Bidayat al-MujtahidIbn Rushd

Quant à leur divergence sur la protection accordée par une femme, elle tient à leur interprétation de cette parole du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — ainsi qu’au raisonnement analogique qui assimile, sur ce point, la femme à l’homme :

« Nous accordons notre protection à celui que tu as protégé, ô Umm Hāni’. »

Ceux qui comprennent cette parole comme une ratification de la protection qu’elle avait accordée, et non comme la reconnaissance de sa validité propre, estiment que, sans cette ratification, elle n’aurait produit aucun effet. Ils soutiennent donc que la protection accordée par une femme n’est valide que si le dirigeant la ratifie.

Ceux qui comprennent, au contraire, que le Prophète a entériné sa protection parce qu’elle était déjà valablement constituée et produisait ses effets, et non parce que sa ratification lui aurait conféré sa validité, reconnaissent la validité de la protection accordée par une femme. De même, ceux qui l’assimilent à l’homme par analogie, sans voir entre eux de différence sur ce point, reconnaissent la validité de sa protection ; ceux qui la jugent inférieure à l’homme ne la reconnaissent pas.

Quoi qu’il en soit, la protection accordée n’empêche pas la réduction en esclavage ; elle empêche seulement la mise à mort. On peut également rattacher cette divergence à leur désaccord sur la question de savoir si les pluriels masculins englobent les femmes ou non, j’entends : dans l’usage de la Loi religieuse.

Quant aux atteintes portées aux personnes, elles consistent dans la mise à mort. Les musulmans ne divergent pas sur la permission de tuer, à la guerre, les polythéistes de sexe masculin, adultes et combattants. Quant à leur mise à mort après la capture, elle fait l’objet de la divergence que nous avons mentionnée.

Ils s’accordent également sur l’interdiction de tuer leurs enfants et leurs femmes, tant que ceux-ci ne combattent pas. Si une femme combat, il devient permis de la tuer. En effet, il est établi que le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — « a interdit de tuer les femmes et les enfants » et qu’il a dit, au sujet d’une femme qui avait été tuée :

« Celle-ci n’était pas de celles qui combattent. »

Ils divergent au sujet des ermites retirés à l’écart des hommes, des aveugles, des infirmes, des vieillards qui ne combattent pas, des personnes déficientes mentales, des cultivateurs et des domestiques salariés.

Mālik dit : « On ne tue ni les aveugles, ni les personnes déficientes mentales, ni les ermites, et on leur laisse de leurs biens de quoi subsister. » Selon lui, on ne tue pas non plus le vieillard décrépit. Abū Hanīfa et ses disciples partagent cet avis.

Al-Thawrī et al-Awzā‘ī disent : « Seuls les vieillards sont épargnés. » Al-Awzā‘ī dit également : « On ne tue pas les cultivateurs. » Quant à al-Shāfi‘ī, selon l’avis le mieux établi qui lui est attribué, il considère que toutes ces catégories de personnes peuvent être mises à mort.

Leur divergence tient à l’opposition entre la portée particulière de certains récits et la portée générale du Livre, ainsi que celle de cette parole du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue —, dont la transmission est établie :

« J’ai reçu l’ordre de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils disent : “Il n’est de divinité [qu’]Allah.” »

Et la suite du hadith.

Pour le Livre, il s’agit de cette parole du Très-Haut :

« Lorsque les mois sacrés seront écoulés, tuez les polythéistes où que vous les trouviez. » [al-Tawba : 5]

