَارَضَةُ الْقَوْلِ لِلْفِعْلِ، وَذَلِكَ أَنَّهُ ثَبَتَ أَنَّهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - «كَانَ إِذَا بَعَثَ سَرِيَّةً قَالَ لِأَمِيرِهَا: " إِذَا لَقِيتَ عَدُوَّكَ مِنَ الْمُشْرِكِينَ فَادْعُهُمْ إِلَى ثَلَاثِ خِصَالٍ أَوْ خِلَالٍ، فَأَيَّتُهُنَّ مَا أَجَابُوكَ إِلَيْهَا فَاقْبَلْ مِنْهُمْ، وَكُفَّ عَنْهُمُ: ادْعُهُمْ إِلَى الْإِسْلَامِ، فَإِنْ أَجَابُوكَ فَاقْبَلْ مِنْهُمْ، وَكُفَّ عَنْهُمْ. ثُمَّ ادْعُهُمْ إِلَى التَّحَوُّلِ مِنْ دَارِهِمْ إِلَى دَارِ الْمُهَاجِرِينَ، وَأَعْلِمَهُمْ إِنْ فَعَلُوا ذَلِكَ أَنَّ لَهُمْ مَا لِلْمُهَاجِرِينَ وَأَنَّ عَلَيْهِمْ مَا عَلَى الْمُهَاجِرِينَ. فَإِنْ أَبَوْا وَاخْتَارُوا دَارَهُمْ فَأَعْلِمْهُمْ أَنَّهُمْ يَكُونُونَ كَأَعْرَابِ الْمُسْلِمِينَ، يَجْرِي عَلَيْهِمْ حُكْمُ اللَّهِ الَّذِي يَجْرِي عَلَى الْمُؤْمِنِينَ، وَلَا يَكُونُ لَهُمْ فِي الْفَيْءِ وَالْغَنِيمَةِ نَصِيبٌ إِلَّا أَنْ يُجَاهِدُوا مَعَ الْمُسْلِمِينَ. فَإِنْ هُمْ أَبَوْا فَادْعُهُمْ إِلَى إِعْطَاءِ الْجِزْيَةِ، فَإِنْ أَجَابُوا فَاقْبَلْ مِنْهُمْ، وَكُفَّ عَنْهُمْ، فَإِنْ أَبَوْا فَاسْتَعِنْ بِاللَّهِ وَقَاتِلْهُمْ» . وَثَبَتَ مِنْ فِعْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «أَنَّهُ كَانَ يُبَيِّتُ لِلْعَدُوِّ، وَيُغِيرُ عَلَيْهِمْ مَعَ الْغَدَوَاتِ» . فَمِنَ النَّاسِ - وَهُمُ الْجُمْهُورُ - مَنْ ذَهَبَ إِلَى أَنَّ فِعْلَهُ نَاسِخٌ لِقَوْلِهِ، وَأَنَّ ذَلِكَ إِنَّمَا كَانَ فِي أَوَّلِ الْإِسْلَامِ قَبْلَ أَنْ تَنْتَشِرَ الدَّعْوَةُ، بِدَلِيلِ دَعْوَتِهِمْ فِيهِ إِلَى الْهِجْرَةِ. وَمِنَ النَّاسِ مَنْ رَجَّحَ الْقَوْلَ عَلَى الْفِعْلِ، وَذَلِكَ بِأَنْ حَمَلَ الْفِعْلَ عَلَى الْخُصُوصِ. وَمَنِ اسْتَحْسَنَ الدُّعَاءَ فَهُوَ وَجْهٌ مِنَ الْجَمْعِ.

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