وَأَمَّا اخْتِلَافُهُمْ فِي أَمَانِ الْمَرْأَةِ فَسَبَبُهُ اخْتِلَافُهُمْ فِي مَفْهُومِ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «قَدْ أَجَرْنَا مَنْ أَجَرْتِ يَا أُمَّ هَانِئٍ» . وَقِيَاسُ الْمَرْأَةِ فِي ذَلِكَ عَلَى الرَّجُلِ. وَذَلِكَ أَنَّ مَنْ فَهِمَ مِنْ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ -: «قَدْ أَجَرْنَا مَنْ أَجَرْتِ يَا أُمَّ هَانِئٍ» إِجَازَةَ أَمَانِهَا لَا صِحَّتَهُ فِي نَفْسِهِ، وَأَنَّهُ لَوْلَا إِجَازَتُهُ لِذَلِكَ لَمْ يُؤَثِّرْ - قَالَ: لَا أَمَانَ لِلْمَرْأَةِ إِلَّا أَنْ يُجِيزَهُ الْإِمَامُ. وَمَنْ فَهِمَ مِنْ ذَلِكَ أَنَّ إِمْضَاءَهُ أَمَانَهَا كَانَ مِنْ جِهَةِ أَنَّهُ قَدِ انْعَقَدَ وَأُثِرَ، لَا مِنْ جِهَةِ أَنَّ إِجَازَتَهُ هِيَ الَّتِي صَحَّحَتْ عَقْدَهُ - قَالَ: أَمَانُ الْمَرْأَةِ جَائِزٌ. وَكَذَلِكَ مَنْ قَاسَهَا عَلَى الرَّجُلِ، وَلَمْ يَرَ بَيْنَهُمَا فَرْقًا فِي ذَلِكَ - أَجَازَ أَمَانَهَا، وَمَنْ رَأَى أَنَّهَا نَاقِصَةٌ عَنِ الرَّجُلِ لَمْ يُجِزْ أَمَانَهَا. وَكَيْفَمَا كَانَ فَالْأَمَانُ غَيْرُ مُؤَثِّرٍ فِي الِاسْتِعْبَادِ، وَإِنَّمَا يُؤَثِّرُ فِي الْقَتْلِ. وَقَدْ يُمْكِنُ أَنْ نُدْخِلَ الِاخْتِلَافَ فِي هَذَا مِنْ قِبَلِ اخْتِلَافِهِمْ فِي أَلْفَاظِ جُمُوعِ الْمُذَكَّرِ هَلْ تَتَنَاوَلُ النِّسَاءَ؟ أَمْ لَا؟ أَعْنِي: بِحَسَبِ الْعُرْفِ الشَّرْعِيِّ. وَأَمَّا النِّكَايَةُ الَّتِي تَكُونُ فِي النُّفُوسِ فَهِيَ الْقَتْلُ، وَلَا خِلَافَ بَيْنَ الْمُسْلِمِينَ أَنَّهُ يَجُوزُ فِي الْحَرْبِ قَتْلُ الْمُشْرِكِينَ الذُّكْرَانَ الْبَالِغِينَ الْمُقَاتِلِينَ. وَأَمَّا الْقَتْلُ بَعْدَ الْأَسْرِ فَفِيهِ الْخِلَافُ الَّذِي ذَكَرْنَا. وَكَذَلِكَ لَا خِلَافَ بَيْنَهُمْ فِي أَنَّهُ لَا يَجُوزُ قَتْلُ صِبْيَانِهِمْ وَلَا قَتْلُ نِسَائِهِمْ مَا لَمْ تُقَاتِلِ الْمَرْأَةُ وَالصَّبِيُّ، فَإِذَا قَاتَلَتِ الْمَرْأَةُ اسْتُبِيحَ دَمُهَا، وَذَلِكَ لِمَا ثَبَتَ " أَنَّهُ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - «نَهَى عَنْ قَتْلِ النِّسَاءِ وَالْوِلْدَانِ» ، وَقَالَ فِي امْرَأَةٍ مَقْتُولَةٍ: «مَا كَانَتْ هَذِهِ لِتُقَاتِلَ» . وَاخْتَلَفُوا فِي أَهْلِ الصَّوَامِعِ الْمُنْتَزِعِينَ عَنِ النَّاسِ، وَالْعُمْيَانِ وَالزَّمْنَى وَالشُّيُوخِ الَّذِينَ لَا يُقَاتِلُونَ، وَالْمَعْتُوهِ وَالْحَرَّاثِ وَالْعَسِيفِ؛ فَقَالَ مَالِكٌ: لَا يُقْتَلُ الْأَعْمَى وَلَا الْمَعْتُوهُ وَلَا أَصْحَابُ الصَّوَامِعِ، وَيُتْرَكُ لَهُمْ مِنْ أَمْوَالِهِمْ بِقَدْرِ مَا يَعِيشُونَ بِهِ. وَكَذَلِكَ لَا يُقْتَلُ الشَّيْخُ الْفَانِي عِنْدَهُ. وَبِهِ قَالَ أَبُو حَنِيفَةَ وَأَصْحَابُهُ. وَقَالَ الثَّوْرِيُّ وَالْأَوْزَاعِيُّ: لَا تُقْتَلُ الشُّيُوخُ فَقَطْ. وَقَالَ الْأَوْزَاعِيُّ: لَا تُقْتَلُ الْحُرَّاثُ. وَقَالَ الشَّافِعِيُّ فِي الْأَصَحِّ عَنْهُ: تُقْتَلُ جَمِيعُ هَذِهِ الْأَصْنَافِ. وَالسَّبَبُ فِي اخْتِلَافِهِمْ مُعَارَضَةُ بَعْضِ الْآثَارِ بِخُصُوصِهَا لِعُمُومِ الْكِتَابِ، وَلِعُمُومِ قَوْلِهِ - عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ - الثَّابِتُ «أُمِرْتُ أَنْ أُقَاتِلَ النَّاسَ حَتَّى يَقُولُوا: لَا إِلَهَ اللَّهُ» الْحَدِيثَ، وَذَلِكَ فِي قَوْله تَعَالَى: {فَإِذَا انْسَلَخَ الأَشْهُرُ الْحُرُمُ فَاقْتُلُوا الْمُشْرِكِينَ حَيْثُ وَجَدْتُمُوهُمْ} [التوبة: ٥]

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